Bond : 1, Bach : 0. De l’élégance dans le milieu…

Bond 1 : Bach 0

J’ai la nostalgie de quelque chose qui n’a jamais existé ailleurs que dans les livres de Ian Fleming : une salle intimiste au décor chargé de dorures façon Napoleon III, de lustres de cristal, de peintures d’ancêtres combattants en Crimée à cheval, de drapures de velours rouge sang, de majordome qui anticipe votre verre qui se vide, de calme feutré, de chuchotement dans le public, ébahis d’être les spectateurs privilégiés d’un si grand enjeu, de moquette épaisse au sol, si épaisse que quand un jeton tombe au sol, il s’y enfonce. Et alors entre le Joueur. Le Vrai.

Celui qui fait se retourner les courtisanes des tableaux, celui qui attire les jetons à lui, celui dont le costume est taillé sur mesure chez un des couturiers de la Reine, celui dont le port de tête altier soutient le regard de quiconque tente de l’interroger sur son identité. Celui qui en jette. Celui qui parle uniquement quand il sait qu’il va être spirituel. Celui qui, même quand il perd, ne perd jamais. Celui dont le visage ne bouge que pour adresser un sourire à la plus jolie des femmes de l’assemblée.

Et je peux faire la même avec une femme : Celle qui se ferait retourner les Princes de tous les tableaux, Celle dont la robe sublime etc…

Mais revenons brutalement sur Terre.

Revenons plus précisement sur Terre avec un exemple des plus criants. Si gentil soit-il, David Bach remporte le HORSE à 50 000$ et, devant les flash qui crépitent, monte pour chercher sa récompense – la récompense d’une vie ! – en short de bain, chaussettes, tatanes, chapeau informe, barbe pas taillée et chemise hawaïenne, le tout avec un bout de Beef Jerky entre les dents. Cher David, CE N’EST PAS POSSIBLE !

La dictateur que je suis (que j’aimerais parfois être) imposerait à quiconque vient jouer les WSOP (ou tout autre tournoi de belle envergure) un minimum de classe. Ce qui n’enlèverait rien à la fantaisie. On peut porter un sweat à capuche mais le porter avec élégance. Mais la satanique trinité short+tong+t-shirt informe, c’est presque une insulte au jeu lui-même. Quant à la séance photo du vainqueur, celle du lendemain, le vainqueur aurait OBLIGATION de représenter le poker avec les honneurs qui lui incombent.

J’ai parlais il y a seulement quelques jours de ça avec Thomas Kremser, le directeur de tournoi le plus chic du milieu, qui tenait les mêmes propos que moi : « Nous sommes là pour donner la meilleure image possible du poker. Et ça passe évidemment par une tenue irréprochable et une élégance à toute épreuve. Quand je vois Jeffrey Pollack sur les photos officielles des WSOP avec un gilet jaune, un costume bleu et gris à carreau et une cravate verte, j’en aurais presque la nausée. Nous nous devons d’être des fiers ambassadeurs d’un milieu qui ne ferait qu’à gagner en classe. »


Thomas Kremser (à droite) et Gerard Serra, ambassadeurs intégristes du bon goût

Bref, chers amis du poker, sans vouloir imposer à quiconque le port de la cravate et des pompes cirées, battons-nous pour faire en sorte de donner la meilleure image du poker possible ! – et jetez-moi ces tatanes/chaussettes de sport au genou –

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