Après San Remo et Madrid, vivement Vegas !

EV-. Voilà comment résumer de la façon la plus efficace deux semaines de vadrouille sur le circuit poker sous le soleil de l’Italie et de l’Espagne. En même temps, mon séjour n’aura pas été désagréable, loin de là… Il faut dire qu’après Dublin, les rayons de ciel bleu m’ont fait un bien fou ; rien de tel que de partager une glace au bord de mer avec les amis du circuit pour s’offrir une véritable bouffée d’air frais (et de coups de soleil).

San Remo, située sur la Riviera peu après la frontière française, est une ville un poil vieillotte (surtout les hôtels) mais qui ne manque pas de charme ! Et surtout, elle est située en bord de mer (mais bon, ça se voit pas sur la photo🙂 )

De plus, la gastronomie italienne étant ce qu’elle est, la régalade était au programme. J’ai ainsi le souvenir ému d’un petit resto, le Vittorio, timidement coincé entre deux terrasses sur une place fleurie d’orangers, où une vraie nonna italienne prépare ses plats du jour. Pas besoin de commander. On s’assoit et les assiettes défilent jusqu’à satiété : fleurs de courgette, pâtes au gorgonzola, friture de petits poissons, salade de mozzarella, Valpolicello bon cru… Une adresse bien connue des joueurs de poker (n’est ce pas Anto ?) et que je vous recommande chaudement !

Voilà. Je viens donc par ce chapitre culinaire de vous faire partager l’essentiel de ces deux semaines sur le circuit EPT. Parce que cette fois, le poker n’était pas vraiment au rendez-vous et pour une raison bien précise : Vegas. J’ai en effet décidé de consacrer une grosse partie de mon enveloppe de tournoi annuelle pour les WSOP afin de me laisser une chance d’y faire un score ; j’ai donc une dizaine d’events de prévus au programme et quelques sides deepstack à côté au Venetian.

Ces deux dernières semaines, j’ai donc uniquement joué un side à Madrid et le Ladies à San Remo où j’ai rencontré une des seules mamies LAG du circuit : un vrai truc de fou. Une mauvaise LAG (elle raisait/call 3bet HP avec 7-9o, puis donkait pour mieux toucher la ventrale river, par ex) mais une LAG quand même ! Et c’est pas souvent que je me suis fait 3bet dans un Ladies par une mamie qui avait 10-5o, croyez-moi… Mais bon, le miracle n’aura pas lieu et structure hyper-turbo oblige, j’ai eu beau jouer aussi bien que je pouvais, je n’ai pas su gagner les flips cruciaux…

Ensuite, j’ai enchainé sur le magnifique side event de l’EPT Madrid à 2000 euros. J’aime beaucoup ces tournois (j’avais d’ailleurs terminé 17e en janvier à Deauville) car la structure est toujours aussi belle que le prize-pool. Par contre, le field est horrible, évidemment… Assise sur mon siège, je pouvais apercevoir aux tables voisines Vitaly Lunkin, Jason Mercier, Liv Boeree, Chad Brown, Christopher Thorsson, plein de pros français et de kids du online ayant gagné un EPT ici ou un WPT là… Bref, la dead money, c’est pas que que c’était moi mais bon…

Leitmotiv Gimmick : "Toi aussi Claire tu es un taureau, toi aussi tu es très méchante, tu aussi tu leur fais peur..." ^^

J’étais de même entourée à ma table du très sympathique Christophe Benzimra, de Dan Heimiller et Joe Hachem. L’ex-champion du monde n’arrêtait d’ailleurs pas de bailler et jouait comme un caramel mou : à l’exception d’un bluff raté tout pourri, il ne faisait que folder : « Are you still jet lagged ? » lui demande-je, « Yes and it’s incredible because it’s already been 5 days… », me répond-il, « Yeah, cool ! I guess it’s a good news for all of us ! »… Et en effet, il va bust avant meme d’avoir fini son massage et sans avoir gagné un seul coup…

De mon côté, ça a été assez difficile. J’étais pourtant de très bonne humeur (et quand je suis de bonne humeur, je papote beaucoup, je sympathise avec la table, je raconte des conneries, je m’amuse au risque de passer pour la première fishette venue qui se croit dans un jardin d’enfant…) mais j’ai commencé par rater tous mes flops (mais mes c-bets sont passés dans la majorité des cas) à l’exception d’un : j’ai paire d’as et il vient un as au flop et je ne prends rien de chez rien.

Nous avons ensuite profité d’un parfait diner break au soleil, en terrasse. Sauf que comme il était 19h et que nous nous étions tous mis à l’heure espagnole, nous avons transformé ça en apéro break avec les français présents. Et comme Antonin et Alain étaient de la partie, autant vous dire que j’avais l’impression d’être dans le Sud ! Philippe Ktorza nous a ensuite raconté une anecdote qui nous a tous bien fait halluciner, cliquez ici pour en lire le début de la malediction du 7 de pique, une histoire qui défie réellement toute statistique mathématique. Et ce qui n’est pas noté sur le blog, et qui est en fait le plus interressant, c’est que Philippe saute contre le 6-7 de pique (lui a les dames), comme s’il avait reçu toute la journée un avertissement divin. Du coup, la blague veut évidemment que Ktorza soit ensuite allé mettre un petit billet à la roulette, direct sur le 7. Et là, vous me croirez ou pas mais c’est évidemment le 7 qui est tout de suite sorti. Une incroyable loi des série frôlant le paranormal qui nous a tous bien distrait… Mais les apéros ont tous une fin et bientôt sonnait à nouveau la cloche non pas du dîner mais du tournoi : adieu petit bière au soleil, it’s time to fight again !

Ne touchant aucune carte/flop/turn/rien, j’ai donc tenté deux move : un qui a marché contre un joueur faible/tight alors au bouton qui a trouvé le moyen de passer 3-5 sur 3 4 5 6 quand je l’ai relancé au turn (j’avais une excellente image et je pouvais tout à fait avoir brelan ou 77) et un autre contre un joueur trop bon et avec plein de jetons : mauvaise idée… Quand je l’ai relancé au turn avec une banane gonflée à l’hélium en main (=pire que « air »), il a passé 5 bonnes minutes à mariner/réfléchir, avant de m’assomer d’un cruel « tapis » en plein tête. Yeah…

Et je m’en veux encore car je crois avoir fait une erreur d’attitude. C’est en effet en me scrutant qu’il a pris la decision de raise à tapis ; je crois qu’il a lu de la faiblesse chez moi… Etant donné que mes collègues ont la possibilité de se balader sur mon blog, je ne vais pas rentrer dans les détails mais ce coup m’a donné une bonne leçon et fait en sorte que dorénavant, je ne ferais plus la même erreur. Il est en effet toujours difficile de bien doser les degrés de tells/contre-tells (car cela dépend de la lecture et du niveau du joueur adverse) mais cela reste une part importante du jeu. Et je compte bien me perfectionner aussi de ce côté-là dans mes futurs tournois.

Là je viens de joueur un coup comme une déesse, genre la Maitresse absolue des cartes et toute la table est véritablement impressionnée par mon skill. Si si... (Comment ça Hachem est mort de rire ? Mais c'est parce que la masseuse le chatouille ! Comment ça, il n'y a pas de masseuse ?) (un grand merci à Antoine Lafond pour sa gentillesse, son efficacité et la photo !)

Après analyse, me suis aussi dit qu’il avait pu me faire du cinéma (il avait l’air de souffrir un peu trop en réfléchissant), qu’il avait un monstre, et qu’il pensait que moi aussi j’avais une main forte pour le suivre. D’où le tapis avec envie d’être payé…. De toute façon, je ne le saurais jamais. (et désolée, bizarrement j’ai tellement stressé que mon cerveau a semble-t-il effacé le coup… Me souviens plus du tout de mes cartes ou du board ! Ca me fait ça quand j’ai une overdose émotionnelle…)

J’ai donc laissé quelques plumes sur ce coup mais j’avais toujours un tapis sympathique bien que légèrement inférieur à la moyenne. Alors que la moitié des joueurs avaient déjà rejoint le banc de touche, je perds deux fois KQ, puis AQ et paire de 6. Là, mon tapis de 10k commence à être franchement maigrichon… C’est alors qu’un joueur un peu loose ouvre à 800, que le tight de service sur-relance à 2300 et que j’ouvre QQ au bouton. Ni une ni deux je pousse mes jetons au milieu, pressentant d’être devant. C’est alors que la BB, le bon joueur avec une montagne contre qui j’avais perdu le move précédemment écrit, se met à réfléchir. Et paie. Là, je sais que je suis carbonisée. Le premier relanceur folde, le tight aussi (il avait JJ) et la BB montre KK.

Pas de miracle et zou, je suis éliminée vers 2h du matin avec pour lot de consolation la fierté de remporter un joli last longer contre Nico Levi, Pedro Canali et Fabsoul. Hihihi ! (je ne vous dirais pas l’enjeu mais disons juste que j’aurais détesté le perdre ! – et non, ce n’était pas de jouer le prochain tournoi en string pour les perdants- – ce que maintenant je regrette d’ailleurs…-)

Quand je joue, j’ai horreur des diner break car, comme pour tout le monde, le stress me noue l’estomac. Mais dès que je bust, une fois la nouvelle digérée, c’est une apocalypse de gargouillis qui se déchaine furieusement. N’ayant pas trop le choix dans le menu, je commande un piteux croque-monsieur au bar et Melanie Weisner (contre qui j’avais joué en heads-up lors du Ladies de Monte Carlo), vient me rejoindre.

On échange les blablas d’usage sur le tournoi en cours, elle me dit être encore méga verte d’avoir sauté du Main après avoir vécu un Day 2 merveilleux et un Day 3 plus noir que les mines de charbon du Pas de Calais, et on enchaine sur le Black Friday. Il faut dire que le sujet reste celui le plus discuté en dehors des tables puisque personne ne sait ce qu’il va se passer…

Ca spécule dans tous les sens mais la conclusion est souvent la même : les pros américains jouant online sont désormais contraints d’envisager de déménager. Elle hésite donc entre Londres (comme beaucoup d’entre nous), Barcelone ou l’Australie (mais trop loin) mais avoue être vraiment blasée à l’idée de quitter New York… Et il n’est pas difficile de lire une inquiétude quant à son avenir au sein de FT…

Cette discussion reflète l’état d’esprit général des joueurs en ce moment : l’incertitude et la résignation à l’idée que de nombreuses choses vont changer. Nous savons seulement que les WSOP seront bien moins fréquentés que les précédentes années, que des programmes TV sponsorisés seront déprogrammés, que certains cash gameurs européens se gavent en hi-stakes (car les sharks US ont déserté le navire) et que nombre de personnes se font virer des sites en question mais tout le reste navigue dans le flou. On parle de deal avec l’Etat mais quant à l’issue définitive, c’est toujours motus. On dit aussi que FT et UB/AB vont disparaitre pour toujours avant de se raviser pour FT et de défendre le contraire… Strange days…

Une fois donc mon sandwich avalé, Melanie saluée, ma défaite encaissée et la nuit passée, j’ai pris l’avion pour Londres où je vais rester une petite semaine avant de m’envoler ensuite pour un week-end à New York pour voir une amie (yeepee, j’adore cette ville !) et ensuite pour Las Vegas ! J’ai tellement hâte de revoir le Strip, ses restos, ses boites de nuits et surtout, tous les sublimes tournois qui vont ponctuer mon quotidien cet été !

Mais avant ça, histoire de nous mettre en forme (et là c’est le moment où je vous interdis de rigoler), nous avons prévu quelques jours de préparation/remise en forme dans un SPA à deux heures de route de Vegas avec au programme du sport, beaucoup de sport, des repas diététique, des massages et du yoga à gogo ! Mens sana in corpore sano. Mais non, pas la peine d’insister, vous n’aurez pas de photo de moi (ou pire encore, de Fab), dans la position du lotus à 7h30 du matin au milieu des cactus et des coyotes…😀

7 Réponses to “Après San Remo et Madrid, vivement Vegas !”

  1. murlock7 Says:

    même si on insiste vraiment vraiment bcp?

  2. TiTi PöKEr Says:

    j’ai horreur des diner break car, comme pour tout le monde, le stress me noue l’estomac. Mais dès que je bust, une fois la nouvelle digérée, c’est une apocalypse de gargouillis qui se déchaine furieusement

    Il y a pire que des gargouillis à table …. J’ai déjà testé, et ça fonctionne merveilleusement. Les adversaires proches quittent la table 5 bonnes minutes…..

    Go to LV, et comme Murlock, j’insiste pour avoir 1 photo de fabsoul en position du lotus :):):)

  3. D8 Says:

    tant qu’on a pas une photo de Titi en position du lotus, tout va bien!

  4. aldanjah Says:

    Entre le tell que tu veux nous cacher et l’objet du last longer, ça fait beaucoup de secrets tout ça : tu peux pas nous en dire au moins l’un des deux ?

    sinon Joe Hachem a l’air terrorisé que tu sois à sa gauche🙂
    et quel talent sur Paint aussi ! ^^

  5. mama913 Says:

    j’adore la carte de migration des shark😉

  6. whistman89 Says:

    Gl pour Vegas, et vive le comm de Titi !!

  7. viedefish Says:

    Bon, pour la photo on verra🙂
    Sinon, Titi, merci pour ce tuyau technique imparable😀 (qu’est ce que je suis contente de ne pas t’avoir à ma table souvent !)

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