Le grand bric-à-brac du mois de mars

15/03/2012

Il y a des mois comme ça où je ne poste pas de compte-rendus de tournois pour la simple et bonne raison que si je le faisais, ça donnerait ça :

Ou ça, mon rêve du moment :

Ou encore ça, message qui risque de bientôt se retrouver étrangement accroché au dessus de mon lit (par un boyfriend exaspéré) :

En résumé, vous l’aurez compris, ça runne sacrément bad dans la chaumière. L’enfer…

Je vous donne un exemple dans mon dernier tournoi : un 1000$ bounty que je m’étais accordée dans un side du WPT Los Angeles. Ce tournoi m’enthousiasmait particulièrement car outre le fait que je n’en joue plus beaucoup, il permettait d’être en freeroll assez aisément, chaque bounty valant 500$.

J’ai donc commencé par gaiement éliminer un joueur short stack sur un flip ("Hourrah, je suis en demi-freeroll") avant de voir 500$ de bounty s’envoler avec AK (chez moi) contre A4 chez un joueur qu’évidemment je couvrais à peine. Du coup, non seulement les biftons se sont envolés dans l’espace mais en plus, je suis évidemment partie en orbite dans les trois mains qui ont suivi.

Ensuite, j’ai décidé de jouer un peu en cash game alors que normalement, ce n’est pas une discipline qui m’éclate. Mais bon, quand faut y aller, faut y aller… J’ai donc joyeusement commencé par perdre deux caves de 200$ chacune sur des coups inévitables avant de trimer six heures durant pour les récupérer. Et repartir au final avec un bénéf’ monstrueux de… 75 dollars. Youpi.

Du coup, pleine de bonne volonté, j’ai décidé d’ouvrir un compte sur un site de jeu online bien connu sur lequel je n’avais pourtant jamais joué auparavant. Il faut dire que j’ai un côté mono-maniaque et que je joue rarement sur deux sites différents en même temps. Bref, j’étais sur un site que j’ai décidé de boycotter pour de nombreuses raisons. Et c’est donc pleine de courage et d’enthousiasme que j’ai entamé quelques sessions récréatives sur mes nouvelles tables.

C’est également pleine de courage et d’enthousiasme que j’ai rapidement regarni mon compte après avoir joué une main (une seule : la première…) dans un gros 50 euros (le max que je joue sur internet) dans lequel je me buy-in en late reg’ : je 3-bet en poz’ un joueur avec AK, il paie, le flop vient K89 tricolore, il donk-push, je paie et il me montre Q7o. Turn : 6 et river : T. Très fun. Vraiment. Et c’est représentatif de tous les autres tournois (là, par exemple, alors que j’écris, je viens juste de perdre avec QQ sur 996 face à 97o).

Je précise maintenant que j’ai horreur de me saisir de ma carte bleue pour regarnir mon compte et que donc, je fais tout pour remonter sans avoir à puiser dans ma réserve perso et ressortir la CB. C’est donc pour cela que je me suis assise avec mes misérables 4 euros restants en cash game pour là aussi jouer une main, une seule : AQ sur Q27 tricolore (il avait 22). Et croyez-moi, sur le moment, la douleur est la même que si j’avais perdu 500 euros. Au poker, je n’existe qu’en deux modes : contente quand je gagne et furieuse quand je perds.

C’est d’ailleurs assez fou comme on peut pester tous les diables de l’enfer après avoir bust d’un tournoi à 20 euros online et comme il peut parfois arriver de sauter d’un tournoi en live à 500$ et se dire : "Bon, bah busto sur un flip, that’s poker…". Et si je mets "on" c’est que je sais que je ne suis pas la seule…

Sur ce même site, et une fois après avoir re-cartouché 50 euros, je ne fais ensuite que des min/moyen-cash, ce qui me fait glisser lentement mais surement vers les profondeurs des tableaux abscisse/ordonnée, m’évoquant avec horreur la perspective d’un bocal à côté de mon screen name d’ici peu sous sharkscope. Un cauchemar.

Bref, énooooooorme whine doublé d’une lourde remise en question inévitable. Pourtant, quand je lis les articles techniques des magazines poker, je vois bien que je suis d’accord avec la majorité d’entre eux et qu’ils ne me parlent pas en chinois. Je vois bien aussi que je ne fais pas d’erreurs monstrueuses… Et que les coups sur lesquels je suis éliminée sont 100% standard.

Sauf que oui, je paie parfois à la river en sachant pertinemment que je suis derrière (mais j’ai brelan quand même, zut !), oui je manque d’agressivité, mais oui, pire que tout, je commence à avoir peur.

Je me suis fait outdraw tellement de fois ces derniers temps que j’ai tendance à interrompre rapidement (= au flop ou turn max) les coups même avec une main forte floppée de type TPTK. Et tant pis si je m’enlève les possibilités que mon adversaire tente de me bluffer ou que j’anéanti le rêve de se voir payer jusqu’à la river par une main moins forte. De plus, je pot-control à mort. Et je check souvent river là où je pourrais pourtant prendre un barrel de value… ("Si je bet, il va me raise ce con, j’en suis sûre !")

C’est je suppose le cercle vicieux du bad run qui s’auto-alimente d’erreurs que l’on a même plus conscience de faire.

Alors certes, il ne s’agit pas d’erreurs majeures ou de spew maladif mais à force de ne pas assez prendre de value ou de ne pas 2-barrel suffisamment en (semi) bluff, cela me conduit forcément à des situations où mon tapis, plus petit que ce qu’il devrait être, se retrouve à combattre en étant couvert…

Il faut donc que je reprenne confiance et que je retrouve l’énergie que j’avais l’an passé à la même date quand je m’asseyais fleur au bec dans des gros tournois, en sachant que de toute façon tous mes bluffs passeraient et que AK contre QJ, ça ne perd que dans des mini-pots. J’exagère un peu mais bon… Il n’empêche que je vais donc me remettre en question et passer quelques longues heures online, ce que je n’ai jamais fait avant puisque perso, j’ai toujours vécu (à tort) le poker sur internet comme un moment uniquement récréatif.

Et puis après tout, je n’ai pas pu m’empêcher d’aller voir la courbe du mec online-successful du moment, Roro, pour constater, non sans soulagement, qu’il était à peine à jeu au bout de 1000 tournois sur cette même room, le tout après avoir fait un joli plongeon dans les profondeurs des entrailles de la loose online à peine inscrit. Le tout avant de faire une remontée fulgurante, de tout déchirer et de monter 50 000$. Easy.

Je vais donc tenter de reprendre de la force au maximum pour m’asseoir à mon prochain tournoi remontée à bloc. Tant pis si je bust sur un bluff, tant pis si le mec m’outdraw avec sa double paire pourritos-miraculos à la river, je n’aurais pas peur. Evian et les FPS, prends garde à toi !

Sur ces paroles Coué-à-donf, laissez moi terminer sur une belle parenthèse de tout ce que j’ai aimé ces derniers jours :

. Le road trip en Californie avec Fab, enchainé juste après deux jours à Boston (et zou, d’une côte à l’autre…). Un vrai régal au soleil que nous avons enchainé juste après une semaine à Las Vegas :

Soirée dans le Downtown Los Angeles, entre les sushis pointus de la pagode du Yamashiro, le bar du mythique Chateau Marmont, la promenade sur Sunset Bvd et la soirée au Mondrian ; Hollywood me voilà !

.

Journée à Santa Barbara, alias "la Suisse de Californie", ville où la vie est douce, paisible, belle et surtout, la plus chère des USA... Il faut dire que vivre à Disneyland au bord du Pacifique, ça a forcément un prix !

.

On ze road, nous avons rencontré deux types d'animaux sauvages : le premier est gros, poilu, sent mauvais et se cache derrière les fourrés et le deuxième est un phoque de mer. :)

.

Carmel est une ville comme je n'en avais jamais vue : un village de schtroumpfs millionnaires qui se font un point d'honneur de vivre en harmonie avec la nature. Du coup, par exemple, les éclairages publics sont interdits la nuit (pitch black) mais la journée, les dauphins jouent dans les vagues à 15 mètres de la plage !

.

L'arrivée à San Francisco est spectaculaire et ravive de nombreux souvenirs de films, surtout quand on la parcourt en tramway (Bullit, l'Inspecteur Harry, Rock...)

.

La ville a su garder un extraordinaire côté babacool et indé grâce à tous ses habitants arrivés en masse dans les années 70 et jamais repartis (ou jamais redescendus de leur trip sous acide). Du coup, les boutiques colorées fleurissent, tout comme les concerts improvisés ou les oeuvres de street art.

.

La diversité des cultures y est également si présente qu'elle permet de voyager sans sortir de la ville : ici, afternoon tea au Japanese Garden et balade à Chinatown.

.

Deux des symboles de la ville : le majestueux Golden Gate et... la soupe de coquillages sur le quai 39, servie dans un bol de pain. On pourrait croire que c'est bon, mais en fait, ben...

.

Et le soir, la ville offre des moments qui n'existent pas ailleurs : repas 5 étoiles dans un resto gastronomique végétalien (ni oeuf, ni produit laitier, ni viande, ni miel) étonnamment savoureux, suivi d'un cocktail sans concession au Bourbon & Branch, bar avec réservation only + mot de passe et sans enseigne extérieur, hommage au temps de la prohibition (et non, la photo n'est pas floue ; elle est le juste rendu exact de ce que je voyais ce soir là) :)

.

Sausalito, petit village situé de l'autre côté du Golden Gate est ce que Deauville est à Paris : un 21e arrondissement pour riches ayant envie de bien dormir, bien manger et vivre loin de l'agitation de la ville le week-end. Pari réussi : jamais aussi bien mangé !

.

Et, last but not least, la cerise sur la gateau, le point final, le climax du voyage : le sublimissime casino Bay 101 à San José, aka le paradis sur terre...


. J’ai lu de bons bouquins dont l’autobiographie de Keith Richards
, que j’ai dévorée de bout en bout. Son parcours hardcore rock’n’roll est le miroir sans concession d’une succession d’époques mythiques : coinços fifties et swinging sixties à Londres, LSD Seventies aux States, Bling bling eighties en tournées mondiales, reggae roots Jamaïcan style nineties… En bref, à lire absolument, et ce, même si vous n’êtes pas fan du plus grand groupe du monde (ce qui était d’ailleurs mon cas ; je n’aime vraiment qu’une petite dizaine de leurs chansons).


. Et je viens juste de commencer un autre bouquin qui m’a l’air démoniaque : "Sous les néons, Vie et mort dans les souterrains de Las Vegas" par Matthew O’Brien aux éditions Inculte. Un livre qui m’a l’air dingo puisqu’il s’agit des péripéties de son auteur, homme aussi courageux que talentueux, qui un jour décide de prendre sa lampe torche pour aller à la rencontre des milliers de sans-abris qui occupent les larges canalisations d’eaux usées de la ville… Choc garanti.

. J’ai à nouveau plein de taf pour MadeInPoker avec toute l’équipe des potos du début : Fab, David, Jules et Steven ! On a décidé de reprendre les rênes il n’y a pas longtemps et on est bien décidés à tout déménager. D’ailleurs, pour lire toutes les infos croustillantes, venez liker notre page facebook ! On vous prévoit plein de concours, d’infos en exclu et plein d’autres news et itw que vous ne lirez pas ailleurs ! (d’ailleurs, j’ai adoré écrire le top 10 des bogoss du poker français, un peu d’humour dans ce monde de brutes).

Une belle brochette à nouveau réunie pour vous offrir le meilleur de l'actualité du poker ! (et oui, gros skill sur photopaint, je sais...)

. Du taf aussi pour Blue Shark Optics dont je suis très fière d’être l’ambassadrice ! Si vous ne savez pas encore de quoi je parle (malheureux !), rdv là pour le site internet et rdv aussi sur notre page FB ! Pour faire simple, il s’agit de la marque leader aux USA et il y a une bonne raison à ça : la qualité inégalée du produit. On m’aurait proposé de défendre les intérêts d’un produit mauvais, je vous garantis que je n’en aurais pas parlé de cette façon.

Mais là, j’ai une paire faite sur-mesure à ma vue (génial) et je me sens super confortable à la table. C’est agréable d’avoir un masque total sur les yeux, que personne ne puisse voir ce que je vois, tout en voyant comme en plein jour, contrairement à mes anciennes lunettes de soleil que je devais parfois ôter quand la lumière à la table était trop basse.

Le regard droit et la posture fière, elle regardait avec détermination et solidité en direction de la porte de sortie du tournoi, tout en retenant un vieux relent de burrito que lui avait servi Carlos, le serveur tatoué et moustachu du Commerce Casino.

Bref, c’est toujours agréable d’avoir à promouvoir des projets dans lesquels on croit ! De toute façon, de toute ma vie, je n’ai pas le souvenir d’avoir longtemps travaillé pour défendre une cause qui ne me motivait pas. A chaque fois, je me barrais dare-dare, les bras ballants et ayant affiché l’énergie d’une huitre face à des montagnes de mouise qu’évidemment je n’ai jamais gravies ("Vas-y toi plutôt, je te regarde…").

. Et puisque l’on parle d’une cause enthousiasmante, je vous INTIME L’ORDRE de regarder cette vidéo Kony2012. Oui, celle qui dure 30 minutes et dont vous avez déjà forcément entendu parler via les médias ou les réseaux sociaux. En effet, le film a fait 80 millions de vues en une semaine, ce qui s’explique par l’incroyable message d’espoir qui s’imprime en toile de fond du reportage.

Cliquez sur l'image pour voir la vidéo ! Allez !

C’est un pléonasme que de dire que nous vivons dans un monde déprimant et dans lequel il est difficile d’entrevoir une lueur d’espoir. La lutte pour le pouvoir et l’argent est telle qu’elle anéantit des populations entières et la terre sur laquelle nous vivons par la même occasion. Et tout cela par la seule et unique volonté d’un très faible nombre d’individus soutenus par des masses stupides, crédules et aveuglées (Il faut voir les communautés pauvres du tréfonds des USA se battre avec véhémence contre la gratuité des soins de base à l’hôpital parce que c’est socialiste, donc communiste, donc "pas bien…").

Et cette vidéo, malgré les critiques qui ont pu en suivre (la plus grande étant que cette sur-médiatisation pourrait au final nuire à l’arrestation de Kony, numéro 1 sur la liste des criminels de guerre de ce siècle, ou que certains intérêts économiques qui nous dépassent pourraient en pâtir), ouvre tout simplement la perspective d’un nouveau modèle économique : "Voici ce que le peuple veut vraiment, donc faites-le".

Il va de soit que rien n’est tout rose et que les solutions idéales n’existent pas, mais cette association a au moins le mérite de proposer un système différent. Et un système auquel j’adhère et que je soutiendrais à hauteur d’un versement mensuel. Tout comme je le fais avec l’Unicef, dont je vous invite à regarder le site ici !

Bref, vous l’avez vu, j’ai été très busy :D

L’argent a-t-il tué le jeu d’argent ? "Where have the cowboys gone" ?

29/02/2012

C’est au milieu des années 2000 que le pognon a commencé à couler à flot dans le milieu du poker, le propulsant au même rang que la Formule 1, le golf ou encore le tennis. Bien sûr, les budgets n’étaient pas les mêmes mais le processus, lui, a été identique : on est passé de l’amateurisme au sur-professionnalisme. Shows TV à l’américaine, nouveaux magazines spécialisés, interviews à la chaine, coverages négociés, conférences de presse, merchandising

Le poker était alors devenu un business comme les autres où chacun tentait de gratter un ou deux billets, le tout dans la bonne humeur générale puisqu’il y avait de la place pour tout le monde. On s’échangeait des bannières sur une poignée de main, on se linkait mutuellement sur les articles, on s’invitait à boire à verre à la soirée de telle boite avant de recommencer le soir suivant chez la boite concurrente, les joueurs ne calculaient pas vraiment leurs propos et ne soignaient pas réellement leur image puisque les contrats de sponsoring poussaient sur les arbres ("Je te donne 200k et tu portes mon logo, c’est good ? Et t’inquiète pas, je ne te demanderais rien d’autre en plus" "Ok"), les couvreurs n’étaient pas nombreux et donc, n’étaient aucunement en compétition pour la qualité de leur travail, les photographes se comptaient sur les doigts d’une main et les vidéastes sur les doigts d’un doigt, puisqu’il ne devait pas y avoir plus d’une caméra par tournoi… Bref, c’était le temps de la bonne humeur, de la désinvolture et surtout, de l’insouciance générale. L’argent coulait à flot et tout le monde avait le droit à sa part du gâteau : même les vautours se goinfraient de chair fraiche.

Les marques ont donc poussé comme des champignons après une nuit de pluie et bien vite, le circuit du poker s’est retrouvé étouffé sous l’offre : sites et magazines pseudo-spécialisés à gogo, merchandising global (vêtement, lunettes, jetons, cartes, photos, cartes de crédit, t-shirt, cendrier, nounours etc…), shows TV jusqu’à l’écoeurement, émissions de radio, combats d’interview exclusives etc… D’un seul coup, nous nous sommes réveillés sur une planète surpeuplée.

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, le Black Friday et l’Arjel se sont chargés, chacun à leur façon, de supprimer des budgets et de réduire les notes. La compétition a monté d’un cran et tout le monde s’est vu pousser des griffes qu’il n’avait pas. Désormais, c’est chacun pour soit et tout est (presque) permis. On voit de moins en mois de sympathiques échanges de services, de sourires gratos, de conversations libres sur les business, de retours de balle et c’est vraiment dommage ! La guerre se déroule désormais en dehors des tables, n’épargnant personne et surtout pas les joueurs.

Les pros se sont vus exposés à un dilemme jusque là inconnu, celui de la liberté vs la sécurité : "Serais-je digne de mes ancêtres cow-boy solitaires, en envoyant paître toute forme de contrat mais en gagnant du coup une vraie liberté : oui, je suis injoignable, non je n’ai jamais à me justifier et oui, je vous emmerde tous" ou "Vais-je opter pour choisir de me lier à une marque, en être l’ambassadeur mais avoir des comptes à rendre tous les jours et des obligations dignes d’un employé de bureau ?"

La première option, celle qui était le cas de tous les joueurs pros il y a seulement une douzaine d’années de ça, offre en effet une liberté d’agir merveilleuse mais elle entretient le fantôme de la brokitude et de la frustration qui plane : t’es tout seul quand tu gagnes mais t’es tout seul quand tu perds aussi (mettant parfois certains joueurs dans une position très difficile à vivre). C’est une situation que quelques gros joueurs de cash game (par exemple) ont choisi : ils ont refusé des contrats qu’ils n’estimaient pas assez gros en rapport des sacrifices demandés.

La deuxième solution, bien que sympathiquement rémunératrice, offre elle aussi des désavantages : fini le j’men foutisme du look ("Mon boss ne veut pas que je ressemble à une bouse sortie du lit sur les photos, c’est pas bon pour la marque" ou alors "Personne ne va me sponso si je ressemble à un thon-geek, allez zou chez le coiffeur et Abercrombie"), fini le j’men foutisme de parole ("Je ne joue que sur PokerDuchmoll.com, car c’est le meilleur site avec la meilleure offre de tournoi."), fini le téléphone éteint ("Tu crois quoi, que je te paie pour que tu dormes jusqu’à midi tous les jours ! Tu as une itw à 14h, une vidéo tutorielle à 16h et ensuite, un dîner avec pokerbusiness.com. Et ensuite, si tu as encore un peu de temps, tu pourras p’tet jouer un peu pour t’amuser. Allez, va bosser !") et fini le je m’en foutisme de l’obligation de résultat-qui-pête ("Mais l’an passé, j’ai gagné 3K tous les mois en jouant en cash, c’est pas si mal !" "On s’en branle que tu gagnes en cash ! Moi je veux un résultat dont on parle ! Je veux ta gueule et mon logo en couverture !")

On dit par exemple que certains joueurs, terrifiés à l’idée de perdre leur contrat à six chiffres, achètent leur couverture de magazine pour compenser leur absence de résultat… Ou que certains paient des couvreurs pour qu’ils parlent d’eux dans les coverage. Ou que d’autres reversent sous le manteau un pourcentage de leurs gains à la personne qui les embauche dans la room pour conserver leur contrat d’une année sur l’autre…

De façon générale, le business a grandement influé sur les décisions des joueurs, qu’ils soient sponsos ou qu’ils rêvent un jour de l’être. Un pro a désormais, par exemple, l’obligation implicite de répondre à toutes les demandes d’interviews, le tout avec le sourire et même s’il n’a que 15mn de break et qu’il vient de prendre le pire bad beat de sa carrière. Question d’expo : il ne veut pas qu’on l’oublie… Un pro dans le système se doit aussi d’être omni-présent sur les réseaux sociaux (les contrats comprennent souvent une clause relative à l’ouverture d’un compte FB et Twitter, voire une condition sine qua none d’écrire des blogs régulierement) : si tu es quelque part, ce sont tes 2000 amis randoms qui doivent le savoir (adieu l’anonymat du déplacement) et si tu as fait quelque chose, tout le monde doit aussi le savoir : vivre notre société moderne où au final, on est ce que l’on parait être en vitrine. De même, ce qui était des conversations sympas et libres deviennent souvent des échanges d’infos calculées ou des vitrines artificiellement posées : notre copine l’insouciante tire sacrément la tronche…

En fait, chaque gros tournoi fait désormais penser à une sorte de festival de Cannes où l’essentiel (rapports humains straight-forward, essence du jeu, indépendance de parole et de pensée…) a laissé place à un grand barnum où tout le monde est en représentation : un petit univers où tout le monde a quelque chose à vendre mais où les portes-monnaies se font de plus en plus rares, poussant tout le monde à opter pour une attitude guerrière.

Il n’y a qu’à allumer FB par exemple : depuis quelques mois (ce n’était pas aussi répandu avant), on lit des séries incroyables de statuts de type "J’ai gagné ça online" ou "Voilà ma place au leaderboard !" (d’ailleurs je pense que le FISC vous remercie d’avance de leur fournir toutes ces infos). Re-belotte aussi , avec les pages "joueur pro", qui semblent être devenues un vitrine obligatoire : SVP "likez moi" ! Ou, mieux encore dans le côté SPAM lors d’opérations de comm’ massives : "Votez pour moi" ! Les joueurs semblent tous vivre pour "Je vaux mieux que mon voisin donc SVP donnez-moi un contrat de sponso !!!" Sauf ceux, une fois de plus, qui vivent en marge, à l’instar de certains gros joueurs de cash game qui préfèrent vivre loin des spotlights et du monde de la représentation (normal, ça leur servirait à quoi ?)

La grande majorité des joueurs pros courent désormais après l’image et l’exposition, quite à aller trop loin dans le côté "plume dans le derrière". Surtout quand ils ne sont pas sponsorisés. Outre le soin apporté par chacun à sa plage FB, son blog ou plus simplement sa tenue avant d’aller jouer un gros tournoi bourré de photographes, on propose par exemple à certains joueurs de faire des articles gratos ou même d’animer des émissions en échange de… rien. "Ca va te faire de la pub !" Mais de la pub pour quoi gagner exactement ? Les contrats n’existent presque plus et pour ceux qui restent, leur valeur a été lourdement diminuée (à l’exception de certaines stars du poker en France : allez, cinq joueurs au grand max). Ne vaut-il mieux pas dans ce cas se libérer de la pression de l’exposition et faire sa route peinard ? Après tout, ça regarde qui exactement qu’on gagne 5K/mois en cash ? C’est pour un besoin de se flatter l’égo, d’obtenir des compliments ou de séduire une room ? En tout cas, se présenter publiquement sous son meilleur jour n’est jamais gratuit : on le fait toujours en ayant une idée en tête…

Alors certes, le moment est venu de conclure par un chapitre Soupline (= on adoucit la chose). Il va de soit que les amitiés sincères existent vraiment et que les relations entre différents business ne sont pas forcément tendues, loin de là : après tout, dans le milieu, on se croise tout le temps et on prend bien souvent grand plaisir à revoir la majorité des gens du circuit joueur et business… J’ai le souvenir de moultes apéros ou resto/boite avec des personnes du circuit qui me sont chères ou que j’apprécie réellement et avec lesquelles il n’est jamais question de rapport de force ou d’argent.

Mais il n’y aura pas de place pour tout le monde : la crise se fait réellement sentir et il flotte un léger parfum de sapin dans la montagne (et de cagoule aussi). En fait, j’ai parfois l’impression qu’il y a une ambiance de fin du monde (normal, on est en 2012) où chacun panique en essayant de tirer son épingle du jeu : on suit le parcours du milieu de la pub dans les années 80. Fini l’âge d’or de la glandouille adolescente : l’heure est au marketing et au moneymaking ! Douce ironie quand on sait que c’est par lui, finalement, que tout est arrivé…

PS : Cet article vous est proposé par une joueuse de poker qui représente une marque de lunettes, possède un blog, un compte FB, un autre Twitter, qui choisit souvent sa tenue avec soin avant d’aller jouer et je peux vous assurer que si y’a shippage de tournoi, vous en entendrez parler ! :)

PS2 : Article paru sur MadeInPoker nouvelle version pour qui je retravaille depuis début février aux côtés de la fine équipe formée par Fab, Jules, David et Steven !

A poil femme ! (et ensuite, tu iras me chercher un sandwich)

04/02/2012

Je n’ai pas lu l’article polémique du blog d’Anne Sofi et je n’ai pas vu non plus la vidéo dans laquelle Emeline, à la demande express du présentateur, se déshabille en direct sur PS TV. Tout ce que je sais, c’est que ça a sacrément buzzé, que FB est inondé de messages et que cette histoire fait le tour de Deauville en tant que « sujet de conversation préféré des joueurs, juste derrière les bad beats du jour ».

Les mots employés dans le blog d’Anne Sofi pour parler de cette fille étaient apparemment très virulents et diffamants et il y était question de « contrat obtenu suite à [...] de sodomie et de vaseline » (il a depuis été supprimé). On peut du coup aisément imaginer le ton de l’article. C’est tout du moins ce que j’ai lu sur poker actu dans lequel Mathias parle d’un problème « de jalousie entre filles ».

Mais je ne crois pas qu’il s’agisse de ça. Comme d’autres nanas sur le circuit ayant un palmarès hendon mob respectable, je ne suis plus sponsorisée. Mais si cette histoire m’agace un peu, cela n’a rien à voir avec le fait d’obtenir un contrat sans le mériter de part ses qualité de joueuse (surtout quand il fait 6k). En effet, comme le dit Mathias, c’est tout à fait normal qu’un site ait envie de sponsoriser une fille pour d’autres raisons que le poker : si elle est très jolie et de plus, qu’elle dégage un côté « coquin », c’est l’ensemble de la communauté geek qui va s’en lécher les babines. C’est donc tout à fait compréhensible de mettre un logo sur une fille qui fait buzzer, même si c’est de cette façon. C’est juste du business et du positionnement (même si je ne suis pas sûre que ce soit très valorisant pour la marque…).

Là où j’ai maintenant moi un souci c’est que nous sommes en 2012 et qu’en direct à la TV (et pas sur XXL), un mec ne trouve rien de mieux que de demander à une nana que de montrer son cul pour faire de l’audimat. Je ne suis pas une chienne de garde mais il ne faut pas oublier qu’il y a quelques décennies encore, on nous servait à l’école le petit manuel du « bien recevoir son mari à la maison quand il rentre du travail » (1/ lui amener ses chaussons 2/ lui servir à manger 3/ l’écouter parler de son travail 4/ se coucher au lit avec lui-même si on n’a pas envie 5/ pousser de petits gémissements enthousiastes pour l’encourager etc…).

La route a été longue pour apprendre à nous faire respecter en tant qu’autre chose que l’accompagnement d’un homme, et que chaque jour encore, nous voulons démontrer que nous sommes capables de faire d’autres choses que justement nous taire et montrer nos fesses pour gagner de quoi vivre.

Quand je vois que ma cops la talentueuse Lucille était la seule fille encore en course dans l’EPT à 250 left, j’ai les boules. Elles sont où toutes les autres ? Nous sommes pourtant nombreuses à avoir déjà fait nos preuves et il ne fait aucun doute que la parité est déjà obtenue dans de nombreux domaines. Dilma est la présidente du Brésil, Angela la Chancelière d’Allemagne et plus personne ne s’étonne quand c’est une femme qui vient vous réparer votre ordinateur ou vous proposer en tant que sommelière la carte des vins dans un grand restaurant. Mais le combat est loin d’être gagné.

C’est pour cela que je pense aussi qu’il est important aussi de ne pas entrer dans un jeu dans lequel la femme pourrait en sortir dégradée. Certes, il existe depuis toujours des filles un peu plus perdues que d’autres et dont les limites sont légèrement floutées par des expériences personnelles parfois lourdes, mais c’est aussi à nous de protéger ces filles là et, si possible, de leur montrer d’autres chemins que ceux qu’elles ont eu l’habitude de prendre. De les tirer soit, mais vers le haut…

Il ne faut pas les enfoncer dans un rôle affreux duquel elles ne pourront plus sortir ensuite. J’aimerais parfois aussi que les hommes ressentent autre chose qu’un gratouillis dans la braguette et qu’ils contribuent à élever le débat plutôt que le ramener dans un face à face préhistorique d’où personne ne sort gagnant.

Parce qu’évidemment, on va ensuite entendre « mais c’est pour le fun, c’est léger, c’est pas grave ». Alors oui, bien sûr que c’est pas grave ; y’a pas mort d’homme, plein de gens se sont marrés, personne n’a souffert (quoique…). Mais il faut se méfier de ces petits évènements qui entretiennent le fait qu’une toile de fond désagréable de femme-objet ne cesse de flotter dans un milieu comme le notre, déjà suffisamment rempli de testostérone et de machisme.

On pourra aussi entendre « Je vous emmerde, je suis fière de mon corps, de ma vie et en tant que femme libre et épanouie, je fais ce que je veux », ce qui est l’exact discours de Zahia ou d’une porn star qui clame à qui veut l’entendre à quel point sa vie est belle et à quel point elle se sent bien dans ses baskets. Sauf que personne n’est dupe ; ça nous fait juste penser aux faux cris de plaisir qu’elles poussent quand Rocco passe trois heures à leur faire visiter la maison.

Vous allez me dire que de tous les temps il y a eu ce genre de situation graveleuse entre homme et femme et que la vie est ainsi faite mais pardonnez-moi de vouloir tendre vers le haut. Et non, ça ne veut pas dire qu’une blague sur les prouts ne me fait pas rire. Ca veut juste dire que c’est à chacun de contribuer un peu au fait de s’élever un peu soi-même et la personne en face par la même occasion ; étrangement, on n’a rien à y perdre. Parce que si on le l’avait pas fait depuis quelques siècles, on en serait encore à gratter des silex et s’épouiller mutuellement en poussant des râles de bêtes.

Les 14 raisons indiscutables pour lesquelles je n’ai pas posté depuis longtemps

24/01/2012

En effet, j’avoue avoir quelque peu molli sur le clavier ces derniers temps mais ce n’est ABSOLUMENT PAS DE MA FAUTE… En effet, les éléments se sont déchainés furieusement contre moi, surtout depuis que je suis au Brésil, un pays dans lequel il ne fait vraiment pas bon vivre. Mais alors pas du tout. Voici donc les vraies raisons pour lesquelles je n’ai pas fait de post depuis quelques temps maintenant :

Parce que le bruit des vagues était vraiment trop fort :

(limite assourdissant en fait)

Parce j’ai ratissé toute la plage avec mes dents de devant en étant stupidement attachée à un très gros cerf volant :


Parce que j’ai fait une O.D. de bleu :


Parce que pour avoir quelque chose dans son assiette (en l’occurrence du poisson), ce n’était pas facile-facile :


Parce que pour avoir du lait frais le matin, c’était pas facile-facile non plus :


Parce que du coup, on a été forcés de manger des bébêtes affreuses et au gout vraiment répugnant (et le pire, c’est que c’était à volonté, trop dur…) :


Parce qu’avec tout le bruit des alentours, il m’était impossible de me concentrer :

Parce que ma voiture n’a pas cessé de tomber en panne :

Parce que je me suis fait attaquer par les animaux sauvages du coin :

Parce que je me suis perdue moultes fois au milieu de nulle part :


(mais alors vraiment nulle part…)


Parce que de toute façon, nous n’avions pas internet et qu’il nous était impossible de blogger ou de jouer online (pauvres Fab et Nico…):

Parce qu’il est vraiment impossible de faire sa sieste peinard l’après-midi et donc de se reposer en paix :

Et, cerise sur le gâteau, je n’ai même pas encore évoqué la mauvaise ambiance qui régnait entre nous tous…


Mais heureusement, tout a une fin et d’ici une petite semaine, je suis enfin à nouveau dans le froid et sous la pluie à Deauville ! Hourrah !

Sur ce, et plus sérieusement, étant donné que j’ai massacré tous mes adversaires lors d’impitoyables parties de poker (et oui, même ici, on s’est fait des petits tournois dans une ambiance de feu de dieu avec les potes du coin), tarot, yam’s, rami ou (plus basiquement) de trouduc jusqu’au bout de la nuit, je pense que j’ai toutes mes chances pour Deauville où je vais jouer le FPS et un ou deux autres sides ! Et là, vraiment et sans mentir, j’ai super hâte de retrouver la compétition ! A toute !

PS : En plus, j’ai bientôt une cool nouvelle poker à vous annoncer ! :D

Merry Fishmas from Vegas ! (et l’expression n’est même pas de moi… la preuve…)

23/12/2011

Chers amis lecteurs, je vous souhaite à tous d’excellentes fêtes de fin d’année, entouré des gens que vous aimez et d’une belle dinde farcie sur la table !

Je vais pour ma part retourner quelques jours en France pour passer Noël en famille avant de revenir sur Londres pour le Nouvel An (d’ailleurs je ne sais toujours pas ce que je vais faire la dite soirée, lol) tout en marmonnant quelques incantations de fin d’année qui ressembleront probablement à : « Petit Papa Noël, offre moi la win sur des gros tournois. Ok, juste un tournoi, je prends aussi » ou « Pour la nouvelle année, je prends la résolution solennelle  de ne plus jamais perdre un 80/20 de ma vie. » Plus sérieusement, je vais juste demander à être aussi heureuse en 2012 que je l’ai été en 2011 ! :)

Chaque année c'est la surenchère dans les casinos : qui a la plus grosse (guirlande de Noël) ? (ici, le Bellagio)

Et comme le sapin ne suffit pas à éblouir, ils ont parsemé le jardin de quelques pingouins. Faisant du patinage artistique, tant qu'à faire :)

Et à propos de patinage, welcome au Venetian qui vous propose de chausser vos patinettes et vos moufles pour faire un tour aux côtés des gondoles à Venise (avec une vue sur le volcan du Mirage derrière) Vous avez dit n'importe quoi ? Non, non, Noël façon Vegas...

Cet arbre lui aussi est tout simple ; après tout, il ne fait que 25 mètres de haut et est composé de milliers de bulles lumineuses, le tout s'éclairant selon une dizaine de programmes différents (tiens, ça serait pas mal dans mon salon)

En même temps, ce qui est bien à Vegas (et qu'on a pourtant tendance à oublier), c'est que la ville est construite en plein milieu du désert... Et que dès qu'on prend un peu d'altitude, ce ne sont pas les sapins qui sont couverts de neige, mais les cactus !

Et enfin, quoi de mieux pour conclure ce post de Noël que cette grosse truite vous souhaitant un Merry Fishmas ? Hein ? :D

Joyeux Noël à vous tous et à vos proches ! Chérissez ces moments car on sait combien la vie est courte ; alors EN-JOY !!!

24h dignes d’un millionnaire et autres considérations sur l’argent…

15/12/2011

GOOD RUN NUMERO 1 : PRAGUE

Se rendre compte que malgré des sessions de cash et de tournois désagréablement désagréables, l’environnement dans lequel on vit est magique. Mention spéciale donc à Prague pour sa majesté historique, ses excellents restos et hiphiphip à la cerise sur le gâteau : la très belle troisième place de Nico à l’EPT , histoire de bien terminer la semaine !

Prague est une des plus belles villes que je n'ai jamais visité ; entre la vieille ville, le château, la place et son marché de Noël et le reste, j'ai fait une overdose de waouh !

Et un des endroits que j'ai préféré d'entre tous est un musée d'art contemporain en centre ville pourtant peu connu des touristes : le Museum of Young Art, un endroit incroyable, entre un palais et un squat et qui offre des oeuvres comme je n'en avais jamais vu avant ! Un vrai voyage fun et terrifiant (ici, un vrai cheval empaillé sur bascule)

Repas entre amis suite à la finale de Nico ; time to celebrate !

GOOD RUN NUMERO 2 : Aéroport de London Heathrow, début d’après-midi

Un couple sort du métro encore habillé en simili-pyjama car « c’est plus confortable pour voyager ». Décoiffés, ils portent des baskets un peu vieilles, des valises réparées avec des autocollants « fragile » pour réparer les multiples chocs infligés par les transferts de soute en soute et n’arborent pas une mine très fraiche.

En effet, ils ont fait une nuit blanche l’avant-veille à Prague ; ils marchent donc comme des zombies en mode post-apocalyptiques mais arborent un petit sourire intérieur ; ils sont heureux de leur séjour en République Tchèque où ils ont découvert une ville sublime leur ayant totalement fait oublier une énorme et impitoyable poisse aux tables.

A leur arrivée au guichet de l’aéroport de Londres, l’hôtesse leur sort alors une phrase aussi inhabituelle que merveilleuse :  « L’avion n’est pas plein et nous avons aujourd’hui une offre exceptionnelle pour des places en business à prix très réduits, souhaitez-vous un upgrade ? »

A l’écoute du prix (étonnamment attractif), le couple se regarde et zou, décide de se faire un plaisir : en 4 ans, ils n’ont encore jamais voyagé en business donc c’est maintenant ou jamais ! En plus, pour 10h de vol jusqu’à Vegas, ça vaut le coup !

Best. Flight. Ever.

Conclusion : La blonde affiche un sourire crétin pendant 10h en sortant des phrases dignes d’une  gamine de 8 ans qui rencontre Mickey à Disneyland : « Regarde, mes pieds ils touchent pas le mur en face ! », « Je pourrais avoir un autre verre de St Emillion grand cru please ? », « Oh mon dieu le siège s’allonge complètement, ça fait un lit ! », « Tiens, on a une trousse de toilette individuelle ! », « OMG les mignardises sont délicieuses ! », « Tu as vu la zone snack ; ils ont des éclairs au chocolat à volonté ! ».

GOOD RUN  NUMERO 3 : Hôtel casino du Palms à Las Vegas

Nos deux frenchies, plus frais que d’habitude car ils ont passé un voyage merveilleux, arrivent au lobby pour le check-in (les joueurs de l’EPIC sont invités par l’organisation) et s’entendent répondre  par la réceptionniste :  « Je suis désolée mais nous n’avons plus de chambre avec un grand lit, donc nous allons vous upgrade ». Elle envoie un petit clin d’œil et sous-entend qu’il s’agit d’une chambre sympathique au dernier étage « You’re gonna like it ! »

Enthousiastes et curieux, ils poussent la porte de leur chambre au dernier étage et découvrent… une suite de plus de 150 mètres carrés avec deux chambres, trois douches et… 4 WC !!! Sériously ?

Michelle, une amie de Vegas, pose dans l'immense salon de la suite

Jouons ensemble : qu'est ce qui est bizarre sur cette photo ? Réponse : oui, l'eau du bain/jacuzzi coule du plafond !

De sa vie, la jeune femme n’a jamais été dans une suite comme celle-ci et elle s’entend prononcer des phrases hors du commun : « Attends, je vais fermer le rideau de la cheminée, sinon j’ai la lumière du salon dans le lit ». Traduction : la chambre est séparée du salon par une vraie cheminée transparente. « Hahaha, ils sont fous ces ricains ! »

Et ensuite, histoire de clôturer ces 24h en toute beauté, le couple prend la direction d’un des meilleurs restos du Bellagio, où les attendent Guillaume, Caro et Gilles, pour un petit festin face aux fontaines, tranquillou…

La vue depuis le Steakhouse : la Tour Eiffel :)

Et maintenant, ne vous méprenez pas sur le pourquoi je vous raconte tout ça. Le métier de joueur pro implique de beaucoup voyager et de mener un certain train de vie : comment choisir, quand on vient de gagner quelques milliers d’euros en tournoi, de prendre le métro au lieu de grimper dans la voiture avec chauffeur ? Ou de dormir au Formule 1 alors que le tournoi se déroule au Royal et qu’on veut le jouer dans les meilleures conditions ? L’idée, c’est juste de faire attention. Jamais je n’aurais voyagé en business sans une réduc’ de fou et jamais je n’aurais dormi dans cette suite de malade si elle n’avait pas été livrée avec un gros paquet cadeau tout autour :)

Parce que rien ne dure et qu’on ne sait jamais ce que la vie nous réserve, surtout dans un milieu aussi imprévisible que peut l’être le poker. J’ai une chance inouïe d’avoir la vie que j’ai. Nombre de mes proches galèrent dans leur boulot, galèrent pour boucler les fins de mois et galèrent en général. Ce qui a longtemps été mon cas aussi ; je sais très bien ce que c’est que d’être à un euro près et de rentrer à pied parce qu’on veut économiser l’équivalent d’un trajet de bus.

D’ailleurs, quand je suis arrivée dans le milieu, j’avais la nausée quand je voyais Fab assis devant 15 000 dollars en cash au Bellagio et qui jetait ses jetons comme s’ils n’étaient que des bouts de plastique. Ca me rendait malade et je me faisais violence pour ne pas le forcer à prendre ses jetons et se lever pour aller les mettre direct sur un compte-épargne à la banque.

Depuis, j’ai presque pris l’habitude d’entendre des joueurs sortir des phrases comme « Je te dois combien déjà, 2 ou 3k, je me souviens plus… » ou « Non, ça va, je m’en suis pas trop mal tiré, je suis derrière de 100k mais ça aurait pu être pire». Un autre monde. Oui, un autre univers  à cent mille années lumière de ce que j’ai toujours connu.

Parfois quand même, je reste subjuguée, par exemple quand un joueur bien connu (et qui se reconnaitra) dit qu’il « avait la flemme de faire ses bagages donc qu’il a tout laissé dans sa chambre et que tant pis, il rachètera tout. Ipod et chaussures de marque comprises. » Ou alors quand un joueur qui vient de remporter un gros tournoi claque tout quelques jours plus tard au craps ou au blackjack.

C’est comme si l’argent n’existait plus. Je connais des joueurs qui oublient des jetons de 1000 dans les poches de leur pantalon et qui vont se coucher sans plus y penser. Des mecs qui oublient qu’ils ont prêté 1000 ici ou 2000 là. Qui claquent des sommes phénoménales dans des bouteilles de vin au resto. Qui prennent systématiquement la plus belle suite de l’hôtel même s’ils n’ont pas fait de résultat depuis Mathusalem…

Nous avons connu l’âge d’or du poker, celui où nous étions très nombreux à être sponso en échange finalement de peu (=porter un logo et basta) mais les temps ont changé. Désormais, le climat économique maussade du moment affecte aussi le poker et je trouve que beaucoup de joueurs ne pensent pas assez à l’avenir.

Alors oui, être joueur pro fait souvent perdre le sens des réalités au vu des montants joués. Et oui, j’ai passé 24h de folie, qui sortent vraiment du quotidien et sonnent comme une exception dans ma vie. Mais cette suite (offerte) et ce voyage en business (discount) font suite à 20 ans de jeu de la part de Fabrice. 20 ans. Pas deux ou trois. Vingt.

De façon générale, mieux vaut mini-spew sur la longueur que maxi-spew en 48h. Ce qui n’empêche pas, comme au poker, de se prendre "des shots" de temps à autre en se faisant super plaisir sur un coup de coeur, évidemment…

Je ne supporte pas l’idée que des mecs de 20 ans lâchent leurs études pour se jeter à corps perdu dans le poker et qu’ensuite, parce qu’ils ont gagné 10k en un mois, claquent l’intégralité dans les semaines suivantes dans des choses futiles ou des paris débiles pour des sommes déraisonnables parce qu’ils ont vu de grands joueurs faire la même chose. Ma grand-mère me dit toujours « Garde la main accrochée au bateau ». Il faut prévoir l’avenir et savoir qu’il n’y a qu’un moyen pour rester longtemps sur le circuit : gérer son argent et son bankroll.

Comment certains joueurs ayant abandonné l’idée d’avoir un métier normal ou de faire des études supérieures vont-ils se démerder si un jour ils se retrouvent broke ? Tous les joueurs de poker sont ou ont été un jour de leur vie en difficulté. TOUS, et même des joueurs sponsorisés (qui sont de moins en moins nombreux). Et comment gérer à ce moment l’idée de devoir se lever tous les matins et retravailler un jour pour 1000 euros par mois ?

L’idée c’est donc de se tenir à sa ligne de conduite et de préserver l’exception. Se faire une folie un jour, faire plaisir à ses proches et à soit mais garder une vision nette de l’avenir. On ne devient pas un grand joueur de poker sans prendre des risques, on est d’accord. On ne devient pas non plus un grand joueur de poker sans avoir un côté gambleur. En clair, on ne devient certes pas un grand joueur de poker en étant une fourmi mais en étant une cigale, et bien ça ne marche pas non plus. Ce n’est un secret pour personne, tout le monde le sait mais beaucoup trop de joueurs pro spew leurs économies comme s’ils allaient mourir demain.

Le monde dans lequel nous vivons est tellement déprimant et offre si peu de lueur d'espoir quant à l'avenir qu'il vaut mieux se préparer un petit nid...

Mais pourtant, ça arrive ; l’injustice de la vie fait que certains partent trop tôt… Et c’est une des raisons qui fait qu’économiser comme un fou toute sa vie et faire trop attention à l’argent est une erreur : à quoi sert de se serrer la ceinture pendant des années (par choix, pas par nécessité, obv) pour un jour, une fois à l’âge de la retraite, pouvoir se dire « Allez, fête du slip, je vais casser ma tirelire ! » mais être bloqué sur le pas de sa porte parce qu’on s’est fait un lumbago ou qu’on a des rhumatismes…

Je viens d’ailleurs juste d’assister à une très belle cérémonie donnée en l’honneur de Doyle Brunson. L’homme, à 78 ans, a fait preuve d’une solidité remarquable en traversant les décennies (et le fait d’avoir investi une partie de ses gains dans l’immobilier y est pour beaucoup). Il a tout connu (les années mafia, le début d’internet, le boom du poker etc…) et beaucoup le considèrent encore comme l’adversaire le plus redoutable qu’ils connaissent ; d’ailleurs, il continue à jouer dans la Bobby’s room, ce qui veut dire beaucoup.

Doyle a été honoré pour l'ensemble de sa carrière ; c'est presque intimidant d'ailleurs de poser à côté de lui quand on sait ce qu'il a vécu avant !

Je n’aurais évidemment jamais le millionième de sa carrière mais j’aimerais arriver à me dire que le poker m’a fait vivre pendant des années. J’ai beaucoup de chance de vivre avec Fab mais ce n’est pas pour cela que je n’ai pas ma fierté : sponso ou pas, je vais continuer à gagner ma vie comme je l’ai toujours fait, et continuer à payer, comme ça a toujours été le cas, mon loyer, mes voyages et inviter qui je veux au resto de temps à autres.

C’est donc pour cela que je me suis installé à mon petit bureau face à Sin City pour me remettre sur mon scénario (que j’avais laissé de côté pendant quelques semaines, histoire de laisser mijoter) et que surtout, je vais descendre d’ici peu dans la salle de cash du Palms pour voir ce qu’il s’y passe et tenter tous les jours d’y grapiller un petit billet. Qui ira direct sur mon compte en banque. Ou dans une machine à sous (non, je déconne). Bref, au boulot !

UPDATE : Je viens d’apprendre à l’instant la disparition d’Eric Haïk. Toutes mes condoléances à ses proches et à sa famille ; il va beaucoup manquer au monde du poker français… Quelle tristesse… :(

Le duplicate poker, ça vaut quoi ? ( et bonus : une parenthèse ensoleillée à St Martin)

02/12/2011

Vous le savez, cette année était organisé le premier championnat mondial de poker en duplicate. Le tout à grand renfort de généreux sponsors, histoire d’inviter dans les meilleures conditions les joueurs, les businessmen et les médias pour promouvoir cette nouvelle variante dont tout le monde parle.

Partout était donc mis en avant le fait « d’outskill ses adversaires » (« soyez le plus talentueux »). La promesse était belle : le duplicate ne laisserait point de place à la chance mais offrirait une autoroute vers la reconnaissance pour les meilleurs joueurs.

A variante différente, cadre de jeu différent ! (London Eye)

Rappelons en deux mots le principe : 6 tables se voient distribuer les mêmes cartes au même moment (les jeux ont été pré-mélangés) et aux mêmes positions. Question : quel joueur assis au siège 1 va réussir à monter le plus de chips et en perdre le moins possible ? Idem pour le siège 2, 3 etc… Sur le papier, il peut sembler évident qu’en effet, on pourra enfin coller l’étiquette « Meilleur value maker » ou « Best spewer » à quelques joueurs…

L'équipe de choc : Nico, Fab (capitaine), Lucille, Hugo, moi (remplaçante), Jean-Paul et Clément : on a terminé 3e sur 12, un score honorable mais l'an prochain, on le gagne !

Sauf qu’en réalité, la chance joue toujours une part énorme. Pas du point de vue des cartes mais de celui de la composition de sa table. C’est ainsi que par exemple, quand j’ai remplacé Lucille, j’ai eu le bonheur d’être à la gauche de Juan Maceiras en plein tilt. Il m’a littéralement offert 3 caves… Tous les autres sièges ont probablement très bien joué leurs mains mais ils n’ont pas eu la chance énorme d’avoir le plus gros spewer/gambleur du monde assis juste à côté d’eux et en mode « livraison top chrono car tilt énorme».

Il m’a par exemple permis de remporter un coup qu’aucun autre siège n’avait remporté. J’ouvre QQ UTG+1, je raise, il paie, Sandra Neujoks reraise, un mec hors du coup call et je décide de 4-bet. C’est alors que Juan, pris d’une inspiration soudaine, décide de 5-bet shove avec … paire de 2 (il envoie 2k max : les coups sont capés) ! Sandra hésite longuement et finit par passer… JJ ! L’autre passe aussi et le board m’offre une victoire mathématiquement logique : 7 4 8 9 T

Et là, oui, vous l’avez vu aussi : les valets battaient les dames ! Du coup, grâce au coup de folie de Maceiras, j’ai gagné 2000 là où tous les autres en ont perdus autant : amplitude 4000 sur les 20k de départ, je vous le dis, ça fait une très large différence…

Scoop inside ! Quand les remplaçants n'étaient pas appelés, ils devaient rester enfermés dans une salle isolée. Avec rien à faire sauf attendre. Du coup, avec Koen, on a dégoté un jeu de cartes, découpé des jetons dans des magazines/journaux et on a joué à la roots !

Idem ; on peut très bien jouer ses cartes avec brio mais se retrouver à une table d’excellents pros à qui, par définition, on ne prendra pas un kopeck. Du coup, le tirage au sort de sa table remplace le flip crucial du tournoi : c’est là où tout se joue.

De même, la stratégie n’est pas la même qu’en NLHE classique. A chaque coup, il faut penser « Qu’est ce qu’ont fait les mêmes sièges que moi sur ce spot : ont-ils gagné ou perdu des jetons ? A quelle place me situe-je sur 6 ? » Du coup, si par exemple on sait qu’on est dernier, mieux vaut prendre des risques, évidemment…

Du coup, ça pousse aussi à provoquer des coups qui n’existent pas et voir des flops : autant prendre une chance de gagner des jetons que les autres ne gagneront (peut-être) pas, le tout en en perdant le moins possible…

Et puis c’est sans compter qu’il faut penser à l’équipe avant tout, un sacré changement par rapport à la mentalité de base du poker qui fait de l’individualité une qualité indispensable à tout bon joueur qui se respecte… Jouer mal ou prendre des risques inconsidérés non seulement vous place au bas du tableau, à la place du cancre, mais en plus, fait perdre votre équipe… Dur dur alors de savoir injecter la bonne dose d’agressivité/prise de risque ou de savoir quand refermer les vannes…

Pour résumer, je dirais que cette variante est très intéressante en elle-même mais qu’elle n’est pas l’avenir du poker. Elle restera probablement une forme de tournoi marginale mais distrayante et rafraichissante dans un milieu dans lequel on pense bien souvent avoir déjà tout vu. Je trouve aussi que le côté pression individuelle (« pourvu que je fasse mieux que les autres ») est intéressant, car dur à gérer, tout comme l’esprit d’équipe, que l’on a pas du tout l’habitude d’avoir dans le milieu. En bref, une bonne expérience que nombre de joueurs auront envie de renouveler !

Pour lire l’article de résumé complet avec photos sur MadeInPoker, cliquez ici !

Et pour changer de sujet, voici un résumé des trois derniers jours : je suis passée de ça :

Les plages sublimes et désertes de St Martin, mmmmh...

A ça :

Le SPA sublime et désert au dernier étage de l'hôtel à Prague, mmmh...

Et de 30° à l’ombre à 8° au soleil !

Pour résumer mon séjour à St Martin en quelques mots, je dirais juste que j’ai absolument adoré ma semaine. En effet, les tournois débutent à 18h, laissant donc le temps aux joueurs de visiter l’île de long en large dans la journée (« On se fait quelle plage aujourd’hui ? »). Un petit crochet à St Barth s’impose aussi, après tout, c’est pas souvent qu’on est à 45mn de bateau d’une des plus belles îles du monde !

Avec ou sans glace votre cocktail saveur paradis ?

Question poker, c’est au-delà du réel : j’ai vu des choses que je n’avais pas vues depuis très longtemps aux tables. Il y a des joueurs qui sont bons, cela va de soit, mais il y a aussi des joueurs de casino avec les poches pleines et qui n’ont aucune notion du jeu ; ils posent 500$ pour le buy-in comme ils le poseraient en un coup de roulette et jouent à peu près pareil : au pif.

Ca m’a d’ailleurs fait monter un sentiment de frustration comme j’en avais rarement connus. Imaginez-vous à la table d’un 200$ rebuy où un joueur ouvre tous les coups en faisant n’importe quoi et que vous ouvrez pendant 15mn J-2, 8-3, 7-4 etc… Et le mec systématiquement prend (littéralement) des poignées pré/post flop qu’il envoie au milieu, avec du jeu ou sans. Et ce sont les autres qui récoltent (ou pas).

Une ventrale ? Nuts et tapis ! Une under paire ? Nuts et tapis ! Rebuy, rebuy, rebuy ! J’ai réellement cru que j’allais perdre la raison ; ce genre de miracle n’arrive jamais ! Bon, j’ai quand même finit par le raser avant de moi-même me faire tondre lors de ce turbo où mes deux flips ne sont pas passés mais pour résumer, j’ai vraiment halluciné!

Car ces tables à haut risque changent incroyablement la façon de jouer. Impossible de squeeze avec une main moyenne (call, call, call, call, call), impossible de voler (call, call, call, call, call) et donc : il faut jouer ses cartes. Dur dur quand on n’a pas de jeu ! Mais bon, je me suis bien amusée quand même !

A Prague, mon calendrier de visite sera plus chargé que celui des tournois ; ce qui est bien moins déprimant que ça en a l’air. Je pense en effet faire le 1000 de l’EPT, le Ladies et peut-être un autre side. Ce qui est sûr en tout cas, c’est que j’ai hâte de découvrir cette capitale qualifiée par ses visiteurs de plus belle ville du monde ! Et je crois que comme Almira sera dans le coin, je vais avoir la meilleure guide possible :D   Il parait aussi que la ville abrite quelques temples de la vie nocturne dont la réputation n’est plus à faire ; donc même si je bust, mon lot de consolation s’annonce plutôt sympathique !

La bonne nouvelle c'est qu'il ne peut rien m'arriver ; j'ai en effet dégoté deux petits porte-bonheur "déchiquète tes adversaires" dont je suis super fan ! Si vous êtes en mode "je cherche des bijoux sympa, originaux et pas chers", filez sur Lilicage.com, je les ai dévalisés" :)

Week-end à Tanger et ma réponse à la question "Peut-on juger le coup d’un autre ?"

16/11/2011

« Aaaaah »
C’est le petit soupir de soulagement invariable qui accompagne le moment où je franchis le seuil de la porte de mon appart’ londonien avec ma grosse valise au bras – il va d’ailleurs falloir que je la change ; ce ne sera jamais que la 3e cette année à me claquer dans les pattes…-
« En plus, il fait beau » (histoire de faire taire les mauvaises langues)

Ces douze derniers jours, j’ai successivement enchainé les caïpis/poissons grillés (Brésil), les chocolats chauds/beignets (Amsterdam) et les tagines/couscous (Tanger). Et outre un estomac au bord de l’infarctus (si si), je dois reconnaitre que je suis un peu fatiguée. Voyager c’est une grande chance et je prends toujours l’avion avec le même enthousiasme mais rentrer chez soi, vider sa valise, faire une machine à laver, aller faire ses courses et se coucher dans son lit, franchement, c’est pas mal non plus…

Si je n’ai pas joué à Amsterdam (le Main à 5000? Euuuh, laissez-moi réfléchir…) , j’en ai profité pour bosser sur d’autres projets et visiter un peu la ville –les canaux, le musée du diamant, le Katten Kabinet –un musée des chats, lol- ;  en bref, un week-end bien sympa !

La Venise du Nord et ses canaux (et ses vélos aussi... Entre les trams, les voitures et les bikes, j'ai failli être écrasée douze fois !)

Qui a dit qu'Amsterdam, c'était tout gris ? (les magnets sabot pour les frigos des touristes et le marché aux fleurs)

En revanche, j’ai participé au tournoi à 1000 euros du Tanger Poker Million (merci d’ailleurs à Yaya pour son accueil). Mais bon, sans succès puisque j’ai sauté 10 places avant l’argent (grrr) …En effet, nous jouions en 8-handed (mon format préféré) mais à 26 joueurs left, ça donne du 6-6-7-7 joueurs par table… J’étais donc en 6-handed, avec 15bb de moyenne… Inutile donc de vous préciser à quel point il faut booster son taux d’agressivité et prendre son courage à trois mains pour push souvent, malgré les poubelles qui s’enchainent.

Ca marchait plutôt bien, jusqu’au moment où tout le monde passe jusqu’à moi au bouton et que j’ouvre Jh-8h, ce qui résonne un peu comme « nuts » à mon oreille. Jusqu’à ce que la BB ouvre AA mais ça, c’est une autre histoire…

J’ai donc eu un après-midi entier pour visiter cette ville que je ne connaissais pas du tout et je ne l’ai pas regretté : la kasbah est très intéressante (et m’a fait un peu penser à la Grèce), le souk sympathique et la pause thé à la menthe dans le petit Socco, incontournable. C’est une des choses que j’aime le plus dans mon métier : découvrir une nouvelle ville et prendre le temps de la visiter. Vivement donc Prague début décembre !

Les belles couleurs du souk : dépaysement garanti !

La (rock ze) Kasbah offre un dédale architectural où il fait bon se perdre...

La pause thé à la menthe et pâtisseries marocaines est incontournable !

Sinon, je voudrais faire une parenthèse sur un sujet qui a récemment agité la planète poker : la finale du PPT et la kyrielle de "bien joué, mal joué" qui a suivi. Je pense de façon générale, que tout le monde a le droit d’émettre un avis, et ce, sur tout. Après tout, nous sommes en démocratie et, dieu soit loué, nous avons tous le droit de plus ou moins ouvrir notre gueule. Ce qui implique évidemment de donner la parole à des cons aussi… Mais c’est la règle du jeu.

Au poker, dans la majorité des cas, il est impossible de juger un coup de façon objective. En effet, outre les paramètres de bases (cartes, blinds, position, stack…), il est de nombreux autres facteurs qu’il faut savoir prendre en compte : historique entre les joueurs, énergie de la table, tells, instinct.

De même, chaque joueur possède son propre objectif : pour certains c’est faire l’argent, pour d’autres, c’est tel ou tel palier et pour d’autres, c’est la gagne. Ce dernier point ouvre de nombreuses critiques que je trouve particulièrement débiles : à chacun son objectif ! Pourquoi faudrait-il systématiquement jouer pour la gagne (et donc devoir prendre plus de risques sur des gros coups) ?

Le poker est un jeu d’argent qui est relié à des comptes en banque individuels ! Jamais il ne me viendrait à l’idée de critiquer un joueur qui passe toutes ses mains à la bulle d’un tournoi à 10k. Qui sait, il s’est peut-être qualifié sur un sat’ et a peut-être vraiment besoin de remporter 17k à la maison ? Si ça se trouve, depuis le début, son objectif, c’est justement ces 17k. Dans ce cas, employer toutes les méthodes possibles pour atteindre son objectif, c’est tout à son honneur.

Les décisions ne sont que rarement prises d’un point de vue 100% mathématique.

Il y a des coups que l’on peut qualifier d’indiscutablement mal joués mais bien souvent, le jugement sera result oriented (= jugement en fonction de l’issue du coup) : pourquoi tu as just call un raise avec AK en position pour laisser entrer le mec de BB qui complète avec une semi-poubelle et te bats ensuite ? (alors que le mec avec AK a just call en espérant un shove derrière lui, par exemple). Ce n’est pas un coup mal joué, c’est un coup standard, selon un plan prédéfini mais qui ne se déroule pas forcément comme tu l’as prévu…

Un joueur pro qui a déjà fait de nombreux résultats (et donc fait ses preuves) joue (presque) toujours en ayant un plan en tête. Après, évidemment, le board ou ses adversaires peuvent tout chambouler. Mais l’essentiel est que le mec a décidé quelque chose avant et qu’ensuite, il s’y tient. Parfois, d’un œil extérieur, ça peut donner lieu à critiques mais elles seront toujours déplacées : on ne peut pas critiquer un joueur dont on ne connait pas le plan, les objectifs ou la situation à table.

Perso, j’évite donc au maximum de porter un jugement sur les coups joués par les autres pros. Car j’estime qu’ils avaient toujours une bonne raison de faire ce qu’ils ont fait. Ca ne veut pas dire que je trouve que 6-bet shove un mec avec 7-5o soit une bonne idée (« Ah ben merde, il avait les as ; mais il est tellement tight que j’étais certain qu’il folderait même les rois !») mais du moment qu’il y a une direction voulue derrière et une intention claire, le jugement devient difficile.

Après, je ne dis pas que les pros ne commettent pas d’erreurs, évidemment… Je ne connais personne qui ne fasse pas d’erreurs de lecture. De même, de nombreux joueurs pros vont parfois craquer, être fatigués et spew leurs jetons comme des animaux pour une raison X ou Y. Mais outre ces cas où l’erreur est évidente, je pense qu’il est vraiment difficile de porter un jugement sur eux. Ce qui n’est pas le cas en revanche quand, on a à faire à un joueur débutant ou juste mauvais.

Là, je ne vais pas me gêner pour avoir un avis ou pour rigoler sous cape quand un mec se laisse pousser des branchies en face de moi. A Tanger, j’avais par exemple une nana extraordinaire à ma table. Ca faisait longtemps que je n’avais pas vu ça : elle checkait quand elle n’avait rien et over-donk-bettait dès qu’elle touchait un petit truc au flop (genre bottom paire). Du coup, tu pouvais la raise peinard en position et si elle n’avait pas floppé les nuts, elle foldait. C’était une source merveilleuse de jetons ; elle jouait vraiment très mal, comme un livre ouvert. Et là, oui, je vais me permettre un jugement, car je considère qu’elle n’a ni plan, ni stratégie, ni bases de jeu et que je suis mille fois meilleure qu’elle…

Voilou, c’était la petite pensée du jour. L’autre pensée étant que j’ai hâte d’être à St Martin dans une semaine pour jouer au poker (un peu) et profiter de la douceur des Caraïbes (beaucoup) !

En attendant, rendez-vous pour le tournoi par équipe à Londres où je suis remplaçante (David Benyamine s’est désisté 48h avant) ; du coup, je ne participe pas au tournoi en duplicate mais en revanche, j’ai mon siège dans le MTT de samedi ! Quelle joie : ALLEZ LA FRANCE !!!

Cannes-taclysme sur la Riviera !

16/10/2011

Il est midi moins deux, le soleil de Cannes brille entre deux nuages et mon mug de café est à moitié plein ; je suis en pleine forme pour attaquer la journée nationale de l’optimisme et de la bonne humeur ! Ce blog ne parlera donc pas des choses qui fâchent.

Ou si peu…

Bon, allez, parce que c’est vous et parce qu’une force obscure terrible me pousse à absolument vous raconter pourquoi ma semaine cannoise a été un échec total, je résume :

. Bracelet Event à 1000 euros : On a 3k au départ et j’ai perdu deux flips. Yeah.

. Sat à 1000 euros pour le Main : Après des heures à lutter avec des poubelles, je viens de doubler avec AK vs KQ. Et Barry Greenstein shove son stack avec A5 quand j’ouvre AQ de pique au bouton. Le flop m’offre deux piques + la river un 5 de cœur = je busterais pas trop longtemps plus tard en faisant un stop and go inspiré où il s’avère que je suis drawing dead au flop. Hahaha.

. Turbo à 400 euros : Après avoir fait un call épouvantable (celui avec AJ sur AAKTx où on connait la main de l’adversaire « T’as full hein ? » mais où on ne peut pas s’empêcher de vérifier quand même « Allez, bon appétit ! »), j’ai été punie en payant un tapis avec JJ contre KT. Le moment le plus drôle étant celui où deux mecs à la table me sortent pour me rassurer « J’avais un roi », « Ah oui, moi aussi ! ». Oui, peut-être mais y’en avait encore un au flop…

. Ladies à 500 euros : Dur dur de se ré-adapter au jeu des Ladies… On me demande souvent comment c’est ; je vais tenter de résumer. Par exemple, ça limpe/call avec quasi any-two et qu’importe la position. Du coup, nous sommes souvent 3 ou 4 dans un coup. Et si la fille donk, c’est généralement qu’elle a. Si elle just call, c’est pareil (et elle peut le faire avec un monstre). Bref, dans ces circonstances, avoir AK de pique sur un flop 678 rouge, c’est un insta-abandon. De même, voir un flop AKJ avec paire de 8, c’est méga-pourri aussi : hors de question de tenter un c-bet, même pas dans ses rêves. Il n’y a qu’une seule fois où j’ai floppé AJ8 avec AJ en main chez moi. Sauf que Karine avait QT pour la double gutshot et que pan à la river… Sur le coup, je n’ai d’ailleurs vu que LA gut shot, du coup j’ai un peu râlé. Surtout quand elle a sorti « ah ben oui, j’ai été la chercher  elle-là ! », j’ai cru que c’était une blague. Ce n’est qu’en rentrant chez moi que j’ai vu qu’elle avait la double. Mais ça ne change rien au fait que ce n’était vraiment pas mon jour… Bref, j’ai ensuite 3-bet une limpeuse avec AJ, j’ai été payée par QQ dans les blinds et l’as est venu au flop (« Wow ! Enfin un miracle ! »). Suivi de la dame, juste derrière (« Ah oui, je me disais aussi… »).

La théorie : "En voilà une belle de brochette de winneuses !" La pratique : "Comme on a toutes sauté avant l'argent, on va boire l'apéro sur la plage ?"

Voilà, c’en est terminé de mon compte-rendu dépressif, finis les whine-whine en tout genre, je vais mettre cet épisode cannois derrière moi et n’en garder que le bon. Parce que du bon, il y en a eu, et pas qu’un peu ! Voici un best of de quelques souvenirs sympathiques…

. Déjeuner les pieds dans l’eau à la Plage du festival. Je pensais que les restos de bord de plage étaient des pièges à touristes avec les menus plastifiés traduits en allemand/italien/chinois et jetés à la tête des clients pour les punir de venir polluer leur Côte d’Azur chérie avec leurs bus climatisés. Sauf que pas du tout.

Ces petits restos sont tous plus agréables les uns que les autres et la plage du Festival a le mérite d’offrir un décor paisible et chic où le service est chouchouteux comme il le faut et la burrata digne de ce nom. Le tout avec une vue délicieuse sur la plage et le sable encore chaud. Par contre, et malgré un side bet élevé avec Fab pour nous reward mutuellement d’aller se baigner, (« Ca compte jusqu’au cuisses ? » « Non, faut rentrer en entier, jusqu’au menton»), impossible de se motiver à tâter de l’eau à 20 degrés… On va attendre St Martin fin novembre, hein ! (brag brag)

C'est sûr qu'être au bord de l'eau en t-shirt mi-octobre, ça donne envie de venir plus souvent !

. Aller bosser tous les jours sur la Croisette dans une des salles chic’issimes du Majestic, et ce, évidemment pas avant midi. C’est drôle, ado, à la question « Qu’est ce que tu veux faire plus tard ? », je répondais « Tout. Sauf me lever tôt pour aller travailler dans un bureau moche entouré de cons ». Pari gagné. (enfin sauf pour les cons, y’en a toujours un ou deux qui trainent, obv, sauf qu’au poker, il y a toujours une probabilité élevée qu’ils finissent par buster à un moment ou à un autre !)

. Avoir un petit appart‘ pendant 15 jours et donc, une machine à laver (youpi, adieu le lavage des chaussettes dans le lavabo !), un frigo (youpi, adieu le room service et son burger à 38 euros !) et une machine à nespresso (youpi, adieu le concierge méprisant qui vous sort « Le petit-déjeuner ferme à 10h madââââme » « Mais on termine nos journées à 3h du matin ! » « Cela vous fera toujours 7h de sommeil madââââme. »)

. Profiter d’un temps extraordinaire avant de retourner à Londres. Je fais toutefois une petite parenthèse pour tordre le cou à certains vieux clichés : il pleut moins dans la capitale anglaise qu’à Paris (nombre de jours de pluie à Londres : 143  et à Paris : 171) D’ailleurs, j’adore vivre à Londres et ce, sur tous les points : culture, architecture, parcs royaux, restos, sorties, habitants… C’est juste une ville dynamique, majestueuse et toujours pleine de surprises dans laquelle j’ai toujours hâte de revenir !

. Boire des cafés ici et là avec les potes du circuit (et avoir le plaisir de découvrir d’autres personnes, spéciale dédicace à toute la troupe Jaqk :) ), papoter de tout, de rien et surtout, obv, de poker… J’ai d’ailleurs le souvenir d’un café avec Michel Lebgorin où il me racontait une de ses anecdotes, qu’il a par centaines. D’ailleurs, je vous en fais partager une, qualifiée par plusieurs joueurs comme « un des meilleurs coups de poker jamais joués ». Enjoy :

"Nous sommes en 1997 à l’ACF dans un des plus gros tournois de NLHE/PLO de l’époque et nous ne sommes plus que trois. Vient donc ce coup où le bouton limpe, je raise de SB à 3k avec une main de type 456T et seul Devilfish paie. Le flop vient 4 8 J sans couleur, genre pas terrible. Je c-bet pot quand même et Devilfish paie. Le turn est un 2 de cœur tout pourri et on check tous les deux. Et quand la river vient, le 8 qui double, j’envoie environ 15k avec toujours rien en main. C’est à ce moment là que Devilfish, à qui il reste environ 31k, pousse ses jetons. Ce qui est très important c’est qu’à cette époque, la rêgle voulait que les jetons ne soient engagés que s’ils franchissaient la ligne. Du coup, je dis rapidement « payé » juste avant que les jetons de Devilfish ne passent la ligne. Evidemment, ça refroidit direct Devilfish qui retire ses jetons dans la seconde. Je feins d’être outré et j’appelle le floor, Bruno Fitoussi, en râlant « Mais si, il a push ses jetons, il a fait le mouvement, il ne peut pas les retirer ! » et en sachant pertinamment que Fitoussi donnera raison à Devilfish : tant que ses jetons n’ont pas passé la ligne, ils ne sont pas engagés. C’est exactement ce qui se passe et Devilfish obtient le droit de retirer ses jetons : mon plan se déroule comme prévu. Sauf que voilà, après deux minutes de réflexion, le voilà qui les repousse au milieu à nouveau ! Avec ma pauvre paire de 4 (et celle de 8 au board), ma main est évidemment trop pourrie pour que je paie les 16k manquants. Je jette ma main en lui montrant et voilà qu’il me retourne… hauteur as ! Je reste bouche bée, incapable de parler, et lui demande de m’expliquer. « Je ne t’avais jamais vu faire une telle erreur avant. C’était louche ». Il m’a cloué. Ca me m’a pas empêché de gagner le tournoi quelques mains plus tard mais sur la coup, franchement, il m’a vraiment impressionné. Et tous les mecs autour de la table s’en souviennent encore maintenant !"

Il est vrai que je trouve que cette main est un exemple très fort de ce que peut être le poker de ruse/contre-ruse de sioux à un haut niveau… Chapeau les gars (et merci Michel pour l’anecdote) !

. Faire la chouille au Bâioli, ZE place to be à Cannes et où j’avoue avoir été plutôt impressionnée par la déco (très classe et design), plutôt enthousiaste pour la musique, franchement éblouie quand ils ont mis, littéralement, le feu au bar et carrément hystéro quand ils ont enflammé Bob l’éponge avant de l’éteindre avec des extincteurs projetés sur la foule en délire ! Bref, une bonne soirée… (en même temps, quand c’est Ludo qui vous sort « C’est ze place to be », c’est que généralement, c’est vraiment ze place to be…)

Vegas revival !

. Faire la chouille-bis aux Marches pour l’anni de mes copines Hermance et Caro, avec plein de potes du milieu. Et voir Samuel Chartier me sortir mot pour mot « Claire, tu m’as impressionnée quand j’ai joué avec toi à la table au PPT. Vraiment. Et c’est rare que je dise ça ». Bon, certes, il avait 3 grammes dans le sang et ce qu’il voulait probablement dire c’était « Claire, tu m’as impressionné, pour une fille, tu joues vraiment bien » mais il n’empêche que dans les heures qui ont suivi, j’avais grandi de 10cm tant je me la pétais.

J’en ai profité aussi pour me réconcilier avec le fourbissime pro qui m’avait trahi au PPT (voir post plus bas) ; la vérité c’est que le mec n’est pas méchant, il a juste un réflexe bizarre qui le pousse à furieusement défendre des règles, même quand il les estime injustes. Bref, il pensait bien faire en appliquant la loi. Ce n’était donc pas Judas que j’avais à ma droite mais Judge Dread. Erreur de lecture de ma part :)

. Se faire un resto provençal exquis, la Petite Maison de Nicole, avec pour voisins de table Fab, Bruno Fitoussi, Isabelle Mercier, Freddy Deeb, Tony G et Phil Hellmuth, se rendre compte qu’ils sont super sympas en dehors des tables (alors que les deux derniers sont absolument imbuvables derrière des jetons). Je retranscrits d’ailleurs une partie de la conversation entre Hellmuth et moi, car outre le brag que c’est (Genre « Ouais, on est super potes lui et moi », hahaha), ça me fait une super transition pour la suite de ce post :

- Fab m’a dit que tu avais écrit un scénario sur le poker, c’est vrai ?

- Oui, c’est une comédie avec pour toile de fond le poker. J’ai terminé la V1 mais il me reste à donner les tours de vis et remanier les dialogues, ce qui va me prendre le plus de temps

- Tu as mis peu de temps pour l’écrire, non ?

- C’est vrai que quand j’écris, faut que ça sorte. Vite. C’est donc 12h/jour devant mon ordi à écrire en non-stop. Parce que le scénario, je l’ai écrit avant, virtuellement. Donc quand il est prêt, il sort et là, faut pas m’interrompre.

- Ah ouais, c’est comme moi pour mon bouquin. Tous les matins, à peine sorti du lit, il fallait que j’écrive pendant des heures. Et à la fin d’une journée, j’en pouvais plus mais je ne pouvais pas faire autre chose tant qu’il n’était pas écrit. Par contre, quand la journée se termine…

- T’as les yeux qui louchent de l’intérieur !

- Oui, c’est exactement ça !

- Après des heures passées à écrire, je vois encore moins net que d’habitude. Fab rentre et il me trouve vautrée comme une moule sur le canapé, à parler en onomatopées.

- En fait, on est comme Hemingway. Lui aussi passait de longs mois sans écrire puis, quand c’était prêt, il se mettait à bosser en non-stop dès son réveil car il ne pouvait pas faire autrement.

- Ah ah ah !

Ok, je vous le concède, je frime un peu. Mais l’idée est là : il est important pour moi de faire autre chose que jouer et j’ai grande foi en ce nouveau script !

Parce que c’est bien beau de se prendre pour une star du poker mais mon bankroll, il commence sacrément à faire la gueule. En clair, je vais devoir changer de cour et revenir à la case départ : vive les tournois à 50, 100, voire 200 euros si je me sens en forme.

Et oui. Je reviens en mode début 2010 : tout est à refaire. On me dit souvent : « Mais Fab, il peut te stacker », ce à quoi je réponds que oui, il pourra parfois me stacker dans certains tournois mais qu’il n’est pas non plus un sponsor ou pire, une banque. Donc si le tournoi est vraiment beau, pourquoi pas, mais ce ne sera qu’un petit one shot ici ou là.

De même, on me dit aussi « Mais tu as passé une super année 2010 ! » Alors oui, j’ai en effet fait de jolis gains mais ce n’est pas pour autant que je veux les rejouer aux tables ! L’immense partie de ce que j’ai gagné est sur un compte en banque, au chaud, et je les chéris comme n’importe qui ayant enfin des économies après des années de galère…

En bref, tant que je n’aurais pas de sponsor, je vais tout reprendre à zéro. Ce qui implique faire des sats pour les sats et regarder les autres jouer en attendant de pouvoir participer à un Main Event à nouveau. C’est comme ça, je m’y attendais : au poker la bataille n’est jamais terminée mais jamais je ne rendrais les armes ! Je vais juste retourner d’où je viens : mon petit aquarium avec vue sur la mer… Mon blog n’aura jamais aussi bien porté son nom ! :D

Rubrique à brac 100% VDF ! (et le compte-rendu du WPT Malte aussi, tant qu’à faire)

25/09/2011

Il y avait longtemps qu’on n’avait pas lu de sympathiques VDF… Du coup, enjoy, c’est cadeau ! (et continuez à m’en envoyer !)

La VDF de New York back raise

Je joue 4 sit’n’go en simultané et paie de BB avec Jh9h. Le flop arrive comme un miracle de l’espace : Kh Th Qh : j’ai floppé quinte flush ! OMG ! Pour la première fois de ma vie ! Il faut absolument que je fasse une capture écran de la chose ; mais c’est quoi déjà le raccourci clavier ? J’essaie un truc, ça marche pas, tant pis, un joueur mise, un autre raise, je flat et l’autre paie : c’est vraiment trop beau ! Le turn est une brique atomique : je vais me gaver : le premier bet, je call et l’autre aussi !

River : Ah : Raaaah, mais c’est quoi le raccourci clavier pour la capture ???? C’est trop beau !!! Il faut que j’immortalise ça pour mes potes ! Un joueur bet, youpi, je tente en même temps un Pomme+Maj+3 pour la capture, ce qui me fait ouvrir les 3 fenêtres d’un coup : mais non ! Je tente de les fermer une à une et le temps que je revienne à ma table avec ma royale flush, mon time bank est terminé : ma main est couchée !!! Je suis donc le seul joueur au monde à avoir passé quinte flush royale dans un gros pot contre deux autres joueurs : VDF.

La VDF de KingYoann78

Je ne joue plus qu’un tournoi online (bonjour l’ennui) et papote en même temps sur msn avec Jessy, un pote que je regarde jouer en NL400. Pour lui faire une blague, je décide de prendre la place à ses côtés qui vient de se libérer, genre « coucou c’est moi ! Ah merde, me suis trompé, je cherchais la NL5».
Mon pote Jessy, est mort de rire sur msn et me dit "Allez , fais pas ton fish, pose ta blind et joue un tour". Après avoir splitté un premier coup, je m’apprête à vite quitter la table mais le dealer me donne une magnifique paire d’as UTG avec l’as de trèfle.

Du coup, je relance a 12€ et suis payé 2 fois (UTG+1 et SB), le flop KJ6 tout à trèfle. La sb check et je décide de cbet a 32€ dans le pot qui fait déjà 40€. UTG+1 me relance à 136€…Fier de ma paire d’as et de mon tirage couleur max, je shove mes 360€ restant…
Vilain  tank à peine 5 seconde et call avec un brelan de 6 floppé. Aucun trèfles ou as restant ne vinrent à mon secours et je quitte la table soulagé de 400€… Ca fait cher de la blague pourrie : VDF.

J'arrive à Malte, ouvre le balcon de ma chambre et constate que les palmiers m'empêchent de bien voir la mer. VDF. (mouhahaaa :D )

Et, histoire de ne pas dépareiller, voici mon CR de tournoi du WPT Malte viedefishisé :

. J’avais gagné mon ticket la veille du Main au terme d’un super sat épuisant nerveusement (quand la violence de la structure fait que gagner les blinds donne le chip lead et payer ses blinds rend short stack) et j’étais rentrée chez moi après 5h du matin. J’avais réservé une séance de sport/squash/massage/piscine au soleil l’après-midi mais je me suis évidemment extirpée du lit avec difficulté vers 14h30. Du coup, alors qu’il faisait un temps magnifique, je suis passée direct des rideaux tirés de ma chambre à la salle sans fenêtre du casino : VDF

. Day 1. Good news : je suis assise pile en face de Christofer Williamson, un bogoss du circuit qui ressemble vaguement à Eric le Vampire de True Blood. Bad news : la seule fois qu’il me sourira, c’est parce qu’il m’aura pris plein de jetons sur un coup tout pourri. VDF

. Lors du Day 2, je reviens avec la moyenne en jetons et suis plutôt satisfaite et motivée. Mais, alors que nombre de tables sont composées de random italiens qui adorent donner leurs jetons et éventuellement me bluffer (lors du Day 1, j’avais ainsi vu un joueur me check-raise à 8k alors que j’avais 30k au total suite à un bet à 1,6k de ma part avec TPTK sur un board hauteur dame. J’avais payé uniquement de part son attitude lors du coup. Il me l’a jamais pardonné et m’a regardé méchamment jusqu’à la fin de la journée), j’arrive à la mienne et découvre que je suis prise en sandwich entre Yann Brosolo et un suédois à ma droite et Joel Benzinou et Dominik Nietsche à ma gauche. Je me console en voyant que je ne connais pas les deux joueurs en face de moi. C’était avant que Yann emploie le terme « légendes du online » pour me les présenter… VDF

Le joueur à ma gauche vient de bust et se fait remplacer quelques minutes plus tard par un random poissonneux absolument inconnu et qui n'a pas du tout fait 3 fois runner-up cette année aux WSOP (me demande comment il a fait d'ailleurs)... VDF (un grand merci à Mr4b pour la photo !)

. Lors de ce même Day 2 qui sera un cauchemar tant mes seules cartes jouables ne se connecteront pas aux boards, je décide de just call en position un raise de Brosolo avec paire de 9. Le flop vient 10 8 4 tricolore. Je pense avoir la meilleure main mais me contente de just call son c-bet ; connaissant un peu mon adversaire, j’ai pas envie de me faire surrelancer et que la taille du pot devienne hors de contrôle sans que je sache où j’habite. Le turn est un 6 qui ouvre toujours pas de couleur mais une quinte plus ou moins probable. Il continue à miser et là, j’ai comme un doute : est-ce que j’ai toujours la meilleure main ? Et si je paie, ne vais-je pas avoir à voir une river qui ajoute une over pair et lui qui continue à miser super cher cette fois ? Du coup, idée du siècle (hahaha), je décide de transformer ma main en bluff. Après tout, vu la façon dont j’ai joué, je peux très bien avoir brelan.

Du coup, je le raise comme je le ferais avec brelan (il met 8,5k, je fais 21k) et me prends tapis dans la face quelques secondes plus tard. Je suis couverte et même si j’ai déjà mis environ un tiers de mon stack, je ne peux pas payer pour mes 42k restants. Trop de mains me battent et il n’est pas sur un draw. Même s’il décidait de me faire ça avec un 10 en main (on ne sait jamais), je suis derrière. Et je pense que je montre trop de force et trop peu de fold equity possible pour qu’il me bluffe. Je passe et il me sort « Ah, je pensais que tu étais commit ». Ce qui me fait douter désormais quand il me jure  qu’il était en bluff avec A8.

Car sur le coup, il m’a sorti qu’il avait brelan et je l’ai cru ; il aurait push s’il pensait vraiment ne pas avoir de FE et que j’avais une bonne main. En fait, il m’a dit que jamais je ne pouvais raise avec brelan sur ce spot et la dynamique du coup lui faisait dire que j’étais en bluff. Sauf que perso, et là je m’en fiche de savoir si c’est bien joué ou pas, mais si j’ai brelan sur ce spot, je raise pour value, pouvant être payé par une foultitude de mains que je bats ; bref, je joue ce brelan comme les nuts et s’il y a quinte en face, ben bon appétit. Bref, je ne sais toujours pas ce qu’il avait en main (si c’était vraiment A8 comme lui et ses potes me l’ont juré, c’était franchement super bien joué !) mais la seule chose que je sais c’est que j’ai encore les boules dès que j’y pense. VDF

. Lors du dernier coup, j’ouvre AK en début de parole, ma première vraie belle main du jour. Le cut off se contente de payer et la SB raise à 6k. Je l’ai déjà vu faire ça auparavant dans un spot similaire et folder ensuite face à un 4-bet. C’est le moment où Julien Claudepierre, de BB, envoie un 4-bet à 15k. Pour différentes raisons et pour connaitre le loulou un peu, je sais qu’il n’a pas une main monstrueuse de type AA, voire KK. Il n’est pas sûr de lui dans ce spot et attend avec angoisse de savoir où il habite. Bref, la parole me revient et je décide de faire tapis pour 45k. Le payeur passe mais la SB paie dans la seconde. C’est mauvais signe. Julien passe rapidement ce qu’il dira être QQ et la SB me montre un magnifique AA qui signera ma fin de tournoi. VDF. (pensée aussi pour Nesrine qui va faire la bulle après s’être battue comme une lionne pendant 3 jours : pour toi Nes, bravo mais grosse VDF quand même…)

. Du coup, je décide d’aller me dérouiller un peu avec une séance de squash le lendemain où je vais vite découvrir que la seule chose que ça m’a dérouillé, c’est mon aptitude à avoir des courbatures monstrueuses le lendemain. A moins que ce ne soit la faute du cours de yoga que j’ai tenté juste après et où j’ai sué sang et eau pendant une heure ("Mais c’est quoi ce cours ? Mais comment elle fait elle pour passer sa jambe derrière sa tête en équilibre pendant 10mn ?") avant de découvrir à la sortie qu’il s’agissait du cours « avancé » de la semaine et qu’il était réservé aux profs de yoga de la ville… Pour mon corps meurtri, VDF

. Le lendemain soir, Tristan avait prévu une petite fête au 22, la boite située au dernier étage d’une tour surplombant toute la ville. Nous sommes donc allés manger un bout avant dans un délicieux resto italien où nous avons découvert un sublime petit vin qui s’est bu tout seul avant de prendre le chemin du night club où tout un clan frenchie avait répondu présent à l’exception de Tristan qui se battait encore pour aller en finale. Comme d’hab (à chaque fois qu’il organise une teuf, il deep run, lol).

J’ai papoté à nouveau avec Phil Hellmuth qui en fait est aussi cool dans la vie que teigneux et insupportable à la table. Manqué d’étrangler Brosolo qui venait de me dire qu’il m’avait bluffé. Testé la vodka locale. Rigolé avec Kara Scott sur le fait qu’elle est somnambule et qu’elle essaie, la nuit, de sortir de sa chambre (du coup, elle se piège elle-même en mettant des objets au sol afin de trébucher et se réveiller avant de se retrouver en pyjama dans les couloirs d’un hôtel rempli de joueurs de poker).

Re-testé la vodka locale. Vanné Ilan sur son frais statut de poker héros et les conséquences rigolotes de la chose (« Ah, ça y est, c’est november nine et ça se la pête hein ! » Hahaha, tu ne vas plus pouvoir parler pendant deux mois !). Testé une autre boite, située un peu plus loin, et où le verre coute moins de 2 euros (j’aurais dû me méfier). Tenté de retrouver ma route jusqu’au Hilton. Et donc, le lendemain, logiquement passé tout le vol du retour à Londres à tester l’étanchéité des sacs à vomi easyjet. VDF.

Mais bon, relativisons, toutes ces VDF ne sont rien comparées à celle-ci : "J’ai laissé plusieurs milliers (ou dizaines, voire centaines de milliers) de dollars sur FT et les dirigeants, en qui j’avais confiance, se sont barrés avec mon pognon. Et comme j’espère toujours les récupérer, je ne peux même pas me lâcher en les pourrissant publiquement pour avoir escroqué les joueurs et méchamment entaché l’univers du poker online. Méga VDF"

Je finirais ce post avec l’expression du moment et qui me fait bien rire : « être nusté ». Du mot « nuts », alias meilleur jeu possible ou « être max ». Et qui peut s’appliquer à toutes les sauces : « Lui, quand il raise UTG, il est forcément nusté ». Ou, plus primitivement, « Punaise, elle est méchamment nutsée ta copine ». Hahaha, j’adore ! :D

Sur ce, je ne sais pas quel sera mon prochain tournoi mais je serais à Londres pour l’EPT pendant 15 jours puis à Cannes dès le 7. Je pense que je vais jouer les deux Ladies et un side event à 1k. Ce sera selon l’inspiration du moment ! A toute !


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 70 followers