Les sept moments marquants de ma semaine vegassienne !

1. Mon premier cash

C’est fou comme nos espérances, nos buts et nos souhaits évoluent ; alors que l’an passé, j’avais été folle de joie pour mon premier ITM aux WSOP, créant un post spécial à cet effet et braggant comme une dingue à qui voulait m’entendre (« Et là, la brave chevalière que je suis, toise du haut de son cheval son gueux d’adversaire, avant de lui assêner le coup de grâce ») que j’avais enfin ma ligne Hendon Mob WSOP, cette fois, c’est toute piteuse que j’ai été chercher mon gain au cashier et je ne sais même plus sur quoi j’ai sauté…

Je sais juste que j’étais short, que j’ai terminée 229e sur un field d’environ 3000 joueurs dans un NLHE à 1500$ et voilà. Ah si, ça me revient : un flip préflop de base TT vs AK. Mais ne crachons pas dans la soupe. C’est évidemment pas la fête du slip dans les chaumières mais j’étais très heureuse de ne pas avoir « zéro ». Car je crois qu’il n’y a rien de pire que de venir à Vegas pour jouer une dizaine de tournois et de repartir sans rien du tout.

Du coup, je suis au moins assurée d’un mini-cash. Ce qui est toujours mieux qu’un coup de pieds aux fesses, avouons-le.

2. La bulle du 1500 NLHE

Techniquement, ce n’est pas la bulle-bulle puisque c’était à 20 places de l’argent mais quand on sait que le field de départ comptait près de 3000 joueurs, ça remet les choses en perspective…

J’avais commencé le Day 2 avec 19k (moyenne 32k) sur des blinds 500/1000, ante 100. Nous étions alors à 100 places de l’ITM et mon stack me plaçait dans les 100 derniers. Tout était donc possible, le meilleur comme le pire. Une chose était sûre : même en me laissant mourir et malgré la vitesse des éliminations, si je ne bougeais pas, je n’allais pas atteindre mon but.

J’ai donc pris les blinds une fois, raté une autre fois (3-bet all in en face) et effectué un 3-bet all in avec paire de 8 qui a marché. Une fois quelques tours passés, je me retrouve à 30 places de l’argent à nouveau un baby stack de 19k.

Et vient le coup fatal. Tous les joueurs passent jusqu’à la SB, un joueur qui veut faire l’argent, n’a pas joué un coup mais voit son stack fondre lui aussi. Il n’a pas encore réussi à relancer une seule fois depuis le début et c’est là sa première ouverture.

Il relance logiquement ma BB à 2500. C’est là que je regarde ma première carte, ouvre un valet et me décide à me fier à mon instinct en poussant mon tapis. Je pense qu’il n’a pas une forte main et étant donné que j’ai une image tight et que je suis une femme, il doit probablement profiter d’un spot qui lui semble facile pour voler les blinds. Je suis donc à tapis, le poussant à prendre une décision dont dépend l’issue de son tournoi puisqu’il n’a que 17k devant lui.

Quand je vais à tapis, il se prend la tête à deux mains et souffle un grand coup. Il est visiblement contrarié, ce qui signifie que je me suis trompée sur un point : il a une main moyenne+. Au bout de 5 minutes de réflexion, il inspire un grand coup et paie avec AJs. Super. En plus il a un valet. Et moi, un 3. Je perds le coup et il me reste 2BB.

Derrière, je vais réussir miraculeusement à tripler avec A3s contre Ako avant le dernier coup, qui n’aura pas manqué de me laisser perplexe. Je suis de BB pour 1000, j’ai donc 5k derrière. Tout le monde sait que mon range de push est large. Si je ne bouge pas, il n’y a aucun cas où je fais l’argent, même si nous ne sommes plus qu’à 20 places. C’est alors que le cut off envoie 2500. Tout le monde passe jusqu’à moi et j’ouvre une main qui me semble alors très belle : KTs. J’envoie et il me paie avec 7-8o.

Alors bien sur qu’il est obligé de payer, je sais bien que je n’ai aucune fold equity et ce n’est pas la question. Je me demande juste comment ce joueur peut relancer ma blind avec une poubelle en connaissant l’énorme probabilité que j’ai de push à ce moment là… Bref, je perds ce coup dans lequel je suis favorite et encore aujourd’hui, je m’en veux de ne pas avoir joué plus solide pour m’assurer un billet de 3000$…

J’ai ensuite discuté à la piscine du coup avec J-3 de blind avec Fab, Nico et Davidi et il est vrai que ça donne à réflexion. Personne ne peut dire que c’est mal joué, compte-tenu du spot et du contexte (même si j’aurais pu décomposer le coup et ainsi prendre une chance plus grande de gagner ; de même, le resteal de BB est tellement courant qu’il savait que je pouvais faire ça avec une banane… – quoique mon image était belle-), mais il est vrai aussi que j’ai failli sur un point : mon objectif.

Je voulais faire ITM et j’ai joué pour plus. Erreur. Si je n’avais pas fait ce move, j’aurais peut-être sauté à la bulle-bulle quelques places plus tard mais le fait est que j’aurais dû me laisser toutes mes chances de mon côté… Tant pis…

3. Le cadeau du siècle dans le Ladies

Je ne m’éterniserais pas sur ce tournoi puisqu’on va le résumer en quelques mots : nous étions 5 pros à ma table (trois de cash game et deux de tournois) mais c’est la mère de famille de 45 ans qui overbettait dans tous les sens et qui faisait n’importe quoi qui nous a défoncé sur un rush de fou. Elle nous a toutes éliminées, dont moi, les unes après les autres : c’était Terminamum (sur ma dernière main, j’ai A9 et elle, A5 : flop A5J).

Mais je n’aurais pas tout perdu puisque j’ai eu le bonheur incroyable de repartir à la maison avec un paire de chaussons généreusement offerte par le sponsor du tournoi. Et une image vaudra mieux que tous les mots :

Pour tous ceux qui n'ont pas eu le bonheur de voir ça sur mon profil FB, je vous présente "Ze paire de tong en moumoute avec les fleurs en plastique dessus" ! Mais le pire, c'est que c'est évidemment aussi moche que méga-douillet (vos orteils vous disent merci) et qu'il faut donc que je me fasse violence pour les porter uniquement quand je suis seule à la maison😀

4. Les daily bad

Je ne voudrais pas whine trop longtemps, je vais donc juste raconter une main typique d’un donkement à 1000$ :

J’ai, entre autres, perdu un coup avec QQ vs Kx juste avant et il me reste environ 2300 sur les 3000 de départ. Une nana relance à 125 sur des blinds 25/50. Son voisin fait 250 et je décide de faire 600 au cutoff avec AdKd en sachant qu’en début de donkament, je suis prête à prendre plus de risques pour vite doubler et m’assurer une marge de manœuvre par la suite.

La nana folde et le mec paie. Bon. Flop 8s 6d 2d. Et là, le mec, à qui il reste pile le même stack que moi,  donke et pousse son tapis. Evidemment, vu la config’, je paie. Après tout, j’ai déjà vu faire ça avec  une paire 99+, ce qui signifie qu’en plus de mon flush draw, je peux avoir deux over. Sauf qu’il a paire de 6. Il a donc mis plus d’un quart de son tapis pour toucher un 6. Car s’il ne le touche pas, il passe tout. Et en plus, il overbetdonke, histoire de prendre sa chance de me faire passer au lieu de me laisser c-bet en demi-slip… Bref…

Une heure plus tard, j’ai tenté le 235$ turbo du Rio où j’ai eu la même : je reraise cher un mec avec les As et il me paie avec paire de 2. Et touche son 2 sur un flop où je m’empale.

Voilà donc une journée type comme plein de joueurs en vivent à Vegas en ce moment. Dur dur je vous le dit d’enchainer les set up et autres bad beats tous les jours… Mais il ne faut jamais baisser les bras et perdre la foi : l’essentiel étant d’être satisfait de son jeu quoiqu’il arrive et de ne pas tilter. Le reste n’est que lutte contre le découragement. En attendant l’embellie et le vent de fraicheur !

5. Et à propos de vent de fraicheur : la victoire de Tonin

C’est le moment ou une vidéo vaut mieux que tous les mots : cliquez ici pour voir la dernière main. J’étais folle de joie qu’il gagne et je n’étais pas la seule ! Car Tonin est un personnage culte de Marseille, un mec qui a commencé à jouer dans les arrières salles il y a longtemps et qui a trainé sa bosse à l’instar de nombreux autres sur des routes pas toujours faciles. VGG donc pour sa persévérance, son talent (le 5000$ NLHE est tout sauf un tournoi facile) et sa personnalité, aussi joviale qu’entière et bourrée d’humour !

Après Fab, ElkY et Elie, encore un autre bracelet pour la France !!! Quelle année incroyable pour les tricolores !

En bonus, vous pouvez aussi cliquer ici pour voir la vidéo du break dance de joie de son pote Bruno (aka Kool Shen) quelques minutes après la victoire.

Je profite d’ailleurs pour faire une petite parenthèse que je voulais faire depuis longtemps sur Bruno (très belle photo de Caroline ci-dessus), qui, pour faire court, m’épate. Le mec (pour rappel, juste un des meilleurs rappeurs/songwriter/producteur de la scène hip-hop française), il débarque comme une fleur dans le poker y’a deux ans, il comprend alors qu’il ne joue pas super bien et que tout le monde l’attend au tournant, il encaisse les critiques avec modestie, il est sympa avec tout le monde, il apprend, écoute, bosse et finit par faire ses preuves et se faire respecter de la communauté entière après des résultats qui en jettent (là, il a fait 20e dans le même 5000$ qu’Antonin). Franchement, respect.

6. Le concert de Bruel au Wynn

J’avoue que quand j’ai eu l’invitation par Almira, une des mes premières pensées a été « Ca va durer longtemps ? ». Et quand elle m’a répondu 2h30, j’ai failli insta-fold… Mais partant du principe que toute expérience est bonne à prendre, j’ai finalement accepté de bon cœur l’invit’ et nous sommes suis partis avec Manu B et Lucille pour aller écouter des chansons que je n’avais pas entendues depuis le « super Bruel best of » que ma mère passait en boucle alors que j’étais encore au collège…

Le concert, acoustique, aura finalement duré 1h30 qui seront passés comme une lettre à la poste quand il n’y a pas de grève. Je me suis rendue compte que je connaissais la moitié du répertoire par cœur (mention spéciale à Lucille qui m’a pêté l’oreille gauche avec son « casser la voix » qu’elle connait de bout en bout) et qu’en plus, je prenais grand plaisir à ré-écouter certains morceaux qui sont des vrais classiques du répertoire de la chanson française.

Je sais bien qu’jl’ai trop diiiiiiit, mais jte l’dit quand même… Franchement, j’ai kiffé : le mec est juste bon et même les plus récalcitrants d’entre nous ont été forcés d’admettre que oui, Bruel est juste Bon, avec un B majuscule (et non, c’était pas pour employer le masculin de « bonne »). En plus, il était drôle dans ses textes entre les morceaux. En réalité, il parait qu’il était tendu comme un string du Rhino avant d’entrer sur scène car il rêvait depuis longtemps de jouer à Vegas.

Sans compter sur le fait que beaucoup de joueurs de poker avaient été invités eux aussi et qu’ils n’étaient pas un public acquis. Loin de là… (et c’était sans compter les américains qui, inutile de le préciser, ne pipaient mot aux chansons). Du coup, l’humilité soudaine du personnage mêlée à ses trente ans d’expérience d’artiste n’en ont rendus le spectacle que plus touchant, humain et sympathique. En clair, un vrai bon moment que nous avons tous apprécié : chapeau Patrick et merci !

Et parce qu’on a tendance à avoir la mémoire courte, cliquez ici pour une vidéo hallucinante :  (franchement, y’a combien de mecs au monde qui ont déjà vécu un truc pareil ?)

7. La soirée qui a suivi le concert de Bruel et la victoire d’Antonin

Après un détour backstage en fin de concert (on a suivi le move initié par la très belle Alice – dommage qu’elle ne soit pas restée plus longtemps à Vegas !- car on pensait que c’était pour un cocktail collectif mais en fait non), me suis retrouvée plantée avec Lucille comme une crétine godiche entre deux technicos qui remballaient le matos et les proches de Patrick dans sa loge. Du coup, on s’est faufilées sur la scène, histoire de se la jouer un peu en photos :

Et là, devant une foule en délire... ^^

Nous avons ensuite pris la direction de la meilleure boite de Vegas (avec le Surrender et le Marquee) : le cultissime XS ! Et là, surprise, Calvin Harris is in da house ! J’adore ce DJ anglais qui n’a pas failli à sa réputation : il a mis le feu !!!

Avec les W, nous avions une table juste devant la scène mais, week-end du 4 juillet oblige, la boite était bondée, pleine à craquer, électrisée et j’ai eu l’impression d’être plus à un concert surchauffé qu’à une soirée en boite : bouge ton corps baby et danse jusqu’au milieu de la nuit ! En plus, Antonin le braceletté nous a rejoint avec ses potes et moultes autres frenchies pour une fête de folie jusqu’au bout de la nuit. Et non, je ne raconterais rien mais je dirais juste qu’à 14h le lendemain, certains spectateurs de la cérémonie du bracelet du marseillais n’avaient pas encore dormi😀

8. Et tout le reste…

Les restos délicieux (miaaaaaam le Scarpetta avec l’accueil de Gilles et, entres autres, le diner royal pour célébrer la victoire de Fab), les cagoules pas méchantes au pai gow, les embouteillages qui font râler sur le Strip, les « Il fait encore plus chaud qu’hier non ? » au break, les piquages de tête dans la piscine à la fraicheur miraculeuse, les séances lèche-vitrine dans des boutiques hallucinantes (cf le Crystal, histoire de baver un peu), les burgers au in’n’out et… le Main Event dans quelques jours seulement !!! Allez !!! (et je parie qu’il y aura un(e) français(e) en finale !)

13 Réponses to “Les sept moments marquants de ma semaine vegassienne !”

  1. D8 Says:

    Ouuaaaaoooouuuuu
    Just wonderfull (des rois par les as) post.
    Tu devrais faire journaliste!

  2. challenge100K Says:

    Quel nouveau post superbe ! Et c’est vrai qu’il est bon, le Patrick, nice video…

  3. titipokerTiTi PoKEr Says:

    Vraiment monotone la vie de star du poker, ….

    J’aime bien les pantoufles …🙂

  4. franck Says:

    toujours un bonheur de te lire, et que cela continue sur cette lancée pour les frenchies. La vidéo de Bruel trop forte, lui même est bluffé, un grand moment d’émotion que peu ont du vivre.

  5. misterhyde22 Says:

    Superbe Billet Claire !
    Merci pour cette évasion pendant les heures de taf :p😉

  6. mama913 Says:

    beau billet GL pour le Main !

  7. Raycatt Says:

    Proverbe pokerien: Aprés les bad beats vient le good run…

    Courage et GL…

    PS: Je trouve les pantoufles géniales pour aller a la piscine…

    bon, jme casse….

  8. stefal Says:

    Ça donne envie ;o)

  9. misterhyde22 Says:

    tu parles des tongs Stefal ? :p

  10. misterhyde22 Says:

    Au fait, il faudrait que tu contactes Hendon Mob : il y a une coquille au niveau de ton Nom de famille, et du coup, c’est « Claire RENEAUT » qui a héritée de ta perf (http://pokerdb.thehendonmob.com/player.php?a=r&n=205589)

  11. viedefish Says:

    Merci Mister Hyde, en effet, j’avais vu (c’est le nom sous lequel ils m’ont enregistrée). Et merci à vous tous pour vos sympathiques comments🙂

  12. Stalinstate Says:

    C’est bien plus les moments que vous décrivez dans vos articles que les millions et la célébrité qui me font rêver de la vie de joueur de poker.

    Les gens que vous décrivez ont juste l’air géniaux.

    Merci pour l’article.

  13. ptitpascal Says:

    La photo avec le piano est superbe !😉

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :