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Le grand bric-à-brac du mois de mars

15 mars 2012

Il y a des mois comme ça où je ne poste pas de compte-rendus de tournois pour la simple et bonne raison que si je le faisais, ça donnerait ça :

Ou ça, mon rêve du moment :

Ou encore ça, message qui risque de bientôt se retrouver étrangement accroché au dessus de mon lit (par un boyfriend exaspéré) :

En résumé, vous l’aurez compris, ça runne sacrément bad dans la chaumière. L’enfer…

Je vous donne un exemple dans mon dernier tournoi : un 1000$ bounty que je m’étais accordée dans un side du WPT Los Angeles. Ce tournoi m’enthousiasmait particulièrement car outre le fait que je n’en joue plus beaucoup, il permettait d’être en freeroll assez aisément, chaque bounty valant 500$.

J’ai donc commencé par gaiement éliminer un joueur short stack sur un flip (« Hourrah, je suis en demi-freeroll ») avant de voir 500$ de bounty s’envoler avec AK (chez moi) contre A4 chez un joueur qu’évidemment je couvrais à peine. Du coup, non seulement les biftons se sont envolés dans l’espace mais en plus, je suis évidemment partie en orbite dans les trois mains qui ont suivi.

Ensuite, j’ai décidé de jouer un peu en cash game alors que normalement, ce n’est pas une discipline qui m’éclate. Mais bon, quand faut y aller, faut y aller… J’ai donc joyeusement commencé par perdre deux caves de 200$ chacune sur des coups inévitables avant de trimer six heures durant pour les récupérer. Et repartir au final avec un bénéf’ monstrueux de… 75 dollars. Youpi.

Du coup, pleine de bonne volonté, j’ai décidé d’ouvrir un compte sur un site de jeu online bien connu sur lequel je n’avais pourtant jamais joué auparavant. Il faut dire que j’ai un côté mono-maniaque et que je joue rarement sur deux sites différents en même temps. Bref, j’étais sur un site que j’ai décidé de boycotter pour de nombreuses raisons. Et c’est donc pleine de courage et d’enthousiasme que j’ai entamé quelques sessions récréatives sur mes nouvelles tables.

C’est également pleine de courage et d’enthousiasme que j’ai rapidement regarni mon compte après avoir joué une main (une seule : la première…) dans un gros 50 euros (le max que je joue sur internet) dans lequel je me buy-in en late reg’ : je 3-bet en poz’ un joueur avec AK, il paie, le flop vient K89 tricolore, il donk-push, je paie et il me montre Q7o. Turn : 6 et river : T. Très fun. Vraiment. Et c’est représentatif de tous les autres tournois (là, par exemple, alors que j’écris, je viens juste de perdre avec QQ sur 996 face à 97o).

Je précise maintenant que j’ai horreur de me saisir de ma carte bleue pour regarnir mon compte et que donc, je fais tout pour remonter sans avoir à puiser dans ma réserve perso et ressortir la CB. C’est donc pour cela que je me suis assise avec mes misérables 4 euros restants en cash game pour là aussi jouer une main, une seule : AQ sur Q27 tricolore (il avait 22). Et croyez-moi, sur le moment, la douleur est la même que si j’avais perdu 500 euros. Au poker, je n’existe qu’en deux modes : contente quand je gagne et furieuse quand je perds.

C’est d’ailleurs assez fou comme on peut pester tous les diables de l’enfer après avoir bust d’un tournoi à 20 euros online et comme il peut parfois arriver de sauter d’un tournoi en live à 500$ et se dire : « Bon, bah busto sur un flip, that’s poker… ». Et si je mets « on » c’est que je sais que je ne suis pas la seule…

Sur ce même site, et une fois après avoir re-cartouché 50 euros, je ne fais ensuite que des min/moyen-cash, ce qui me fait glisser lentement mais surement vers les profondeurs des tableaux abscisse/ordonnée, m’évoquant avec horreur la perspective d’un bocal à côté de mon screen name d’ici peu sous sharkscope. Un cauchemar.

Bref, énooooooorme whine doublé d’une lourde remise en question inévitable. Pourtant, quand je lis les articles techniques des magazines poker, je vois bien que je suis d’accord avec la majorité d’entre eux et qu’ils ne me parlent pas en chinois. Je vois bien aussi que je ne fais pas d’erreurs monstrueuses… Et que les coups sur lesquels je suis éliminée sont 100% standard.

Sauf que oui, je paie parfois à la river en sachant pertinemment que je suis derrière (mais j’ai brelan quand même, zut !), oui je manque d’agressivité, mais oui, pire que tout, je commence à avoir peur.

Je me suis fait outdraw tellement de fois ces derniers temps que j’ai tendance à interrompre rapidement (= au flop ou turn max) les coups même avec une main forte floppée de type TPTK. Et tant pis si je m’enlève les possibilités que mon adversaire tente de me bluffer ou que j’anéanti le rêve de se voir payer jusqu’à la river par une main moins forte. De plus, je pot-control à mort. Et je check souvent river là où je pourrais pourtant prendre un barrel de value… (« Si je bet, il va me raise ce con, j’en suis sûre ! »)

C’est je suppose le cercle vicieux du bad run qui s’auto-alimente d’erreurs que l’on a même plus conscience de faire.

Alors certes, il ne s’agit pas d’erreurs majeures ou de spew maladif mais à force de ne pas assez prendre de value ou de ne pas 2-barrel suffisamment en (semi) bluff, cela me conduit forcément à des situations où mon tapis, plus petit que ce qu’il devrait être, se retrouve à combattre en étant couvert…

Il faut donc que je reprenne confiance et que je retrouve l’énergie que j’avais l’an passé à la même date quand je m’asseyais fleur au bec dans des gros tournois, en sachant que de toute façon tous mes bluffs passeraient et que AK contre QJ, ça ne perd que dans des mini-pots. J’exagère un peu mais bon… Il n’empêche que je vais donc me remettre en question et passer quelques longues heures online, ce que je n’ai jamais fait avant puisque perso, j’ai toujours vécu (à tort) le poker sur internet comme un moment uniquement récréatif.

Et puis après tout, je n’ai pas pu m’empêcher d’aller voir la courbe du mec online-successful du moment, Roro, pour constater, non sans soulagement, qu’il était à peine à jeu au bout de 1000 tournois sur cette même room, le tout après avoir fait un joli plongeon dans les profondeurs des entrailles de la loose online à peine inscrit. Le tout avant de faire une remontée fulgurante, de tout déchirer et de monter 50 000$. Easy.

Je vais donc tenter de reprendre de la force au maximum pour m’asseoir à mon prochain tournoi remontée à bloc. Tant pis si je bust sur un bluff, tant pis si le mec m’outdraw avec sa double paire pourritos-miraculos à la river, je n’aurais pas peur. Evian et les FPS, prends garde à toi !

Sur ces paroles Coué-à-donf, laissez moi terminer sur une belle parenthèse de tout ce que j’ai aimé ces derniers jours :

. Le road trip en Californie avec Fab, enchainé juste après deux jours à Boston (et zou, d’une côte à l’autre…). Un vrai régal au soleil que nous avons enchainé juste après une semaine à Las Vegas :

Soirée dans le Downtown Los Angeles, entre les sushis pointus de la pagode du Yamashiro, le bar du mythique Chateau Marmont, la promenade sur Sunset Bvd et la soirée au Mondrian ; Hollywood me voilà !

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Journée à Santa Barbara, alias "la Suisse de Californie", ville où la vie est douce, paisible, belle et surtout, la plus chère des USA... Il faut dire que vivre à Disneyland au bord du Pacifique, ça a forcément un prix !

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On ze road, nous avons rencontré deux types d'animaux sauvages : le premier est gros, poilu, sent mauvais et se cache derrière les fourrés et le deuxième est un phoque de mer. 🙂

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Carmel est une ville comme je n'en avais jamais vue : un village de schtroumpfs millionnaires qui se font un point d'honneur de vivre en harmonie avec la nature. Du coup, par exemple, les éclairages publics sont interdits la nuit (pitch black) mais la journée, les dauphins jouent dans les vagues à 15 mètres de la plage !

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L'arrivée à San Francisco est spectaculaire et ravive de nombreux souvenirs de films, surtout quand on la parcourt en tramway (Bullit, l'Inspecteur Harry, Rock...)

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La ville a su garder un extraordinaire côté babacool et indé grâce à tous ses habitants arrivés en masse dans les années 70 et jamais repartis (ou jamais redescendus de leur trip sous acide). Du coup, les boutiques colorées fleurissent, tout comme les concerts improvisés ou les oeuvres de street art.

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La diversité des cultures y est également si présente qu'elle permet de voyager sans sortir de la ville : ici, afternoon tea au Japanese Garden et balade à Chinatown.

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Deux des symboles de la ville : le majestueux Golden Gate et... la soupe de coquillages sur le quai 39, servie dans un bol de pain. On pourrait croire que c'est bon, mais en fait, ben...

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Et le soir, la ville offre des moments qui n'existent pas ailleurs : repas 5 étoiles dans un resto gastronomique végétalien (ni oeuf, ni produit laitier, ni viande, ni miel) étonnamment savoureux, suivi d'un cocktail sans concession au Bourbon & Branch, bar avec réservation only + mot de passe et sans enseigne extérieur, hommage au temps de la prohibition (et non, la photo n'est pas floue ; elle est le juste rendu exact de ce que je voyais ce soir là) 🙂

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Sausalito, petit village situé de l'autre côté du Golden Gate est ce que Deauville est à Paris : un 21e arrondissement pour riches ayant envie de bien dormir, bien manger et vivre loin de l'agitation de la ville le week-end. Pari réussi : jamais aussi bien mangé !

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Et, last but not least, la cerise sur la gateau, le point final, le climax du voyage : le sublimissime casino Bay 101 à San José, aka le paradis sur terre...


. J’ai lu de bons bouquins dont l’autobiographie de Keith Richards
, que j’ai dévorée de bout en bout. Son parcours hardcore rock’n’roll est le miroir sans concession d’une succession d’époques mythiques : coinços fifties et swinging sixties à Londres, LSD Seventies aux States, Bling bling eighties en tournées mondiales, reggae roots Jamaïcan style nineties… En bref, à lire absolument, et ce, même si vous n’êtes pas fan du plus grand groupe du monde (ce qui était d’ailleurs mon cas ; je n’aime vraiment qu’une petite dizaine de leurs chansons).


. Et je viens juste de commencer un autre bouquin qui m’a l’air démoniaque : « Sous les néons, Vie et mort dans les souterrains de Las Vegas » par Matthew O’Brien aux éditions Inculte. Un livre qui m’a l’air dingo puisqu’il s’agit des péripéties de son auteur, homme aussi courageux que talentueux, qui un jour décide de prendre sa lampe torche pour aller à la rencontre des milliers de sans-abris qui occupent les larges canalisations d’eaux usées de la ville… Choc garanti.

. J’ai à nouveau plein de taf pour MadeInPoker avec toute l’équipe des potos du début : Fab, David, Jules et Steven ! On a décidé de reprendre les rênes il n’y a pas longtemps et on est bien décidés à tout déménager. D’ailleurs, pour lire toutes les infos croustillantes, venez liker notre page facebook ! On vous prévoit plein de concours, d’infos en exclu et plein d’autres news et itw que vous ne lirez pas ailleurs ! (d’ailleurs, j’ai adoré écrire le top 10 des bogoss du poker français, un peu d’humour dans ce monde de brutes).

Une belle brochette à nouveau réunie pour vous offrir le meilleur de l'actualité du poker ! (et oui, gros skill sur photopaint, je sais...)

. Du taf aussi pour Blue Shark Optics dont je suis très fière d’être l’ambassadrice ! Si vous ne savez pas encore de quoi je parle (malheureux !), rdv là pour le site internet et rdv aussi sur notre page FB ! Pour faire simple, il s’agit de la marque leader aux USA et il y a une bonne raison à ça : la qualité inégalée du produit. On m’aurait proposé de défendre les intérêts d’un produit mauvais, je vous garantis que je n’en aurais pas parlé de cette façon.

Mais là, j’ai une paire faite sur-mesure à ma vue (génial) et je me sens super confortable à la table. C’est agréable d’avoir un masque total sur les yeux, que personne ne puisse voir ce que je vois, tout en voyant comme en plein jour, contrairement à mes anciennes lunettes de soleil que je devais parfois ôter quand la lumière à la table était trop basse.

Le regard droit et la posture fière, elle regardait avec détermination et solidité en direction de la porte de sortie du tournoi, tout en retenant un vieux relent de burrito que lui avait servi Carlos, le serveur tatoué et moustachu du Commerce Casino.

Bref, c’est toujours agréable d’avoir à promouvoir des projets dans lesquels on croit ! De toute façon, de toute ma vie, je n’ai pas le souvenir d’avoir longtemps travaillé pour défendre une cause qui ne me motivait pas. A chaque fois, je me barrais dare-dare, les bras ballants et ayant affiché l’énergie d’une huitre face à des montagnes de mouise qu’évidemment je n’ai jamais gravies (« Vas-y toi plutôt, je te regarde… »).

. Et puisque l’on parle d’une cause enthousiasmante, je vous INTIME L’ORDRE de regarder cette vidéo Kony2012. Oui, celle qui dure 30 minutes et dont vous avez déjà forcément entendu parler via les médias ou les réseaux sociaux. En effet, le film a fait 80 millions de vues en une semaine, ce qui s’explique par l’incroyable message d’espoir qui s’imprime en toile de fond du reportage.

Cliquez sur l'image pour voir la vidéo ! Allez !

C’est un pléonasme que de dire que nous vivons dans un monde déprimant et dans lequel il est difficile d’entrevoir une lueur d’espoir. La lutte pour le pouvoir et l’argent est telle qu’elle anéantit des populations entières et la terre sur laquelle nous vivons par la même occasion. Et tout cela par la seule et unique volonté d’un très faible nombre d’individus soutenus par des masses stupides, crédules et aveuglées (Il faut voir les communautés pauvres du tréfonds des USA se battre avec véhémence contre la gratuité des soins de base à l’hôpital parce que c’est socialiste, donc communiste, donc « pas bien… »).

Et cette vidéo, malgré les critiques qui ont pu en suivre (la plus grande étant que cette sur-médiatisation pourrait au final nuire à l’arrestation de Kony, numéro 1 sur la liste des criminels de guerre de ce siècle, ou que certains intérêts économiques qui nous dépassent pourraient en pâtir), ouvre tout simplement la perspective d’un nouveau modèle économique : « Voici ce que le peuple veut vraiment, donc faites-le ».

Il va de soit que rien n’est tout rose et que les solutions idéales n’existent pas, mais cette association a au moins le mérite de proposer un système différent. Et un système auquel j’adhère et que je soutiendrais à hauteur d’un versement mensuel. Tout comme je le fais avec l’Unicef, dont je vous invite à regarder le site ici !

Bref, vous l’avez vu, j’ai été très busy 😀

Le duplicate poker, ça vaut quoi ? ( et bonus : une parenthèse ensoleillée à St Martin)

2 décembre 2011

Vous le savez, cette année était organisé le premier championnat mondial de poker en duplicate. Le tout à grand renfort de généreux sponsors, histoire d’inviter dans les meilleures conditions les joueurs, les businessmen et les médias pour promouvoir cette nouvelle variante dont tout le monde parle.

Partout était donc mis en avant le fait « d’outskill ses adversaires » (« soyez le plus talentueux »). La promesse était belle : le duplicate ne laisserait point de place à la chance mais offrirait une autoroute vers la reconnaissance pour les meilleurs joueurs.

A variante différente, cadre de jeu différent ! (London Eye)

Rappelons en deux mots le principe : 6 tables se voient distribuer les mêmes cartes au même moment (les jeux ont été pré-mélangés) et aux mêmes positions. Question : quel joueur assis au siège 1 va réussir à monter le plus de chips et en perdre le moins possible ? Idem pour le siège 2, 3 etc… Sur le papier, il peut sembler évident qu’en effet, on pourra enfin coller l’étiquette « Meilleur value maker » ou « Best spewer » à quelques joueurs…

L'équipe de choc : Nico, Fab (capitaine), Lucille, Hugo, moi (remplaçante), Jean-Paul et Clément : on a terminé 3e sur 12, un score honorable mais l'an prochain, on le gagne !

Sauf qu’en réalité, la chance joue toujours une part énorme. Pas du point de vue des cartes mais de celui de la composition de sa table. C’est ainsi que par exemple, quand j’ai remplacé Lucille, j’ai eu le bonheur d’être à la gauche de Juan Maceiras en plein tilt. Il m’a littéralement offert 3 caves… Tous les autres sièges ont probablement très bien joué leurs mains mais ils n’ont pas eu la chance énorme d’avoir le plus gros spewer/gambleur du monde assis juste à côté d’eux et en mode « livraison top chrono car tilt énorme».

Il m’a par exemple permis de remporter un coup qu’aucun autre siège n’avait remporté. J’ouvre QQ UTG+1, je raise, il paie, Sandra Neujoks reraise, un mec hors du coup call et je décide de 4-bet. C’est alors que Juan, pris d’une inspiration soudaine, décide de 5-bet shove avec … paire de 2 (il envoie 2k max : les coups sont capés) ! Sandra hésite longuement et finit par passer… JJ ! L’autre passe aussi et le board m’offre une victoire mathématiquement logique : 7 4 8 9 T

Et là, oui, vous l’avez vu aussi : les valets battaient les dames ! Du coup, grâce au coup de folie de Maceiras, j’ai gagné 2000 là où tous les autres en ont perdus autant : amplitude 4000 sur les 20k de départ, je vous le dis, ça fait une très large différence…

Scoop inside ! Quand les remplaçants n'étaient pas appelés, ils devaient rester enfermés dans une salle isolée. Avec rien à faire sauf attendre. Du coup, avec Koen, on a dégoté un jeu de cartes, découpé des jetons dans des magazines/journaux et on a joué à la roots !

Idem ; on peut très bien jouer ses cartes avec brio mais se retrouver à une table d’excellents pros à qui, par définition, on ne prendra pas un kopeck. Du coup, le tirage au sort de sa table remplace le flip crucial du tournoi : c’est là où tout se joue.

De même, la stratégie n’est pas la même qu’en NLHE classique. A chaque coup, il faut penser « Qu’est ce qu’ont fait les mêmes sièges que moi sur ce spot : ont-ils gagné ou perdu des jetons ? A quelle place me situe-je sur 6 ? » Du coup, si par exemple on sait qu’on est dernier, mieux vaut prendre des risques, évidemment…

Du coup, ça pousse aussi à provoquer des coups qui n’existent pas et voir des flops : autant prendre une chance de gagner des jetons que les autres ne gagneront (peut-être) pas, le tout en en perdant le moins possible…

Et puis c’est sans compter qu’il faut penser à l’équipe avant tout, un sacré changement par rapport à la mentalité de base du poker qui fait de l’individualité une qualité indispensable à tout bon joueur qui se respecte… Jouer mal ou prendre des risques inconsidérés non seulement vous place au bas du tableau, à la place du cancre, mais en plus, fait perdre votre équipe… Dur dur alors de savoir injecter la bonne dose d’agressivité/prise de risque ou de savoir quand refermer les vannes…

Pour résumer, je dirais que cette variante est très intéressante en elle-même mais qu’elle n’est pas l’avenir du poker. Elle restera probablement une forme de tournoi marginale mais distrayante et rafraichissante dans un milieu dans lequel on pense bien souvent avoir déjà tout vu. Je trouve aussi que le côté pression individuelle (« pourvu que je fasse mieux que les autres ») est intéressant, car dur à gérer, tout comme l’esprit d’équipe, que l’on a pas du tout l’habitude d’avoir dans le milieu. En bref, une bonne expérience que nombre de joueurs auront envie de renouveler !

Pour lire l’article de résumé complet avec photos sur MadeInPoker, cliquez ici !

Et pour changer de sujet, voici un résumé des trois derniers jours : je suis passée de ça :

Les plages sublimes et désertes de St Martin, mmmmh...

A ça :

Le SPA sublime et désert au dernier étage de l'hôtel à Prague, mmmh...

Et de 30° à l’ombre à 8° au soleil !

Pour résumer mon séjour à St Martin en quelques mots, je dirais juste que j’ai absolument adoré ma semaine. En effet, les tournois débutent à 18h, laissant donc le temps aux joueurs de visiter l’île de long en large dans la journée (« On se fait quelle plage aujourd’hui ? »). Un petit crochet à St Barth s’impose aussi, après tout, c’est pas souvent qu’on est à 45mn de bateau d’une des plus belles îles du monde !

Avec ou sans glace votre cocktail saveur paradis ?

Question poker, c’est au-delà du réel : j’ai vu des choses que je n’avais pas vues depuis très longtemps aux tables. Il y a des joueurs qui sont bons, cela va de soit, mais il y a aussi des joueurs de casino avec les poches pleines et qui n’ont aucune notion du jeu ; ils posent 500$ pour le buy-in comme ils le poseraient en un coup de roulette et jouent à peu près pareil : au pif.

Ca m’a d’ailleurs fait monter un sentiment de frustration comme j’en avais rarement connus. Imaginez-vous à la table d’un 200$ rebuy où un joueur ouvre tous les coups en faisant n’importe quoi et que vous ouvrez pendant 15mn J-2, 8-3, 7-4 etc… Et le mec systématiquement prend (littéralement) des poignées pré/post flop qu’il envoie au milieu, avec du jeu ou sans. Et ce sont les autres qui récoltent (ou pas).

Une ventrale ? Nuts et tapis ! Une under paire ? Nuts et tapis ! Rebuy, rebuy, rebuy ! J’ai réellement cru que j’allais perdre la raison ; ce genre de miracle n’arrive jamais ! Bon, j’ai quand même finit par le raser avant de moi-même me faire tondre lors de ce turbo où mes deux flips ne sont pas passés mais pour résumer, j’ai vraiment halluciné!

Car ces tables à haut risque changent incroyablement la façon de jouer. Impossible de squeeze avec une main moyenne (call, call, call, call, call), impossible de voler (call, call, call, call, call) et donc : il faut jouer ses cartes. Dur dur quand on n’a pas de jeu ! Mais bon, je me suis bien amusée quand même !

A Prague, mon calendrier de visite sera plus chargé que celui des tournois ; ce qui est bien moins déprimant que ça en a l’air. Je pense en effet faire le 1000 de l’EPT, le Ladies et peut-être un autre side. Ce qui est sûr en tout cas, c’est que j’ai hâte de découvrir cette capitale qualifiée par ses visiteurs de plus belle ville du monde ! Et je crois que comme Almira sera dans le coin, je vais avoir la meilleure guide possible 😀  Il parait aussi que la ville abrite quelques temples de la vie nocturne dont la réputation n’est plus à faire ; donc même si je bust, mon lot de consolation s’annonce plutôt sympathique !

La bonne nouvelle c'est qu'il ne peut rien m'arriver ; j'ai en effet dégoté deux petits porte-bonheur "déchiquète tes adversaires" dont je suis super fan ! Si vous êtes en mode "je cherche des bijoux sympa, originaux et pas chers", filez sur Lilicage.com, je les ai dévalisés" 🙂

Week-end à Tanger et ma réponse à la question « Peut-on juger le coup d’un autre ? »

16 novembre 2011

« Aaaaah »
C’est le petit soupir de soulagement invariable qui accompagne le moment où je franchis le seuil de la porte de mon appart’ londonien avec ma grosse valise au bras – il va d’ailleurs falloir que je la change ; ce ne sera jamais que la 3e cette année à me claquer dans les pattes…-
« En plus, il fait beau » (histoire de faire taire les mauvaises langues)

Ces douze derniers jours, j’ai successivement enchainé les caïpis/poissons grillés (Brésil), les chocolats chauds/beignets (Amsterdam) et les tagines/couscous (Tanger). Et outre un estomac au bord de l’infarctus (si si), je dois reconnaitre que je suis un peu fatiguée. Voyager c’est une grande chance et je prends toujours l’avion avec le même enthousiasme mais rentrer chez soi, vider sa valise, faire une machine à laver, aller faire ses courses et se coucher dans son lit, franchement, c’est pas mal non plus…

Si je n’ai pas joué à Amsterdam (le Main à 5000? Euuuh, laissez-moi réfléchir…) , j’en ai profité pour bosser sur d’autres projets et visiter un peu la ville –les canaux, le musée du diamant, le Katten Kabinet –un musée des chats, lol- ;  en bref, un week-end bien sympa !

La Venise du Nord et ses canaux (et ses vélos aussi... Entre les trams, les voitures et les bikes, j'ai failli être écrasée douze fois !)

Qui a dit qu'Amsterdam, c'était tout gris ? (les magnets sabot pour les frigos des touristes et le marché aux fleurs)

En revanche, j’ai participé au tournoi à 1000 euros du Tanger Poker Million (merci d’ailleurs à Yaya pour son accueil). Mais bon, sans succès puisque j’ai sauté 10 places avant l’argent (grrr) …En effet, nous jouions en 8-handed (mon format préféré) mais à 26 joueurs left, ça donne du 6-6-7-7 joueurs par table… J’étais donc en 6-handed, avec 15bb de moyenne… Inutile donc de vous préciser à quel point il faut booster son taux d’agressivité et prendre son courage à trois mains pour push souvent, malgré les poubelles qui s’enchainent.

Ca marchait plutôt bien, jusqu’au moment où tout le monde passe jusqu’à moi au bouton et que j’ouvre Jh-8h, ce qui résonne un peu comme « nuts » à mon oreille. Jusqu’à ce que la BB ouvre AA mais ça, c’est une autre histoire…

J’ai donc eu un après-midi entier pour visiter cette ville que je ne connaissais pas du tout et je ne l’ai pas regretté : la kasbah est très intéressante (et m’a fait un peu penser à la Grèce), le souk sympathique et la pause thé à la menthe dans le petit Socco, incontournable. C’est une des choses que j’aime le plus dans mon métier : découvrir une nouvelle ville et prendre le temps de la visiter. Vivement donc Prague début décembre !

Les belles couleurs du souk : dépaysement garanti !

La (rock ze) Kasbah offre un dédale architectural où il fait bon se perdre...

La pause thé à la menthe et pâtisseries marocaines est incontournable !

Sinon, je voudrais faire une parenthèse sur un sujet qui a récemment agité la planète poker : la finale du PPT et la kyrielle de « bien joué, mal joué » qui a suivi. Je pense de façon générale, que tout le monde a le droit d’émettre un avis, et ce, sur tout. Après tout, nous sommes en démocratie et, dieu soit loué, nous avons tous le droit de plus ou moins ouvrir notre gueule. Ce qui implique évidemment de donner la parole à des cons aussi… Mais c’est la règle du jeu.

Au poker, dans la majorité des cas, il est impossible de juger un coup de façon objective. En effet, outre les paramètres de bases (cartes, blinds, position, stack…), il est de nombreux autres facteurs qu’il faut savoir prendre en compte : historique entre les joueurs, énergie de la table, tells, instinct.

De même, chaque joueur possède son propre objectif : pour certains c’est faire l’argent, pour d’autres, c’est tel ou tel palier et pour d’autres, c’est la gagne. Ce dernier point ouvre de nombreuses critiques que je trouve particulièrement débiles : à chacun son objectif ! Pourquoi faudrait-il systématiquement jouer pour la gagne (et donc devoir prendre plus de risques sur des gros coups) ?

Le poker est un jeu d’argent qui est relié à des comptes en banque individuels ! Jamais il ne me viendrait à l’idée de critiquer un joueur qui passe toutes ses mains à la bulle d’un tournoi à 10k. Qui sait, il s’est peut-être qualifié sur un sat’ et a peut-être vraiment besoin de remporter 17k à la maison ? Si ça se trouve, depuis le début, son objectif, c’est justement ces 17k. Dans ce cas, employer toutes les méthodes possibles pour atteindre son objectif, c’est tout à son honneur.

Les décisions ne sont que rarement prises d’un point de vue 100% mathématique.

Il y a des coups que l’on peut qualifier d’indiscutablement mal joués mais bien souvent, le jugement sera result oriented (= jugement en fonction de l’issue du coup) : pourquoi tu as just call un raise avec AK en position pour laisser entrer le mec de BB qui complète avec une semi-poubelle et te bats ensuite ? (alors que le mec avec AK a just call en espérant un shove derrière lui, par exemple). Ce n’est pas un coup mal joué, c’est un coup standard, selon un plan prédéfini mais qui ne se déroule pas forcément comme tu l’as prévu…

Un joueur pro qui a déjà fait de nombreux résultats (et donc fait ses preuves) joue (presque) toujours en ayant un plan en tête. Après, évidemment, le board ou ses adversaires peuvent tout chambouler. Mais l’essentiel est que le mec a décidé quelque chose avant et qu’ensuite, il s’y tient. Parfois, d’un œil extérieur, ça peut donner lieu à critiques mais elles seront toujours déplacées : on ne peut pas critiquer un joueur dont on ne connait pas le plan, les objectifs ou la situation à table.

Perso, j’évite donc au maximum de porter un jugement sur les coups joués par les autres pros. Car j’estime qu’ils avaient toujours une bonne raison de faire ce qu’ils ont fait. Ca ne veut pas dire que je trouve que 6-bet shove un mec avec 7-5o soit une bonne idée (« Ah ben merde, il avait les as ; mais il est tellement tight que j’étais certain qu’il folderait même les rois !») mais du moment qu’il y a une direction voulue derrière et une intention claire, le jugement devient difficile.

Après, je ne dis pas que les pros ne commettent pas d’erreurs, évidemment… Je ne connais personne qui ne fasse pas d’erreurs de lecture. De même, de nombreux joueurs pros vont parfois craquer, être fatigués et spew leurs jetons comme des animaux pour une raison X ou Y. Mais outre ces cas où l’erreur est évidente, je pense qu’il est vraiment difficile de porter un jugement sur eux. Ce qui n’est pas le cas en revanche quand, on a à faire à un joueur débutant ou juste mauvais.

Là, je ne vais pas me gêner pour avoir un avis ou pour rigoler sous cape quand un mec se laisse pousser des branchies en face de moi. A Tanger, j’avais par exemple une nana extraordinaire à ma table. Ca faisait longtemps que je n’avais pas vu ça : elle checkait quand elle n’avait rien et over-donk-bettait dès qu’elle touchait un petit truc au flop (genre bottom paire). Du coup, tu pouvais la raise peinard en position et si elle n’avait pas floppé les nuts, elle foldait. C’était une source merveilleuse de jetons ; elle jouait vraiment très mal, comme un livre ouvert. Et là, oui, je vais me permettre un jugement, car je considère qu’elle n’a ni plan, ni stratégie, ni bases de jeu et que je suis mille fois meilleure qu’elle…

Voilou, c’était la petite pensée du jour. L’autre pensée étant que j’ai hâte d’être à St Martin dans une semaine pour jouer au poker (un peu) et profiter de la douceur des Caraïbes (beaucoup) !

En attendant, rendez-vous pour le tournoi par équipe à Londres où je suis remplaçante (David Benyamine s’est désisté 48h avant) ; du coup, je ne participe pas au tournoi en duplicate mais en revanche, j’ai mon siège dans le MTT de samedi ! Quelle joie : ALLEZ LA FRANCE !!!

Cannes-taclysme sur la Riviera !

16 octobre 2011

Il est midi moins deux, le soleil de Cannes brille entre deux nuages et mon mug de café est à moitié plein ; je suis en pleine forme pour attaquer la journée nationale de l’optimisme et de la bonne humeur ! Ce blog ne parlera donc pas des choses qui fâchent.

Ou si peu…

Bon, allez, parce que c’est vous et parce qu’une force obscure terrible me pousse à absolument vous raconter pourquoi ma semaine cannoise a été un échec total, je résume :

. Bracelet Event à 1000 euros : On a 3k au départ et j’ai perdu deux flips. Yeah.

. Sat à 1000 euros pour le Main : Après des heures à lutter avec des poubelles, je viens de doubler avec AK vs KQ. Et Barry Greenstein shove son stack avec A5 quand j’ouvre AQ de pique au bouton. Le flop m’offre deux piques + la river un 5 de cœur = je busterais pas trop longtemps plus tard en faisant un stop and go inspiré où il s’avère que je suis drawing dead au flop. Hahaha.

. Turbo à 400 euros : Après avoir fait un call épouvantable (celui avec AJ sur AAKTx où on connait la main de l’adversaire « T’as full hein ? » mais où on ne peut pas s’empêcher de vérifier quand même « Allez, bon appétit ! »), j’ai été punie en payant un tapis avec JJ contre KT. Le moment le plus drôle étant celui où deux mecs à la table me sortent pour me rassurer « J’avais un roi », « Ah oui, moi aussi ! ». Oui, peut-être mais y’en avait encore un au flop…

. Ladies à 500 euros : Dur dur de se ré-adapter au jeu des Ladies… On me demande souvent comment c’est ; je vais tenter de résumer. Par exemple, ça limpe/call avec quasi any-two et qu’importe la position. Du coup, nous sommes souvent 3 ou 4 dans un coup. Et si la fille donk, c’est généralement qu’elle a. Si elle just call, c’est pareil (et elle peut le faire avec un monstre). Bref, dans ces circonstances, avoir AK de pique sur un flop 678 rouge, c’est un insta-abandon. De même, voir un flop AKJ avec paire de 8, c’est méga-pourri aussi : hors de question de tenter un c-bet, même pas dans ses rêves. Il n’y a qu’une seule fois où j’ai floppé AJ8 avec AJ en main chez moi. Sauf que Karine avait QT pour la double gutshot et que pan à la river… Sur le coup, je n’ai d’ailleurs vu que LA gut shot, du coup j’ai un peu râlé. Surtout quand elle a sorti « ah ben oui, j’ai été la chercher  elle-là ! », j’ai cru que c’était une blague. Ce n’est qu’en rentrant chez moi que j’ai vu qu’elle avait la double. Mais ça ne change rien au fait que ce n’était vraiment pas mon jour… Bref, j’ai ensuite 3-bet une limpeuse avec AJ, j’ai été payée par QQ dans les blinds et l’as est venu au flop (« Wow ! Enfin un miracle ! »). Suivi de la dame, juste derrière (« Ah oui, je me disais aussi… »).

La théorie : "En voilà une belle de brochette de winneuses !" La pratique : "Comme on a toutes sauté avant l'argent, on va boire l'apéro sur la plage ?"

Voilà, c’en est terminé de mon compte-rendu dépressif, finis les whine-whine en tout genre, je vais mettre cet épisode cannois derrière moi et n’en garder que le bon. Parce que du bon, il y en a eu, et pas qu’un peu ! Voici un best of de quelques souvenirs sympathiques…

. Déjeuner les pieds dans l’eau à la Plage du festival. Je pensais que les restos de bord de plage étaient des pièges à touristes avec les menus plastifiés traduits en allemand/italien/chinois et jetés à la tête des clients pour les punir de venir polluer leur Côte d’Azur chérie avec leurs bus climatisés. Sauf que pas du tout.

Ces petits restos sont tous plus agréables les uns que les autres et la plage du Festival a le mérite d’offrir un décor paisible et chic où le service est chouchouteux comme il le faut et la burrata digne de ce nom. Le tout avec une vue délicieuse sur la plage et le sable encore chaud. Par contre, et malgré un side bet élevé avec Fab pour nous reward mutuellement d’aller se baigner, (« Ca compte jusqu’au cuisses ? » « Non, faut rentrer en entier, jusqu’au menton»), impossible de se motiver à tâter de l’eau à 20 degrés… On va attendre St Martin fin novembre, hein ! (brag brag)

C'est sûr qu'être au bord de l'eau en t-shirt mi-octobre, ça donne envie de venir plus souvent !

. Aller bosser tous les jours sur la Croisette dans une des salles chic’issimes du Majestic, et ce, évidemment pas avant midi. C’est drôle, ado, à la question « Qu’est ce que tu veux faire plus tard ? », je répondais « Tout. Sauf me lever tôt pour aller travailler dans un bureau moche entouré de cons ». Pari gagné. (enfin sauf pour les cons, y’en a toujours un ou deux qui trainent, obv, sauf qu’au poker, il y a toujours une probabilité élevée qu’ils finissent par buster à un moment ou à un autre !)

. Avoir un petit appart‘ pendant 15 jours et donc, une machine à laver (youpi, adieu le lavage des chaussettes dans le lavabo !), un frigo (youpi, adieu le room service et son burger à 38 euros !) et une machine à nespresso (youpi, adieu le concierge méprisant qui vous sort « Le petit-déjeuner ferme à 10h madââââme » « Mais on termine nos journées à 3h du matin ! » « Cela vous fera toujours 7h de sommeil madââââme. »)

. Profiter d’un temps extraordinaire avant de retourner à Londres. Je fais toutefois une petite parenthèse pour tordre le cou à certains vieux clichés : il pleut moins dans la capitale anglaise qu’à Paris (nombre de jours de pluie à Londres : 143  et à Paris : 171) D’ailleurs, j’adore vivre à Londres et ce, sur tous les points : culture, architecture, parcs royaux, restos, sorties, habitants… C’est juste une ville dynamique, majestueuse et toujours pleine de surprises dans laquelle j’ai toujours hâte de revenir !

. Boire des cafés ici et là avec les potes du circuit (et avoir le plaisir de découvrir d’autres personnes, spéciale dédicace à toute la troupe Jaqk 🙂 ), papoter de tout, de rien et surtout, obv, de poker… J’ai d’ailleurs le souvenir d’un café avec Michel Lebgorin où il me racontait une de ses anecdotes, qu’il a par centaines. D’ailleurs, je vous en fais partager une, qualifiée par plusieurs joueurs comme « un des meilleurs coups de poker jamais joués ». Enjoy :

« Nous sommes en 1997 à l’ACF dans un des plus gros tournois de NLHE/PLO de l’époque et nous ne sommes plus que trois. Vient donc ce coup où le bouton limpe, je raise de SB à 3k avec une main de type 456T et seul Devilfish paie. Le flop vient 4 8 J sans couleur, genre pas terrible. Je c-bet pot quand même et Devilfish paie. Le turn est un 2 de cœur tout pourri et on check tous les deux. Et quand la river vient, le 8 qui double, j’envoie environ 15k avec toujours rien en main. C’est à ce moment là que Devilfish, à qui il reste environ 31k, pousse ses jetons. Ce qui est très important c’est qu’à cette époque, la rêgle voulait que les jetons ne soient engagés que s’ils franchissaient la ligne. Du coup, je dis rapidement « payé » juste avant que les jetons de Devilfish ne passent la ligne. Evidemment, ça refroidit direct Devilfish qui retire ses jetons dans la seconde. Je feins d’être outré et j’appelle le floor, Bruno Fitoussi, en râlant « Mais si, il a push ses jetons, il a fait le mouvement, il ne peut pas les retirer ! » et en sachant pertinamment que Fitoussi donnera raison à Devilfish : tant que ses jetons n’ont pas passé la ligne, ils ne sont pas engagés. C’est exactement ce qui se passe et Devilfish obtient le droit de retirer ses jetons : mon plan se déroule comme prévu. Sauf que voilà, après deux minutes de réflexion, le voilà qui les repousse au milieu à nouveau ! Avec ma pauvre paire de 4 (et celle de 8 au board), ma main est évidemment trop pourrie pour que je paie les 16k manquants. Je jette ma main en lui montrant et voilà qu’il me retourne… hauteur as ! Je reste bouche bée, incapable de parler, et lui demande de m’expliquer. « Je ne t’avais jamais vu faire une telle erreur avant. C’était louche ». Il m’a cloué. Ca me m’a pas empêché de gagner le tournoi quelques mains plus tard mais sur la coup, franchement, il m’a vraiment impressionné. Et tous les mecs autour de la table s’en souviennent encore maintenant ! »

Il est vrai que je trouve que cette main est un exemple très fort de ce que peut être le poker de ruse/contre-ruse de sioux à un haut niveau… Chapeau les gars (et merci Michel pour l’anecdote) !

. Faire la chouille au Bâioli, ZE place to be à Cannes et où j’avoue avoir été plutôt impressionnée par la déco (très classe et design), plutôt enthousiaste pour la musique, franchement éblouie quand ils ont mis, littéralement, le feu au bar et carrément hystéro quand ils ont enflammé Bob l’éponge avant de l’éteindre avec des extincteurs projetés sur la foule en délire ! Bref, une bonne soirée… (en même temps, quand c’est Ludo qui vous sort « C’est ze place to be », c’est que généralement, c’est vraiment ze place to be…)

Vegas revival !

. Faire la chouille-bis aux Marches pour l’anni de mes copines Hermance et Caro, avec plein de potes du milieu. Et voir Samuel Chartier me sortir mot pour mot « Claire, tu m’as impressionnée quand j’ai joué avec toi à la table au PPT. Vraiment. Et c’est rare que je dise ça ». Bon, certes, il avait 3 grammes dans le sang et ce qu’il voulait probablement dire c’était « Claire, tu m’as impressionné, pour une fille, tu joues vraiment bien » mais il n’empêche que dans les heures qui ont suivi, j’avais grandi de 10cm tant je me la pétais.

J’en ai profité aussi pour me réconcilier avec le fourbissime pro qui m’avait trahi au PPT (voir post plus bas) ; la vérité c’est que le mec n’est pas méchant, il a juste un réflexe bizarre qui le pousse à furieusement défendre des règles, même quand il les estime injustes. Bref, il pensait bien faire en appliquant la loi. Ce n’était donc pas Judas que j’avais à ma droite mais Judge Dread. Erreur de lecture de ma part 🙂

. Se faire un resto provençal exquis, la Petite Maison de Nicole, avec pour voisins de table Fab, Bruno Fitoussi, Isabelle Mercier, Freddy Deeb, Tony G et Phil Hellmuth, se rendre compte qu’ils sont super sympas en dehors des tables (alors que les deux derniers sont absolument imbuvables derrière des jetons). Je retranscrits d’ailleurs une partie de la conversation entre Hellmuth et moi, car outre le brag que c’est (Genre « Ouais, on est super potes lui et moi », hahaha), ça me fait une super transition pour la suite de ce post :

– Fab m’a dit que tu avais écrit un scénario sur le poker, c’est vrai ?

– Oui, c’est une comédie avec pour toile de fond le poker. J’ai terminé la V1 mais il me reste à donner les tours de vis et remanier les dialogues, ce qui va me prendre le plus de temps

– Tu as mis peu de temps pour l’écrire, non ?

– C’est vrai que quand j’écris, faut que ça sorte. Vite. C’est donc 12h/jour devant mon ordi à écrire en non-stop. Parce que le scénario, je l’ai écrit avant, virtuellement. Donc quand il est prêt, il sort et là, faut pas m’interrompre.

– Ah ouais, c’est comme moi pour mon bouquin. Tous les matins, à peine sorti du lit, il fallait que j’écrive pendant des heures. Et à la fin d’une journée, j’en pouvais plus mais je ne pouvais pas faire autre chose tant qu’il n’était pas écrit. Par contre, quand la journée se termine…

– T’as les yeux qui louchent de l’intérieur !

– Oui, c’est exactement ça !

– Après des heures passées à écrire, je vois encore moins net que d’habitude. Fab rentre et il me trouve vautrée comme une moule sur le canapé, à parler en onomatopées.

– En fait, on est comme Hemingway. Lui aussi passait de longs mois sans écrire puis, quand c’était prêt, il se mettait à bosser en non-stop dès son réveil car il ne pouvait pas faire autrement.

– Ah ah ah !

Ok, je vous le concède, je frime un peu. Mais l’idée est là : il est important pour moi de faire autre chose que jouer et j’ai grande foi en ce nouveau script !

Parce que c’est bien beau de se prendre pour une star du poker mais mon bankroll, il commence sacrément à faire la gueule. En clair, je vais devoir changer de cour et revenir à la case départ : vive les tournois à 50, 100, voire 200 euros si je me sens en forme.

Et oui. Je reviens en mode début 2010 : tout est à refaire. On me dit souvent : « Mais Fab, il peut te stacker », ce à quoi je réponds que oui, il pourra parfois me stacker dans certains tournois mais qu’il n’est pas non plus un sponsor ou pire, une banque. Donc si le tournoi est vraiment beau, pourquoi pas, mais ce ne sera qu’un petit one shot ici ou là.

De même, on me dit aussi « Mais tu as passé une super année 2010 ! » Alors oui, j’ai en effet fait de jolis gains mais ce n’est pas pour autant que je veux les rejouer aux tables ! L’immense partie de ce que j’ai gagné est sur un compte en banque, au chaud, et je les chéris comme n’importe qui ayant enfin des économies après des années de galère…

En bref, tant que je n’aurais pas de sponsor, je vais tout reprendre à zéro. Ce qui implique faire des sats pour les sats et regarder les autres jouer en attendant de pouvoir participer à un Main Event à nouveau. C’est comme ça, je m’y attendais : au poker la bataille n’est jamais terminée mais jamais je ne rendrais les armes ! Je vais juste retourner d’où je viens : mon petit aquarium avec vue sur la mer… Mon blog n’aura jamais aussi bien porté son nom ! 😀

Rubrique à brac 100% VDF ! (et le compte-rendu du WPT Malte aussi, tant qu’à faire)

25 septembre 2011

Il y avait longtemps qu’on n’avait pas lu de sympathiques VDF… Du coup, enjoy, c’est cadeau ! (et continuez à m’en envoyer !)

La VDF de New York back raise

Je joue 4 sit’n’go en simultané et paie de BB avec Jh9h. Le flop arrive comme un miracle de l’espace : Kh Th Qh : j’ai floppé quinte flush ! OMG ! Pour la première fois de ma vie ! Il faut absolument que je fasse une capture écran de la chose ; mais c’est quoi déjà le raccourci clavier ? J’essaie un truc, ça marche pas, tant pis, un joueur mise, un autre raise, je flat et l’autre paie : c’est vraiment trop beau ! Le turn est une brique atomique : je vais me gaver : le premier bet, je call et l’autre aussi !

River : Ah : Raaaah, mais c’est quoi le raccourci clavier pour la capture ???? C’est trop beau !!! Il faut que j’immortalise ça pour mes potes ! Un joueur bet, youpi, je tente en même temps un Pomme+Maj+3 pour la capture, ce qui me fait ouvrir les 3 fenêtres d’un coup : mais non ! Je tente de les fermer une à une et le temps que je revienne à ma table avec ma royale flush, mon time bank est terminé : ma main est couchée !!! Je suis donc le seul joueur au monde à avoir passé quinte flush royale dans un gros pot contre deux autres joueurs : VDF.

La VDF de KingYoann78

Je ne joue plus qu’un tournoi online (bonjour l’ennui) et papote en même temps sur msn avec Jessy, un pote que je regarde jouer en NL400. Pour lui faire une blague, je décide de prendre la place à ses côtés qui vient de se libérer, genre « coucou c’est moi ! Ah merde, me suis trompé, je cherchais la NL5».
Mon pote Jessy, est mort de rire sur msn et me dit « Allez , fais pas ton fish, pose ta blind et joue un tour ». Après avoir splitté un premier coup, je m’apprête à vite quitter la table mais le dealer me donne une magnifique paire d’as UTG avec l’as de trèfle.

Du coup, je relance a 12€ et suis payé 2 fois (UTG+1 et SB), le flop KJ6 tout à trèfle. La sb check et je décide de cbet a 32€ dans le pot qui fait déjà 40€. UTG+1 me relance à 136€…Fier de ma paire d’as et de mon tirage couleur max, je shove mes 360€ restant…
Vilain  tank à peine 5 seconde et call avec un brelan de 6 floppé. Aucun trèfles ou as restant ne vinrent à mon secours et je quitte la table soulagé de 400€… Ca fait cher de la blague pourrie : VDF.

J'arrive à Malte, ouvre le balcon de ma chambre et constate que les palmiers m'empêchent de bien voir la mer. VDF. (mouhahaaa :D)

Et, histoire de ne pas dépareiller, voici mon CR de tournoi du WPT Malte viedefishisé :

. J’avais gagné mon ticket la veille du Main au terme d’un super sat épuisant nerveusement (quand la violence de la structure fait que gagner les blinds donne le chip lead et payer ses blinds rend short stack) et j’étais rentrée chez moi après 5h du matin. J’avais réservé une séance de sport/squash/massage/piscine au soleil l’après-midi mais je me suis évidemment extirpée du lit avec difficulté vers 14h30. Du coup, alors qu’il faisait un temps magnifique, je suis passée direct des rideaux tirés de ma chambre à la salle sans fenêtre du casino : VDF

. Day 1. Good news : je suis assise pile en face de Christofer Williamson, un bogoss du circuit qui ressemble vaguement à Eric le Vampire de True Blood. Bad news : la seule fois qu’il me sourira, c’est parce qu’il m’aura pris plein de jetons sur un coup tout pourri. VDF

. Lors du Day 2, je reviens avec la moyenne en jetons et suis plutôt satisfaite et motivée. Mais, alors que nombre de tables sont composées de random italiens qui adorent donner leurs jetons et éventuellement me bluffer (lors du Day 1, j’avais ainsi vu un joueur me check-raise à 8k alors que j’avais 30k au total suite à un bet à 1,6k de ma part avec TPTK sur un board hauteur dame. J’avais payé uniquement de part son attitude lors du coup. Il me l’a jamais pardonné et m’a regardé méchamment jusqu’à la fin de la journée), j’arrive à la mienne et découvre que je suis prise en sandwich entre Yann Brosolo et un suédois à ma droite et Joel Benzinou et Dominik Nietsche à ma gauche. Je me console en voyant que je ne connais pas les deux joueurs en face de moi. C’était avant que Yann emploie le terme « légendes du online » pour me les présenter… VDF

Le joueur à ma gauche vient de bust et se fait remplacer quelques minutes plus tard par un random poissonneux absolument inconnu et qui n'a pas du tout fait 3 fois runner-up cette année aux WSOP (me demande comment il a fait d'ailleurs)... VDF (un grand merci à Mr4b pour la photo !)

. Lors de ce même Day 2 qui sera un cauchemar tant mes seules cartes jouables ne se connecteront pas aux boards, je décide de just call en position un raise de Brosolo avec paire de 9. Le flop vient 10 8 4 tricolore. Je pense avoir la meilleure main mais me contente de just call son c-bet ; connaissant un peu mon adversaire, j’ai pas envie de me faire surrelancer et que la taille du pot devienne hors de contrôle sans que je sache où j’habite. Le turn est un 6 qui ouvre toujours pas de couleur mais une quinte plus ou moins probable. Il continue à miser et là, j’ai comme un doute : est-ce que j’ai toujours la meilleure main ? Et si je paie, ne vais-je pas avoir à voir une river qui ajoute une over pair et lui qui continue à miser super cher cette fois ? Du coup, idée du siècle (hahaha), je décide de transformer ma main en bluff. Après tout, vu la façon dont j’ai joué, je peux très bien avoir brelan.

Du coup, je le raise comme je le ferais avec brelan (il met 8,5k, je fais 21k) et me prends tapis dans la face quelques secondes plus tard. Je suis couverte et même si j’ai déjà mis environ un tiers de mon stack, je ne peux pas payer pour mes 42k restants. Trop de mains me battent et il n’est pas sur un draw. Même s’il décidait de me faire ça avec un 10 en main (on ne sait jamais), je suis derrière. Et je pense que je montre trop de force et trop peu de fold equity possible pour qu’il me bluffe. Je passe et il me sort « Ah, je pensais que tu étais commit ». Ce qui me fait douter désormais quand il me jure  qu’il était en bluff avec A8.

Car sur le coup, il m’a sorti qu’il avait brelan et je l’ai cru ; il aurait push s’il pensait vraiment ne pas avoir de FE et que j’avais une bonne main. En fait, il m’a dit que jamais je ne pouvais raise avec brelan sur ce spot et la dynamique du coup lui faisait dire que j’étais en bluff. Sauf que perso, et là je m’en fiche de savoir si c’est bien joué ou pas, mais si j’ai brelan sur ce spot, je raise pour value, pouvant être payé par une foultitude de mains que je bats ; bref, je joue ce brelan comme les nuts et s’il y a quinte en face, ben bon appétit. Bref, je ne sais toujours pas ce qu’il avait en main (si c’était vraiment A8 comme lui et ses potes me l’ont juré, c’était franchement super bien joué !) mais la seule chose que je sais c’est que j’ai encore les boules dès que j’y pense. VDF

. Lors du dernier coup, j’ouvre AK en début de parole, ma première vraie belle main du jour. Le cut off se contente de payer et la SB raise à 6k. Je l’ai déjà vu faire ça auparavant dans un spot similaire et folder ensuite face à un 4-bet. C’est le moment où Julien Claudepierre, de BB, envoie un 4-bet à 15k. Pour différentes raisons et pour connaitre le loulou un peu, je sais qu’il n’a pas une main monstrueuse de type AA, voire KK. Il n’est pas sûr de lui dans ce spot et attend avec angoisse de savoir où il habite. Bref, la parole me revient et je décide de faire tapis pour 45k. Le payeur passe mais la SB paie dans la seconde. C’est mauvais signe. Julien passe rapidement ce qu’il dira être QQ et la SB me montre un magnifique AA qui signera ma fin de tournoi. VDF. (pensée aussi pour Nesrine qui va faire la bulle après s’être battue comme une lionne pendant 3 jours : pour toi Nes, bravo mais grosse VDF quand même…)

. Du coup, je décide d’aller me dérouiller un peu avec une séance de squash le lendemain où je vais vite découvrir que la seule chose que ça m’a dérouillé, c’est mon aptitude à avoir des courbatures monstrueuses le lendemain. A moins que ce ne soit la faute du cours de yoga que j’ai tenté juste après et où j’ai sué sang et eau pendant une heure (« Mais c’est quoi ce cours ? Mais comment elle fait elle pour passer sa jambe derrière sa tête en équilibre pendant 10mn ? ») avant de découvrir à la sortie qu’il s’agissait du cours « avancé » de la semaine et qu’il était réservé aux profs de yoga de la ville… Pour mon corps meurtri, VDF

. Le lendemain soir, Tristan avait prévu une petite fête au 22, la boite située au dernier étage d’une tour surplombant toute la ville. Nous sommes donc allés manger un bout avant dans un délicieux resto italien où nous avons découvert un sublime petit vin qui s’est bu tout seul avant de prendre le chemin du night club où tout un clan frenchie avait répondu présent à l’exception de Tristan qui se battait encore pour aller en finale. Comme d’hab (à chaque fois qu’il organise une teuf, il deep run, lol).

J’ai papoté à nouveau avec Phil Hellmuth qui en fait est aussi cool dans la vie que teigneux et insupportable à la table. Manqué d’étrangler Brosolo qui venait de me dire qu’il m’avait bluffé. Testé la vodka locale. Rigolé avec Kara Scott sur le fait qu’elle est somnambule et qu’elle essaie, la nuit, de sortir de sa chambre (du coup, elle se piège elle-même en mettant des objets au sol afin de trébucher et se réveiller avant de se retrouver en pyjama dans les couloirs d’un hôtel rempli de joueurs de poker).

Re-testé la vodka locale. Vanné Ilan sur son frais statut de poker héros et les conséquences rigolotes de la chose (« Ah, ça y est, c’est november nine et ça se la pête hein ! » Hahaha, tu ne vas plus pouvoir parler pendant deux mois !). Testé une autre boite, située un peu plus loin, et où le verre coute moins de 2 euros (j’aurais dû me méfier). Tenté de retrouver ma route jusqu’au Hilton. Et donc, le lendemain, logiquement passé tout le vol du retour à Londres à tester l’étanchéité des sacs à vomi easyjet. VDF.

Mais bon, relativisons, toutes ces VDF ne sont rien comparées à celle-ci : « J’ai laissé plusieurs milliers (ou dizaines, voire centaines de milliers) de dollars sur FT et les dirigeants, en qui j’avais confiance, se sont barrés avec mon pognon. Et comme j’espère toujours les récupérer, je ne peux même pas me lâcher en les pourrissant publiquement pour avoir escroqué les joueurs et méchamment entaché l’univers du poker online. Méga VDF »

Je finirais ce post avec l’expression du moment et qui me fait bien rire : « être nusté ». Du mot « nuts », alias meilleur jeu possible ou « être max ». Et qui peut s’appliquer à toutes les sauces : « Lui, quand il raise UTG, il est forcément nusté ». Ou, plus primitivement, « Punaise, elle est méchamment nutsée ta copine ». Hahaha, j’adore ! 😀

Sur ce, je ne sais pas quel sera mon prochain tournoi mais je serais à Londres pour l’EPT pendant 15 jours puis à Cannes dès le 7. Je pense que je vais jouer les deux Ladies et un side event à 1k. Ce sera selon l’inspiration du moment ! A toute !

Yes I Cannes ! (ou presque)

19 septembre 2011

Une table de massage, hotel 3.14 à Cannes. Les pouces de la thérapeute se promènent le long de la colonne d’une mystérieuse cliente blonde.

Le dos de la cliente : « Clacclacclaclacclac »

La thérapeute : « Mademoiselle, je ne sais vraiment pas ce que vous avez fait mais je n’ai jamais vu quelqu’un avec un dos aussi noué. »

La cliente : …

La thérapeute : « Parce que là, ce n’est plus une colonne que vous avez, c’est un chapelet de prière »

Le dos de la cliente : « Clacclacclaclacclac »

La cliente : « Disons que j’ai passé cinq journées un poil… stressantes… »

Un poil stressantes c’est rien de le dire. Je crois que j’ai encore perdu quelques kilos rien que par la contraction permanente de tous mes muscles pendant les cinq jours de bataille intensive que j’aurais livrés lors de ce Partouche Poker Tour.

Et encore, heureusement que le 3.14 à Cannes offrait un cadre propice à la détente... (youpi la piscine sur le toit !)

En effet, avant de pouvoir participer à ce qui est désormais un des plus importants tournois au monde, il m’aura fallu décrocher mon ticket lors d’un satellite qui ne fut pas de tout repos : à la bulle, avoir un tapis moyen était synonyme de 7 blinds.

Nous avions donc logiquement proposé de partager les 6000 euros offerts à la 12e place entre la 13e et la 12e place afin de libérer le jeu et surtout les petits tapis, afin qu’ils sautent plus vite. Mais un certain Thibavol, qui avait non seulement déjà son ticket mais en plus pas mal de jetons, avait refusé pour des raisons mystérieuses « C’est parce que je suis méchant » nous avait-il sorti. Ce qui nous avait fait beaucoup rire parce que « méchant » n’était pas vraiment l’adjectif à employer dans ce cas précis…

En effet, ses jetons lui assuraient d’office un ticket et le deal permettait tout simplement d’accélérer la chose en libérant instantanément les micros-stacks voisins. Bref… J’ai ship mon ticket quand même ce qui m’a rendue folle de joie : j’allais enfin participer au Main du Partouche pour la première fois !

Je suis arrivée hyper motivée et détendue, ce qui ne m’a pas empêchée de perdre la moitié de mon stack en floppant brelan max sur un flop avec tirage couleur qui rentre à la river… Mon adversaire, un corse d’une soixantaine d’année que je ne n’avais pas encore vu jouer, envoie un gros bet river. Je paie pour voir les nuts et me mords les doigts de ne pas lui avoir donné plus de crédit.

Sauf que ce même joueur va ensuite me rendre tous les jetons (avec les intérêts) en mettant en pratique son move préféré : l’overbet bluff  flop/turn. Genre 6k dans un pot de 4k avec une main médiocre. J’ai donc eu plusieurs fois à prendre des décisions pas évidentes, notamment un call à tapis avec top paire kicker moyen+ (AT sur As high flop -ou ptet AJ, me souviens plus), au turn, sur un board avec tirage quinte et couleur. Je paie uniquement car je le sens faible (et que ça fait 15 fois qu’il nous fait le coup) et remporte aisément le pot face à son A2.

Je vais ensuite devoir refaire un coup similaire le lendemain quand j’arrive à ma nouvelle table avec 42k (moyenne 55k). Je raise UTG avec AJ, un joueur paie et le flop vient A87 tricolore. Je c-bet, il paie. Le turn est un 9 qui ouvre les piques. Je continue à miser et il paie à nouveau. Et quand la river tombe, un petit pique, je décide de checker pour induire un bluff de sa part et prendre ainsi le plus de value possible. En effet, j’ai étrangement la conviction d’avoir la meilleure main et qu’en plus, il ne va pas se priver pour exploiter cette scary card au mieux en me poussant à tapis. Ca ne rate pas et il m’envoie immédiatement une salve qui me pousse à tapis. Je paie rapidement, certaine que oui, j’ai vraiment la meilleure main sur le coup (je le mets sur une main de type 9T) et qu’il faut que je suive mon instinct : il me montre 67, me permettant de doubler dès le départ !

Ensuite, ma journée sera faite de petits coups gagnés ici et là qui me feront terminer le day 2 avec un tapis confortable de 172k, soit pile la moyenne. Puisque l’on parle technique, j’ai le souvenir aussi d’avoir joué un coup assez rigolo. Je relance avec une paire de 10, un joueur paie et un autre 3-bet au bouton. Je sens qu’il est lourd et décide, au vu des jetons au milieu, de just call, histoire d’emmener l’autre joueur et de voir ce qui va se passer au flop.

Ce dernier arrive A66, je check, l’autre aussi et le bouton c-bet. Sauf que j’ai vu à sa tête qu’il a détesté l’as. Et que son raise préflop représente soit AK, soit une grosse paire. Et je penche à 95% pour la grosse paire. Je décide donc de le check-raise, sachant très bien que je ne représente pas grand-chose (sauf AK que je jouerais pareil) mais que je le force à prendre une décision désagréable. En plus, c’est pas un joueur qui m’a l’air super dangereux ou expérimenté (sinon, je ne l’aurait pas fait). Donc soit le mec push, soit il fold. Il pourrait ptet aussi call (il aurait alors investi plus d’un tiers de son tapis) et voir si je me motive à continuer à bet au turn (ce que j’aurais fait, puisque j’avais la certitude qu’il avait peur de l’as). Il hésite et finit quand même par jeter sa main en râlant. Il me confiera plus tard avoir les dames…

UPDATE : Ah mince, à la relecture, on me dit dans l’oreillette que le joueur en question n’était autre que Tobias Reikenmeier (2,3 millions de dollars de gains au compteur). Ahahah. Nice read Claire, mouhahhaaaa ! (ça n’empêche que je savais qu’il n’aimait pas l’as quand il est tombé, na !)

Je voudrais maintenant faire une parenthèse sur un coup qui m’a indirectement forcée à ne plus jouer pendant une heure tant il m’a énervée. Voilà l’histoire : je suis assise pile à la gauche d’un jeune trentenaire habitué du circuit que j’ai l’habitude de croiser à Paris, Vegas ou ailleurs (et dont le nom est bien connu mais que je tairais ici). Nous échangeons quelques mots, papotons, je partage un gâteau que j’ai amené avec lui, bref, une relation logique de bon voisinage s’installe.

C’est alors qu’arrive un coup que j’ai à jouer contre un autre adversaire avec paire de 10 en main sur un board avec un As flop et un valet river. Il me fait une belle mise river après avoir payé mon c-bet au flop (j’ai check behind turn) et je me tâte à payer, pensant malgré tout avoir la meilleure main. Il me manque des informations ; j’ai besoin de lui parler. Je commence donc, de façon traditionnelle par lui demander s’il a raté sa flush et s’il veut que je paie.

Et là, à ma totale consternation, l’habitué du circuit sort en plein milieu du coup : « Mais elle a pas le droit de faire ça ! Mais non, c’est interdit de parler !» J’ai cru halluciner, mais non. Mon voisin pseudo-collègue du circuit, qui n’est pas dans le coup, se permet de m’interrompre pendant ma réflexion et pendant le déroulement de la main ! Ensuite, mon adversaire va s’empresser de dire « non, tout va bien aucun problème », mon voisin va en remettre une couche, moi aussi ; bref, toutes les conditions sont réunies pour que le croupier appelle le floor pour clarifier la chose = possibilité de pénalité pour moi.

La règle dont il est question fait évidemment polémique : instaurée par la TDA et au nom de la protection contre la collusion, elle interdit à deux joueurs en heads-up de se parler de la main en cours. Ce qui est complétement débile, particulièrement en cas de mise river et de réflexion en face. Un amendement, proposé par Negreanu (qui est le premier à se battre contre cette privation stupide d’un skill évident) devrait d’ailleurs faire revenir les choses dans l’ordre en autorisant toute forme de parole à la river quand on fait face à un bet.

Bref. De toute façon, cette loi est contestée et peu appliquée. La preuve veut que le croupier, qui est sensé faire le flic à la table, n’ait rien relevé. Non, il aura fallu que ce soit le cafard assis à côté de moi qui décide de le faire. Avec une justification imparable : « Si je peux pas le faire, tu peux pas non plus. »

Pfff, la nature humaine n'aura jamais fini de te surprendre, me disait-on. Ben tu m'étonnes. J'en apprends tous les jours...

Parce que la suite de l’histoire, c’est que j’ai payé, que j’avais raison et que la raison pour laquelle j’ai payé, c’est parce qu’évidemment mon adversaire s’est subtilement trahi en me répondant. Ce qui n’a pas plu du tout à mon voisin, visiblement très jaloux et énervé que je puisse prendre des jetons de cette façon et pas lui…

Ensuite, il s’est levé pour aller voir directement Matt Savage (« T’inquiète pas Claire, je parlerais pas de toi, j’ai pas envie que tu aies une pénalité »), et a directement parlé de moi. A moins qu’il ait employé le mot « she » pour parler de la seule nana assise à la table d’à côté… Ahahah. Cette règle est absurde et on est bien d’accord que ça crée des problèmes mais j’aurais aimé que celui que je prenais pour une connaissance sympa du circuit attende la fin du coup pour l’ouvrir. Ou qu’il ne l’ouvre pas du tout, évidemment…

Mais il ne faut pas trop en demander à des mecs comme ça (que quelques copines à moi détestent aussi par les remarques humiliantes qu’il peut leur sortir à la table). Ca m’a rappelé les mecs qui trichent en classe (mais attention, en plus, moi, je trichais pas hein !). Il y a ceux qui se disent qu’ils vont devoir bien bosser dans leur coin pour avoir une bonne note et qui se foutent bien de ce que font les autres et puis il y a ceux qui caftent au prof avec enthousiasme…

Bref, me voici donc en day 3, après une nuit de prébulle qui sera, par définition, mouvementée. L’autre soir au resto, j’ai résumé ça en une seule phrase : « Il n’y a rien que je déteste plus que de trimer comme un veau pendant trois jours et buster comme une moule à la bulle ». Encore pardon à Manu B, qui était assis juste à côté de moi et qui a éclaté de rire devant ma maladresse éternelle ; il avait sauté moins de 10 places avant l’argent…

Comme prévu, la bulle a été incroyablement longue et pénible. Et bien que j’ai eu à un moment un stack confortable, je ne pouvais pas me permettre de mettre la pression à table car j’avais deux bons joueurs assis devant des montagnes qui eux, se faisaient une joie de nous squeezer comme des oranges. Si je relançais, je savais que ce coup pourrait me coûter mon tapis. Du coup, je l’ai fait profil bas et j’ai joué de façon très mesurée…

J’ai eu un pincement au cœur en voyant Remi être éliminé à la 65e place puis Jean-Jacques à la 64e. J’aurais vraiment préféré voir des joueurs random prendre la porte… Quoiqu’il en soit, nous étions dans l’argent et désormais, seule la place en TF occupait l’esprit de tout le monde. Le million, le million, le million !

Ensuite, j’ai récupéré pas mal de jetons contre Willy Korchia dans ce coup : il limpe à 5k UTG+1, je raise à 16k avec AJ (décidemment, j’ai beaucoup joué AJ…), Tristan paie dans les blinds et Willy aussi. Le flop vient JTx avec deux trèfles. Check de Tristan et Willy, je bet 25k, Willy me raise à 60k et là, je décide que j’ai la meilleure main donc zou, à tapis pour 110k de plus. Willy finira par folder la même main que moi, me voyant sur une overpair. Ce coup le permet donc de terminer avec un tapis de près de 300k, pour reprendre le lendemain sur des blinds à 3k/6k.

Après un agréable resto et une semi bonne nuit de sommeil, j’ai donc repris place à 47 joueurs restants pour le Day 4. Le premier Day 4 que je n’ai jamais joué, d’ailleurs… Jamais je n’avais eu une aussi belle profondeur de jetons en étant aussi loin dans les places payées : mention particulière de félicitations donc à l’organisation pour leur incroyable structure qui laisse la place à du vrai beau jeu !

Mais la journée va être particulièrement difficile… Je vais réussir à placer à 3-bet light (ça ne m’arrive que si le spot semble vraiment safe), un 3-bet/c-bet avec AQ sur un flop hauteur roi contre Emile Petit (qui joue par ailleurs très bien et qui en plus est très sympa -désolée Mec, je t’ai menti, mais on était à la même table), un raise avec paire de 10 pour prendre les blinds et voilà. Le reste n’aura été qu’une succession de 7-3, J-2 et autres cartes que l’on a envie de faire manger à son voisin. En plus, à ce niveau du jeu, les ouvertures sont rares… Donc j’ai attendu.

Et si je faisais ma tête de méchante N°1 ? Ca devrait les clouer sur place. Ou pas.

Puis vient le coup fatal, qui a donné lieu à débat. Je vous laisse juge.

Nous ne sommes plus que 35 et Ludovic Lacay vient d’arriver à la table. Il relance à 17k en début de parole (blinds 4k/8k), Pantaleo l’italien fou paie (au lieu de 3-bet, ce qui est son move préféré) et je complête de BB avec paire de 3.

Le flop vient comme une merveille : 3 7 Q tricolore. Ultra dry. Aucun tirage possible. Le pied intégral.

Je check, Ludo c-bet (je me dis qu’il va c-bet avec quasi any card) à 25k, Pantaleo paie (je pense qu’il a touché un 3 ou un 7, voire une dame toute pourrie, voire même hauteur as, voire un float total ; bref, je suis pas avancée mais j’enlève d’office 77, QJ, KQ ou AQ avec lesquelles il aurait tribet préflop) et je réfléchis longuement pour payer, comme je l’aurais fait avec Q9, QT ou QJ. Je n’ai à ce moment pas envie de relancer car au vu de mon image, j’afficherais encore plus de force qu’en just call. Même si je sais bien que toutes leurs alarmes s’allument quand je paie, j’ai envie de leur donner une chance de toucher quelque chose, genre double paire ou top paire, au turn. Car pour l’instant, je sens bien qu’aucun des deux n’a une main sympathique qui pourrait supporter un raise de ma part.

Le turn vient, un 4 qui ouvre les piques. Bon, c’est loin d’être la carte la plus scary du board. Je checke à nouveau, Ludo aussi et Pantaleo envoie 65k. Youpi hourra, je me vois belle et pars instantanément à tapis pour 110k de plus. Ludo réfléchit longuement avant de passer tirage couleur et gutshot avec 6 et 8 de pique. Et l’italien me snappe avec… 5 et 6 de trèfle pour une affreuse ventrale trouvée au turn. Ca ne double pas river et zou, au cashier.

Vous trouvez le coup standard et bien joué ? C’est aussi ce que je pensais. Avant que mon professeur préféré ne remette les choses en perspective… (« Claire, bien sûr c’est un set up et je peux pas dire que tu aies mal joué MAIS… »)

Voici l’explication : tout est question de prendre le maximum de value tout en prenant le moins de risque. Le problème, c’est que je suis première de parole et qu’en just call au flop, je montre de la force. Si je sais que Ludo, pas fou, va souvent check, l’autre, bien qu’il soit un peu taré, risque aussi de check behind aussi s’il ne touche rien. En ne faisant que payer, je donne deux free card à deux joueurs différents. Et je n’ai qu’un brelan de 3, pas brelan de dames… Même si leurs outs sont limités, ils existent et je prends le risque de bust facile une fois sur quatre. Et il faut prendre en compte dans les calculs que je suis deep dans un tournoi avec 1 million à la gagne : mes jetons valent plus cher que leur valeur réelle ; je dois protéger mon tapis.

Si je check-raise au flop, ce que je ferais avec AQ ou KQ, je peux encore être payée par ces mêmes mains en face (même si je sais que Pantaleo n’a pas cette main). Alors certes, je fais passer beaucoup de mains. Mais je peux aussi min-raise, me laisser de quoi fold (en apparence, obv) derrière et voir un des deux zozos m’envoyer son tapis en bluff, croyant voir de la faiblesse chez moi et pouvoir me faire passer une dame… On sait jamais…

Donc même si la probabilité que je ne prenne que 100k sur le coup est immense, il vaut peut-être mieux cette config’ que de laisser la possibilité à deux joueurs de me mettre un joli backdoor, même si je suis énorme favorite au flop. Ptet juste que le jeu n’en vaut pas la chandelle… Le coup joué en milieu de parole ou en heads-up n’aurait pas donné lieu à débat mais dans cette config’ précise et au vu des enjeux, et même si personne ne dira que j’ai mal joué, j’aurais du mettre en perspective ce brelan de 3.

En effet, étant donné que je n’avais pas eu de jeu depuis le début de la journée et que je n’avais pas fait un brelan de tout le tournoi, j’ai cru voir apparaitre un carré d’as. J’aurais du probablement remettre à sa place la vraie valeur de ma main et de sa possible fragilité.

Après, on est d’accord, ma façon de jouer se tient parfaitement et c’est en effet vraiment pas de chance que l’italien ait touché l’une des 4 cartes du paquet sur laquelle je pouvant m’empaler. Mais il n’empêche que ce move, bien que juste, était probablement trop risqué contre deux joueurs…  La gourmandise est un vilain péché parait-il (dit-elle en s’enfournant une glace ben’n’jerry pour décompresser).

Au temps des jours heureux : participer à l'ouverture de son chip bag en début de Day 4 est toujours bon signe !

Au final, je reste très satisfaite du parcours effectué ; honnêtement, je crois que je n’ai jamais aussi bien joué en tournoi. Je me suis sentie forte, posée, j’ai fait peu d’erreurs et surtout, je me suis sentie à ma place et pleine de good vibes. Aller jusqu’en day 4 m’a beaucoup appris, comme d’habitude, car nombre de joueurs que j’ai croisés à mes tables tout au long du tournoi m’ont vraiment impressionnés (mention spéciale à Tristan et son magnifique call à tapis – alors qu’il a plus que la moyenne à 45 left – avec deux paires sur un board avec 4 piques river).

J’espère donc avoir la chance de bientôt pouvoir rejouer à nouveau un tournoi aussi beau ! En route donc pour Malte et le WPT dans lequel je vais essayer de me qualifier la veille ! (= mode gestion de bankroll optimum ON !)

PS : Merci à Steven Liardeaux et Caroline Darcourt pour leurs belles photos et au groupe Partouche pour leur accueil et leur organisation !

PS : Pardon à la famille et aux potes pour ce post un poil technique mais ça faisait longtemps que je n’en avais pas fait un comme ça (= ça faisait longtemps que je n’avais pas été aussi loin dans un tournoi), et promis, dans le prochain, je mets les VDF qu’on m’a envoyées et je vous raconte ce que quelques joueurs qualifient de « plus beau coup de poker de l’histoire », une confrontation fantastique que peu de gens connaissent entre Michel Leibgorin (qui a ship le side à 1500 pour mon plus grand bonheur) et Devilfish il y a quelques années ! A très vite !

Ding dong, c’est l’heure d’aller grinder !

29 août 2011

– Allez Claire, debout, réveille-toi c’est la rentrée !

– Meugnnneneeooonmmgrrrrroumpfgnn (oreiller sur la tête)

– Il est l’oooor… Monseignoooor… Eh ! Wake-up ! T’as pas fait un post depuis un mois ! C’est le moment pour Viedefish de revenir en trombe !

– Pour raconter quoi ? Que j’ai passé un mois au soleil sur la plage et que je suis passée de blanc à blanc cassé ?

– N’exagère pas.

– Ok. Rose cochonnet.

– Ca ronchonne ?

– Oui.

– Kikia ?

– J’ai fait un tournoi au Vic hier pour me remettre dans le bain et une session online ce dimanche et la seule chose que j’ai magistralement réussit à faire, c’est bust avec AA sur AQTo contre KJ pour le chip lead du plus gros tournoi.

– En même temps, tu t’es quand même bien poilée au Vic quand Fab s’est inscrit à l’arrache dans ton tournoi en attendant qu’il ait une partie qui s’ouvre et qu’il s’est retrouvé embringué dans un 50£ avec 1200£ à la gagne.

– Ouais mais il s’est quand même démerdé pour dealer à 3 parce qu’il avait envie d’aller se coucher, ce fish. Pendant que moi, j’étais en mode « un flip de perdu, c’est un rail de gagné ». J’ail rail (*) un 50£. Ca va plus du tout. C’est la fin des feijons. Mes carottes sont bouillies. Le ver est dans le bankroll. J’ai rail un 50£ et le lendemain, j’ai défoncé un polochon parce que j’avais bust du classico à 10 euros. C’est le nairvousse brékdaune qui me guette, comme dirait l’autre Tonton.

– Mais c’est qui ton nouveau sponsor ?

– Stéphanie de Monaco.

– Ha ha ha

– Ta mère.

– Très drôle

– Ok. C’est C.M. Poker.

– Céhème poker ? Ah génial ! C’est quoi, c’est nouveau ?

– Crédit Mutuel Poker. Illimited stacking. Bombe de balle.

– TU EMPRUNTES POUR JOUER ? Mais c’est horrible ! Bientôt tu ne vas plus te laver, tu auras un oreiller en carton et on te jettera des pièces !

– …

– Et tu vas perdre toutes tes dents à cause du crack ! Et pis on va t’amputer à cause d’une gangrène du colon !

– Ca serait ennuyeux ça, c’est vrai… Un anus artificiel… Ca fait cher du flip perdu…

– ARRETE DE DECONNER HEIN !

Oui, ok, j’arrête de déconner. En réalité, la rentrée s’amorce tranquillou (en aout, « ben, c’est le mois d’aout ma ptite dame »), et tout s’annonce très bien ! Sponsor ou pas (mais une petite voix me dit que ce sera « sponsor », plutôt que « pas » : ) ), cette année, j’ai envie de mettre tous les chances de mon côté et de jouer plus, mieux et plus régulièrement. Que ce soit live ou online. Ce qui implique jouer plus souvent en cash tout comme faire des satellites tant que possible. En clair, passer plus de temps à la table = plus de discipline et de travail.

J’ai parfois du mal à dire que je suis « joueuse de poker » car le mot « jeu » est tellement loin de la réalité. Je connais des tas de potes qui ont des boulots dit « normaux » : graphistes, stylistes, réalisateurs, décoratrice, cuisinière, tenancière de boutique, créa dans la pub et qui jouent bien plus que nous (« Eh, regarde l’écran à gauche en haut, j’ai mis un pigeon rose qui clignote quand tu cliques dessus », « Tiens, aujourd’hui, j’ai décidé de célébrer l’été en mettant des pâquerettes en vitrines pour encadrer Marguerite la vache », « Le dernier à la machine à café pue des chaussettes et suce des gnous !», « Et si aujourd’hui je filmais ma grand-mère en train de faire faire sa gym à son caniche ? », « Et si je rajoutais du malabar dans ma glace marshmallow/nutella/fraise ? » ou « Le concept, c’est carnaval : et si on dessinait un pigeon qui enfile un costume de perroquet pour aller danser la samba ? »)

Le poker est un jeu pour ceux qui n’en font pas un métier. C’est pas la mine, on le sait : on est son propre patron, on décide de ses horaires, on se marre bien, on fait la fête, on profite épicuriennement de la vie mais la base du boulot, c’est quand même d’être assis pendant des heures devant son ordi ou dans une salle de casino pour raser. C’est un métier qui, comme tout métier, demande beaucoup du savoir-faire, du temps et de la concentration.

Jouer en dilettante au contraire, c’est magique. Ne pas avoir à se qualifier sur ses tournois, ne pas avoir à gagner son buy-in en cash la veille : c’est merveilleux. Et beaucoup de joueurs sponso n’ont pas conscience de la chance qu’ils ont. Beaucoup d’ailleurs, s’ils n’étaient pas sponso, finiraient par changer de voie.

Je me suis donc évidemment posée la question : que vais-je faire à la rentrée ? Suis-je vraiment une joueuse pro ?
Le truc, c’est que j’aime viscéralement jouer au poker. Ca m’amuse, ça m’énerve, ça m’enthousiasme, j’y suis plutôt bonne, j’y ai franchement bien gagné ma vie ces derniers 18 mois, je me sens très à l’aise dans ce milieu dans lequel plein de gens sont devenus des vrais potes, donc moralité : shuffle up and deal !

SB comme small blind ? Non! SB comme SUPER (gestion de) BANKROLL !!! Force et puissance !!!

J’ai un bankroll qui n’est pas énorme mais surtout, qui n’est pas extensible : hors de question d’empiéter sur mes économies. Et s’il faut que je joue des micros-tournois à la chaine, et bien je les jouerais. Et avec plaisir ! De même, à côté, je compte bien travailler sur quelques autres projets qui me sont chers.

En clair, je suis très motivée ! Call me ze rott, call me ze pit, call me ze moustik, call me ze tik (celle que les chiens ils choppent et qu’il faut arracher avec une pince spéciale en plastique que le véto te refourgue une blinde alors que c’est fabriqué pour 20 cts en Chine), bref, je serais là à Cannes pour jouer un sat’, un side et le Ladies et je compte bien repartir avec la palme…

– … de l’emmerdeuse ?

– Ah, t’es revenue toi ?

– Du boulet ?

– …

– De la barre de fer en acier que même Kung Fu panda, il la pête pas

– Euh, ça, c’est pas impossible oui. Pour me buster, va falloir s’accrocher : j’ai faim.

– (voix lointaine) ca tombe bien, y’a un reste de pizza au frigo

– Pfff…

Tout ça pour dire que j’ai hâte de retrouver le circuit sous le soleil de Cannes ! Et pis si je bust, au moins j’aurais la plage pas loin pour parfaire mon micro-bronzage 🙂

PS : J’ai un peu de retard dans les VDF que vous m’avez envoyées (d’ailleurs merci à ceux qui m’ont envoyé un mail) ; je vous poste ça très bientôt ! Et n’hésitez pas à m’envoyer d’autres anecdotes si vous en avez puisque je les publierais toutes ensembles !

(*): Pause dico : « Rail » un tournoi signifie supporter le veinard qui est encore en course depuis les tribunes (ou plus généralement depuis les tabourets à côté du bar qui a vue sur la table finale)

Bye bye 888 et Main Event : La fin d’un cycle (mais le début d’un autre, encore meilleur !)

13 juillet 2011

Postulat de base :

Vous êtes une jeune cadre dynamique employée dans une des plus grosses agences de pub de la capitale. Vous avez passé trois mois à monter un dossier extraordinaire pour décrocher le plus gros contrat de votre carrière. Et même si vous ne le décrochez pas, vous savez que si le dossier est retenu dans les dernières propositions, votre direction sera enchantée, vous aurez enfin le bureau d’angle en acajou avec vue sur votre place de parking, le tout avec l’aide précieuse d’Enzo, jeune stagiaire en reconversion après une brillante carrière de mannequin de charme pour magazines féminins audacieux. Sauf que vous venez de recevoir un coup de fil hystéro de votre directrice : les clients n’ont jamais reçu votre dossier, vous avez manqué de sérieux et de professionnalisme, vous êtes virée. Et là, une seule question : WTF keski c’est passé?

Postulat de base :

Vous êtes une jeune joueuse de poker dynamique dont le contrat de sponsoring s’arrête à la fin des WSOP car sa boite n’existe (quasiment) plus sur le marché français (« Sweety, that’s really too bad you’re french… »). Vous avez passé trois mois à vous booster pour faire un résultat lors du plus gros tournoi du Monde en sachant que vous n’aurez qu’une seule chance d’y briller. Vous terminez la première journée avec un tapis proche de la moyenne et grimpez lors du Day 2 rapidement à 100k, soit deux fois la moyenne car vous vous sentez merveilleusement bien à votre table (d’ailleurs, vous qui ne bluffez presque jamais, vous avez pris un malin plaisir à bluffer Dario Alioto dans de très beaux pots, car vous saviez que ça allait passer). Ensuite, vous êtes changé de table. Puis on vous retrouve quatre heures plus tard à pleurer comme une gamine sur le parking du Rio. Et là, une seule question : WTF keski c’est passé?

UNE ENQUETE EXCLUSIVE DE L’INSPECTEUR BADBEAT

Bureau de poste de Cergy-la-Guigne :

« Mais je sais pas moi ma ptite dame comment ça a pu arriver ! Je vous dis que votre colis a probablement dû se coincer dans le double fond d’un chariot pendant deux semaines avant d’être retrouvé ! Pasque vu comment qu’on est payé, ben on va pas faire des heures sup’ à farfouiller dans les coins hein ! C’est la vie M’dame. C’est rare mais y’a pas d’quoi en faire un frometon non plus. Quand on sait qu’il y a des enfants qui meurent dans le monde… »

WSOP – Amazon Room

Hero, qui a une très belle image, raise AA (tellement obvious que c’en est presque un pléonasme). Payé deux fois. Flop K 9 8. Villain check/call le c-bet. Turn : K sans couleur. Villain checke/call à nouveau. River : T. Villain lead. Hero fold face up, sachant que ses as ne battent plus rien. Aucune réaction en face.

Boite de coursier « Speedy ta mère »

« Ben quand on l’a récup’ votre paquet, on n’avait que 30 minutes pour le livrer. Et mes gamins, j’leur fous pas des fusées dans le c** pour qu’ils aillent plus vite. En plus, y’avait un semi-remorque de bananes camerounaises qui s’était renversé sur le périf’ sud, ça glissait plus que dans le $**%§§# de la *%%@@#&&… C’est la faute à pas de chance quoi ! »

WSOP – Pavillon Room

Villain 1 raise 1800, Supervillain call et Hero, qui a toujours une très belle image, raise AA à 6000 au cut off. Villain 1 fold et Supervillain hésite longuement avant de just call. Flop K 6 7 avec deux piques. Supervillain check/call le c-bet. Turn : K. Comme un goût de déjà-vu… Villain et Hero check. River : 5 qui fait entrer les piques. Hero, se disant qu’il s’agit que la carte parfaite pour que Supervillain tente un bluff, paie ce qui ressemble terriblement à un petit value. Et en effet, Supervillain montre AK de pique : « Si ça peut vous consoler, j’ai hésité à vous relancer à tapis préflop. Si ça avait été le cas, vous auriez sauté ».

Bureau de la secrétaire de direction de Monsieur Scoumoune, PDG de Vatependre Enterprise

« Mais oui Madame, je me souviens parfaitement de votre dossier puisqu’il est le seul, et j’insiste bien là-dessus, le seul, à nous être parvenu au-delà de la date limite. Nous avions reçus toutes les autres propositions une semaine auparavant… Et je vous dis ça je vous dit rien mais ça n’a pas plu du tout à la direction… Pourtant votre projet exposé lors du meeting les avait incroyablement enthousiasmés ; pour être clair, c’était le meilleur. Dommage que vous ayez manqué de rigueur sur l’envoi. De plus, et c’est là que vous n’avez vraiment pas de chance, ils auraient eu votre dossier à temps si la SCNF n’avaient pas fait une grève surprise, contraignant toute notre direction à prendre un TGV deux heures plus tôt que prévu. Vous savez, pour leur tournoi de golf en Normandie… »

WSOP – Amazon Room :

N’ayant pas gagné un coup à sa table (même pas les blinds), Hero vient de raise KQs au bouton avant de fold face à 3-bet chez SB et 4-bet chez BB. Il lui reste 20k mais Hero relance quand même à nouveau au bouton avec KJs. BB call. Flop : J 8 6 tricolore. BB check/call. Turn : 3 qui ouvre une couleur. Hero envoie son tapis qui correspond environ à la taille du pot. Call chez BB qui en voyant la main de Hero sort : « You’re such in good shape ! » et montre K8. Hero se réjouit car BB n’a plus que 2 cartes dans tout le paquet pour gagner. River : 8. Hero pousse un cri de désespoir et sort de la pièce en claquant la porte ; le Main Event est terminé pour Hero, qui n’a plus que ses yeux pour pleurer.

CONCLUSION

Doyle Brunson avait raison : le jour où l’on saute du Main est le pire jour de poker de l’année. D’habitude, quand je bust d’un tournoi, même sur un bad, je me dis que c’est pas si grave. Je salue la table, souhaite bonne chance, ronchonne pendant quelques heures mais vite, ça va mieux.

Mais là, non, deux jours sont passés mais ça ne va toujours pas mieux. J’ai le ventre noué, une boule dans le dos et j’ai un taux de sociabilité particulièrement bas. Je ne m’étais jamais effondrée en larmes après avoir sauté mais là, c’est pas la même. Les espoirs sont à la hauteur de la déception : immenses. On m’a ôté le droit de rêver. Et puis se prendre un bad, ça va, deux bad, ça va bof mais 3 bad, là, ça va plus du tout. C’est probablement là qu’est la nuance : dans n’importe quel autre tournoi, on n’a la profondeur d’encaisser qu’un seul bad beat avant de sauter… Là, y’a la marge pour l’uppercut droit, gauche puis le coup de pied dans le plexus.

Quoiqu’il en soit, j’espère vite retrouver la patate car je sais bien que d’un point de vue objectif, il n’y a rien de grave du tout. De même, je ne suis pas inquiète de me retrouver sur le marché du sponsoring  puisque je n’envisage ça que sous forme de nouvelles perspectives intéressantes et excitantes. C’est juste que, mauvaise perdante comme je suis (je joue tous mes tournois comme s’ils s’agissaient du dernier, quitte à les annuler si je ne me sens pas en forme juste avant), je n’ai pas encore digéré l’injustice et l’echec professionnel qui en a résulté…

Et à propos de nouveaux horizons et nouveaux challenges, j’ai (assez étrangement) esquissé mon premier sourire cet après-midi à la piscine du Cosmo en lisant le dernier Houellebecq, celui qui a eu le Goncourt. Oui, je sais, l’idée que Houellebecq me redonne le sourire semble aussi absurde que la vision d’un homme se désaltérant d’un bon verre de sable bien frais. Sauf que le livre, magistral et maitrisé, n’est pour une fois pas dépressif offensif mais, halléluia, dépressif passif. Le recul salvateur de l’auteur sur sa propre misérabilitude et celle de nous, pauvres humains, porte à méditer, sourire et donc, se montrer indulgent. Pas, comme je l’ai fait auparavant à chacun de ses livres, à refermer le bouquin façon « Mais qu’est ce qu’il vient me pourrir la tête avec sa noirceur ce pauvre con ! ».

Bref, tout ça pour dire que j’y ai trouvé quelques unes des plus belles et plus justes phrases que je n’ai jamais lue sur le travail d’écriture :

« Pour se lancer dans l’écriture d’un roman, il faut attendre que tout cela devienne compact, irréfutable, il faut attendre l’apparition d’un authentique noyau de nécessité. On ne décide jamais soi-même de l’écriture d’un livre […] C’est comme un bloc de béton qui se décide à prendre et les possibilités d’action de l’auteur se limitent au fait d’être là et d’attendre, dans une inaction angoissante, que le processus démarre de lui-même. A ce moment, Jed compris que l’inaction, plus jamais, ne lui causerait d’angoisse. »

Je vais donc attendre que le ciment prenne. Et prendre un peu de temps pour moi, écrire à nouveau un bouquin (j’ai des piles entières de livres, achevés ou non, dans les tiroirs) ou un scénario, le tout en poursuivant ma route de joueuse avec une motivation intacte et forte.

J’ai passé sous les couleurs de 888Poker une année merveilleuse, en ayant pleinement conscience de la chance que j’ai eue d’être sponsorisée. On m’a offert une année de tournoi magique dont le bilan est positif à tous les points de vue ; j’ai participé aux plus grands tournois du monde, mes résultats ont été au-delà de mes espérances premières, j’ai rencontré un nombre incroyable de personnes géniales et sympathiques au sein de la famille du poker français ou international, j’ai découvert des villes que je ne connaissais pas (Berlin, Venise, Madrid, Dubrovnik etc…), mangé dans des restos délicieux, dansé dans des boites hallucinantes, visité des musées enchanteurs, rencontré des cultures différentes et surtout, j’ai incroyablement appris, au poker et dans tout le reste.

Le destin n’est pas une chaine mais un envol, dit un de mes auteurs préférés Alessandro Barrico. Et comme j’ai encore l’impression d’être Blu ze-perroquet-qui-sait-pas-voler dans le dessin animé Rio (C’est la référence parfaite pour contrebalancer Barrico), j’ai la certitude que le meilleur est à venir !

D’ailleurs puisqu’on en parle, après le Rio, direction : Rio de Janeiro dans quelques jours !!! Quand je vous disais que le meilleur est toujours à venir 😀 !

PS : Et voilà, je viens de finir ce post et mon poids dans le ventre s’est envolé… Magie de la page qui se remplit puis qui se tourne…( C’est fou quand même, non ?) J’en profite donc pour tous vous remercier pour votre fidélité et vos encouragements ! Il n’y a pas un seul commentaire que je ne lise pas et savoir que je suis un des blogs poker les plus lus de France me fait très plaisir. Donc vraiment, merci à vous tous !

WSOP : enfin un deep run ! (et quelques jolies soirées, histoire de…)

10 juillet 2011

Le tournoi 56 est un peu celui de la dernière chance pour les participants aux WSOP : le dernier entrainement avant le Main Event, un tour de chauffe ultime pour clôturer une longue série de tournois et une chance de faire un dernier cash plus accessible que ne sera celui du Main Event.

Et les joueurs ne s’y sont pas trompés puisqu’ils ont été près de 3400 à répondre à l’appel de cet ultime 1500$ : un vrai record d’affluence, à l’image de tous les autres tournois qui ont fait exploser les compteurs.

C’est donc avec un visage mi-fier mi-anéanti que j’ai vu ma paire de dames se faire pulvériser par AK à tapis alors que nous n’étions plus que 76. Aller aussi loin conforte toujours dans l’efficacité de son jeu mais navre quand il s’agit de passer à la caisse. Car le pay out est super flat jusqu’aux environs de la 50e place où les prix commencent à être juteux comme des burgers du In’n’Out.

Enfin une mini-pyramide ! Yeepee !!! (bragbragbrag)

J’avais passé deux jours de poker très solide où j’ai regretté peu de choses. A l’exception d’une main qui me fait encore me ronger les moignons : voici le coup, vous allez comprendre :

Blinds 1000/2000, ante 200. Le papy UTG ouvre à 5700. C’est un joueur vieille école dans le mauvais sens du terme ; il est tricky, difficile à lire, assez large et fait de nombreuses erreurs de côte/bet sizing/call HP avec des mains dominées… (enfin, ça, j’en ai eu la confirmation seulement une fois le coup en question terminé). En tout cas, depuis deux heures, il marche sur l’eau et a remporté de nombreux coups qu’il n’aurait pas du remporter, montant son tapis à plus de 120k.

J’ouvre alors les valets au bouton et décide de camoufler la force de ma main en just call. J’ai une image très belle et une main à priori meilleure que la sienne : du coup, je n’ai pas envie de le chasser en le 3-bet. De plus, j’aime just call en position avec des belles mains ; ça peut être très juteux. Et là, la BB, qui a 16k décide de faire tapis. Génial, le mec UTG va passer sa poubelle !

Sauf que non seulement le papy ne passe pas mais en plus, il just call en me regardant. Il n’isole pas. WTF ? Avec quelle main peut-il just call, me laissant ainsi libre place pour push mes 75k au total ? C’est une vraie incitation ; je ne comprends pas. Car il ne va jamais just call avec un As médium ou une petite paire ; c’est trop mal joué, même pour lui.

C’est là que me revient un coup que j’avais joué à Marrakech contre un papy tricky qui me fait la même avec les As, attendant patiemment que je push dans mon spot automatique, pour mieux me cueillir. A ce moment là, ça me semble donc évident : le papy me fait la même ruse de sioux à l’ancienne et cette explication me semble la seule logique au fait qu’il n’isole pas le mec à tapis.

Du coup, méfiante, je décide de juste payer et d’aviser ensuite en fonction de sa tête sur le flop ou de ce qu’il décidera de faire. Le flop vient AKx, il mise 30k, je passe immédiatement et là, roulement de tambour, il montre… AJo !!! Un As Valet méga pourri de la mort qui pue !!! As-valet !!! Mais comment c’est possible de faire un truc pareil !!! Ma mâchoire se décroche dans la seconde et je vois avec dépit la BB ouvrir une paire de 8 largement dominée. C’est donc ce qui s’appelle s’auto-level et ensuite le regretter très fort. Car je push quasiment tout le temps et tous les jours dans ce spot. Sauf que là, je sais pas pourquoi, ben j’ai eu une alarme qui s’est allumée à tort…

Bref, suite à cette erreur de lecture de ma part, j’ai ensuite double up sur un flip, reperdu un autre énorme flip, puis triple up avec les 9 contre AT et une main que je n’ai pas vue, puis perdu mon dernier flip avec QQ vs AK. En bref, un parcours standard en fin de tournoi…

L’ironie de tout ça c’est que pendant ce temps, en fin de Day 1, était organisée la soirée « F*** me I’m a champion » par Fabsoul, ElkY et CrocMonsieur, une vrai moment de convivialité entre frenchies autour d’une barbecue, d’un terrain de basket, de balançoires, d’une piscine, de jetons, de buffet campagnard (« Qui a envie d’un bon bout de camenbert après 1 mois à Vegas ? » « Moi, moi, moi ! »), de DJ salsa, de magie (viva Stef Vanel !), bref, un vrai bon moment avec toute la famille (ou presque) du poker français, loin des boites typiques de Vegas ! Tout ça pour dire que je suis arrivée à 2h du matin, quand tout le monde était déjà donc bien chaud et que moi, comme Sarah Herzali (aussi dans la course), j’avais bossé toute la journée, te jure hein…

Et pour mon dinner break, rien de tel qu'une sublime limo avec Nico, Emilie, Estelle, Raymond, Almira, Guillaume, Fab, Steven et moi pour aller grignoter un bout à la villa avant de revenir au combat !

Et oui, Guillaume a craqué : ses cheveux rigolos c'était pas que pour la soirée ! (et merci à Coralie pour les lunettes fun qui ne m'ont pas quitté ! -astuce géniale pour masquer l'état de mes yeux après 10h de poker-)

 

4 champions du monde frenchie sont cachés sur cette image : saurez-vous les retrouver ? 😀

 

Avec ElkY la machine : le seul frenchie au monde à avoir la triple crown mais encore des rêves ("C'est quoi ton objectif maintenant ?" "Etre le premier à gagner deux EPT ou deux WPT, of course !") Trop fort le mec !

Girl power !!! Parce que ce n'est pas parce qu'on est peu nombreuses dans le milieu qu'on ne fait pas du bruit pour cent ! 🙂

Le terrain de basket n'a pas désempli : qui a dit que les joueurs de poker étaient des feinéants qui ne faisaient jamais de sport ?

Et pour ceux qui avaient une petite envie de fraicheur entre deux cocktails : plouf, à l'eau !

Sinon, à part ça, j’ai eu le plaisir de croiser mon co-équipier 888 Shane Warne et sa chérie Liz Hurley (qui est incroyablement belle) lors d’une soirée au Savile Row. Ce qui est drôle, c’est que Shane est une énorme star dans l’hémisphère de la tête-en-bas mais qu’il est 100% random en Europe et aux USA. En fait, c’est un des meilleurs joueurs de cricket (mouhahaaaa !) au monde ; une véritable légende qui fait la couverture des magazines toutes les semaines, surtout depuis son histoire avec l’ex de Hugh Grant !

Et comme vous le savez, le premier jour du Main Event, aka le plus gros tournoi de l’année, est passé. J’ai terminé mon Day 1 avec 45k après une journée de swings entre 22k et 62k. Je suis plutôt satisfaite (la moyenne doit être à environ 50k) mais quand on sait qu’on n’atteindra pas l’argent avant le début du Day 4, ça laisse songeur… Rien n’est gagné, rien n’est perdu et la lutte, acharnée, continue !

Les sept moments marquants de ma semaine vegassienne !

4 juillet 2011

1. Mon premier cash

C’est fou comme nos espérances, nos buts et nos souhaits évoluent ; alors que l’an passé, j’avais été folle de joie pour mon premier ITM aux WSOP, créant un post spécial à cet effet et braggant comme une dingue à qui voulait m’entendre (« Et là, la brave chevalière que je suis, toise du haut de son cheval son gueux d’adversaire, avant de lui assêner le coup de grâce ») que j’avais enfin ma ligne Hendon Mob WSOP, cette fois, c’est toute piteuse que j’ai été chercher mon gain au cashier et je ne sais même plus sur quoi j’ai sauté…

Je sais juste que j’étais short, que j’ai terminée 229e sur un field d’environ 3000 joueurs dans un NLHE à 1500$ et voilà. Ah si, ça me revient : un flip préflop de base TT vs AK. Mais ne crachons pas dans la soupe. C’est évidemment pas la fête du slip dans les chaumières mais j’étais très heureuse de ne pas avoir « zéro ». Car je crois qu’il n’y a rien de pire que de venir à Vegas pour jouer une dizaine de tournois et de repartir sans rien du tout.

Du coup, je suis au moins assurée d’un mini-cash. Ce qui est toujours mieux qu’un coup de pieds aux fesses, avouons-le.

2. La bulle du 1500 NLHE

Techniquement, ce n’est pas la bulle-bulle puisque c’était à 20 places de l’argent mais quand on sait que le field de départ comptait près de 3000 joueurs, ça remet les choses en perspective…

J’avais commencé le Day 2 avec 19k (moyenne 32k) sur des blinds 500/1000, ante 100. Nous étions alors à 100 places de l’ITM et mon stack me plaçait dans les 100 derniers. Tout était donc possible, le meilleur comme le pire. Une chose était sûre : même en me laissant mourir et malgré la vitesse des éliminations, si je ne bougeais pas, je n’allais pas atteindre mon but.

J’ai donc pris les blinds une fois, raté une autre fois (3-bet all in en face) et effectué un 3-bet all in avec paire de 8 qui a marché. Une fois quelques tours passés, je me retrouve à 30 places de l’argent à nouveau un baby stack de 19k.

Et vient le coup fatal. Tous les joueurs passent jusqu’à la SB, un joueur qui veut faire l’argent, n’a pas joué un coup mais voit son stack fondre lui aussi. Il n’a pas encore réussi à relancer une seule fois depuis le début et c’est là sa première ouverture.

Il relance logiquement ma BB à 2500. C’est là que je regarde ma première carte, ouvre un valet et me décide à me fier à mon instinct en poussant mon tapis. Je pense qu’il n’a pas une forte main et étant donné que j’ai une image tight et que je suis une femme, il doit probablement profiter d’un spot qui lui semble facile pour voler les blinds. Je suis donc à tapis, le poussant à prendre une décision dont dépend l’issue de son tournoi puisqu’il n’a que 17k devant lui.

Quand je vais à tapis, il se prend la tête à deux mains et souffle un grand coup. Il est visiblement contrarié, ce qui signifie que je me suis trompée sur un point : il a une main moyenne+. Au bout de 5 minutes de réflexion, il inspire un grand coup et paie avec AJs. Super. En plus il a un valet. Et moi, un 3. Je perds le coup et il me reste 2BB.

Derrière, je vais réussir miraculeusement à tripler avec A3s contre Ako avant le dernier coup, qui n’aura pas manqué de me laisser perplexe. Je suis de BB pour 1000, j’ai donc 5k derrière. Tout le monde sait que mon range de push est large. Si je ne bouge pas, il n’y a aucun cas où je fais l’argent, même si nous ne sommes plus qu’à 20 places. C’est alors que le cut off envoie 2500. Tout le monde passe jusqu’à moi et j’ouvre une main qui me semble alors très belle : KTs. J’envoie et il me paie avec 7-8o.

Alors bien sur qu’il est obligé de payer, je sais bien que je n’ai aucune fold equity et ce n’est pas la question. Je me demande juste comment ce joueur peut relancer ma blind avec une poubelle en connaissant l’énorme probabilité que j’ai de push à ce moment là… Bref, je perds ce coup dans lequel je suis favorite et encore aujourd’hui, je m’en veux de ne pas avoir joué plus solide pour m’assurer un billet de 3000$…

J’ai ensuite discuté à la piscine du coup avec J-3 de blind avec Fab, Nico et Davidi et il est vrai que ça donne à réflexion. Personne ne peut dire que c’est mal joué, compte-tenu du spot et du contexte (même si j’aurais pu décomposer le coup et ainsi prendre une chance plus grande de gagner ; de même, le resteal de BB est tellement courant qu’il savait que je pouvais faire ça avec une banane… – quoique mon image était belle-), mais il est vrai aussi que j’ai failli sur un point : mon objectif.

Je voulais faire ITM et j’ai joué pour plus. Erreur. Si je n’avais pas fait ce move, j’aurais peut-être sauté à la bulle-bulle quelques places plus tard mais le fait est que j’aurais dû me laisser toutes mes chances de mon côté… Tant pis…

3. Le cadeau du siècle dans le Ladies

Je ne m’éterniserais pas sur ce tournoi puisqu’on va le résumer en quelques mots : nous étions 5 pros à ma table (trois de cash game et deux de tournois) mais c’est la mère de famille de 45 ans qui overbettait dans tous les sens et qui faisait n’importe quoi qui nous a défoncé sur un rush de fou. Elle nous a toutes éliminées, dont moi, les unes après les autres : c’était Terminamum (sur ma dernière main, j’ai A9 et elle, A5 : flop A5J).

Mais je n’aurais pas tout perdu puisque j’ai eu le bonheur incroyable de repartir à la maison avec un paire de chaussons généreusement offerte par le sponsor du tournoi. Et une image vaudra mieux que tous les mots :

Pour tous ceux qui n'ont pas eu le bonheur de voir ça sur mon profil FB, je vous présente "Ze paire de tong en moumoute avec les fleurs en plastique dessus" ! Mais le pire, c'est que c'est évidemment aussi moche que méga-douillet (vos orteils vous disent merci) et qu'il faut donc que je me fasse violence pour les porter uniquement quand je suis seule à la maison 😀

4. Les daily bad

Je ne voudrais pas whine trop longtemps, je vais donc juste raconter une main typique d’un donkement à 1000$ :

J’ai, entre autres, perdu un coup avec QQ vs Kx juste avant et il me reste environ 2300 sur les 3000 de départ. Une nana relance à 125 sur des blinds 25/50. Son voisin fait 250 et je décide de faire 600 au cutoff avec AdKd en sachant qu’en début de donkament, je suis prête à prendre plus de risques pour vite doubler et m’assurer une marge de manœuvre par la suite.

La nana folde et le mec paie. Bon. Flop 8s 6d 2d. Et là, le mec, à qui il reste pile le même stack que moi,  donke et pousse son tapis. Evidemment, vu la config’, je paie. Après tout, j’ai déjà vu faire ça avec  une paire 99+, ce qui signifie qu’en plus de mon flush draw, je peux avoir deux over. Sauf qu’il a paire de 6. Il a donc mis plus d’un quart de son tapis pour toucher un 6. Car s’il ne le touche pas, il passe tout. Et en plus, il overbetdonke, histoire de prendre sa chance de me faire passer au lieu de me laisser c-bet en demi-slip… Bref…

Une heure plus tard, j’ai tenté le 235$ turbo du Rio où j’ai eu la même : je reraise cher un mec avec les As et il me paie avec paire de 2. Et touche son 2 sur un flop où je m’empale.

Voilà donc une journée type comme plein de joueurs en vivent à Vegas en ce moment. Dur dur je vous le dit d’enchainer les set up et autres bad beats tous les jours… Mais il ne faut jamais baisser les bras et perdre la foi : l’essentiel étant d’être satisfait de son jeu quoiqu’il arrive et de ne pas tilter. Le reste n’est que lutte contre le découragement. En attendant l’embellie et le vent de fraicheur !

5. Et à propos de vent de fraicheur : la victoire de Tonin

C’est le moment ou une vidéo vaut mieux que tous les mots : cliquez ici pour voir la dernière main. J’étais folle de joie qu’il gagne et je n’étais pas la seule ! Car Tonin est un personnage culte de Marseille, un mec qui a commencé à jouer dans les arrières salles il y a longtemps et qui a trainé sa bosse à l’instar de nombreux autres sur des routes pas toujours faciles. VGG donc pour sa persévérance, son talent (le 5000$ NLHE est tout sauf un tournoi facile) et sa personnalité, aussi joviale qu’entière et bourrée d’humour !

Après Fab, ElkY et Elie, encore un autre bracelet pour la France !!! Quelle année incroyable pour les tricolores !

En bonus, vous pouvez aussi cliquer ici pour voir la vidéo du break dance de joie de son pote Bruno (aka Kool Shen) quelques minutes après la victoire.

Je profite d’ailleurs pour faire une petite parenthèse que je voulais faire depuis longtemps sur Bruno (très belle photo de Caroline ci-dessus), qui, pour faire court, m’épate. Le mec (pour rappel, juste un des meilleurs rappeurs/songwriter/producteur de la scène hip-hop française), il débarque comme une fleur dans le poker y’a deux ans, il comprend alors qu’il ne joue pas super bien et que tout le monde l’attend au tournant, il encaisse les critiques avec modestie, il est sympa avec tout le monde, il apprend, écoute, bosse et finit par faire ses preuves et se faire respecter de la communauté entière après des résultats qui en jettent (là, il a fait 20e dans le même 5000$ qu’Antonin). Franchement, respect.

6. Le concert de Bruel au Wynn

J’avoue que quand j’ai eu l’invitation par Almira, une des mes premières pensées a été « Ca va durer longtemps ? ». Et quand elle m’a répondu 2h30, j’ai failli insta-fold… Mais partant du principe que toute expérience est bonne à prendre, j’ai finalement accepté de bon cœur l’invit’ et nous sommes suis partis avec Manu B et Lucille pour aller écouter des chansons que je n’avais pas entendues depuis le « super Bruel best of » que ma mère passait en boucle alors que j’étais encore au collège…

Le concert, acoustique, aura finalement duré 1h30 qui seront passés comme une lettre à la poste quand il n’y a pas de grève. Je me suis rendue compte que je connaissais la moitié du répertoire par cœur (mention spéciale à Lucille qui m’a pêté l’oreille gauche avec son « casser la voix » qu’elle connait de bout en bout) et qu’en plus, je prenais grand plaisir à ré-écouter certains morceaux qui sont des vrais classiques du répertoire de la chanson française.

Je sais bien qu’jl’ai trop diiiiiiit, mais jte l’dit quand même… Franchement, j’ai kiffé : le mec est juste bon et même les plus récalcitrants d’entre nous ont été forcés d’admettre que oui, Bruel est juste Bon, avec un B majuscule (et non, c’était pas pour employer le masculin de « bonne »). En plus, il était drôle dans ses textes entre les morceaux. En réalité, il parait qu’il était tendu comme un string du Rhino avant d’entrer sur scène car il rêvait depuis longtemps de jouer à Vegas.

Sans compter sur le fait que beaucoup de joueurs de poker avaient été invités eux aussi et qu’ils n’étaient pas un public acquis. Loin de là… (et c’était sans compter les américains qui, inutile de le préciser, ne pipaient mot aux chansons). Du coup, l’humilité soudaine du personnage mêlée à ses trente ans d’expérience d’artiste n’en ont rendus le spectacle que plus touchant, humain et sympathique. En clair, un vrai bon moment que nous avons tous apprécié : chapeau Patrick et merci !

Et parce qu’on a tendance à avoir la mémoire courte, cliquez ici pour une vidéo hallucinante :  (franchement, y’a combien de mecs au monde qui ont déjà vécu un truc pareil ?)

7. La soirée qui a suivi le concert de Bruel et la victoire d’Antonin

Après un détour backstage en fin de concert (on a suivi le move initié par la très belle Alice – dommage qu’elle ne soit pas restée plus longtemps à Vegas !- car on pensait que c’était pour un cocktail collectif mais en fait non), me suis retrouvée plantée avec Lucille comme une crétine godiche entre deux technicos qui remballaient le matos et les proches de Patrick dans sa loge. Du coup, on s’est faufilées sur la scène, histoire de se la jouer un peu en photos :

Et là, devant une foule en délire... ^^

Nous avons ensuite pris la direction de la meilleure boite de Vegas (avec le Surrender et le Marquee) : le cultissime XS ! Et là, surprise, Calvin Harris is in da house ! J’adore ce DJ anglais qui n’a pas failli à sa réputation : il a mis le feu !!!

Avec les W, nous avions une table juste devant la scène mais, week-end du 4 juillet oblige, la boite était bondée, pleine à craquer, électrisée et j’ai eu l’impression d’être plus à un concert surchauffé qu’à une soirée en boite : bouge ton corps baby et danse jusqu’au milieu de la nuit ! En plus, Antonin le braceletté nous a rejoint avec ses potes et moultes autres frenchies pour une fête de folie jusqu’au bout de la nuit. Et non, je ne raconterais rien mais je dirais juste qu’à 14h le lendemain, certains spectateurs de la cérémonie du bracelet du marseillais n’avaient pas encore dormi 😀

8. Et tout le reste…

Les restos délicieux (miaaaaaam le Scarpetta avec l’accueil de Gilles et, entres autres, le diner royal pour célébrer la victoire de Fab), les cagoules pas méchantes au pai gow, les embouteillages qui font râler sur le Strip, les « Il fait encore plus chaud qu’hier non ? » au break, les piquages de tête dans la piscine à la fraicheur miraculeuse, les séances lèche-vitrine dans des boutiques hallucinantes (cf le Crystal, histoire de baver un peu), les burgers au in’n’out et… le Main Event dans quelques jours seulement !!! Allez !!! (et je parie qu’il y aura un(e) français(e) en finale !)