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Week-end à Tanger et ma réponse à la question « Peut-on juger le coup d’un autre ? »

16 novembre 2011

« Aaaaah »
C’est le petit soupir de soulagement invariable qui accompagne le moment où je franchis le seuil de la porte de mon appart’ londonien avec ma grosse valise au bras – il va d’ailleurs falloir que je la change ; ce ne sera jamais que la 3e cette année à me claquer dans les pattes…-
« En plus, il fait beau » (histoire de faire taire les mauvaises langues)

Ces douze derniers jours, j’ai successivement enchainé les caïpis/poissons grillés (Brésil), les chocolats chauds/beignets (Amsterdam) et les tagines/couscous (Tanger). Et outre un estomac au bord de l’infarctus (si si), je dois reconnaitre que je suis un peu fatiguée. Voyager c’est une grande chance et je prends toujours l’avion avec le même enthousiasme mais rentrer chez soi, vider sa valise, faire une machine à laver, aller faire ses courses et se coucher dans son lit, franchement, c’est pas mal non plus…

Si je n’ai pas joué à Amsterdam (le Main à 5000? Euuuh, laissez-moi réfléchir…) , j’en ai profité pour bosser sur d’autres projets et visiter un peu la ville –les canaux, le musée du diamant, le Katten Kabinet –un musée des chats, lol- ;  en bref, un week-end bien sympa !

La Venise du Nord et ses canaux (et ses vélos aussi... Entre les trams, les voitures et les bikes, j'ai failli être écrasée douze fois !)

Qui a dit qu'Amsterdam, c'était tout gris ? (les magnets sabot pour les frigos des touristes et le marché aux fleurs)

En revanche, j’ai participé au tournoi à 1000 euros du Tanger Poker Million (merci d’ailleurs à Yaya pour son accueil). Mais bon, sans succès puisque j’ai sauté 10 places avant l’argent (grrr) …En effet, nous jouions en 8-handed (mon format préféré) mais à 26 joueurs left, ça donne du 6-6-7-7 joueurs par table… J’étais donc en 6-handed, avec 15bb de moyenne… Inutile donc de vous préciser à quel point il faut booster son taux d’agressivité et prendre son courage à trois mains pour push souvent, malgré les poubelles qui s’enchainent.

Ca marchait plutôt bien, jusqu’au moment où tout le monde passe jusqu’à moi au bouton et que j’ouvre Jh-8h, ce qui résonne un peu comme « nuts » à mon oreille. Jusqu’à ce que la BB ouvre AA mais ça, c’est une autre histoire…

J’ai donc eu un après-midi entier pour visiter cette ville que je ne connaissais pas du tout et je ne l’ai pas regretté : la kasbah est très intéressante (et m’a fait un peu penser à la Grèce), le souk sympathique et la pause thé à la menthe dans le petit Socco, incontournable. C’est une des choses que j’aime le plus dans mon métier : découvrir une nouvelle ville et prendre le temps de la visiter. Vivement donc Prague début décembre !

Les belles couleurs du souk : dépaysement garanti !

La (rock ze) Kasbah offre un dédale architectural où il fait bon se perdre...

La pause thé à la menthe et pâtisseries marocaines est incontournable !

Sinon, je voudrais faire une parenthèse sur un sujet qui a récemment agité la planète poker : la finale du PPT et la kyrielle de « bien joué, mal joué » qui a suivi. Je pense de façon générale, que tout le monde a le droit d’émettre un avis, et ce, sur tout. Après tout, nous sommes en démocratie et, dieu soit loué, nous avons tous le droit de plus ou moins ouvrir notre gueule. Ce qui implique évidemment de donner la parole à des cons aussi… Mais c’est la règle du jeu.

Au poker, dans la majorité des cas, il est impossible de juger un coup de façon objective. En effet, outre les paramètres de bases (cartes, blinds, position, stack…), il est de nombreux autres facteurs qu’il faut savoir prendre en compte : historique entre les joueurs, énergie de la table, tells, instinct.

De même, chaque joueur possède son propre objectif : pour certains c’est faire l’argent, pour d’autres, c’est tel ou tel palier et pour d’autres, c’est la gagne. Ce dernier point ouvre de nombreuses critiques que je trouve particulièrement débiles : à chacun son objectif ! Pourquoi faudrait-il systématiquement jouer pour la gagne (et donc devoir prendre plus de risques sur des gros coups) ?

Le poker est un jeu d’argent qui est relié à des comptes en banque individuels ! Jamais il ne me viendrait à l’idée de critiquer un joueur qui passe toutes ses mains à la bulle d’un tournoi à 10k. Qui sait, il s’est peut-être qualifié sur un sat’ et a peut-être vraiment besoin de remporter 17k à la maison ? Si ça se trouve, depuis le début, son objectif, c’est justement ces 17k. Dans ce cas, employer toutes les méthodes possibles pour atteindre son objectif, c’est tout à son honneur.

Les décisions ne sont que rarement prises d’un point de vue 100% mathématique.

Il y a des coups que l’on peut qualifier d’indiscutablement mal joués mais bien souvent, le jugement sera result oriented (= jugement en fonction de l’issue du coup) : pourquoi tu as just call un raise avec AK en position pour laisser entrer le mec de BB qui complète avec une semi-poubelle et te bats ensuite ? (alors que le mec avec AK a just call en espérant un shove derrière lui, par exemple). Ce n’est pas un coup mal joué, c’est un coup standard, selon un plan prédéfini mais qui ne se déroule pas forcément comme tu l’as prévu…

Un joueur pro qui a déjà fait de nombreux résultats (et donc fait ses preuves) joue (presque) toujours en ayant un plan en tête. Après, évidemment, le board ou ses adversaires peuvent tout chambouler. Mais l’essentiel est que le mec a décidé quelque chose avant et qu’ensuite, il s’y tient. Parfois, d’un œil extérieur, ça peut donner lieu à critiques mais elles seront toujours déplacées : on ne peut pas critiquer un joueur dont on ne connait pas le plan, les objectifs ou la situation à table.

Perso, j’évite donc au maximum de porter un jugement sur les coups joués par les autres pros. Car j’estime qu’ils avaient toujours une bonne raison de faire ce qu’ils ont fait. Ca ne veut pas dire que je trouve que 6-bet shove un mec avec 7-5o soit une bonne idée (« Ah ben merde, il avait les as ; mais il est tellement tight que j’étais certain qu’il folderait même les rois !») mais du moment qu’il y a une direction voulue derrière et une intention claire, le jugement devient difficile.

Après, je ne dis pas que les pros ne commettent pas d’erreurs, évidemment… Je ne connais personne qui ne fasse pas d’erreurs de lecture. De même, de nombreux joueurs pros vont parfois craquer, être fatigués et spew leurs jetons comme des animaux pour une raison X ou Y. Mais outre ces cas où l’erreur est évidente, je pense qu’il est vraiment difficile de porter un jugement sur eux. Ce qui n’est pas le cas en revanche quand, on a à faire à un joueur débutant ou juste mauvais.

Là, je ne vais pas me gêner pour avoir un avis ou pour rigoler sous cape quand un mec se laisse pousser des branchies en face de moi. A Tanger, j’avais par exemple une nana extraordinaire à ma table. Ca faisait longtemps que je n’avais pas vu ça : elle checkait quand elle n’avait rien et over-donk-bettait dès qu’elle touchait un petit truc au flop (genre bottom paire). Du coup, tu pouvais la raise peinard en position et si elle n’avait pas floppé les nuts, elle foldait. C’était une source merveilleuse de jetons ; elle jouait vraiment très mal, comme un livre ouvert. Et là, oui, je vais me permettre un jugement, car je considère qu’elle n’a ni plan, ni stratégie, ni bases de jeu et que je suis mille fois meilleure qu’elle…

Voilou, c’était la petite pensée du jour. L’autre pensée étant que j’ai hâte d’être à St Martin dans une semaine pour jouer au poker (un peu) et profiter de la douceur des Caraïbes (beaucoup) !

En attendant, rendez-vous pour le tournoi par équipe à Londres où je suis remplaçante (David Benyamine s’est désisté 48h avant) ; du coup, je ne participe pas au tournoi en duplicate mais en revanche, j’ai mon siège dans le MTT de samedi ! Quelle joie : ALLEZ LA FRANCE !!!

Le Top 15 des choses les plus énervantes au poker !

18 mai 2011

Quand joues comme un dieu depuis deux heures mais que là, d’un coup, tu sais pas pourquoi, mais tu fais un gros call de fish. Et qu’évidemment, tous les reporters poker sont là, carnet à la main et regard désolé, pour immortaliser ça dans le seul post de coverage dans lequel tu seras mentionné de tout le tournoi.

Quand tu as misérablement bust du sat’ la veille et que tout le monde vient te demander où tu en es dans le Main alors que tu viens juste au Casino parce que c’est le seul endroit dans ce bled pourri où on peut acheter des clopes un dimanche soir à 20h.

Quand ça fait vingt poubelles que tu ouvres en étant super short et que finalement tu ouvres les As, que tu relance, que ça fold-fold-fold-fold et que tu prends les blinds. (autres variantes : quand tu es à une table super agro qui 4-bet dans tous les sens, sauf le coup où tu as les As. Ou quand tu ouvres les As de BB et qu’on te donne un walk aussi – qui est forcément le premier de la journée…)

Quand tu as sauté du tournoi il n’y a pas dix minutes, que tu es peinard sur la terrasse et qu’un autre joueur que tu connais à peine te lance la phrase : « Putain, tu sais pas ce qui m’es arrivé ! Attends, je te jure, normalement je raconte jamais mes bad … » (et évidemment, il te raconte son coup).

Quand il y a un énorme fish à la table et que les seuls jetons qu’il prend, c’est les tiens. Avant de les redistribuer aux autres, obv.

Quand tu run like god à ta table, que tu ne prends que des bonnes décisions, que tu montes des jetons par piles et que soudainement le floor te tape sur l’épaule parce que la table casse. Et que tu perds forcément toutes tes piles à peine assis à ta nouvelle table. (variante : quand le floor enlève de la table le seul fish pour le remplacer plusieurs heures plus tard par un nordique encapuchonné avec une montagne devant lui et qui relance avant même de s’être assis).

Quand tu joues online, qu’après trois heures à ramer tu touches enfin flush max river, que tu sais qu’il a aussi du jeu en face et que tu es soudainement déconnecté, pile au moment où tu allais cliquer sur « raise ». Et que tu dois aller à l’hosto juste après parce ton poing s’est insta-incrusté dans ton écran d’ordi.

Quand le mec qui s’assoit à ta droite n’a pas enlevé son pull en acrylique depuis 1992. Qui est aussi la date de sa dernière douche. (variante : Quand tu es floor dans une partie de cash et que c’est à toi d’aller demander à Puduk’ d’aller prendre une douche « dans une des suites à l’étage gracieusement mise à votre disposition par la maison, bien évidemment monsieur»)

Même moi je me lave Mônsieur !

Quand un joueur LAG 3-bet un premier relanceur et que tu décides, sûr de ton coup, de 4-bet light pour la première fois du tournoi. Et qu’à ce moment là, la BB, super tight, 5-bet, faisant immédiatement passer les deux joueurs en carnaval complet. Et toi aussi, forcément.

Quand tu sautes à la bulle (avec la meilleure main évidemment).

Quand un mec que tu connais vaguement te met un coup de genou sous la table pour te faire croire qu’il a une grosse main. Et qu’il te sort à la pause : « Tu fais pareil avec moi hein ! ». Le tout de préférence avec un floor à proximité, histoire d’être accusé de collusion en public alors que tu n’as rien demandé à personne et que le mec, tu veux juste le dépouiller peinard.

Quand le mec le plus insupportable de la table, celui qui te regarde depuis le début avec mépris et qui a déjà demandé quatre fois le time contre toi au bout de 30 secondes, le tout entre deux commentaires sur des coups dans lesquels il n’est pas (« Pourquoi t’as pas raise ? Moi, j’aurais fait plus cher »), paie ton gros value bet river quand tu lui montres second nuts et qu’il attends 30 secondes avant de te retourner le jeu max dans un large sourire pervers et sadique.

Quand tu t’assois à côté d’un mec qui a très envie de te parler et de te faire partager son expérience en NL50. Et comment, le mois dernier, à Clichy, il a perdu les as préflop contre J-10, et que c’était pas la première fois, et qu’il se demande s’il a bien joué le coup et où tu habites, et depuis combien de temps…

Quand à 16h tu crèves la dalle parce que comme le tournoi commence à midi, tu as juste pris un petit dej à 10h, qu’après 20mn de guet, tu réussis enfin a choper un serveur et passer commande pour un sandwich mais que le sandwich n’arrive jamais parce que 1/ Tu as changé de table donc le mec te trouve plus 2/ Il a oublié ta commande.
Et que du coup, fin énervé, tu bustes dans la minute suivante parce que ton estomac a pris le contrôle de ton cerveau pour te traîner au Mc Do juste en face du Casino.

Quand en cash game tu finis par passer ta main au bout de 5 minutes de réflexion dans un coup énorme, que le croupier ose la regarder avant de la mélanger dans le paquet et qu’il te sort ensuite, d’un ton ahuri et réprobateur : « Comment vous avez fait pour passer ça ? ».

Quand le fish qui t’as payé au flop avec troisième paire (contre brelan chez bibi) te fait couleur backdoor et qu’il se met à sauter et hurler de joie : « Il est là Papaaaaaa ! C’est qui le meilleur, c’est moiiiiiii ! Prends çaaaaaa !!! »

Sinon, à part ça, tout va bien 😀 Et vous ? Des suggestions ?

PS : Pour rappel, j’aimerais beaucoup recevoir une ou deux anecdotes façon VDF ! Ca fait bien longtemps et ça me manquerait presque (j’en ai une ou deux en stock mais j’attends qqs autres pour un chouette post groupé : lâchez-vous !)

Black Friday : toutes les questions qu’on se pose (et auxquelles on ne peut pas encore répondre…)

18 avril 2011

Commençons par un résumé simple et efficace pour ceux qui n’ont pas suivi ce qui s’est passé :

En 2006, les jeux online sont devenus illégaux aux USA. Mais Pokerstars, Fulltilt et Absolute n’en ont pas tenus compte et ont continué à être accessibles pour les américains. D’autres, en revanche, ont respecté la loi et ont fermé sur le champs (genre Partypoker, ex N°1, qui doit en ce moment se noyer dans l’allégresse et le champagne). Ce vendredi, alors que tout le monde pensait qu’une forme de tolérance gouvernementale s’était installée, les sites hors-la-loi sont soudainement devenus inaccessibles et leurs patrons sont actuellement recherchés par Interpol pour, entres autres, blanchiment d’argent et fraude fiscale.
Un homme, David Tzvetkoff, véritable génie maléfique du net, a parlé et livré tous ses clients/complices après s’être fait capturer, dévoilant l’ampleur d’un système de transaction incroyablement complexe. Il y a encore une semaine, PS et FT étaient les sites de poker ayant le plus gros trafic au monde, générant des recettes à hauteur de plusieurs milliards de dollars : le choc a donc été énorme pour tout le monde. Et les conséquences seront à la hauteur de la surprise…

Comme tout le monde, c’est avec une incrédulité totale que j’ai vu s’afficher sur mon écran l’impossibilité d’accéder aux sites de jeux en .com et le mot « FBI » remplacer la tête de Vanessa Selbst… La quatrième dimension… Quelques heures plus tard, après avoir parcouru tous les articles US possibles sur le sujet,  c’est le moment d’admettre l’impensable : Pokerstars, Absolute et Fulltilt ont disparu du paysage du poker online américain. Et tout le monde se pose la même question : est-ce que leur .com, encore accessible depuis d’autres pays, va survivre ou fermer du fait des lourdes accusations qui pèsent sur eux ?

Comment imaginer le poker online sans ses deux plus gros opérateurs PS et FT (surtout FT, dont 80% de la clientèle est américaine – contre « seulement » 25% chez PS) ? Tout de suite, un jeu de domino s’écroule et l’imaginaire valdingue dans tous les sens… Surtout que les rooms ou leurs ambassadeurs n’ont toujours pas fait de communiqué de presse et que pour l’instant, c’est motus et bouche cousue du côté des principaux interressés… Fabrice et moi avons longuement disserté sur le sujet, et force est de constater que les questions s’enchainent mais que personne pour l’instant n’a aucune réponse. 

. Que va-t-il se passer pour les superstars américaines ? Ivey, Negreanu (qui a eu la désagréable surprise de voir sa photo en couv’ du NY Times à côté des gros titres « Blanchiment et corruption »), Selbst, Ferguson, Harman, Antonius, Hansen… Non pas que je m’inquiète pour eux (ils sont tous multimillionaires) mais vont-ils débouler sur le marché du sponsoring ? Va-t-on voir dans quelques mois Daniel Negreanu avec un logo PartyPoker ? De plus, Ivey ou Ferguson possèdent des parts conséquentes dans Fultilt : risquent-ils aussi la prison ? En clair, PS et FT sponsorisaient les plus grands joueurs du monde : où vont-ils aller maintenant ? Et que va-t-il advenir des joueurs américains de la B-list : vont-ils disparaitre du circuit pro ?

Jusquoù ira lenquête du FBI et du gouvernement américain ? Peut-on imaginer que Phil Ivey dorme en prison un jour pour avoir été actionnaire du site ? Une question encore impensable il y a quelques jours mais qui désormais est une possibilité pour celui que lon considère comme le "meilleur joueur du monde"... Ouch !

. Passons maintenant aux tournois sponsorisés, comme par exemple l’inaccessible Onyx Tour (insta-annulé) et les EPT. PS envoyait de très nombreux qualifiés sur tous ses events donc non seulement le field des deux prochains events (San Remo et Madrid) pourrait diminuer significativement mais en plus, on pourrait penser à un éventuel rachat du circuit par un site de jeu concurrent… Et si ce n’est pas le cas, bye bye EPT… (ce serait bien dommage d’ailleurs)

. Et là vous vous dites : oui, mais ce sera le .fr qui succédera au .com ! Pas de souci ! En effet, en France, les deux sites sont parfaitement légaux sur ce qui est un marché « fermé » et taxé par l’état. Mais comment peut-on imaginer que les « filiales » françaises puissent être totalement épargnées par le tsunami ? 

. Et là, parlons peu parlons bien, si le .fr est touché et que des mecs comme ElkY débarquent sur le marché des sponsors, comment dire… la concurrence va être rude ! 😀

. Mais imaginons, pour notre plus grand plaisir (parce que l’offre de PS et son logiciel sont ce qu’ils sont…), que le .fr soit complètement épargné. Bonjour la vague d’immigration de joueurs américains ! Adieu les fields poissonneux ! Le terrain de jeu des prédateurs français s’élargirait au prix d’une arrivée massive de shark internationnaux… Bonne nouvelle ? Pas sûr…

. En revanche, si le .fr devient puissant, cela veut dire que la France se positionne clairement comme une nouvelle capitale du poker mondial : bonjour la presse qui se démultiplie, les émissions TV qui fleurissent, la presse généraliste qui en parle en fin de JT comme pour le foot, les sponsors de marques diverses (lunettes, montres, parfums) qui font de l’œil aux joueurs pros, des tournois en live qui poussent de partout : bref, la fête du slip des joueurs pro frenchies et la France qui devient un Disneyland du poker ! Après, reste encore à convaincre notre gouvernement de créer un statut de joueur pro qui soit décemment acceptable… (mais c’est un autre problème)

. Revenons aux USA. L’idée nous a traversé l’esprit que cette année, les logos en général pourraient ne pas être autorisés lors des WSOP tant que la situation n’est pas régularisée/nettoyée… Ce qui serait la pire des nouvelles puisque chaque année pendant deux mois, tous les joueurs pros du monde entier se retrouvent dans ce qui est « les jeux olympiques du poker ». Si les logos venaient à être interdits, de nombreux joueurs sponsos pourraient ne pas y aller. Ce qui serait d’ailleurs une absurdité de la part des sites puisque ces compétitions restent les plus prestigieuses de l’année. La nouvelle qu’un ambassadeur d’une marque aille en finale (ou mieux, gagne un bracelet) fait instantanément le tour du monde et les retombées médiatiques restent très fortes. De plus, logo ou pas, un joueur sponso parle de ses résultats sur les réseaux sociaux ou les blogs. Au pire donc, on peut penser que même si les logos étaient interdits, les marques auraient la présence d’esprit d’envoyer leurs joueurs sur place ; question de bon sens. Sinon, les WSOP seront synonyme de pas de français (ou presque), ce qui serait absurde et bien triste : les sites légaux manqueraient une belle occasion d’y briller…

. Mais ceci étant dit, cette année, le field sera malgré tout drastiquement réduit de part l’absence de nombreux joueurs online américains… En effet, on prévoit environ 40% de joueurs en moins sur le Main Event et ce, dû à l’absence des qualifiés habituels… Sick… Mais bon, après tout, tant mieux pour nous ! Adieu les sharks US du online : bonjour le bracelet qui tend les bras ! (je sais, je rêve un peu…)

. Dans la même veine des dommages collatéraux, que va-t-il advenir aux USA des médias spécialisés (comme Pokernews ou Cardplayer) une fois que leurs annonceurs chéris auront disparus ? Pas de pub, pas de mag… Et il en sera de même pour de nombreux circuits spécialisés, deals avec des casinos en dur (Steve Wynn a bien évidemment interrompu dans la seconde son deal avec PS), émissions TV sponsos directement par les rooms… Bref, pendant quelques mois, le poker aux USA aura bien triste mine… Bonjour la dépression et le chomage…

. Et c’est sans compter l’opinion publique qui va continuer à associer le mot « poker » à « traffic chelous en tous genre » ; cette affaire n’est définitivement pas une bonne chose pour l’image de notre jeu fétiche…

En bref, il est impossible de prévoir ce qui va se passer ; le choc a été énorme et les effets du tremblement de terre ne sont pas encore connus. Tout le monde sait qu’il y aura des dommages collatéraux mais personne ne sait à quel point. Ce qui est sûr, c’est que les boites concurrentes doivent à l’heure actuelle se noyer dans le champagne ! C’est en effet un branle-bas de combat général : l’image des deux leaders étant sérieusement écornée, un gros gateau est laissé en plan, aussi fumant qu’apétissant… Et c’est chacun pour soi pour en prendre un bout !

Toutes les rooms ayant respecté l’interdiction de jouer aux USA vont donc proposer des offres toutes plus belles les unes les autres pour tenter de séduire les ex-clients de PS/FT/AB (sauf les américains, obv) : adieu donc les fêtes de Pacques et de repos, c’est le moment de mettre les bouchées doubles et de profiter de la chute des leaders pour prendre leur place ! « Iznogood mode » ON !

Une page daccueil inattendue qui a du faire pleurer de joie les big boss des sites concurrents !

Et c’est là que c’est tout à notre avantage ! Par exemple, hier, j’étais inscrite dans le tournoi du dimanche, normalement un 80$ avec 50k$ de garantie. Et bien là, 888.com avait passé l’offre à 100k$ garantis (et pan, en cadeau, un overlay qui fait plaisir !). Bon, ça ne m’a pas empêché de bust la première ( !) main du tournoi avec AA sur 9s Td 3d face à KdJd… Mais bon…  Ce n’est ici qu’un seul exemple, mais il en existe beaucoup et l’offre ne va cesser de croitre !

Bref, ce sera à nous consommateurs de retrouver nos repères et de comparer les offres existantes pour pallier à la chute probable du bien-aimé Sunday Million (ce dernier existe pour l’instant encore ; accessible pour tout le monde sauf les américains, mais est en danger : 1/ on ne sait pas si le .com va survivre 2/ les joueurs ne veulent plus déposer d’argent sur PS/FT -beaucoup optent d’ailleurs pour le cash out-)… En attendant, j’ai une pensée émue pour tous les joueurs qui ne peuvent plus accéder à leur bankroll et qui doivent être à l’heure actuelle mort de trouille : j’espère de tout cœur que ces derniers vont pouvoir récupérer tout ce qu’ils ont dans les mois à venir et qu’aucun d’entres eux ne se retrouvera broke de la pire façon qu’il soit : par injustice et dommage collatéral.

J’ai donc hâte, comme tout le monde, de voir ce qui va se passer dans les mois à venir. A mon avis, le marché va s’assainir un peu au niveau des transactions financières, enfin être légalisé aux US, et tout va reprendre tranquillou, après plusieurs mois de coma, probablement même avec un trafic beaucoup plus important : le roi est mort, Vive le Roi !!!

Le classement des 40 joueuses françaises sur la All Time Money List !

8 mars 2011

Pour cette journée de la Femme qui tombe comme une farce en plein le jour de mardi gras, je ne pouvais pas ne pas rendre hommage à mes consoeurs du milieu. En effet, dur dur de se faire une place dans un milieu si masculin et dans lequel, il faut bien l’admettre, on ne brille pas encore assez…

J’ai donc eu l’idée, vers 2h du matin hier soir (vive le décallage horaire en revenant des US…), de recenser toutes mes caramades de jeu sur Hendon Mob et d’établir un classement des 40 joueuses françaises ayant déjà fait un résultat sur le circuit pro (ce classement ne prend en compte  ni les réguliers ni les petits tournois – ce qui est souvent la même chose – et recence tous les résultats depuis le début du poker féminin en France). Bravo à vous toutes Mesdames/Mesdemoiselles et surtout, ensemble, continuons à faire des résultats ! 🙂

1. Almira Skripchenko : 251 665$

Elle est belle, elle est intelligente (doux euphémisme), elle est drôle et en plus, elle est la française ayant le plus gagné de tous les temps en tournoi ! VGG Almira !

2. Vanessa Perdigon-Hellebuyck : 220 560$

3. Mercedes Osti : 206 130$

4. (moi) : 179 050$

5. Nesrine Kourdourli : 168 500$

6. Alexia Portal : 162 550$

7. Fabienne Grafouillère : 160 060$

8. Rebecca Gerin : 158 835$

9. Barbara Martinez : 157 960$

10. Anais Lerouge : 142 260$

11. Antonia Alomar : 124 600$

12. Marine Labernardie : 101 400$

13. Sarah Herzali : 96 850$

14. Alana Pariente : 71 500$

15. Mylène Cogan : 66 550$

16. Lucille Cailly : 53 900$

17. Estelle Denis : 52 725$

18. Christelle Cherubini : 50 400$

19. Muriel Gomez : 48 400$ (belge)

EDIT : 20. Alexandra Petitjean : 45 500$  au Partouche de Lyon (résultat pas encore à jour dans Hendon mob donc rajouté après l’intervention de Mr4b 🙂 )

20. Lise Vigezzi : 32 500 $

21. Valerie Pignot : 21 575$

22. Cynthia Foresti : 17 750$

23. Marie Chalendard : 14 700$

24. Marine Gessat 13 900$

25. Celine Bastian : 11 960$

26. Sabrina Derdar : 11 690$

27. Fatima Gaonach : 10 830$

28. Coralie Nauder : 9 940$ (belge)

EDIT : 29. Aurélie Quelain : 8 600$ (merci pour ton commentaire)

29. Caroline Darcourt : 8 000$

30. Caroline d’Istria : 7 300$

31. Laure Tran : 5 900$

32. Caroline Diament : 5 800$

33. Diane Maarek : 4 700$

34. Karine Peirano : 4 500$

35. Celine Dareau : 4 000$

36. Marion Saul : 3 800$

37. Carole Namyas : 2 750$ (Trois noms différents sur Hendon Mob)

38. Elsa Bargiarelli : 2 680$

39. Margaux Ponnelle : 2 660$

EDIT : 40. Elaine Bulteau : 2 550$ et 41. Sandrine Salsac : 2 500$

40. Marion Nedellec : 1 820$

Et voilou ! Je m’excuse par avance si j’ai oublié l’une d’entre vous sur cette liste, ce qui serait loin d’être impossible… (c’est d’ailleurs pour cela qu’il y a des noms avec marqué EDIT devant 🙂 )N’hésitez donc pas à me mettre un message dans les commentaires !

. Sinon, un petit mot tout de même sur les récompenses qui ont circulé sur la blogosphère ces quelques derniers jours : j’ai reçu le blogscar de bronze par les lecteurs de Fred « D8 » Brunet (derrière les talentueux Stefal et Rincevent) et le trophée du meilleur blog féminin par les lecteurs de David L. Poker.  Et quel meilleur jour que celui-ci pour évoquer ici ce qui m’a tant agacée dans ce prix intitulé : « meilleur blog féminin »… J’ai d’ailleurs cru rêver en lisant la catégorie… Et puis j’ai écrit un mail à David (dont j’apprécie par ailleurs le blog) pour lui exprimer tout mon désaccord.

En résumé : « Un blog poker n’a pas de sexe. Il s’agit d’un compte-rendu personnel de vie lié à une activité. J’aurais préféré que tu ne me nomines pas plutôt que d’apparaitre dans cette sous-catégorie façon ghetto. A quand le « meilleur blog poker des + de 40 ans », le « meilleur blog des joueurs à moustache » ou le « meilleur blog de rouquin ». C’est ridicule, limite insultant. Mon blog doit concourir dans les catégories générales ou ne pas concourir du tout. Pas dans une sous-catégorie qui fait penser à un prix de consolation : « amusez-vous les filles, bientôt, vous aussi vous pourrez ptet être nominée avec les hommes. Ou pas. » Et je pense que mes co-récompensées (LadyCats et Zaranova) seront du même avis…

Bref, ceci est, vous l’aurez compris, un post à 100% fémininiste. Je ne me considère d’ailleurs pas réellement en tant que telle et je n’ai jamais tenu de propos façon Chienne de Garde, mais certaines inégalités ont l’art de me faire hérisser le poil que je n’ai pas…

Je me souviens aussi du petit mot d’Alexia lors des Awards, qui faisait à juste titre remarquer que les femmes n’étaient pas nominées ailleurs que dans la catégorie « performance féminine »  en me citant comme exemple dans la catégorie « Révélation » (qui ne comportait aucune femme). Là aussi, la ghettoisation et le prix de consolation étaient au rendez-vous. Parce que oui, Ladies ou pas Ladies, Vanessa a remporté un bracelet pour la France et fait résonner la Marseillaise au Rio. Donc oui, elle aurait mérité d’être nominée ailleurs…

Ca y est, j’en ai fini de mon coup de gueule du jour. Mais je voudrais terminer sur un rappel de dates, parce que l’on a tendance à oublier à quel point nous partons de loin : il y a seulement 70 ans, une femme ne pouvait ni s’inscrire à l’université sans l’accord de son mari, ni voter, ni ouvrir de compte bancaire ; il y a seulement 50 ans, une femme ne pouvait pas travailler sans l’accord préalable de son mari et il y a seulement 30 ans, on pouvait licencier une femme parce qu’elle était tombée enceinte.

On a toutes tendance à oublier à quel point ces changements sont récents à l’échelle humaine… Je fais d’ailleurs une parenthèse : j’ai vu hier le fim « Potiche » de François Ozon, un excellent film, drôle, avec des interprêtes jubilatoires et qui représente bien la difficile transition de la place des femmes dans les années 70-80. Ces changements si récents expliquent aussi pourquoi certains vieux machos du milieu (R.H. par exemple pour ne citer que lui, obv ^^) tiennent les propos qu’ils tiennent : après tout, quand ils sont nés,  la femme était encore un joli objet sous la propriété de son mari. Alors c’est sûr que l’idée de se faire déstacker par une nana à une table de poker, ça doit les chatouiller un peu 🙂 (« Wohoo Girls, they wanna have fun, oh yeah ! They wanna have fuuuuun ! » – and chips too-)

EDIT : Je viens de découvrir à l’instant un blog super sympa et 100% féministe poilant : viedemeuf (!). Ce site compile le best-of des anecdotes du sexisme ordinaire qui nous font dire que la route est encore longue… Courez-y ! (Allez, un exemple pour la route : « Il y a quelque temps, lors d’un dîner, une amie renverse son verre de vin sur mon ami. Elle se tourne alors vers moi et s’excuse. Devant mon regard interrogateur : « c’est pas toi qui t’occupes de la lessive…? » Et puis un autre aussi : « Aujourd’hui, alors que j’annonce à ma mère mon intention d’emménager avec mon copain, elle me répond très sérieusement: « Mais tu vas savoir lui faire à manger tous les soirs ? » Même mon copain en a ri ! »)

FLASH DERNIERE MINUTE : RDV POUR MON PROCHAIN TOURNOI BOUNTY LE DIMANCHE 13 MARS A 21H SUR 888.FR 🙂 (buy in 5 euros avec 2 rebuy autorisés, plus addon. Et 88 euros pour celle/celui qui m’élimine).

Quelle est vraiment l’ambiance entre les joueurs pros ?

12 février 2011

Ah la Famille… La Famille avec un F majuscule, celle qui vous suit, celle dont vous faites, malgré vous, partie, celle que vous avez intégré ou celle dans laquelle on vous a intégré, avec ses bons côtés et ses gros travers, ses embrouilles, ses engueulades mais ce sentiment présent, inévitable et enveloppant de faire partie de quelque chose.

Tout comme la banque, la mode, la publicité ou le cinéma (bien que Ornella Muti ait un jour dit : « La grande famille du cinéma, ça n’existe pas. C’est un milieu où tout le monde se déteste. »), le milieu du poker est effectivement une famille dont la taille réduite, environ 300 personnes au sens large en France (compagnons de joueurs, businessmen, médias…), impose une proximité clanique et des tournois qui résonnent comme des fêtes de Noël où tout le monde s’use les joues et la salive en « saluçava », « tacombien », « tujoukan », le tout dans une ambiance aussi compétitive que conviviale.

Après tout, dans une fête de famille c’est la même. On lorgne sur le cousin qui vient de s’acheter une nouvelle voiture alors que nous, on n’arrive même pas à payer les factures d’électricité. Mais on se réjouit quand même, officiellement, pour lui. Voire même, on s’y s’intéresse : « Waouh, et elle consomme beaucoup ? ». Le tout avec les ragots sur ceux qui ne sont pas là « Vraiment, faut qu’elle arrête ta sœur. Si ça continue comme ça, elle va finir par tout perdre », « Tu savais pas que mon frère se tapait la sœur de Marie-Thérèse ? » ou « Je ne suis pas encore mort les enfants et puis de toute façon, je compte bien dilapider votre héritage avant. »

Une famille n’est pas une famille sans ses petites histoires et ses embrouilles. Sans ses fêtes et ses éclats de rire non plus…

Depuis désormais trois ans que je suis sur le circuit (ça ne me rajeunit pas), j’ai eu le temps de voir, analyser et étudier les comportements des personnes qui m’entourent. Pas toutefois à l’instar d’une Jane Goodall au milieu de ses gorilles puisqu’à l’inverse de la célèbre anthropologiste, je suis moi-même, désormais, un gorille.

Evidemment, il existe des affinités plus fortes entre certains groupes, évidemment, certaines personnes sont devenues des amis proches, et évidemment, certaines personnes se détestent pour diverses raisons (dettes, « je te joue pas à la table mais en fait si », jalousie, médisance…) mais force est de constater que le milieu est tellement petit que même des personnes ne s’appréciant pas forcément finissent toujours pas boire un verre ensemble ou papoter d’un coup malheureux qui leur est arrivé à la table. Notre milieu est tellement marginal qu’il nous donne à tous au moins un point commun et un sujet de conversation que peu d’autres personnes peuvent avoir.

Mais comme dans toute famille, on trouve de tout ; pas besoin de vous dire que le poker c’est pas le monde merveilleux de Oui-oui. Nombreux sont  par exemple les faux-culs. Ceux qui croient qu’on ne les entend pas quand ils pensent tellement fort quelque chose de très différent de ce qu’ils disent, ou ceux qui te font des sourires et des blagues mais uniquement par intérêt. Sauf que tout le monde sait qui ils sont et à quel point ils sont manipulateurs/calculateurs et accessoirement langue de vipère…

Et puis il y a aussi les jaloux, ceux qui vous félicitent pour un résultat mais à qui ça fait l’effet d’un chardon ardent dans le fessier. C’est d’ailleurs toujours assez drôlatique à voir : la bouche pincée qui articule un « bravo, belle perf’ » mais dont les yeux pleurent de désespoir. Enfin, il y a aussi comme partout, les arrivistes, les menteurs, les langues de p****, les prostituées plus ou moins déguisées et les arnaqueurs. Il m’arrive parfois de saluer poliment quelqu’un dont je sais qu’il a ouvertement « emprunté » ou « promis de l’argent en échange d’un deal » à quelqu’un mais qu’il ne l’a jamais rendu/donné. Et pas parce qu’il est broke (là, c’est pas pareil), mais juste parce que c’est un enfoiré. Mais bon, j’ai tendance à penser que de toute façon, ces personnes là ne font jamais long feu : on n’entube jamais impunément quelqu’un, ça finit toujours par vous retomber dessus (derrière) d’une façon ou d’une autre… Alors je salue poliment et attends que la personne disparaisse du paysage, tranquillement.

Pour en revenir aux faux-culs ou aux manipulateurs, c’est quelque chose qui ne me gène pas vraiment : au final, personne n’est dupe et puis ça permet quand même de sauver les apparences et de conserver au moins en surface un peu de légèreté et de gaieté. En un mot : ça ne plombe pas l’ambiance et ça fait plaisir à tout le monde ; c’est pas comme si on se voyait non plus tous les jours au bureau puis à la machine à café. Et puis si tout le monde commençait à dire vraiment ce que tout le monde pense de tout le monde, on passerait nos journées à pleurer sans plus sortir de chez soi, non ?

La famille, ce havre de sécurité, est en même temps le lieu de la violence extrême. Boris Cyrulnik

Dans le côté « ça plombe l’ambiance », il y a aussi cette histoire perpétuelle d’opposition entre les «vieux joueurs » et la nouvelle génération. Un sujet dans lequel tout le monde finit par se perdre au bout du compte quand on sait qu’ElkY fait désormais partie des ancêtres à 30 ans, tout comme Antony Lellouche qui pour une émission, avait été classé dans l’équipe des «vieux».

Je papotais d’ailleurs de ça indirectement avec un joueur pro et un journaliste aux derniers France Poker Awards (mon dieu, j’étais arrivée tellement en retard à cause d’un avion qui était parti 3 heures plus tard que prévu de Venise ; j’ai raté l’Award remis à ma copine Vanessa mais je suis arrivée en courant juste à temps pour entendre que Fab avait remporté le prix de la meilleure perf’ de l’année et aller le chercher sur scène ; suffisamment échevelée pour me voir décernée l’Awards de la Coupe de Cheveux de l’année par Benjo, lol). Bref. Où j’en étais déjà ?

Oui, je disais donc que je faisais part du fait que je détestais le mot « livetard », qui pour moi était une détestable insulte, toujours péjorative et bien trop souvent employée à tort pour qualifier des joueurs étant là depuis très longtemps et n’ayant donc plus rien à prouver à personne. Voir un mec qui est sur le circuit depuis des plombes, et qui est gagnant à la fin de l’année, se faire mépriser par la nouvelle génération au nom de techniques différentes, ça m’agace.

Pour moi, un bon joueur de poker, c’est un joueur qui gagne depuis des années et qui, en réussissant à régulièrement se remettre en question (oui, le niveau monte d’années en années), réussit à être toujours là. Par sur un an. Pas sur deux. Non, sur plusieurs années consécutives. Et qui vit de ça. Parce qu’un good run qui dure 5 ans, j’avoue que je n’y crois pas beaucoup…

Chaque joueur a ses spécificités propres et ses talents : il est impossible de comparer un joueur de tournoi live avec un joueur de cash game online car les qualités requises dans les deux disciplines sont très différentes. Le skill en live, ça va bien au-delà des maths à 100% (taille du stack/nombre joueurs/blinds/position = acte automatique) et inversement online. Et c’est là en fait que se trouve l’erreur d’opposition entre ce qu’on appelle « le choc des générations ». Ce choc n’existe pas et la seule opposition que j’admets est : bon joueur vs fish. A savoir le joueur qui gagne depuis 5 ans contre celui qui perd depuis 5 ans. Les moyens pour y arriver (tant qu’ils sont honnêtes), m’importent peu sur une période de temps aussi grande.

Pour en revenir à cette conversation lors des Poker Awards, le joueur pro en question m’a expliqué que « livetard » était désormais employé à un sens plus large. A savoir, un joueur venu du live, tout simplement. Et qu’il avait depuis quelque peu perdu sa connotation péjorative. Et qu’en face, les joueurs geek online «18-25 » s’appelaient « degen’ » (pour dégénéré, au cas où vous n’auriez pas saisi).

Il semblerait donc que si opposition il y a, elle serait non plus sur l’âge (et plus indirectement la technique) mais sur la discipline choisie pour pratiquer son poker : cash game online vs tournois live. Ce qui n’est pas plus mal car cette idée de catégoriser selon l’âge n’a pas de sens. J’ai rencontré moultes fois à ma table en tournoi des joueurs hyper larges et aggros qui avaient la cinquantaine et des ptits jeunes à capuche super tight et sérieux. Il faut toujours se méfier des caricatures… Surtout quand un étrange vent commun de pensée associe le fait d’être jeune et LAG à celui d’être bon. Etrangement, on entend beaucoup « Ce mec, il est vraiment trop bon, il relance un coup sur deux. » Comme si c’était synonyme… Absurde !

Il n’existe que deux types de joueurs de poker : les gagnants et les perdants. Le tout avec un système de graduation directement dépendant du ROI. Il est évident qu’un mec ayant fait un benef’ net de 5 milllions d’euros sur 5 ans a compris quelque chose de plus qu’un mec en ayant fait 250… (je ne compte pas dans ce classement ceux qui font un « one shot » de fou : genre finaliste au Main Event WSOP sans avoir rien fait avant et surtout, qui ne font plus rien du tout après – pas représentatif de la majorité-).

Qu’importe leur âge, qu’importe leur style, qu’importe leur discipline : un joueur LAG de cash game online ne vaut pas plus et n’a pas plus de valeur qu’un joueur tight en tournoi live. Et inversement. J’en parle dans ce post traitant de l’ambiance entre joueurs car certaines personnes sont souvent tentées de mépriser d’autres pour des raisons qui, au fond, n’ont pas de sens. Et ce dans un sens comme dans un autre. Car j’entends autant : « Ce vieux livetard, t’as pas idée comme il est nul, tu sais pas ce qu’il vient de me faire ?» que « Ces petits jeunes boutonneux, mon dieu comme ils sont prévisibles et faciles à lire : bambambam, des robots, trop facile ».

Je conclurais sur ce sujet en disant que nul ne peut se moquer d’un joueur gagnant sur le long terme. Il m’arrive aussi d’entendre des coups qui me sont racontés (et que je ne vérifie d’ailleurs, à tort, pas forcément) et qui me font halluciner tant ça semble mal joué. Et si sur le coup je frémis d’horreur et me demande comment le joueur, pourtant sur le circuit depuis longtemps, a pu jouer d’une façon aussi incroyablement mauvaise, je me dis aussi qu’outre le fait que je fasse souvent des erreurs, on a aussi toujours tendance à négliger le contexte ou l’historique, ce qui importe énormément en live. Comme dans les parties de billard façon « la couleur de l’argent », nombreux sont les Paul Newman en herbe qui feintent la débilité/la fishitude extrême en début de partie pour pouvoir ensuite rafler la mise aisément…

Un bémol toutefois pour conclure cette question liée à l’image et aux critiques ; il y a des personnes que je qualifie de livetard moi aussi. Il ne s’agit jamais du gentil papy qui joue comme un pied (car je n’ai pas envie de l’insulter ; j’ai plutôt envie de l’encourager et le remercier d’être là dans ses quêtes de ventrales et autres backdoors bizarres) mais plutôt du sale *** qui met un bad beat et hurle son bonheur avec tout l’irrespect du monde. Ou qui, quand il élimine un joueur, fait le tour de la salle en courant façon « la ventrale Papaaaaa ! ». Ou qui slowrolle son adversaire à tapis avec gourmandise et jouissance intérieure. Pour moi, ce sont eux les livetards au sens premier (=attardés) : des joueurs qui non seulement sont des perdants sur le long terme mal mais qui en plus offrent une conduite déplorable à la table. Mais c’est ma définition du mot, of course.

Bref, j’ai quelque peu digressé, je sais… Mais la morale de tout ça, c’est juste qu’on a toujours tendance à voir la paille dans l’œil de son adversaire et jamais la poutre dans le notre. Et que je trouve dommage aussi cette stupide opposition entre joueur online et joueur du live, ou « vieux de la vieille » et « nouveau sur le circuit ». Car je pense vraiment que les deux ont beaucoup à apprendre de l’autre…

La famille est un ensemble de gens qui se défendent en bloc et s’attaquent en particulier. Diane de Beausacq

Mais de toute façon, ça n’empêchera pas, comme dans toute réunion de famille au moment du digestif, de voir accoudés le jeune cousin avec le vieux tonton qui se poilent en se racontant des blagues débiles. Parce que quoiqu’on en pense, on est tous dans le même bateau. Et que seule une personne du milieu peut comprendre une personne du milieu. Il ne m’arrivera pas de parler poker avec une personne extérieure ; ou alors très superficiellement et généralement pour expliquer mon métier. Mais jamais des états d’âmes réels, des enjeux et des histoires techniques ou humaines qui s’y passent. Et si un ennemi commun surgissait d’un coup en face, du type « interdiction de jouer au poker online et en casino », c’est sans nul doute que nous parlerions tous d’une voix et serions, comme dans tous les films américains, unis comme jamais face à Grand Méchant (mais vous inquiétez pas, il finit toujours pas mourir à la fin).

Pour conclure, je dirais qu’en effet, il y a une bonne ambiance entre joueurs. La plupart ont des vies très belles, des vies qu’ils adorent et qu’ils ne changeraient pour rien au monde, ce qui contribue clairement à une bonne humeur générale. Dur dur (voire impoli) en effet de whiner quand on se trouve en boite à Las Vegas après une journée de taf ou au resto dans le port de Monaco à déguster des huitres tout en débriefant d’une journée de combat. Et que d’une façon générale, on gagne bien (voire très bien) sa vie en tant que pro depuis des années. Ca aide.

Outre quelques escrocs et autres petits malins, les quelques trous noirs humains qui existent sont généralement des personnes qui perdent beaucoup ou qui ne font pas de résultats à la hauteur de leurs attentes mais qui continuent à graviter dans le milieu avec aigreur : la frustration plane dans le poker comme un mauvais fantôme. Attention, je ne parle pas de personne qui sautent de quelques tournois d’affilée et se plaignent légitimement. Ou de personnes qui se plaignent sans pour autant souhaiter que les autres échouent aussi. Non, je parle de personnes mauvaises/méchantes dans le fond, qui souhaitent du mal aux autres parce qu’elles sont malheureuses. Et ça, oui, évidemment, comme partout, il y en a. Peut-être même plus d’ailleurs puisque le poker est un milieu plus dur et impitoyable que d’autres.

Plus personnellement, je me sens infiniment à l’aise dans ce milieu qui m’a acceptée et dans lequel je me sens désormais en famille. La très grande majorité des personnes que je croise lors d’un tournoi sont des potes ou des gens que j’estime. Une petite partie d’entre eux sont même devenus des amis. Et la liste, petit à petit, au fil des mois, s’allonge, pour mon plus grand plaisir.

Une spéciale dédicace dans ce post à Fabrice ; ce post est directement inspiré des longues discussions que nous pouvons avoir, le soir, autour d’un bon dîner. Et il traduit de nombreuses idées que nous avons en commun.

PS : PAGE PUBLICITE (histoire de détendre l’atmosphère)

. Mon tournoi bounty aura lieu sur 888 ce dimanche 13 février ! Rdv à la table à 21h pour choper 88 euros in ze pocket ! Petit changement : cette fois, il n’y aura qu’un vainqueur, celui qui m’élimine une fois la période de rebuy terminée (2 rebuy max + addon et 5 euros la cave). 88 euros, c’est le prix d’un petit resto à deux ou d’un parfum : parfait pour un cadeau de St Valentin non ? 🙂

A quoi servent les classements ?

20 janvier 2011

Après deux mois en vadrouille, c’est avec un plaisir non dissimulé que j’ai retrouvé la douce chaleur de mon chez-moi ; un appartement dont la vue permet d’observer la folie de Londres avec le recul de grandes baies vitrées s’ouvrant sur un ciel bien souvent gris.

Mais qu’importe l’épaisseur des nuages, pourvu qu’on ait la joie de pouvoir enfin ouvrir son frigo, de faire une machine à laver, son lit, ranger ses affaires et… se replonger dans le dossier admin’ div’ sagement empilé sur mon bureau mais dont l’œil et aiguisé a vite retrouvé sa proie. Comme tout le monde, j’exècre la paperasse, le temps que ça prend, les photocopies en quatre exemplaires, les tampons, les photos sur fond blanc sans sourire, les coups de fil seulement entre 9h et 12h du lundi au mercredi, les queues à la poste ou à la banque, les « merci de patienter », les « attendez je vous transfère au service au concerné » et, de façon générale, les personnes désagréables auxquelles on a trop souvent à faire.

Une fois mon esprit vidé de ces absurdités qui me feraient presque regretter de ne pas avoir de puce intra dermique comprenant toutes mes données, tous mes codes et mes infos persos depuis le nom de ma maitresse en maternelle sup’, j’ai pu me poser et ouvrir les différents mag’ poker qui atterrissent dans ma boite aux lettres (qui d’ailleurs devrait plutôt s’appeler récipient à factures).

J’ai eu le plaisir de voir que j’étais dans le Top 50 du magazine 52 (un classement fait en fonction des gains en tournois de l’année) :

 

Que j’étais dans le top 100 de celui de Live Poker (un algorithme prenant en compte les buy-ins, les gains, la place etc…) :

 

Et que j’étais toute de même première dans un : celui de Pokergirlz (ouf, l’honneur est sauf)

 

Enfin, Facebook (duquel j’ai pris la décision de me détacher un peu ; trop addictif) m’apprends que je suis nominée cette année aux France Poker Awards, catégorie Performance féminine. Une nouvelle qui m’a fait sourire pour deux raisons : 1/ Parce que ça fait plaisir 2/ Parce que je suis nominée avec ma copine Vanessa et son énorme bracelet WSOP, ce qui me fait me dire que l’an prochain, c’est moi qui l’aurait à mon tour 😀

Mais tous ces classements et ces récompenses au fond, à quoi ça sert ?

. A remonter l’égo de ceux qui sont en bonne place

. A agacer l’égo de ceux qui n’y sont pas

. A faire plaisir aux sponsors

. Et donc à enclencher un petit levier à augmentation : un joli classement ou une nomination, c’est 100% EV+.

. A faire pousser notre instinct primitif de gladiateur : « Il me reste 45 mecs à battre avant la couronne de laurier et le siège de César »

.  A mettre un nom sur le(s) calife(s) dont on veut prendre la place

. A faire un bilan personnel : a-t-on remplit les objectifs qu’on s’était fixés en janvier 2010 ? (perso oui : en novembre 2009 je voulais ma première ligne Hendon mob (premier but)et cet été, je voulais dépasser les 100 000$ de gains (deuxième but))

A la question « Joues-tu en cash ? », je réponds invariablement la même chose : « Non. Sauf à Vegas, en mixed games petites limites pour le fun ». En effet, l’aspect purement monétaire de cette discipline m’ennuie à en mourir. Je suis taillée pour la compétition et j’aime profondément jouer en tournoi dans lesquels je me sens comme un fish dans l’eau. Je préfère voir le nombre de participants qui baisse plutôt que voir mon tas de dollars qui monte. Je précise toutefois que si je n’étais pas l’ambassadrice de 888poker à côté, je ne penserais probablement tout à fait de la même façon : je n’ai pas besoin du cash game pour vivre (et ça fait une différence importante). Précisons aussi que les gros joueurs de cash (surtout ceux qui ne sont pas sponsos et qui ne cherchent pas à l’être) se fichent des classements comme de leur premier bad beat…

Je suis donc une compétitrice à 200% et j’assume apprécier ces classements qui sont à mes yeux un excellent moyen de canaliser mes objectifs dans une voie nette et précise. Toutefois, je leur porte un regard décalé et second degré : j’y vois ce que j’y veux voir. Il n’existe pas de classement parfait et tous ont leurs défauts dans leur système de comptage. Sans compter que de nombreux joueurs biaisent les résultats en achetant leur place pendant les deals, notamment lors des petits tournois ou tournois réguliers. Ce n’est pas quelque chose qui me choque du tout (et puis il faut tout de même aller loin dans le tournoi pour pouvoir dealer) et c’est une décision propre à chacun (et à laquelle on est tous confrontés un jour par exemple quand on décide de dealer à 3 parts égales : qui prend la couronne ? Souvent la partie est interrompue et celui qui a le plus de jetons à ce moment est déclaré vainqueur : ce cas est monnaie courante) mais ça permet aussi de mettre le doigt sur une des faiblesses de ces classements annuels.

J’y accorde donc une importance plus ludique et perso qu’importante à l’échelle du monde du poker. En fait, je rapprocherais le fait de se comparer/situer par rapport à un autre joueur à un petit plaisir coupable, du style lire Voici, regarder un vieux dessin animé ou une comédie pourrie en buvant un chocolat chaud ou encore essayer les soutiens-gorges de sa femme quand elle est partie (non, je déconne).

Je crois en fait que ça me fait penser à l’école sauf qu’ici, il n’est pas question de bons points et d’images mais de bonus à hauteur de plusieurs milliers d’euros et de réévaluations de contrat (dans les deux sens d’ailleurs). Alors forcément, quoiqu’on en dise, on a tous envie de bien faire, que ce soit pour l’égo ou pour l’argent au bout !

Sur ces considérations légères, je pars ce week-end pour l’EPT de Deauville : j’ai tellement hâte de retrouver le circuit, la compétition et la famille poker ! Plein de visages m’ont manqué (et oui, même ceux qui sont devant moi aux classements :D) et j’ai hâte de les revoir !

Bonne année 2011 à tous !

1 janvier 2011

Déjà 2011 ! Je ne sais pas vous, mais je me souviens encore parfaitement du passage à l’an 2000. Un peu trop clairement à mon goût d’ailleurs (Damn’it, c’était quand même il y a 11 ans !). Je vais donc whiner façon grand-mère et employer une phrase qui, petite, m’exaspérait au moins au temps que les « Comme elle a grandit ! » : « Le temps passe beaucoup trop vite… ». Parce qu’aussi loin que je me souvienne, quand on est enfant, une année scolaire, c’est presque déjà long comme une vie entière… Drôle de sensation quand la spirale s’accélère pour finalement se voir faire des projets dans les deux années à venir et se dire qu’on manquera peut-être de temps…

Mais la vie a beau défiler à bon rythme, faisons en sorte de la traverser  avec joie et optimisme ! C’est pour cela que je vous souhaite moultes bonheurs pour 2011 !

Un métier que vous aimez, des amis avec qui passer des soirées mémorables, du bon vin dans vos verres (et du bon fromage dans l’assiette), une santé au top pour vous et les gens que vous aimez, des mâchoires qui font mal à force de rire, des belles envies de voyages qui se réalisent, un bébé (pour ceux qui le souhaitent), une belle bagnole (pour ceux qui le souhaitent), la nouvelle version de l’i-pad avant tout le monde (pour ceux qui le souhaitent), un éléphant (oui, après tout, on sait jamais…), un tournoi de poker qui se termine par une table finale et/ou une victoire, un jardin plein de fleurs (ou de tomates, c’est selon), une maison dans laquelle vous vous sentez bien, un chat qui ronronne sur vos genoux, et enfin, beaucoup de fierté pour la façon dont vous menez votre barque comme un grand depuis maintenant quelques temps et qui vous a amené là où vous en êtes aujourd’hui.

Donc qu’importe l’endroit, pourvu qu’il vous rende tout simplement heu-reux et qu’il vous donne envie de continuer à avancer avec optimisme ! Et si cet endroit ne vous plait pour l’instant pas beaucoup, c’est juste qu’il vous faudra un peu d’énergie pour faire tourner la roue dans l’autre sens : n’oubliez jamais qu’en se battant et qu’en ayant la foi, on escalade des montagnes et on décroche la lune ! 

Je prendrais donc l’exemple de Philippe Croizon, amputé des 4 membres suite à une violente électrocution, qui décida un jour que plutôt que de se laisser abattre et déprimer, il traverserait la Manche à la nage. Oui oui. A la nage. Il était au plus bas, et a donc décidé de prendre son destin en main et son avenir à bras le corps, et, étant donné que ce que pensaient les gens lui faisait une belle jambe, il s’est entrainé en ne perdant jamais de vue son objectif. Jamais. Même quand il souffrait le martyre.

Cet exemple symbolise tout ce que je vous souhaite pour 2011 et au-delà : (non, je ne veux pas parler d’être amputé des 4 membres, bande de lecteurs crétinous) fixez-vous des objectifs et donnez-vous des moyens de les atteindre !  Je ne connais pas de meilleur moyen pour être heureux !

Bonne année les amis !

Le joueur de poker est-il un gros fainéant ? (glandeur et décadence)

6 août 2010

Avant de répondre, commençons par nous pencher sur l’étymologie du mot « travail » qui vient du latin « tripalium », alias un instrument de torture moyenâgeux composé de trois pieux huilés qui rentraient dans le corps en divers endroits (les moines de l’inquisition étaient facétieux et se laissaient des possibilités de varier leurs plaisirs sadiques), provoquant une douleur intolérable suivie d’une agonie lente conduisant irrévocablement à la mort.

Voici donc l’origine du mot étant naturellement venue à la bouche des hommes depuis X générations pour désigner l’activité qui allait occuper la moitié de leur temps de vie : le travail est une torture.

Il est vrai aussi que j’ai personnellement toujours entendu les gens autour de moi me répéter que « La vie Claire, tu sais, c’est pas drôle ». Ou alors « Il faut souffrir tu sais aussi. La vie, c’est pas que du plaisir ! ». Et enfin, plus pragmatique « Tu sais Claire, la retraite, elle va pas tomber toute seule, faut y penser. Parce que la liberté de ne plus travailler, ça se mérite. »

Super. Après 40 ans à me faire chier dans un boulot à la con (je n’ai même jamais envisagé qu’un travail puisse être autre chose qu’un truc désagréable), je pourrais faire le tour du monde avec papy à mon bras, le tout avec une valise pleine de médocs, un caniche et un déambulateur à roulettes.

J’ai donc refoulé très tôt l’idée de travailler et très logiquement décidé que je passerais ma vie à chercher comment faire pour gagner le plus d’argent possible en bossant le moins possible (j’ai depuis un master en optimisation de souffrance). Vous me direz que tout le monde veut la même chose mais encore faut-il se mettre le coup de pieds aux fesses pour y arriver et surtout de solides œillères pour ne jamais avoir peur des fins de mois.

Voici un apercu de ce qui s'est passé avant et après l'écriture de ce blog (mais je peux vous assurer que ce n'est en aucun cas représentatif de la vie de l'auteur -quoique...) 🙂

Nombre des joueurs de poker que je connais naviguaient déjà, avant de passer pro, en marge d’un système dans lequel ils ne se sentaient pas bien . En effet, peu d’entre eux étaient fonctionnaires dans les administrations, profs, comptables, banquiers, avocats ou ouvriers, bien installés dans leur maison avec leur famille. Ils avaient déjà l’esprit (ou parfois déjà le corps) en parallèle, occupé à chercher un moyen détourné pour vivre autrement.

Attention, il n’y a aucun jugement de valeur dans ce que je dis : je connais des tas de gens qui aiment le confort apporté par un travail offrant une paie régulière permettant de payer les différents crédits en cours. C’est juste que perso, ça ne me convient pas ; comme un vêtement trop grand dans lequel on se sent ridicule. De plus, il y a aussi des personnes qui aiment leur boulot– malgré des horaires fixes et des contraintes à tire-larigot. Mais force est d’admettre que je connais plus de gens qui tolèrent leur taf « Ca va, j’ai pas à me plaindre et pis, faut bien bosser » que de gens qui partent bosser le sourire aux lèvres le matin parce qu’ils adorent leur métier.

Il y a deux jours, j’ai rencontré un français qui travaillait dans la pub et qui avait subitement décidé de quitter l’autoroute « travail, femme, enfants » (dixit lui-même). Il bossait dans la pub à Paris et avait tout quitté pour venir ouvrir une barraqua, sorte de mini-resto de plage au milieu de nulle part sur une plage au Brésil, le tout pour un investissement pas énorme de genre 15 000 euros tout compris (en ayant acheté les murs/terrasse sur pilotis/frigo/sono/déco etc…). Il avait tout plaqué afin de se laisser une place pour l’imprévu. Et en sachant que son affaire ne marcherait probablement pas et qu’il en aurait p’tet vite marre : « Pas grave, maintenant que j’ai changé une fois, je peux le faire à nouveau ».

Et c’est là qu’on touche le cœur du problème. Je ne crois pas que les joueurs de poker pro soient fainéants. Ce n’est pas le mot. Ils sont juste autoroutophobes (la peur des choses tracées). Ils aiment que leur vie leur laisse une inconnue : ils seront soit riches soit pauvres mais ils ont au moins l’excitation de ne pas savoir ce qui arrivera dans les jours/mois/années à venir.

On pourrait aussi rajouter contraintophobes (d’aucuns pourraient d’ailleurs considérer ce mot comme un synonyme direct de fainéant mais je vais sortir mon joker « légère mauvaise foi » car sinon, tout mon article s’écroule : on dira plutôt alors que le joueur de poker aime faire ce qu’il a envie de faire quand tel est son bon plaisir, et qu’il ne rechignera pas devant l’effort à la condition sine qua non qu’il puisse prendre un quelconque plaisir à ce dernier : perso, je ne suis fainéante qu’avec les activités qui m’indisposent – écrire un article de trois pages n’en faisant pas partie), « lêve-tardophiles » ou « patronphobiques ». Mais je ne crois pas qu’il y ait de peur face à l’effort (certains sont même accros à ce besoin de risque et cette envie de passer des heures à lutter). Car s’engager dans le Main Event, par exemple, c’est quand même passer une semaine d’angoisse, de concentration et de stress hors norme : c’est aussi suer sang et eaux, pester, râler, pleurer, réfléchir ou souffrir. Après, je vous le concède, la carotte ressemble plus à la piscine de l’Oncle Picsou qu’à la mare aux canards de Tante Marthe…

J’ai déjà rencontré des joueurs m’ayant dit qu’ils étaient fainéants et qu’ils ne pouvaient pas faire autre chose que jouer au poker. Mais outre un amour du jeu (tarot, jeu de l’oie, marelle, yam’s, cluedo, solitaire, backgammon, échecs…) que l’on retrouve chez la quasi-totalité d’entres eux depuis l’enfance, je crois plutôt que l’adjectif approprié s’appelle « chemin-de-traverseurs ».

Je l’ai déjà dit et je le répète encore, le poker n’a rien d’une panacée. Sans sponsors, on reviendrait dix ans auparavant, quand les joueurs étaient tous broke à un moment donné de leur carrière et devaient se faire aider par les potes pour se remettre sur les rails : c’était des temps hardcore. Et qui le sont toujours pour grand nombre de bons joueurs français non-sponsos qui n’ont pas monté de business à côté et qui ne vivent que du jeu. L’argent, ça va, ça vient.

Le poker n’est pas un sport de glandu et n’est pas non plus une solution de facilité : si on est vraiment fainéant, sans rigueur dans sa vie et un minimum de discipline, quel que soit le milieu dans lequel on évolue, on coule.

« Le poker, c’est le moyen le plus difficile pour se faire de l’argent facile » disait-on déjà aux premières heures de Las Vegas et du Binion’s. Et c’est toujours le cas…

Le poker nuit-il à la créativité ?

14 juillet 2010

Réponse sans ambiguïté possible : oui.

En arrivant dans le monde du poker, c’est d’ailleurs une chose qui m’avait frappée : les joueurs de poker parlent de poker. Très très souvent. Cela s’explique pour certains d’entre eux, geeks du online ou cash gameurs habitués des cercles parisiens – par exemple -, qui ne vivent que par et pour le poker. C’est leur métier et tout à chacun aura toujours tendance à mettre son occupation principale en premier sujet de conversation. De plus, j’évolue en permanence sur le circuit pro, ce qui fait que mon cadre de travail est toujours entouré par le poker. Entre deux tournois, dès que je m’éloigne du milieu, c’est plus vraiment la même (mais du coup, je suis en vacances méritées et mon cerveau se la coule douce ; plus la force, après une période de tournoi passée à travailler pour MIP ou en temps que joueuse, de faire autre chose que bouquiner ou glandouiller quelques jours).

Le problème est que les sensations liées au jeu sont tellement fortes qu’il est difficile de ne pas les faire partager à son voisin : quand on joue, on y pense tout le temps, ça prend tout notre monde et un bad beat devient le centre de toutes préoccupations (« Mais qu’est ce que tu me parles d’aller chercher le pain, je te dis que je viens de perdre les As contre AK ! »). Et je ne parle même pas de la partie dangereusement chronophage de la chose.

Et qui dit grosse place prise dans le cerveau dit lobes peu à peu rongés par le poker : la place laissée aux autres sujets rétrécit peu à peu. Les techniques de raisonnements se calquent peu à peu sur le jeu : « Punaise, j’avais une chance sur deux de choisir la bonne caisse et il faut que je tombe sur la mamie qui trouve plus son chéquier, perdu un flip moi » et le champ de vision et d’intérêt se réduit peu à peu.

Dur de s’intéresser à autre chose quand on a une passion aussi palpitante – surtout pour les gros joueurs online qui ont leur activité à domicile dispo 24/24 et 7/7). Dur d’ouvrir un livre. Dur d’aller au cinéma. Dur de se motiver pour créer un business à côté. Et surtout, dur de créer.

Et là, j’en viens à un sujet plus perso.

Avant de travailler dans le milieu, j’écrivais beaucoup (d’ailleurs, filez voir « Je vous aime très beaucoup » toujours en salle cette semaine !). Aujourd’hui, j’écris toujours autant, voire même plus, mais ce n’est plus que rarement directement issu de mon imagination. Pour être honnête, j’ai l’impression d’avoir le cerveau qui a fondu d’un côté (l’imaginaire) et qui a grossit de l’autre (le poker). Et croyez-moi, je suis pas sûre d’avoir gagné au change…

Vous me direz « Écrits un scénario sur le poker ! » Mais ça reste plus facile à dire qu’à faire. Les personnages ne bougent plus tout seuls devant mes yeux, ils ne parlent plus non plus ; il faudrait que je relance la machine. Probablement en partant quelques semaines loin de cette agitation folle propre au milieu.

Je crois qu’il est très important d’avoir d’autres horizons quand on est joueur, histoire justement d’avoir d’autres centres d’intérêts et de garder un champ de vision large et sans œillères. Et des envies différentes.

Déjà parce que, on ne le répètera jamais assez, vivre uniquement en tant que joueur présage une vie difficile. Et sans sponsor, je parlerais même d’une vie très difficile. Il est donc important de garder une autre activité à côté, qui au-delà de la distraction intellectuelle qu’elle apporte, offre la possibilité de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, aka un semblant de sécurité financière. Avec le bonus « option santé mentale optimisée » en rab.

De nombreux joueurs mettent d’ailleurs cette idée en pratique et gardent, en plus de leur carrière de joueurs, quelques niches à droite et à gauche, véritables oasis loin de bad beats et du stress de la compétition. Et je crois qu’ils ont tout compris.

Je ne lâcherais par exemple jamais le côté journaliste ou blogueuse ; parce que c’est marrant et que j’aime ce côté-là de ma vie. Honnêtement, si je ne faisais que jouer, je serais probablement devenue folle (j’ai un taux d’acceptation des émotions assez bas et un taux de résilience qui l’est encore plus).

Tout ça pour dire que je crois que je vais me remettre à écrire un autre scénario. Ou alors lancer ma marque de parfums (non, je déconne).

Etre journaliste poker de nos jours : pas facile de trouver sa place…

15 mai 2010

Peut-il y avoir de vraies conversations franches et sympas entre les journaleux et les joueurs ?

Je me suis rendue compte du souci lors d’une soirée apéro avec quelques potes joueurs lors du DSO d’Aix en Provence où, à cause de ma présence, un joueur pro hésitait à papoter de choses relatives au poker qu’il ne souhaitait pas voir fuir. Et pourtant, la seule chose que j’avais en main, ce n’était pas un calepin ou un enregistreur. Non. C’était un pastis. Et pour moi, il était évident que rien ne sortirait de ce qui était le cadre d’une conversation privée.

Mais après tout, il avait raison : comment peut-on se confier et parler de choses qui sont personnelles à une nana qui écrit des articles sur le poker dans un site qui a même une rubrique news intitulée « rumeurs ».  De même, question rapports biaisés, comment un joueur peut-il me parler en toute liberté de sa vie, de ses amours, de sa vie, de son contrat et enchainer sur une interview video grand public dans laquelle on va changer de ton, je vais lui demander de me parler de lui et où il me répondra comme il répondrait à quelqu’un qu’il ne connait pas : « Bon, je sais qu’officieusement tu es broke et malheureux mais si tu veux, on ne va pas en parler. Bon, je sais que tu négocies ton contrat et que tu vas peut-être changer de room mais on ne va pas en parler si tu ne le souhaite pas » Bizarre non ?

La phrase que je déteste le plus entendre, c’est quand deux joueurs parlent ensemble puis se retournent vers moi en me disant « Tu l’écrits pas ça hein ? ». Parce que non, bien sûr que non, je n’ai jamais parlé de quelque chose de privé, de personnel ou que le joueur en question n’ait pas eu envie de rendre public.

Le problème est en fait assez récent. En effet, il y a encore quatre ans, le joueur n’était pas envahi de caméra, appareil photos et journalistes de toute part qui prennent le chip count toutes les deux minutes (Je suis d’ailleurs souvent gênée quand un joueur me le donne à haute voix en pensant que je l’attends, ce qui n’est jamais le cas. Il n’y a rien de plus chiant qu’un journaliste qui vient quand vous avez perdu un gros coup et qui vous demande combien vous avez avant de prendre une mine étonnée « Ah merde ! ». C’est une erreur que j’ai pu commettre au début mais que j’essaie vraiment d’éviter maintenant).

Des reporters poker agglutinés autour d'une table à la bulle : vous avez dit "pression" ?

Non, il y a quelques années, le business du média poker tel qu’il est maintenant n’existait pas. Un joueur pouvait se promener peinard sans la crainte d’être abordée par des reporters poker avides d’info à la pause. « T’as le temps pour une petite interview ? » Maintenant, les joueurs, s’ils veulent être peace, doivent fuir aux toilettes ou à l’extérieur. Et ne pas faire attention aux quelques journalistes qui font des commentaires entre eux.

Récemment, je m’en suis voulu. C’était à Monaco et je papotais avec un autre journaliste en riant gentiment (on était fatigué) du fait qu’un joueur pro et réputé agressif n’ait pas relancé depuis perpet’. A chaque fois que je venais à sa table, il passait. Il se tourne vers nous, on lui raconte qu’on parle de lui qui devient « tight » et mon collègue s’en va. Je sors alors en plaisantant (parce que pour moi, c’était léger) : « attention, après, je m’en vais ». Grave erreur. Il a relancé UTG. J’ai cru mourir pendant le coup et même s’il avait gagné un pot énorme à la fin (mais avec une main avec laquelle je ne suis pas sure qu’il relance habituellement UTG) et qu’il s’est retourné vers moi en souriant à la fin, je m’en suis énormément voulue. J’avais franchi une ligne que je l’aurais jamais du franchir. Parce qu’on était en train de bosser, lui et moi, chacun à notre façon. Pas en train de déconner à cap’/pas cap’ à l’apéro.

Journaliste poker est désormais un vrai métier : un métier qui est partout et qui voyage partout. Adieu les bouts de ficelle des débuts et même si le salaire n’est que rarement gros, les journalistes poker se font recruter à tour de bras. Si il y encore quelques années les WSOP étaient désertés par les médias français (à l’exception de Benjo ou MIP), cette année, tout le monde sera là, avide d’infos et de croustillance autour des championnats du monde. Ca va fourmiller dans la ruche. Et chacun va tenter de tirer profit au maximum de cette période où l’on croise Doyle aux toilettes et Phil (Ivey ou Hellmuth, au choix) à la sandwicherie. A guetter partout, prendre en photo et rapporter les potins poker les plus fresh.

Je passe mon temps, depuis deux ans, à entendre des choses plus ou moins importantes mais qui, si je décidais d’être un traitre sans honneur, pourrait alimenter les pages d’un mauvais canard aux vieux relents de Voici Poker. Un joueur m’a déjà demandé pourquoi je ne le faisais pas. « Mais parce qu’on fait partie de la même famille de boulot ! » Parler dans le dos des gens et dévoiler des infos qui ne m’appartiennent pas reviendrait à me suicider : on me fuirait comme la peste, je perdrais mon taf et ceux que dans le milieu je considère comme des vrais potes. Si je fais une soirée avec des gens du milieu, hors de question qu’ils puissent penser que des photos/anecdotes compromettantes seront le lendemain sur mon blog ! (bon, après je parle des joueurs français que je croise régulièrement sur le circuit : si je voyais Hellmuth ivre mort en boite avec son slip sur la tête, p’tet que je serais tentée de faire tourner la photo 🙂 )

C’est pour cela que j’aimerais ne plus jamais entendre cette phrase maudite : « T’écris pas ce que je viens de dire hein ? ». Parce que je sais ce dont je dois parler ou pas. Dans un monde idéal, ceux assis à la table et ceux debout derrière respecteraient la ligne blanche de la période de travail (pendant le tournoi) et celle de détente (après le tournoi). Et il y aurait de la confiance des deux côtés. Parce que tout le monde a envie de faire en sorte que le poker soit de plus en plus pro et successful.

2012 : Et là, Phil Ivey vient d'arriver dans l'Amazon Room ! (mon dieu quel cauchemar...)

Mais je crains que le phénomène ne prenne de l’ampleur avec l’explosion des médias qui surgissent de partout comme des champignons gavé à l’argent des sites online. Car si avant le journaliste était un mec gentil, inoffensif et un peu nerd qui trainait dans les couloirs et notait un coup à droite à gauche, désormais, le journaliste parle de tout et écrit sur tout. Et je sens que certains joueurs se méfient. Ou que d’autres manipulent pour obtenir ce qu’ils veulent, aka de la présence positive dans les médias.

La pression médiatique a permis de ne plus jouer dans l’anonymat ; cela devient difficile désormais pour tout le monde de trouver sa place. Quand un joueur est-il en représentation ? Quand un journaliste doit-il se taire ? C’est étrange aussi de voir l’arrivée d’agents et autres attachés de presse sur les tournois. Oui, vraiment, il devient de plus en plus dur de savoir comment se comporter. Ca se professionalise, ce n’est plus un milieu de potes à droite à gauche qui pondent des articles qui mangent pas d’pain.

Du coup, je me demande si on ne ne devrait pas créer une forme de code d’honneur entre joueurs et journalistes, un truc qui fasse rêgner une certaine harmonie. Réfléchir à lutter contre des idées préconcues (« les journalistes c’est tous des gros jaloux qui voudraient jouer » : déjà, on peut avoir envie de jouer sans être jaloux de ceux qui le font, et en plus, nombre de journalistes n’ont pas envie de devenir joueurs pros. C’est comme les critiques de cinémas : ils sont passionnés mais n’ont pas tous envie de réaliser), à lutter contre le franchissement des lignes (interdiction formelle de parler à un joueur lors d’un gros tournoi sauf si c’est lui qui se lève pour vous parler) ou encore pour préserver une forme d’intimité et de calme (pas d’interviews à la pause sauf si c’est le joueur qui en fait la demande) etc etc…

Tiens d’ailleurs j’écris ça et je me demande si je ne vais pas en faire un pour madeinpoker la semaine prochaine… « Un manifeste des nouveaux repères joueurs/journalistes : ou comment travailler dans la bonne humeur »… Allez, je me mets au boulot tout de suite ! (ou alors, je me fais une petite partie online avant. Mais ça, c’est un autre dilemme 😀 )