Archive for the ‘Loooool’ Category

Just another week in Sin City (avec plein de photos !)

19 juin 2013

En bonne touriste cagoulée, on va commencer par torcher le chapitre lié au poker et vous z’allez vite comprendre. Il y a quatre jours, en cash, j’ai call avec 99 (sur un tell de parole only, sinon je fold car le coup est 3-bet PF et le mec a joué, avant ça, très tight) sur un flop 8c 7d 5c un monster overbet en check-raise en face (genre il envoie 250$ sur mon bet à 35$) chez un golmon qui avait AhKd (et pan, roi turn).

Le lendemain, j’ai perdu un pot à 500$ avec 9s9h sur un flop 3h8h5h contre un mec ivre mort qui avait décidé de payer mon raise préflop avec 3-5o et qui me refait un monster overbet de la mort. Hier, pour continuer sur ma lancée, j’ai perdu un coup qui valait 1000$ d’équité en SNG (les mecs ont split even juste après que j’ai bust avec AT contre T9 AIPF, standard). Et aujourd’hui, c’était mon premier event WSOP et j’en avais pas dormi de la nuit tellement j’étais excitée d’aller le jouer : un 1000$ turbo dans lequel j’ai joué un peu plus d’une heure, TT vs QQ et voilà.

Pourtant mon plan était parfait ! Pas de chip trick en arrivant à la table, "yes, i'm French and i'm a tourist" et un peu de contre-tells de barbares et zou ! Et ben non. Je remonte à chaque fois en gagnant plein de petits coups mais je perds trop souvent les gros qui font la différence !

Pourtant mon plan était parfait ! Pas de chip trick en arrivant à la table, un petit « Yes, I’m French and I’m a tourist » bien rodé et un peu de contre-tells de barbares et zou ! Et ben non. Je remonte à chaque fois en gagnant plein de petits coups mais je perds trop souvent le gros qui fait toute la différence ! En même temps, ils ne perdent rien pour attendre ces moumoutons… Ma vengeance sera terrrrrrrrrrible !

Bon, maintenant que c’est fait et que j’ai bien whine comme il faut, passons aux choses qui nous intéressent vraiment : Ze real life in Vegas. Et que faire en dehors des tables, surtout quand, après tout, on n’a plus aucune raison d’y être, aux tables… C’est vrai ça, pourquoi aller perdre ses thunes régulièrement au poker quand à la place, on peut s’acheter de l’alcool/maillots de bains/bungalow en boites/alcool encore/restos entre potes/digestif ? 😀

L'idée c'est de commencer doucement par une bonne chillade au soleil à la piscine de l'Aria, une des plus sympas du Strip. Histoire de contre-balancer le teint verdâtre que peut donner un séjour trop prolongé au Rio.

L’idée c’est de commencer doucement par une bonne chillade au soleil à la piscine de l’Aria, une des plus sympas du Strip. Histoire de contre-balancer le teint verdâtre que peut donner un séjour trop prolongé au Rio…

Et pour continuer dans la lignée bronzage/activité de plein air, direction le Lac Mead !

Et pour continuer dans la lignée bronzage/activité de plein air bonne pour la santé, direction le Lac Mead entre potes : on s’est régalés ! Et comme dit l’ami Mikedou : « C’est ouf, c’est la première fois depuis que je suis là  que j’ai pas pensé poker deux heures de suite! » Et voui !

Et tant qu'à bien faire, pour décagouler rapidement, autant boire la moitié du lac par les narines sur cette engin de la mort qu'on appelle "la bouée de l'enfer" et qui promet des vols planés dans tous les sens (mais je me suis faite acheter ; vous ne verrez donc pas les bonds ridicules de la bande)

Et tant qu’à bien faire, pour décagouler rapidement, autant boire la moitié du lac par les narines sur cette engin de la mort qu’on appelle « la bouée de l’enfer » et qui promet des vols planés dans tous les sens (mais je me suis faite acheter ; vous ne verrez donc pas les bonds ridicules des autres membres de la bande)

Les paysages montagneux se succèdent (enfin surtout à droite de l'image), laissant les spectateurs émerveillés par tant de grandeur...

Sur le lac, les paysages montagneux se succèdent (enfin surtout à droite de l’image), laissant les touristes émerveillés par la beauté de la nature… (mon dieu que je suis con…) [spéciale dédicace à ma cops Miss H. avec qui on se marre bien everyday ! 😀 ]

Mais bon, sur ce, Vegas c'est pas que la beauté de la nature ; il est parfois temps aussi de passer aux choses sérieuses et de fêter comme il se doit le bracelet mérité de notre poto belge Davidi le Grand, le tout dans la dernière boite à la mode de la ville, le Light, créé par Guy laLiberté

Mais bon, sur ce, à Vegas, il est parfois temps aussi de passer aux choses sérieuses et, en l’occurrence, en fêtant comme il se doit le bracelet mérité de notre poto belge Davidi le Grand, le tout dans la dernière boite à la mode de la ville, le Light, créée par Guy laLiberté

Et pourquoi la boite est-elle reliée au Cirque du Soleil me demanderez-vous? Et bien parce qu'il y a des... acrobates partout. (la nana que je suis a un peu honte d'avoir mis cette photo mais bon, en même temps, c'était comme ça sous notre nez et en plus, ça va réjouir mon lectorat masculin)

Et pourquoi cette boite est-elle reliée au fondateur du Cirque du Soleil, me demanderez-vous? Et bien parce qu’il y a des… « acrobates » partout ! (La nana que je suis a un peu honte d’avoir mis cette photo mais bon, en même temps, c’était comme ça sous notre nez all night long et en plus, ça devrait réjouir mon lectorat masculin) 🙂

Sinon, pour sortir et être dépaysé, j'aime aussi tout particulièrement Downtown, surtout que le quartier se hipsterise à vitesse grand V : y'a des chemises à carreaux, des barbes, des tatoos et des cols en V à tous les coins de rue !

Sinon, pour sortir et être dépaysé, j’aime aussi tout particulièrement Downtown, surtout que le quartier se hipsterise à vitesse grand V : y’a des chemises à carreaux, des barbes, des tatoos et des cols en V à tous les coins de rue !

Mais au petit matin, à la sortie des (tous nouveaux) bars branchés du coin, on peut aussi faire des rencontres... inattendues...

Mais au petit matin, à la sortie des (tous nouveaux) bars branchés du coin, on peut aussi faire des rencontres… inattendues…

Attendez, comme vous ne voyez pas bien, je vais zoomer :

Là, on voit beaucoup mieux, non? (et oui, à côté de caddie-man, c'est un demi-schtroumpf...)

Là, on voit beaucoup mieux, non? (et oui, à côté de caddie-man, c’est un demi-schtroumpf…)

Et juste à côté, il existe toujours ce fameux resto où les obèses de plus de 150kgs mangent gratos des burgers revendiqués comme étant "les plus gras au monde". Et une fois l'orgie terminée et le vomi au bord des lèvres, les "nurses" les sortent en les poussant sur des fauteuils roulants. Pas étonnant qu'ils peinent à recruter...

Et à quelques blocs de là, il existe toujours ce fameux resto où les obèses de plus de 150kgs mangent gratos des burgers revendiqués comme étant « les plus gras au monde ». Et une fois l’orgie terminée et le vomi au bord des lèvres, les « nurses » les sortent en les poussant sur des fauteuils roulants. Pas étonnant qu’ils peinent à recruter…

Bon, comme je sens que j'ai plombé l'ambiance, faisons une pause Bellagio, et son jardin enchanteur en plastique : ses moulins, ses tournesols, ses papillons... Ké bonheur !

Bon, comme je sens que j’ai plombé l’ambiance, faisons une pause Bellagio, avec son jardin enchanteur en plastique : ses moulins, ses tournesols, ses papillons… Ké bonheur, ké fraicheur !

C'est bien beau toute cette vacuité, me direz-vous, me quid de la culture? Et bien pour ceux qui sont dans le mood, direction le Nevada State Museum, qui, comme son nom ne l'indique pas, vaut vraiment le détour ! Vous découvrez une tonne d'archive, artéfacts, antiquités (du XIXe mais quand même) et anecdotes sur l'évolution de cet état à l'histoire vraiment inintéressante! Ici, une vue d'une rue standard au début du XXe siècle (difficile de croire que ce n'était qu'il y a 100 ans !)

C’est bien beau toute cette dose de pschitt citron, me direz-vous, mais quid de la culture ? Et bien pour ceux qui sont dans le mood, direction le Nevada State Museum, qui, comme son nom ne l’indique pas, vaut vraiment le détour ! Vous découvrez une tonne d’archives, artéfacts, antiquités (du XIXe mais quand même) et anecdotes sur l’évolution de cet état à l’histoire vraiment inintéressante! Ici, une vue d’une rue standard au début du XXe siècle (difficile de croire que ce n’était qu’il y a 100 ans !)

Et vous pouvez même découvrir la tête des premiers habitants de Vegas il y a quelques temps...

Et vous pourrez même découvrir la tête des premiers habitants de Vegas…

D’ailleurs à ce propos, ils ont en exposition un animal absolument incroyable mais malheureusement disparu depuis longtemps.

L’histoire commence il y a quelques millions d’années avec Madame T-Rex qui tombe amoureuse de Monsieur Souris. Et là, contre toute attente, le miracle se produit et un petit bébé nait de cette union à la fois spectaculaire et merveilleuse. Prenez une seconde pour tenter d’imaginer la bébête, et ensuite, scrollez vers le bas pour découvrir ce petit animal miracle :

Et voici le Tyrasourius Rex, un animal aussi dangereux que méconnu, et qui a continuer à hanter le Désert des Mohave pendant plusieurs siècles, jusqu'à ce que les Indiens en déciment le dernier spécimen vivant en 1878 (ici, on ne voit pas bien, mais l'animal fait environ 1m de haut)

Et voici le Tyrasourius Rex, un animal aussi dangereux que méconnu, et qui a hanté le Désert des Mojave pendant plusieurs millénaires, jusqu’à ce que le dernier spécimen disparaisse mystérieusement à la fin du XIXe siècle…

Bon, sur ce je vous laisse, c'est l'heure pour moi d'aller faire du vélo dans le désert...

Bon, sur ce je vous laisse, c’est l’heure pour moi d’aller faire du vélo dans le désert en plein cagnard, histoire de rafraichir ce que je pressens être une jolie surchauffe d’ici peu…

Et puisqu'on parle de surchauffe... Ah elle est là la Team Everest-Betclic !

Et puisqu’on parle de surchauffe…(Ah elle est là la Team Everest-Betclic!)

Donc comme vous l’aurez compris, la vie est belle sous le soleil de Vegas et ce n’est étrangement pas la violence de ses rayons qui peuvent vous faire sauter un ou deux fusibles. Non, c’est bel et bien la violence du jeu et cette affreuse question : mais quand vais-je gagner à nouveau ? En même temps, étrangement, je me sens bien et la vie s’écoule avec douceur dès que je ne touche pas les cartes. Donc même si je ne comprends pas pourquoi je perds tous ces énormes coups cruciaux, je me dis qu’il y a bien un moment où ça va tourner !

Un grand merci en tout cas à tous de me suivre si nombreux sur ce blog et merci aussi pour vos commentaires et encouragement qui à chaque fois me font aussi plaisir 🙂 !

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De Deauville à Las Vegas : 15 jours hyper polarisés, nuts or beurks !

26 février 2013

Définition de « polarisé » : soit très bon, soit très pourri. Se dit aussi d’une main de poker : avoir « les nuts or nothing ».

Laissez-moi vous raconter mes 15 jours « nuts or beurks » en bref, z’allez comprendre la force du roller-coaster :

NUTS : Lors de l’EPT Deauville, mon déjeuner d’anniv’ surprise façon goûter avec Emilie, Nico, Coco, Fab et Ludo (merci les z’amis, c’était top !) et toute la journée qui a suivi (massage, fleurs, resto qui tue et soirée à l’02 ensuite)…

annivPetit jeu : sauras-tu deviner qui est qui? (en fait j’avoue : on avait vraiment l’air trop cons -mais du coup, on s’est bien poilés-, je me suis donc dit qu’un peu d’anonymat ne ferait pas de mal hahaha!)

restoFlash pub (parce que c’est aussi à ça que sert un blog) : on ne connaissait pas « l’Essentiel », un resto gastro franco-asiatique, mais ça va devenir notre QG tous les ans pendant l’EPT ! Pour résumer, de l’amuse-bouche au dessert, on s’est ré-ga-lés (et c’est suffisamment rare pour mériter d’être signalé, merci Chef) !

soireeUne belle brochette de fish à l’O2 ! (mais au moins, l’aquarium est remplit de champagne !)


BEURKS :
Avoir l’average en début de Day 2 au FPS (malgré une gravissime erreur de ma part lors du Day 1 : je tente de bluff turn un mec qui est commit, parce que je n’ai pas bien vu la taille de son stack). Et bust Day 2 en 3 mains D’AFFILEE ! Trois flips, merci et au revoir, on rentre à Londres !

claire_FPSTrès sympa ce début de journée, on s’éclate…


NUTS
: Le voyage aller à Vegas en business parce qu’ENFIN, on a pu se servir de nos miles ! Hourrah !

avionLe seul souci avec les voyages en business, c’est qu’on se dit qu’on ne retournera plus jamais en éco. Et pourtant… 🙂


BEURKS 
:
Lorsque nous arrivons en taxi à notre appartement à Vegas, plus d’électricité.
En même temps, ce n’était pas grave, car nous n’en avions plus besoin pour ouvrir la porte du garage : la batterie de la voiture était vide de toute façon.
En même temps, ce n’était pas grave, et j’irais même jusqu’à dire que c’était une bonne nouvelle que nous ayons oublié d’installer le prélèvement auto des factures EDF (= coupure immédiate), puisque sans cela, notre appart’ aurait pris feu.
En effet, j’ai oublié de mentionner l’explosion d’une canalisation d’eau usée au plafond entre les deux apparts qui a fait tellement de dégâts dans la cuisine que si l’électricité n’avait pas été coupée, ça aurait probablement créé un terrible court-circuit qui aurait foutu le feu partout.
En même temps, ce n’était pas grave, puisque c’est ce qui a permis aux assureurs de découvrir (après dépouillage/démontage de la cuisine jusqu’à l’os) une énorme tache de moisissure derrière l’évier et jusqu’au frigo, et qui datait des anciens proprios. « You’re very lucky, thanks to the leak, we found the mold ! » Pour ceux qui ne connaissent pas les ricains, depuis l’affaire des « moisissures tueuses », prononcer le mot « mold » dans un appartement revient à crier « bomb » dans un aéroport.
En même temps, ce n’était pas grave, car celle-ci n’était pas plus dangereuse que celle qui truffe le roquefort. C’est juste que la moisissure, ça sent mauvais.
En même temps, ce n’était pas grave, car grâce aux cuisses de poulet laissées au congélo (oui, ce même congélateur qui n’avait plus de courant depuis 6 mois), on ne sentait plus du tout l’odeur de moisi en entrant dans l’appart’…

Bref, nous sommes donc allés à l’hôtel en taxi (puisque la voiture était en panne). Jouer un peu au poker. Et j’ai bust d’un 250$ au Venetian sur un coup bien polarisé ; ça ne s’invente pas (le mec overbet push river avec soit full soit rien ; il a full et j’ai évidemment pris la mauvaise décision).


NUTS :
Sauf que le lendemain matin, nous étions à nouveau au paradis. En effet, à Vegas tout est possible, même faire du yoga au milieu des dauphins! Trois fois par semaine à l’aube, une petite salle sous l’aquarium géant du Mirage est ouverte pour un cours particulier vraiment particulier. Les 8 tapis sont installés entre trois grandes fenêtres donnant sur les bébêtes qui se marrent bien à nous voir prendre nos postures zen ridicules. Sauf que nous, on s’est bien marrés aussi puisqu’ils étaient tous vraiment en forme : vous avez déjà vu une partouze de dauphins vous ? Nous oui ! (dur dur d’ailleurs de se concentrer sur nos postures tant on avait tous les yeux scotchés sur National « dolphin porn » Géographic en direct).

DAUPHINSUn moment magique et merveilleux (si on ne prend pas en compte que le dauphin qui me parle est vraiment « ravi de me voir » et qu’il m’invite à les rejoindre -oui, le cadrage de cette photo est étudié-) 😀


BEURKS 
:
Quelques jours plus tard, nous arrivons à Los Angeles, enfin plutôt dans la charmante bourgade de Commerce, à plus d’une heure d’embouteillage de Venice Beach ou Malibu. Nous découvrons la merveilleuse vue panoramique depuis notre chambre :

parkingEn même temps, c’était ça ou l’autoroute… Alors bon…

normandyAh, c’est sûr que ça change du Normandy…

Une fois notre burger au gras dégusté, nous nous dirigeons motivés vers le casino de l’enfer, aka le Commerce, aka le pire endroit du monde pour jouer au poker, aka « quand t’arrives, tu te grattes« , aka « Ca pête, ça rote, ça crache » etc…

Pour vous résumer la chose, quand on gagne un gros pot, on a presque pas envie de toucher aux jetons pour les empiler chez soi. D’ailleurs, je n’ai pas chip-trické une seule fois. Mais j’ai vidé mon tube de désinfectant main. Et mes poches aussi d’ailleurs. Je me soupçonne d’ailleurs d’avoir jeté mes jetons pour pouvoir m’en aller plus vite…

commerceUne usine à rake, avec plusieurs centaines de joueurs entassés à la chaine, dans le vacarme et la crasse… 

chat_depressif

Le lendemain, hors de question de retourner dans la salle maudite des pauvres en bétaillère. Je fais donc péter la banque pour m’asseoir en 20/40 (Limit) pour la première fois de ma vie. Et j’ai l’immense privilège de m’asseoir dans une « room high stakes » à peine moins dégueu et où les jetons ne collent pas aux doigts. Je suis hyper motivée et chargée à bloc : je vais jouer avec une discipline de l’espace : jamais spew de bet en étant derrière, et toujours bourriner en value quand je suis devant. Le Limit est une variante très particulière, où la notion de bluff est différente, où la position est primordiale et où sortir de sa ligne de conduite conduit très souvent à l’échec. Comme dit Fab, c’est uniquement un jeu d’économie où chaque bet compte : il faut y jouer avec rigueur, jamais quand on est d’humeur gambleuse…

Première main que je joue : AK vs A9 dans monster pot sur 245A (ça a bourriné sévère préflop/flop/turn). River 9, je me contente de check/call son bet. Il a A9 et j’ai perdu plus de 250$ sur le coup. Un peu sonnée, je reprends mes esprits et continue la bataille. 88, TT, AT sur AsAd2s8h3s (contre A5 -miam- et Ks4s qui fait couleur river…), QQ sur AKx (=abandon) : j’ai perdu presque toutes mes grosses mains. Aucun flop, des tirages ratés. Comme une spirale infernale qui m’a coûté au final une blinde.

Mais, et c’est là où je m’en veux, j’aurais dû m’écouter. Dans la poker room du Bellagio, par exemple, je me sens bien et je gagne (mais je joue plus petit, 10/20 ou 8/16). J’y gagne pas des tonnes mais j’y gagne régulièrement. Et ici, dans ce casino maudit, j’aurais dû écouter le fait que je ne m’y sente pas bien. Ni chanceuse, ni à l’aise ; et c’est probablement un peu irrationnel mais je pense qu’être entouré de bad vibes amène la scoumoune. En clair, je n’étais pas à ma place et j’aurais dû mille fois prendre en compte ce facteur avant de m’asseoir à la table entourée de gens qui ne me ressemblent pas (enfin j’espère…).

Anéantie et sur-cagoulée, je rentre à la chambre pour regarder la fin des Oscars et c’est là que me vient une idée de génie : regarder « Amour » de Haneke, un film primé/césarisé de partout. Au bilan : une heure à s’ennuyer (c’est quoi cette direction d’acteur ? On dirait que les mecs sortent d’une séance d’orthophonie : on ar-ti-cu-le) et une heure à pleurer face à ce couple de petits vieux qui se meurt lentement. En même temps, le point positif dans tout ça, c’est que maintenant, je sais comment on change la couche d’une grand-mère paralytique.

Bref, si Fab ne m’avait pas ramené un emergency-cookie au chocolat (après avoir busté du Main Event à 10k avec AQ vs AT sur QT9…), j’aurais sauté par la fenêtre. Histoire d’atterrir dans les poubelles juste en dessous et de peaufiner le tableau d’une journée parfaite.


NUTS :
Intervalle zen dans un resto japonais le lendemain avec ElkY, Jenny No et Eugène au coeur de Little Tokyo. Un resto minuscule mais au menu shabu-shabu délicieux et gargantuesque : personne n’a pu en venir à bout !

shabu shabu - Copie

Il me reste encore une semaine sous le soleil de Vegas avec au programme de belles sessions de cash game au Bellagio tous les jours. Et punaise pourvu que je finisse en 100% NUTS ! (Mais même si je reviens cagoulée jusqu’à l’os et que je dois descendre de limites jusqu’en 4/8, ben on s’en fiche car une semaine à Vegas, de toute façon, C’EST TOUJOURS LES NUTS !) 🙂

Petit bonus pour la route : quand il vous arrive un (petit) bad beat, que ce soit au poker ou dans la vie, pensez à ça (spéciale dédicace à Kara qui l’avait postée sur son mur) :

t-rex
Perso, ça marche à tous les coups mouahahaaa ! 😀

Les 14 raisons indiscutables pour lesquelles je n’ai pas posté depuis longtemps

24 janvier 2012

En effet, j’avoue avoir quelque peu molli sur le clavier ces derniers temps mais ce n’est ABSOLUMENT PAS DE MA FAUTE… En effet, les éléments se sont déchainés furieusement contre moi, surtout depuis que je suis au Brésil, un pays dans lequel il ne fait vraiment pas bon vivre. Mais alors pas du tout. Voici donc les vraies raisons pour lesquelles je n’ai pas fait de post depuis quelques temps maintenant :

Parce que le bruit des vagues était vraiment trop fort :

(limite assourdissant en fait)

Parce j’ai ratissé toute la plage avec mes dents de devant en étant stupidement attachée à un très gros cerf volant :


Parce que j’ai fait une O.D. de bleu :


Parce que pour avoir quelque chose dans son assiette (en l’occurrence du poisson), ce n’était pas facile-facile :


Parce que pour avoir du lait frais le matin, c’était pas facile-facile non plus :


Parce que du coup, on a été forcés de manger des bébêtes affreuses et au gout vraiment répugnant (et le pire, c’est que c’était à volonté, trop dur…) :


Parce qu’avec tout le bruit des alentours, il m’était impossible de me concentrer :

Parce que ma voiture n’a pas cessé de tomber en panne :

Parce que je me suis fait attaquer par les animaux sauvages du coin :

Parce que je me suis perdue moultes fois au milieu de nulle part :


(mais alors vraiment nulle part…)


Parce que de toute façon, nous n’avions pas internet et qu’il nous était impossible de blogger ou de jouer online (pauvres Fab et Nico…):

Parce qu’il est vraiment impossible de faire sa sieste peinard l’après-midi et donc de se reposer en paix :

Et, cerise sur le gâteau, je n’ai même pas encore évoqué la mauvaise ambiance qui régnait entre nous tous…


Mais heureusement, tout a une fin et d’ici une petite semaine, je suis enfin à nouveau dans le froid et sous la pluie à Deauville ! Hourrah !

Sur ce, et plus sérieusement, étant donné que j’ai massacré tous mes adversaires lors d’impitoyables parties de poker (et oui, même ici, on s’est fait des petits tournois dans une ambiance de feu de dieu avec les potes du coin), tarot, yam’s, rami ou (plus basiquement) de trouduc jusqu’au bout de la nuit, je pense que j’ai toutes mes chances pour Deauville où je vais jouer le FPS et un ou deux autres sides ! Et là, vraiment et sans mentir, j’ai super hâte de retrouver la compétition ! A toute !

PS : En plus, j’ai bientôt une cool nouvelle poker à vous annoncer ! 😀

Ding dong, c’est l’heure d’aller grinder !

29 août 2011

– Allez Claire, debout, réveille-toi c’est la rentrée !

– Meugnnneneeooonmmgrrrrroumpfgnn (oreiller sur la tête)

– Il est l’oooor… Monseignoooor… Eh ! Wake-up ! T’as pas fait un post depuis un mois ! C’est le moment pour Viedefish de revenir en trombe !

– Pour raconter quoi ? Que j’ai passé un mois au soleil sur la plage et que je suis passée de blanc à blanc cassé ?

– N’exagère pas.

– Ok. Rose cochonnet.

– Ca ronchonne ?

– Oui.

– Kikia ?

– J’ai fait un tournoi au Vic hier pour me remettre dans le bain et une session online ce dimanche et la seule chose que j’ai magistralement réussit à faire, c’est bust avec AA sur AQTo contre KJ pour le chip lead du plus gros tournoi.

– En même temps, tu t’es quand même bien poilée au Vic quand Fab s’est inscrit à l’arrache dans ton tournoi en attendant qu’il ait une partie qui s’ouvre et qu’il s’est retrouvé embringué dans un 50£ avec 1200£ à la gagne.

– Ouais mais il s’est quand même démerdé pour dealer à 3 parce qu’il avait envie d’aller se coucher, ce fish. Pendant que moi, j’étais en mode « un flip de perdu, c’est un rail de gagné ». J’ail rail (*) un 50£. Ca va plus du tout. C’est la fin des feijons. Mes carottes sont bouillies. Le ver est dans le bankroll. J’ai rail un 50£ et le lendemain, j’ai défoncé un polochon parce que j’avais bust du classico à 10 euros. C’est le nairvousse brékdaune qui me guette, comme dirait l’autre Tonton.

– Mais c’est qui ton nouveau sponsor ?

– Stéphanie de Monaco.

– Ha ha ha

– Ta mère.

– Très drôle

– Ok. C’est C.M. Poker.

– Céhème poker ? Ah génial ! C’est quoi, c’est nouveau ?

– Crédit Mutuel Poker. Illimited stacking. Bombe de balle.

– TU EMPRUNTES POUR JOUER ? Mais c’est horrible ! Bientôt tu ne vas plus te laver, tu auras un oreiller en carton et on te jettera des pièces !

– …

– Et tu vas perdre toutes tes dents à cause du crack ! Et pis on va t’amputer à cause d’une gangrène du colon !

– Ca serait ennuyeux ça, c’est vrai… Un anus artificiel… Ca fait cher du flip perdu…

– ARRETE DE DECONNER HEIN !

Oui, ok, j’arrête de déconner. En réalité, la rentrée s’amorce tranquillou (en aout, « ben, c’est le mois d’aout ma ptite dame »), et tout s’annonce très bien ! Sponsor ou pas (mais une petite voix me dit que ce sera « sponsor », plutôt que « pas » : ) ), cette année, j’ai envie de mettre tous les chances de mon côté et de jouer plus, mieux et plus régulièrement. Que ce soit live ou online. Ce qui implique jouer plus souvent en cash tout comme faire des satellites tant que possible. En clair, passer plus de temps à la table = plus de discipline et de travail.

J’ai parfois du mal à dire que je suis « joueuse de poker » car le mot « jeu » est tellement loin de la réalité. Je connais des tas de potes qui ont des boulots dit « normaux » : graphistes, stylistes, réalisateurs, décoratrice, cuisinière, tenancière de boutique, créa dans la pub et qui jouent bien plus que nous (« Eh, regarde l’écran à gauche en haut, j’ai mis un pigeon rose qui clignote quand tu cliques dessus », « Tiens, aujourd’hui, j’ai décidé de célébrer l’été en mettant des pâquerettes en vitrines pour encadrer Marguerite la vache », « Le dernier à la machine à café pue des chaussettes et suce des gnous !», « Et si aujourd’hui je filmais ma grand-mère en train de faire faire sa gym à son caniche ? », « Et si je rajoutais du malabar dans ma glace marshmallow/nutella/fraise ? » ou « Le concept, c’est carnaval : et si on dessinait un pigeon qui enfile un costume de perroquet pour aller danser la samba ? »)

Le poker est un jeu pour ceux qui n’en font pas un métier. C’est pas la mine, on le sait : on est son propre patron, on décide de ses horaires, on se marre bien, on fait la fête, on profite épicuriennement de la vie mais la base du boulot, c’est quand même d’être assis pendant des heures devant son ordi ou dans une salle de casino pour raser. C’est un métier qui, comme tout métier, demande beaucoup du savoir-faire, du temps et de la concentration.

Jouer en dilettante au contraire, c’est magique. Ne pas avoir à se qualifier sur ses tournois, ne pas avoir à gagner son buy-in en cash la veille : c’est merveilleux. Et beaucoup de joueurs sponso n’ont pas conscience de la chance qu’ils ont. Beaucoup d’ailleurs, s’ils n’étaient pas sponso, finiraient par changer de voie.

Je me suis donc évidemment posée la question : que vais-je faire à la rentrée ? Suis-je vraiment une joueuse pro ?
Le truc, c’est que j’aime viscéralement jouer au poker. Ca m’amuse, ça m’énerve, ça m’enthousiasme, j’y suis plutôt bonne, j’y ai franchement bien gagné ma vie ces derniers 18 mois, je me sens très à l’aise dans ce milieu dans lequel plein de gens sont devenus des vrais potes, donc moralité : shuffle up and deal !

SB comme small blind ? Non! SB comme SUPER (gestion de) BANKROLL !!! Force et puissance !!!

J’ai un bankroll qui n’est pas énorme mais surtout, qui n’est pas extensible : hors de question d’empiéter sur mes économies. Et s’il faut que je joue des micros-tournois à la chaine, et bien je les jouerais. Et avec plaisir ! De même, à côté, je compte bien travailler sur quelques autres projets qui me sont chers.

En clair, je suis très motivée ! Call me ze rott, call me ze pit, call me ze moustik, call me ze tik (celle que les chiens ils choppent et qu’il faut arracher avec une pince spéciale en plastique que le véto te refourgue une blinde alors que c’est fabriqué pour 20 cts en Chine), bref, je serais là à Cannes pour jouer un sat’, un side et le Ladies et je compte bien repartir avec la palme…

– … de l’emmerdeuse ?

– Ah, t’es revenue toi ?

– Du boulet ?

– …

– De la barre de fer en acier que même Kung Fu panda, il la pête pas

– Euh, ça, c’est pas impossible oui. Pour me buster, va falloir s’accrocher : j’ai faim.

– (voix lointaine) ca tombe bien, y’a un reste de pizza au frigo

– Pfff…

Tout ça pour dire que j’ai hâte de retrouver le circuit sous le soleil de Cannes ! Et pis si je bust, au moins j’aurais la plage pas loin pour parfaire mon micro-bronzage 🙂

PS : J’ai un peu de retard dans les VDF que vous m’avez envoyées (d’ailleurs merci à ceux qui m’ont envoyé un mail) ; je vous poste ça très bientôt ! Et n’hésitez pas à m’envoyer d’autres anecdotes si vous en avez puisque je les publierais toutes ensembles !

(*): Pause dico : « Rail » un tournoi signifie supporter le veinard qui est encore en course depuis les tribunes (ou plus généralement depuis les tabourets à côté du bar qui a vue sur la table finale)

Le Top 15 des choses les plus énervantes au poker !

18 mai 2011

Quand joues comme un dieu depuis deux heures mais que là, d’un coup, tu sais pas pourquoi, mais tu fais un gros call de fish. Et qu’évidemment, tous les reporters poker sont là, carnet à la main et regard désolé, pour immortaliser ça dans le seul post de coverage dans lequel tu seras mentionné de tout le tournoi.

Quand tu as misérablement bust du sat’ la veille et que tout le monde vient te demander où tu en es dans le Main alors que tu viens juste au Casino parce que c’est le seul endroit dans ce bled pourri où on peut acheter des clopes un dimanche soir à 20h.

Quand ça fait vingt poubelles que tu ouvres en étant super short et que finalement tu ouvres les As, que tu relance, que ça fold-fold-fold-fold et que tu prends les blinds. (autres variantes : quand tu es à une table super agro qui 4-bet dans tous les sens, sauf le coup où tu as les As. Ou quand tu ouvres les As de BB et qu’on te donne un walk aussi – qui est forcément le premier de la journée…)

Quand tu as sauté du tournoi il n’y a pas dix minutes, que tu es peinard sur la terrasse et qu’un autre joueur que tu connais à peine te lance la phrase : « Putain, tu sais pas ce qui m’es arrivé ! Attends, je te jure, normalement je raconte jamais mes bad … » (et évidemment, il te raconte son coup).

Quand il y a un énorme fish à la table et que les seuls jetons qu’il prend, c’est les tiens. Avant de les redistribuer aux autres, obv.

Quand tu run like god à ta table, que tu ne prends que des bonnes décisions, que tu montes des jetons par piles et que soudainement le floor te tape sur l’épaule parce que la table casse. Et que tu perds forcément toutes tes piles à peine assis à ta nouvelle table. (variante : quand le floor enlève de la table le seul fish pour le remplacer plusieurs heures plus tard par un nordique encapuchonné avec une montagne devant lui et qui relance avant même de s’être assis).

Quand tu joues online, qu’après trois heures à ramer tu touches enfin flush max river, que tu sais qu’il a aussi du jeu en face et que tu es soudainement déconnecté, pile au moment où tu allais cliquer sur « raise ». Et que tu dois aller à l’hosto juste après parce ton poing s’est insta-incrusté dans ton écran d’ordi.

Quand le mec qui s’assoit à ta droite n’a pas enlevé son pull en acrylique depuis 1992. Qui est aussi la date de sa dernière douche. (variante : Quand tu es floor dans une partie de cash et que c’est à toi d’aller demander à Puduk’ d’aller prendre une douche « dans une des suites à l’étage gracieusement mise à votre disposition par la maison, bien évidemment monsieur»)

Même moi je me lave Mônsieur !

Quand un joueur LAG 3-bet un premier relanceur et que tu décides, sûr de ton coup, de 4-bet light pour la première fois du tournoi. Et qu’à ce moment là, la BB, super tight, 5-bet, faisant immédiatement passer les deux joueurs en carnaval complet. Et toi aussi, forcément.

Quand tu sautes à la bulle (avec la meilleure main évidemment).

Quand un mec que tu connais vaguement te met un coup de genou sous la table pour te faire croire qu’il a une grosse main. Et qu’il te sort à la pause : « Tu fais pareil avec moi hein ! ». Le tout de préférence avec un floor à proximité, histoire d’être accusé de collusion en public alors que tu n’as rien demandé à personne et que le mec, tu veux juste le dépouiller peinard.

Quand le mec le plus insupportable de la table, celui qui te regarde depuis le début avec mépris et qui a déjà demandé quatre fois le time contre toi au bout de 30 secondes, le tout entre deux commentaires sur des coups dans lesquels il n’est pas (« Pourquoi t’as pas raise ? Moi, j’aurais fait plus cher »), paie ton gros value bet river quand tu lui montres second nuts et qu’il attends 30 secondes avant de te retourner le jeu max dans un large sourire pervers et sadique.

Quand tu t’assois à côté d’un mec qui a très envie de te parler et de te faire partager son expérience en NL50. Et comment, le mois dernier, à Clichy, il a perdu les as préflop contre J-10, et que c’était pas la première fois, et qu’il se demande s’il a bien joué le coup et où tu habites, et depuis combien de temps…

Quand à 16h tu crèves la dalle parce que comme le tournoi commence à midi, tu as juste pris un petit dej à 10h, qu’après 20mn de guet, tu réussis enfin a choper un serveur et passer commande pour un sandwich mais que le sandwich n’arrive jamais parce que 1/ Tu as changé de table donc le mec te trouve plus 2/ Il a oublié ta commande.
Et que du coup, fin énervé, tu bustes dans la minute suivante parce que ton estomac a pris le contrôle de ton cerveau pour te traîner au Mc Do juste en face du Casino.

Quand en cash game tu finis par passer ta main au bout de 5 minutes de réflexion dans un coup énorme, que le croupier ose la regarder avant de la mélanger dans le paquet et qu’il te sort ensuite, d’un ton ahuri et réprobateur : « Comment vous avez fait pour passer ça ? ».

Quand le fish qui t’as payé au flop avec troisième paire (contre brelan chez bibi) te fait couleur backdoor et qu’il se met à sauter et hurler de joie : « Il est là Papaaaaaa ! C’est qui le meilleur, c’est moiiiiiii ! Prends çaaaaaa !!! »

Sinon, à part ça, tout va bien 😀 Et vous ? Des suggestions ?

PS : Pour rappel, j’aimerais beaucoup recevoir une ou deux anecdotes façon VDF ! Ca fait bien longtemps et ça me manquerait presque (j’en ai une ou deux en stock mais j’attends qqs autres pour un chouette post groupé : lâchez-vous !)

La fièvre du mercredi matin (où comment je n’ai pas joué l’EPT de Deauville)

27 janvier 2011

Lundi 19h10, Gare de Paris St Lazare. Un train s’éloigne à destination de Deauville-Trouville avec à son bord un wagon rempli de joyeux drilles ravis de se retrouver et de tâter dès le lendemain les jetons d’un des plus gros tournois d’Europe. Les bisous et les « Comment vas-tu ? » fusent dans la bonne humeur, bientôt suivis du très habituel « Chattard ! » adressé à Fabsoul qui a décidé de plumer ses voisins en heads-up via une appli de son inséparable i-pad.

Arnaud Mattern, Bruno Launais, Pedro Canali, Harper, Junior (le caméraman de W), Julien « Nori » Labussière (qui va roupiller tout du long), Mickael Sebban, Fabsoul et moi sommes vautrés sur les sièges, occupés à bouquiner, papoter de l’actu poker ou de la vie en général. C’est une ambiance de rentrée des classes où tout le monde a envie de tout pêter dès le lendemain et de scorer dans ce qui s’annonce être un des plus beaux tournois de l’année.

J’avais choisi de jouer le Day 1b, histoire de profiter auparavant de la détente offerte par le Royal, un hôtel que j’aime particulièrement pour l’ambiance « bienvenue chez toi » qu’il dégage : moquette épaisse, lumières douce, déco Napoléon III, tapisserie comme chez mamie, personnel aux petits oignons… Le Palace a beau faire honneur à ses 5 étoiles 100% chic, il n’en reste pas moins un endroit dans lequel on se sent bien, comme en famille… Il s’agit d’ailleurs de mon hôtel préféré en France avec le Royal Evian. Et oui, je sais, la phrase précédente est honteusement snob (un peu honte d’ailleurs…).

La veille du tournoi, nous avons profité d’un excellent repas attablés aux côtés de Bruno Fitoussi (un des plus grands amateurs de bonne chère –oui, ça s’écrit comme ça- du circuit), Vikash Dhorasoo (que je n’ai pas manqué de féliciter pour son post sur la solitude du joueur de poker que j’avais trouvé sincère et bien écrit) et un pote, Nesrine Kourdourli (une joueuse super sympa qui avait terminé 4e du WPT d’Amneville) et son ami, et Freddy Deeb (qui va définitivement devoir se mettre au français pour de bon pour comprendre nos blagues). Une soirée placée sous le signe de la gastronomie et du bon vin qui me fera rentrer fort guillerette : je suis d’une humeur excellente et j’ai hâte de me lever le lendemain pour enfiler ma tenue de SuperRaiseuse !

Sauf que la tenue que j’ai enfilée le lendemain matin, vers 6h (si je suis debout à cette heure-ci, déjà c’est mauvais signe…), ça a été mes pantoufles, un vieux t-shirt et un bas de jogging difforme.  Et que cette tenue ne m’a pas quittée de la journée. En effet, après un petit vomi, puis deux, puis trois, puis des frissons, les intestins à l’envers, l’estomac paralysé d’une crampe et ses courbatures partout, j’ai commencé à envisager l’idée que je n’allais pas pouvoir jouer. Le resto de la veille n’avait rien à voir avec mon état : j’ai juste été victime des nombreuses épidémies hivernales qui sévissent en ce moment (damn’it).

Vers midi, j’ai enfilé un manteau et me suis trainée comme une fouine à moitié morte au casino qui m’a dit que j’avais jusqu’à 14h pour prendre ma décision et demander à me faire rembourser. Je croise alors deux types de joueurs : la Team « Repose toi, rien ne sert de jouer dans cet état » et la Team « Allez, tu t’assois, tu dors derrière tes jetons et ça ira mieux demain. Tu t’en fous c’est ton sponsor qui paie ! Ce tournoi, il ne se rate pas ! ».

Certes, je veux bien que les 5 300 euros du buy-in ne soient pas directement sortis de ma poche mais il n’en demeure pas moins qu’ils font partie d’une enveloppe à l’année (enveloppe qui n’est pas extensible). Encore indécise (il y a tout de même un million d’euros à la gagne !), je retourne m’allonger dans la chambre et là je comprends que de toute façon je ne suis pas en état de jouer. Même si je rampais jusqu’à la salle, je pourrais au mieux jouer mes cartes en mode B.A.BA du poker mais mon analyse des coups serait proche du néant : j’ai les cerveau fondu et les yeux qui louchent : je jouerais donc cet EPT en mode Loto (après tout, on sait jamais, 100% des gagnants ont tenté leur chance…). Ma seule chance de survivre à la première journée aurait été d’être en mode super luckbox de la mortkitue : même en prenant la mauvaise décision, je gagnerais tout le temps (mouhahaaaa, comme ça doit être bien !). Et j’avoue que l’idée de remettre l’intégralité de ma compétition sur de la chance (le tout entre deux petits vomis, youpi) ne m’a pas séduite du tout ; le poker c’est un sport mental très exigeant et si on ne se sent pas de taille, autant ne pas jouer et reporter la chose pour plus tard (San Remo ou Berlin, me voilà !).

J’ai donc découvert avec bonheur que les mammouths avaient probablement été exterminés de la même façon que les dinosaures (par une météorite), que ce même type de météorite allait bientôt revenir et tous nous exterminer (tant mieux, ça règlera mon problème de retraite), que les pingouins manchots dorment avec leur bec replié sous leur aile droite (ou gauche, ça dépend de l’humeur du pingouin), que la famille Duchmol a remporté 4 500 euros en répondant à la question « Qu’est ce qui se mange frit ? », que le chômage a augmenté de 5% ce mois-ci (M6), que le chômage a augmenté de 1% ce mois-ci (TF1), qu’une escort girl comme Zahia peut se faire jusqu’à 25 000 euros par mois, bref, je me suis souvenue pourquoi je n’avais pas allumé la télé depuis aussi longtemps. Une mention spéciale toutefois à Estelle Denis que j’avais d’ailleurs croisé la veille à un apéro Everest (elle fait partie de la Team VIP) que j’ai découvert dans 100% mag : j’aime beaucoup sa façon de présenter : aussi sympa et naturelle à la TV que dans la vie ! (et ça change de Bernard de la Villardière ! :D)

Bref, j’ai donc passé une journée palpitante à lire des coverages dans lesquels je n’étais pas, le tout en m’écoutant appeler le room service pour passer la commande du « je suis au fond du trou » : une soupe aux légumes. « Et sans matière grasse la soupe s’il vous plait, sans crème, sans lait, sans beurre. (ouiiiin) Juste des légumes bouillis et moulus (hoquets de désespoir). Le tout généreusement arrosé de votre meilleure cuvée de thé vert. Et avec un quignon de pain, tant qu’à faire. (râle d’agonie). »

Là, nous sommes jeudi matin et après une nuit de 12h, je sens mes forces revenir. J’en profite tout de même pour faire une parenthèse à laquelle on pense tous quand on est malade mais qu’on oublie dès le lendemain quand ça va mieux. On n’a jamais conscience de la chance que l’on a d’être en bonne santé. Alors oui, c’est culcul-gnangnan et entendu déjà moultes fois (souvent de la bouche de sa grand-mère d’ailleurs) mais c’est tellement vrai… Comme les problèmes du quotidien, ceux qui nous énervent et nous prennent tant d’énergie en tant normal deviennent infimes quand on est infirme ! (prenez une minute et admirez la puissance sémantique de cette phrase svp)

On entend tous, souvent, cette phrase du « tant pis, je préfère fumer et boire jusqu’à 60 ans puis mourir, au moins j’en aurais profité ! ». Je suis tellement d’accord pour le côté « ne pas vivre en ascète et se pourrir la vie en s’infligeant des contraintes absurdes » (« Non merci, pas de dinde farcie au marron pour Noel, je vais prendre une galette de germes de brocolis parfumée au cresson, c’est bon pour mon colon »), mais je crois qu’il faut garder en mémoire la notion de bien vieillir. Car je ne suis pas sûre en effet que ne pas faire d’exercice, fumer et boire comme un trou promette une vieillesse en pleine forme ; et si c’est pour agoniser cinq ans sous chimio, même si j’ai bien profité de ma vie avant, non merci.

Je ne prends jamais de bonnes résolutions (au moins, on n’est pas déçus par soi-même quand on ne les tient pas) mais là, je crois quand même que je vais commencer, du haut de mes 30 piges, à faire gaffe à ma santé. Non pas que ce soit d’habitude la fête du slip dans ma vie tous les jours mais je vais p’tet commander à nouveau une soupe aux légumes ce soir. Tiens. Soyons fous.

Tout ça pour dire que je vais encore passer une journée à méditer (=déprimer) dans ma chambre mais demain, un side à 2200 euros m’attend et cette fois, je vais l’attaquer en pleine forme !

PS : Mon prochain tournoi bounty aura lieu le dimanche 30 janvier (dans trois jours) à 21H. Je vous attends de pied ferme ! 🙂

Viedefish dans Playboy ! (ah vous ne vous attendiez pas à ça hein ?)

11 novembre 2010

Publicité mensongère : façon machiavélique d’arriver à ses fins en faisant croire quelque chose alors que la réalité est quelque peu différente… 🙂

En effet, Fabrice et moi sommes réellement dans le Playboy Croate de ce mois-ci (oui, oui, ils ont un Playboy là-bas aussi) : mais Papa, Maman, on vous rassure : on a gardé nos vêtements.

A la base, la journaliste nous avait suivis pendant deux jours à Split car elle trouvait notre métier original (ben tu m’étonnes). Et l’article devait être publié dans un magazine du cru : Globus (genre Paris Match ou VSD). C’est donc avec surprise et entre deux hoquets de rire (jaune) que Fabrice a ouvert l’email de la journaliste pour voir que celle-ci avait fait publier la chose dans Playboy, qu’elle trouvait (dixit) « plus approprié à notre vie ». Lol.

Voici l’article en question (et si un de vous lecteurs chéris parle Croate, je lui envoie l’article pour qu’il me dise tout de même de quoi il retourne…)


Mais bon, comme je ne voudrais surtout pas être coupable de publicité mensongère et de vouloir faire du clic avec des titres accrocheurs et basés sur du vent, je vais de ce pas me rattraper :

Ben quoi, c'est une photo de moi topless, non ? 😀

Sur ce, trève de plaisanterie : dimanche c’est bounty chéri ! En effet, comme il y a 15 jours, on remet le couvert avec plaisir pour ce tournoi qui débute à 21h et offre 488 euros d’added-money, 88 euros de bounty et un cadeau d’une valeur de 200 euros au vainqueur, le tout en plus du prizepool ! Le buy in est de 8 euros avec possibilité d’un add-on et d’un rebuy mais comme la structure est douce, il est tout à fait possible de le faire en freezeout. De mon côté, afin d’offrir deux bounty, je ne double rebuy pas d’entrée. La dernière fois, je sais qu’on avait tous passé un bon moment donc re-belotte ! (sauf si je suis en finale du BPT d’Enghien mais là, je suis sure que je serais pardonnée pour mon absence 😀 …)

Petit conseil pour la route : si vous voulez vous financer le tournoi, allez faire un tour sur 888poker.fr du côté des tournois quotidiens à garantie car cette dernière n’est jamais atteinte ! Hier, par exemple, j’ai fait un 25 euros avec 3 000 garantis mais la moitié était en overlay ! (mais chut, je vous ai rien dit…)

I have a dream that one day, (aïe) am championne of ze world

5 juin 2010


***

LE REVE :

Dix heures trente :

J’ouvre les yeux sans réveil, le lit est pile à la bonne température, ni trop chaud ni trop frais, j’actionne les volets automatiques pour voir que le soleil brille dehors et je me lève doucement. Mon majordome, Fabsoubrette, m’apporte ma tasse de café noir et j’ouvre mon ordinateur pour répondre à mes mails.

Onze heures :

J’apprends que le film que j’ai écrit sort dans 450 salles et non pas 100, que je vais devoir partir faire une séance photo pour mon sponsor aux îles Fidji et que l’argent a bien été viré sur le compte du Bellagio : je peux aller jouer le 10 000$ NLHE de cet après-midi.

Onze heures 15 :

Je teste la douche de 25 mètres carrés qui trône au cœur de ma nouvelle villa vegassienne achetée il y a deux jours. Chute de l’immobilier oblige, j’ai déboursé 450 000$ quand les anciens proprios l’avaient payée 1,2 millions. Pour le prix, j’ai eu une piscine, 5 chambres, 4 salles de bains, trois salons, une cuisine avec barbecue intégré sur l’extérieur et une (petite) salle de ciné.

Onze heures 30 :

Mon personal coach, un gaillard robuste taillé à la serpette et dont les muscles saillants déforment le t-shirt sonne à la porte et m’offre son plus large sourire ultra-bright : « Let’s get ready for some exercise Claire ! ». Après deux secondes de mure réflexion, je l’envoie joliment péter : « Yes yes Sean. Tomorrow, you are gentil. » Et je me sers un autre café noir vautrée sur le canapé derrière mon ordi en me félicitant de ne pas avoir fait de sport ce matin.

Midi :

Vient l’heure sacrée de la préparation physique et mentale propre aux grands champions : le tournoi a déjà commencé et je me dois d’arriver dans les meilleures conditions. A condition de trouver réponse à la question qui se pose d’entrée dans mon dressing de 30 m2 : « Que vais-je mettre ? »

Midi 15 :

Mais que diable vais-je bien pouvoir fichtrement mettre ?

Midi 45 :

J’ai eu le temps de me faire un sauna et Taxsoul, mon brave chauffeur, m’attends pour m’emmener au Rio.

Treize heures :

La route sur la I-15 est rapide et sobre : c’est toujours le même désert, les mêmes montagnes pelées au loin, le même ciel bleu vif, les mêmes cactus et les mêmes gros trucks à la devanture Wild et rebelle. Mais ça a de la gueule.

Treize heures 15 :

J’arrive sur le parking du Rio mais hors de question que je sorte comme ça de la voiture : il fait trop chaud. Et ma robe Chanel craint la chaleur (ou pas, mais c’est pas le problème). Du coup, Taxsoul se précipite pour m’ouvrir la porte, une ombrelle d’une main et un brumisateur Evian de l’autre, tout en flattant ma grandeur et mon talent, histoire de me préparer mentalement à éclater mes adversaires.

Treize heures 30 :

J’arrive nonchalamment à mon siège avec plus d’une heure de retard. A ma table, Phil Hellmuth change de couleur en me voyant m’asseoir et Tom Dwan feint un malaise pour pouvoir se lever et sortir de table avant que je ne l’humilie publiquement sous les yeux des reporters de Pokernews.

Quatorze heures :

Je fais un bluff énorme à Phil Ivey en poussant mon tapis avec 5-6o sur un board A Q J T 8 et il passe AJ face up. Afin de l’enterrer et d’accrocher son scalp à ma longue liste de victimes, je montre mes cartes et, anéanti, Ivey baisse la tête en ma direction en signe de respect. Il me sort d’un air solennel : « Jamais je n’aurais pensé rencontrer mon successeur de mon vivant. Bravo Claire. C’est l’âme en paix que je vais partir prendre ma retraite dans la montagne »

Quatorze heures 30 :

J’ai éliminé trois joueurs d’un coup (les frères Mizrachi et un mec avec une barbe, un chapeau et des cheveux longs qui fait toujours la même tête depuis des années mais j’ai oublié son nom, ça ressemble à Vierge Marie ou un truc comme ça) en floppant carré avec paire de 2 face à paire d’as, paire de rois et paire de dames sur un board 2 2 Q K A. J’ai trente-deux fois la moyenne en jetons et, à force qu’on me demande des autographes pendant que je joue, l’organisation m’a enfin gratifiée d’un service de sécurité spécial.

Quinze heures :

Nous ne sommes déjà plus que 35 sur les 267 joueurs du départ. Il faut dire que j’ai fait le ménage. Plus personne ne veut m’affronter : désormais, quand je relance, à moins d’avoir les As, les adversaires passent. Du coup, je monte mon tapis avec les blinds. Et aussi en craquant les As qui se mettent en travers de ma route. Je suis Son Goku quand il a les cheveux blancs dressés au dessus de la tête, je suis la fumée noire de Lost, je suis Ernst Stravro Blofeld qui nique la gueule de James Bond (pour une fois), je suis Batman qui s’accouple avec Catwowan : je suis invincible !

Seize heures :

Nolan Dalla vient me voir pour avoir l’autorisation d’écrire ma bio.

Dix-neuf heures :

Nous sommes bientôt à la bulle. Les joueurs qui viennent à ma table préfèrent rester debout. De toute façon, il ne leur sert à rien de s’assoir.

Dix-neuf heures 30 :

Pause dîner. J’ai fait exprès venir des plats du Yellowtail, le restaurant japonais du Bellagio. Hors de question de m’empoisonner avec leurs pizzas molles et leurs hamburgers en plastique. Et comme je trouvais ça plus marrant, je me suis aussi fait installer une table dehors avec des petits brumisateurs intégrés, histoire que mon sashimi de homard reste frais.

Vingt-deux heures :

Nous sommes enfin en finale. Deux jours d’avance sur l’horaire prévu mais bon, je refuse de la jouer le lendemain, pas que ça a faire non plus… Il est temps d’achever mes adversaires (les pauvres, ils tremblent de peur. Même Jason Mercier n’ose pas me regarder dans les yeux de peur que je me charge de lui en premier) La partie commence et j’en élimine trois à la suite sur des coin flips. Il faut dire que je me suis beaucoup entrainée pour que la pièce retombe du bon côté. Je suis désormais une championne du 50/50, et je peux affirmer que chez moi, c’est tout le temps du 100/0.

Minuit :

Mon adversaire de heads-up, Daniel Negreanu, est nerveusement à bout. J’ai un avantage de 100/1 en jetons et il n’ose pas me jouer. Je crois qu’il attend les As.

Minuit deux :

Je lui craque ses as avec 7/8o.

Minuit trois :

Et c’est fini ! Championne du mooooonde ! J’ai gagné mon bracelet !
Les flashes crépitent de partout, des bimbos en robe de soirée se précipitent vers moi un micro à la main pour avoir mon interview, la foule est en délire ! Je viens de faire perdre 5 millions de dollars à Phil Ivey qui avait parié avec moi qu’une femme ne pouvait remporter un tournoi à 10 000$ aux WSOP ! Je me prête au jeu des photographes mais bon, pas que ça à faire, le plus important reste à venir : paaaaaaarty time !

Minuit trente :

Mon assistant personnel, Slavoul, a réservé une table au XS, la plus grande boite à ciel ouvert de la ville et j’arrive avec tous mes proches (que j’ai fait venir la veille en jet de plein d’endroits dans le monde – New-York, Chang Mai, Paris, Noumea, Christchurch, Londres, Eguenigue (lol) etc…-) pour faire la fête jusqu’au bout de la nuit en ouvrant des magnums de champagnes sans même avoir demandé le prix auparavant. Je repousse des Mignons en extase par grappes de dix, la vie est belle, je suis une championne du monde entourée de tous ses amis et après-demain, je joue le Main Event que je sais déjà avoir gagné d’avance. Viva Las Vegas !

***

LA REALITE :

Si vous ne me voyez pas sur la photo de cet autel bouddhiste (qui trône devant le Caesars palace pour une raison mystérieuse), c'est parce que je suis allongée face contre le sol en train de bruler de l'encens pour que Bouddha prenne pitié de moi et qu'il me fasse enfin gagner un coin flip.

La vérité sur la dure vie des journalistes de poker

28 avril 2010

Alors que l’EPT de Monaco touche à sa fin, est venu le temps de vous dire toute la vérité sur les terribles conditions de travail auxquelles nous, pauvres journalistes poker, sommes soumis.

C’est au travers des preuves accablantes ci-dessous que je vais vous dévoiler l’envers du décor. Voici une journée type des souffrances qu’il nous faut endurer :

Une fois levés, à l'aube, nous devons traverser les horribles couloirs de l'hôtel pour nous rendre au petit-déjeuner

Le tout pour arriver dans une salle de petit-déjeuner bondée, et à la déco limite salle des fêtes du mariage de Tata Jocelyne. L'horreur.

Le cauchemar se poursuit à la piscine municipale (il faut enchainer les longueurs : faire du coverage c'est sportif, il faut être en parfaite forme physique pour marcher des heures autour des tables)

Vient alors le moment d'aller dans la pressroom pour trimer, le tout dans une ambiance terrible et entourée de mecs bizarres (cf le frisé chelou en arrière-plan). La souffrance se lit sur les visages épuisés...

Il faut ensuite débriefer plusieurs fois par jour dans le local de la machine à café. Histoire d'être sûrs de ne vraiment rien rater d'important aux tables, ce serait quand même dommage...

Vers 17h, c'est le moment du chip count de la mi-journée. C'est un moment particulièrement délicat car il ne faut oublier personne et resté très concentré

Enfin vient le moment du diner-break mais, n'ayant pas un rond, nous sommes contraints de manger des hamburgers tous les soirs au Mc Do.

Bref, vous l’aurez compris, nos journées ne sont qu’un long et infini cauchemar…

🙂

Ha ha ha ! Je déconne ! J’adore mon métier ! 😀

Sur ce, la journée en vrai, elle ressemble vraiment à ça :

En vrai, on passe quand même de longues heures là-dedans. Mais bon, les photos du dessus, je les ai pas inventées non plus 🙂

Sur ce, parlons peu, parlons poker :

Aujourd’hui, j’ai tenté un super turbo sat’ pour le Ladie’s de demain à 1 100, mais mon flip n’est pas passé, et zou, éliminée. Mais pour le fun, et pour vous dire le niveau qu’il pourra y avoir – en plus de celles qui jouent bien, paske y’en a aussi, of course -, je ne résiste pas à vous poster un coup hallucinant :
On a des stacks de 2 000, je relance milieu de parole à 150 avec K-Js, blinds 25/50, c’est payé au bouton. Flop : A x x avec deux carreaux, je c-bet, elle paie juste – là, je sais que je lâche le coup – ; turn : un carreau. check, check. River : un carreau encore, check (j’ai pas de carreau), check et elle montre… As-Dame avec l’as de carreau pour la couleur max ! 😀 lolololol Bref, demain, va y avoir de tout : du prévisible mais aussi des surprises !

La peur de ma vie à une table de poker

11 mars 2010

Replaçons le cadre : une île des Antilles, le Pacifique et sa mer turquoise à 100 mètres, un grand soleil, des cocotiers, bref, un endroit où le mot « stress » n’a pas lieu d’être.

J’étais assise dans un satellite afin de tenter de décrocher mon sésame pour le gros tournoi du lendemain. A ma table, un mec relou. Pas la moitié d’un mec relou, non. Un vrai gros lourdingue en short, insupportable, qui parle fort, qui enchaine les whiskys et qui commence à sérieusement ennuyer la table entière.

Nous ne sommes pas loin de la bulle et je relance en milieu de parole avec A-Q. L’homme en question, dans les blinds, éclate de rire et montre alors sa main à tout le monde derrière lui : « Qu’est ce que je fais faire de ça, hein ? Dites-moi ? Elle vous semble sérieuse dans sa relance ? Qu’est ce que je fais ? » Ce à quoi, logiquement, je m’insurge. Surtout quand je le vois qui paie ma relance. Ce qui à ce stade du tournoi et au vu de la structure, me fait m’inquiéter pour mon tapis.

Déstabilisée, je perds le coup (il n’y a ni dame ni as sur le board et il remporte le coup avec 3-5 et une paire de 3 au flop) et j’appelle le floor. La table est outrée, mais le floor, qui a visiblement la tête ailleurs, valide la main et nous demande de continuer à jouer. J’essaie alors de prendre sur moi en lui expliquant que ça ne se fait pas et que sa main aurait dû être déclarée morte.

Et là, ça ne lui plait pas. Il a décidé d’expliquer à tout le monde qu’il n’a rien fait de mal et qu’il a le droit de faire ce qu’il veut et que si je suis de mauvaise humeur parce que j’ai perdu le coup, c’est mon problème. J’essaie de ne pas rentrer dans son jeu et m’engage dans un très gros coup. Et là, pendant que je réfléchis sur une décision qui peut peser lourd sur son avenir dans le satellite, il continue de parler fort, tout seul, me prenant à parti et grommelant que je devrais me détendre.

C’est plus fort que moi, j’ai hurlé : « Shut Up ! » Un gros « ta gueule » qui a installé un blanc à la table. Le mec a viré au vert. Il tente de bredouiller un truc mais je le coupe à nouveau en enchainant, en gros : « Tais-toi ! Tu ne vois pas que j’essaie de prendre une décision ! Ca suffit maintenant, tu m’as pourri tout à l’heure alors tu passes à autre chose, je veux plus t’entendre ! »

Et là, il se tait. D’un coup. Après m’avoir jeté un regard bien noir. Je gagne le coup et un ami vient me voir, catastrophé : « Mais Claire, tu sais où on est ! Tu ne sais pas qui sont ces gens ! Y’a de tout ici ! Y’a aussi des bandits ! Tu sais pas qui c’est ce mec et tu lui gueules dessus ! Ca va pas non ? » Ce à quoi je réponds qu’il n’a pas vraiment l’air d’un truand et je reprends mon jeu.

Dix minutes plus tard, alors qu’il papote avec un mec derrière lui, je surprends des bribes de conversation qui comprennent cette phrase, prononcée par mon ennemi du soir : « Je suis là depuis trois ans mais ma famille est originaire de Sicile. »

Le temps se fige.

Mon corps se balance au bout d’une corde
Ma tête flotte au bas d’une falaise
Les freins de ma voiture de location me lâchent dans un virage
Des mecs m’attendent à la sortie du Casino pour me faire monter dans une voiture
Le bouffon est en fait un tueur venu se mettre au frais quelques années

En même temps, la vue que j'aurais eue depuis ma tombe aurait été sympa...

Mon visage se vide de son sang et mes mains se mettent à trembler. C’est horrible. Je viens de dire, moi, une nana, à un sicilien de fermer sa gueule. Devant des témoins. Et là, il ne parle plus du tout. Il mijote sa vengeance. Il se demande où il a mis la pelle à creuser.

Les cinq minutes jusqu’à la pause ont été les plus longues de ma vie. Quand le floor a annoncé le break, l’instinct de survie m’a fait bondir de ma chaise et je me suis précipitée pour lui serrer la main et lui présenter des excuses pour m’être emportée (« Ah, le jeu, ça vous fait avoir des réactions débiles, l’adrénaline, c’est terrible etc… »). Le tout sous le regard hébété de la table qui ne comprenait pas pourquoi j’allais moi m’excuser auprès de cet homme impoli et grossier. Avant de me féliciter pour mon fair play.

Le mec a accepté mes plates excuses et j’ai filé au lavabo me passer de l’eau sur le visage. Au final, j’ai eu mon ticket, pas lui.

Mais le plus « drôle », c’est que deux jours plus tard, alors que je voulais faire une excursion en jet ski pour faire le tour de l’île, j’arrive pour m’inscrire à la boutique et, alors que j’ai enfilé mon gilet de sauvetage et reçu les instruction de sécurité, arrive notre « guide », celui qui va nous emmener, mon ami et moi, au large. Et évidemment, c’est lui.

L’île est petite mais ça ne peut pas être une coïncidence
Il va m’emmener sur une plage et me démembrer à la machette
Ils ont tout manigancé pour que je reçoive le prospectus, ils m’attendaient
Mon jet ski va exploser au large et on en dira que c’était un fâcheux accident

Bref, j’ai à nouveau cru que j’allais mourir et je n’étais pas super fraiche en montant sur mon engin que j’imaginais bourré de TNT. Mais la ballade s’est bien passée, et l’homme – qui avait dessaoulé mais qui se souvenait quand même de moi – s’est même avéré être plutôt sympathique, voire jovial.

En résumé, ceci m’ayant servi de leçon à vie, je peux vous garantir que désormais, je peux être assise en face de n’importe qui, ivre ou pas ivre, poli ou impoli, que je vais lui parler avec la plus grande correction possible…