Archive for the ‘Culture G’ Category

Petite sélection de films et docus à voir absolument !

5 décembre 2012

Oui, je sais, rien à voir avec la choucroute…

Mais étant donné que ce blog est greffé sur mon niveau de bankroll ; en ce moment, vous aurez le droit à des posts à 50 euros max. Pas de « Comment j’ai ship le WPT Prague avec majesté » ou de « Comment massacrer un field de 800 sharks sans cartes et uniquement en bluff » (spéciale dédicace d’ailleurs à l’ami Fred D8, Roi des bloggeurs après une perf’ magnifique à Mazagan : on est tous vraiment heureux pour toi : Méga VGG !)

Non, bien que je sois effectivement à Prague (avec pour but de faire des sat’ et de jouer un peu en cash),  dans ce post, vous aurez le droit à des recommandations de vidéos qui m’ont récemment bouleversées. Ce qui, après réflexion, est probablement mieux pour vous que mes conseils pour déchirer ses adversaires au poker… 😀

De plus, à quoi sert un blog si ce n’est à mettre en avant publiquement quelque chose qui nous plait ! A mon tour de faire de la pub ! J’ai donc sélectionné deux long-métrages de fiction et deux documentaires : roulements de tambour, en avant marche et ouvrez grands vos oreilles !

LE GRAND SOIR de Benoît Delépine et Gustave Kervern (avec Benoît Poelvoorde, Albert Dupontel et Brigitte Fontaine)

C’est celui que j’ai le moins aimé des quatre mais il m’a suffisamment secouée pour figurer sur ma hot list du moment. Je ne sais pas comment les Grolandais ont pu réussir ce tour de force de rendre poétiques des images de zones commerciales, entre Leroy Merlin, Picard et Bricorama, mais ils l’ont fait. No man’s land de l’anti-capitalisme, cette fable burlesque oppose deux frères n’ayant à priori rien en commun : l’un est le plus vieux punk à chien d’Europe (Poelvoorde) et l’autre (Dupontel), le commercial de Top Literie à la vie le plus chiante d’Europe.

L’un a choisi de vivre en marge avec ses canettes de Kro, son (petit) chien et sa douche matinale à la fontaine du Rond Point des Lys. Et l’autre ne choisira pas d’être envoyé sur les rails de la marginalité. En bonne satyre sociale, les deux réalisateurs nous replongent dans nos 17 ans, quand nous voulions casser la gueule au monde entier, sans pour autant avoir une autre solution à proposer à la place. Le film est du 100% no future ; avec un pessimisme si hardcore qu’il forcerait presque le spectateur à prendre les armes de l’optimisme pour partir au combat.

Ne vous attendez pas à des rires en rafales, des blagues en mitraillettes ou des répliques cultes à la chaîne. Non, le film traîne et prend son temps comme un vieux punk bourré qui contemplerait le monde avec le cynisme et le mépris d’un gamin qui refuserait d’aller à l’école le lundi après-midi quand il fait beau dehors…

Au passage, vous pourrez aussi profiter de Poelvoorde dans le plus beau rôle de sa carrière…. Donc inspirez fort et plongez. Mais inspirez profondément : là où les Grolandais vous emmènent, vous aurez besoin d’air…

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LES BETES DU SUD SAUVAGE, de Benh Zeitlin avec Quvenzhané Wallis et Dwight Henry

Premier film, titre chelou, acteurs amateurs, film qui repose entièrement (et uniquement) sur les épaules d’une gamine de 6 ans, pas vraiment de synopsis si ce n’est un truc bizarre avec des aurochs sauvages qui se réveillent somewhere en Antarctique et une gamine qui vit avec son père dans le Bayou sur un territoire qui subit une montée des eaux sans précédent. Voilà. Sur le papier, c’est juste : « Next ».

Sauf que le fait que le film ait tout raflé à Cannes, Deauville, Sundance, Londres ou Stockholm a fait quelque peu pencher la balance de l’autre côté. « Okay, let’s give it a chance… »

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Et là, après une heure et demie de film, comment dire… La claque a été telle, et je l’ai ressentie tellement fortement, que je n’aurais jamais les mots pour vous décrire la façon dont j’ai vécu ce film. J’ai eu des frissons du début à la fin, pleuré gaiement les 15 dernières minutes (même si le film n’est pas du tout une tragédie arrache-larme comme les films américains qu’on déteste) mais surtout, vu le film d’une façon que vous ne comprendrez jamais.

Parce que le vrai secret de ce film est là : vous aussi, vous verrez ce film d’une façon unique et personnelle. Il vous touchera d’une façon spéciale, et touchera votre voisin d’une autre. C’est juste la définition d’une vraie œuvre d’art : sa magie et sa poésie font que le spectateur comble les trous avec son propre imaginaire et son propre vécu pour le ressentir plus fortement.

Selon les spectateurs, les sujets abordés dans le film seront donc différents. On y retrouve un parfum de fin du monde, de résistance, de passage de l’enfance à l’âge adulte, de rebellion, de man vs wild, d’anti-capitalisme, de documentaire et de conte de fée à la fois… Perso, j’ai trouvé que ce film était purement et simplement du génie… Je vous le recommande vraiment. Mais genre VRAIMENT.

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Passons maintenant aux documentaires…

Il est vrai, et je ne vous le cacherais pas, que je traverse en ce moment une phase de « complot-à-gogo », saupoudrée de « On nous ment, on nous affabule » qui m’excite tout particulièrement. Et mon cas s’est quelque peu aggravé suite notamment à la découverte de ces deux reportages, qui ne sont pourtant pas des démonstrations de prosélytisme mais des bijoux d’investigation hors des sentiers battus…

UN MONDE SANS HUMAINS de Philippe Borrel

Un reportage diffusé sur Arte en octobre et qui a fait couler beaucoup d’encre. Et pour cause… Sans vouloir vous gâcher votre plaisir de découverte, il y est question de l’impact des nouvelles technologies sur notre vie et de la part énorme que celles-ci vont avoir dans notre futur (très) proche. En moins de 10 ans, nous sommes en effet déjà greffés à nos smartphones et autres ipad, mais ce n’est que le début d’un esclavagisme progressif qui réduira l’humanité à des bouts de chairs dépendant d’un cerveau extérieur. Dramatic much ? 🙂

Si je vous parle d’une « université », implantée sur le site de la Nasa et financée en partie par Google et les plus gros monstres anarcho-capitalistes du monde, et faisant des recherches sur la programmation du cerveau et la façon de le contrôler via des machines, ça vous parle ?

Voici un extrait de la présentation du film, sur le site d’Arte : « Les adeptes de ce mouvement de pensée, né aux États-Unis, voient dans les techno-sciences un moyen de créer un homme plus que parfait, bardé d’implants, dont les maladies et autres imperfections physiques seraient gommées grâce aux innovations technologiques. Les plus fervents vont même jusqu’à évoquer la possibilité de se jouer de la mort en sauvegardant nos consciences sur disque dur. »

Philosophes, scientifiques, journalistes évoquent donc un futur qui où l’humanité sera divisée en deux : une élite post-humaine tendant vers « l’omniscience et l’immortalité » (dixit le big boss -et futur Dieu- de cette « Université » s’apparentant plus à une secte qu’autre chose) et le reste de la populace, qui trimera pour garder une place dans une société où, plus que jamais, le marketing et la sur-consommation seront les bases de notre civilisation.

Un film totalement révoltant et terrifiant et dans la même veine que le docu sur Goldman-Sachs. Ou comment des monstres d’égoïsme voulant devenir Dieu décident de tirer leurs épingles du jeu en crachant au visage des pauvres débiles philanthropes qui rêvent encore « d’un monde plus beau où l’humain grandit en se mettant au service de l’humanité et de la planête »… Très instructif.

Juste un exemple, pour finir, sur ce que la machine sait déjà faire : lors d’une expérience, on passe un sujet dans un IRM et on lui montre une image de voiture. Un ordinateur à l’autre bout va interprêter les résultats de l’IRM et répondre à la question « A quoi pense le sujet ? » par « Une voiture ». Fun. Ou pas…

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LA REVELATION DES PYRAMIDES de Patrice Pooyard

Après avoir vu ce documentaire (cliquez ici pour le visionner), vous ne verrez plus jamais l’archéologie et la paléontologie de la même façon. Ici pourtant, il n’est pas question de délire mystique ou de théorie paranormales. Non. Dans ce docu de près de 2h, la voix-off d’une femme explique posément une démarche d’investigation se voulant « objective » et « ne rassemblant que des faits ». Et en effet, pendant 90 minutes, seuls des faits sont présentés, à la chaine. J’en parlais hier avec un gros pro du circuit qui a joliment résumé la chose : « Après avoir vu ce doc, je suis devenu fou » 

Sans tout vous dévoiler, vous découvrirez que la pyramide possède en réalité huit faces (visibles uniquement façon ombre/lumière lors des solstices), qu’elle est orientée plein nord avec une différence de seulement 5° degrés (un niveau de précision qu’on atteindra en Europe qu’au 19e siècle), que les gigantesques blocs de granit dans la chambre du Roi sont alignés avec une précision de l’ordre du 1/10 de milimètre, que si elle a réellement été construite en 20 ans (la version officielle), cela signifie que chacun des 2 millions de blocs de plusieurs tonnes a été extrait/taillé/posé en 2 minutes et qu’on y retrouve le nombre d’or et π absolument partout. Et que tout ceci n’est « qu’une coincidence » et que les égyptiens étaient « juste très patients et méticuleux mais n’avaient évidemment aucune connaissance mathématique » selon la version officielle…

Si la science avait réussit à expliquer la construction des pyramides égyptiennes et mayas ou des colosses de l’Ile de Pâques, ce documentaire n’aurait pas de raison d’être. Sauf que voilà, même aujourd’hui, personne n’a d’explications si ce n’est des suppositions plus ou moins absurdes.
L’auteur s’aventure donc à donner une théorie (peu détaillée) dans les 15 dernières minutes, en précisant qu’il ne s’agit que d’une théorie et qu’elle n’est, pour l’instant, pas vérifiable. En réalité, son point est plus simplement de démontrer que les explications officielles ne fonctionnent pas.

Pourquoi alors ne sont-elles pas remises en question ? Parce que l’archéologie « officielle » fonctionne de façon collégiale et hiérarchique. Et que personne n’a le droit de remettre en question des théories admises comme fondement de l’archéologie moderne… Une pierre qui s’écroule à la base et ce sont 95% des « chercheurs » qui voient leur statut prestigieux de « docteur » ou, plus concrètement, leurs financements, s’évanouir au loin… L’archéologie deviendrait la risée des sciences : l’égyptologie moderne n’existerait plus. De même, comme en politique, pour grimper les échelons et se faire un nom, mieux vaut ne pas être trop audatieux et suivre la tendance, quitte à retourner parfois un peu sa veste selon le courant du moment…

En réalité, la grande pyramide de Gizeh ne peut pas être simplement le tombeau de Kheops comme le veut la théorie officielle. Et ils sont de très nombreux archéologues à soutenir cette théorie : le batiment était déjà là depuis très longtemps (ce qui contredirait le fait que les premières grandes civilisations sont nées il y a 6000 ans) et Kheops a choisi de mettre sa dépouille dedans, comme peut-être d’autres pharaons avant lui. Si Kheops l’avait fait construire pour lui, cela aurait signifié qu’elle ait été construite en 20 ans, la durée de son règne de Pharaon. Ce qui est absolument impossible. Surtout quand on regarde les outils dont disposaient les égyptiens en question à ce moment là : des pierres et des burins (une fois de plus, selon la théorie officielle). Par comparaison, il est admis en revanche que les pyramides mayas ont été construites en plus de 150 ans chacunes…

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Bref, si je me lance sur ce sujet, je vais dériver sur plein d’autres choses, dont les origines de l’homme (qui remonteraient en réalité à bien plus loin que la version officielle), les civilisations perdues, celles évoquées dans la Grèce Antique (« affabulation et imagination fertile », qu’ils nous disent) ou les diverses invertions de pôles magnétiques ayant déjà eu lieu et ayant entraîné des minis fins du monde lors des précédents millénaires… (mais oui, le 21 décembre,  je vais dormir sur mes deux oreilles 🙂 ).

Et juste une question : si jamais, pour une raison X ou Y, notre civilisation venait à disparaitre (virus, changement climatique, super éruption, météorite, guerre bactériologique de fou etc…) que resterait-il de nous dans 10 000 ans? Sérieux ? Le plastique, le béton, le métal… Tout ça se décompose, s’abime ou rouille (sauf qqs métaux dont l’or). Il ne resterait que nos structures super massives en pierres (pour info, la grande pyramide, tout comme des murs mayas, sont bâtis et imbriqués d’une façon extrèmement complexe et anti-sismique).

Ci-dessous, un mur à l’Ile de Pâques… Comment dire… Chaque bloc pèse plusieurs tonnes et s’emboite à la perfection avec les autres. Ils étaient plutôt bons les mecs pour des primitifs en peaux de bêtes et avec des silex…

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Une fois de plus, je n’ai aucune théorie qui me séduise plus qu’une autre (et certainement pas celle des martiens) mais quand même, qu’on vienne pas me dire que « Ca c’est passé comme ça un point c’est tout. Et tout ce qui ne rentre pas dans la case, et bien, ça restera à jamais un mystère et un point non-résolu à ne plus prendre en compte. Et pis voilà… »

La bonne conclusion est, je pense, de garder un esprit ouvert et de ne jamais rien prendre pour acquis en dehors des faits. Le reste n’est que théorie et je pense que personne ne détient une vérité, surtout pas sur ce genre de sujets… Il est impossible de dire « Ca s’est passé comme ça, un point c’est tout ». Sinon, une seule image me vient en tête, celle de Gallilée qui soutient que la Terre est ronde, faisant éclater de rire les plus grands scientifiques de l’époque.

Il ne faut pas oublier non plus que les médecins faisaient des saignées pour guérir les malades les plus faibles ou que les astronomes pensaient que le soleil tournait autour de la Terre… La seule vraie certitude que j’ai, c’est que les scientifiques dans 2000 ans riront à gorge déployée en voyant les conclusions officielles de notre siècle. Le reste n’est que théorie et je vous invite à faire la vôtre !

Pour les curieux, allez visiter ce site qui semble à première vue être un ramassis de trucs paranormaux, chelous, voire risibles mais il contient suffisamment de matière pour élargir son imaginaire et son champ de vision. L’essentiel après tout pour se faire un avis est de piocher à droite et à gauche avant de stabiliser son opinion, non ? En clair, avoir en main les versions officielles et celles qui ne sont pour l’instant que purs délires. Ensuite, il n’y a plus qu’à choisir sa route entre les deux !

Surtout, une fois que vous aurez vu un ou les quatre films ci-dessus, surtout n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé dans les commentaires ! J’ai hâte d’avoir votre avis et surtout, j’espère qu’ils vont vous plaire ! (et pis rien de tel après un bon gros bad run des familles que de se mater un film qui nous transporte loin, très loin, des tapis de jeu non ?)

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Mais t’es pas un peu jalouse là ?

10 mai 2012

Lucille, une joueuse que je considère depuis quelques temps maintenant comme une amie du circuit, a récemment remporté un million d’euros avec sa seconde place à Monte Carlo (à moins que vous ayez fait entre-temps un aller-retour sur Pluton, vous ne pouvez pas l’avoir raté). On m’a donc demandé de nombreuses fois, hors caméras et hors micros, si je n’étais pas un peu jalouse de sa victoire et du fait qu’elle soit numéro 1 française pour un bon bout de temps.

En effet, avant que Lucille ne fasse ce résultat, la numéro 1 française sur la Women’s all time money list, était Rebecca Gérin avec 260 000$ de gains, ce qui restait très « accessible » pour n’importe quelle compétitrice. Perso, avec mes 225 000$, je n’étais pas loin, tout comme Ness, Almira, Vaness’, Isabel, Barbara ou encore Mercedes. Et maintenant, même si l’une d’entre nous remportait un bracelet aux prochains WSOP, elle ne dépasserait pas Lucille et son 1,5 millions.

Du coup, la question semble légitime : en réalisant son rêve, Lucille entaillait sérieusement le rêve des autres. Et c’est là, en réalité, le nœud de la chose et la réponse à la question.

Prenons un athlète français X qui s’entraine pour battre le record du monde du 100m : il veut être le premier à passer sous la barre des 10 secondes et rien à ses yeux ne semble plus important. 10,2 secondes, 10,1 secondes, 10,3 secondes et pan, pendant ce temps, un autre athlète, français lui aussi, le fait avant lui : il est le premier à scorer 9,8 secondes, le tout enveloppé d’une frénésie médiatique sans précédent.

Une part de l’athlète X sera anéantie. Et pourtant, l’athlète Y est son pote. Pourquoi ? Parce que la réussite de Y met en lumière l’échec de X : Y a réussit là où X a échoué. Et X pleure, parce que tout en lui lui hurle désormais qu’il est une merde. Et qu’il ne s’est pas donné les moyens de réellement atteindre son but : il aurait dû s’entrainer beaucoup plus au lieu de faire d’autres choses en parallèle. S’il avait réellement voulu atteindre son objectif, il aurait dû faire beaucoup de choses qu’il n’a pas faites.

Du coup, au final, qu’importe ses succès personnels, qu’importe qu’il soit numéro 2 et qu’il soit meilleur que des milliers d’autres, qu’importe s’il a une vie magnifique : la seule chose qu’il ressent, c’est une dévastatrice sensation d’échec et de loose, doublés d’une violente haine de soi…

Ce n’est pas de la jalousie ou de la rage quant au fait qu’un autre soit heureux. Non, c’est de la colère envers lui-même. Ce ne sont pas des larmes de haine, mais des larmes de désespoir quant à ce qu’il est.

Voilà en gros, et en toute honnêteté, ce que j’ai ressenti. J’aime énormément Lucille, et ce, pour de nombreuses raisons. Je suis ravie qu’elle vive comme moi à Londres parce que nous pouvons et pourrons partager de nombreux moments ensemble et qu’elle est une amie avec qui j’aime échanger. De plus, je suis immensément heureuse qu’il lui arrive une chose aussi belle : elle a travaillé dur, ça n’a pas toujours été facile pour elle et il était temps que le ciel lui fasse enfin un cadeau.

Il va de soit qu’il n’en aurait pas été de même s’il s’était agit d’une nana que je n’aime pas. Il n’y a aucune joueuse que je déteste donc je ne peux penser à une fille en particulier, mais je suis certaine que si ça avait été le cas, j’aurais eu une part de moi qui aurait détesté la voir gagner. Add insult to injury.


Nous vivons dans un milieu incroyablement compétitif et où les félicitations se font bien souvent la mâchoire serrée. Mais j’étendrais ça à la France en général où, étrangement, personne ne semble jamais se réjouir du succès des autres. La jalousie et l’envie sont très présents aussi dans le poker. Comme avec les jetons, c’est à celui qui a la plus grosse (voiture, pile de jetons, montre…).

Il n’y a pas très longtemps par exemple, je ne sais plus avec quel journaliste je parlais mais il m’a sorti cette phrase, « J’avais vraiment envie qu’il gagne. C’est rare un joueur qui fait l’unanimité comme ça mais pour une fois, on est nombreux à être heureux pour lui » Je ne sais plus s’il s’agissait de Kool Shen dans l’EPT Madrid ou Yu Brécard dans les SCOOP mais l’idée était là.

Beaucoup se réjouissent du malheur des autres car c’est confortable : au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. Mais au Royaume des Successful sharks, les borgnes sont… borgnes. Et il semble plus simple, plutôt que de travailler sur sa propre réussite, de se réjouir et d’encourager l’échec des autres.

Beaucoup sont nombreux, de manière plus ou moins consciente, à vouloir pouvoir se dire « Je suis le Seigneur du Château » quand ils regardent autour d’eux. Ou plus simplement vouloir être en paix avec l’image qu’ils ont d’eux, ce qui est toujours lié à l’entourage ou au milieu dans lequel on évolue. Je ne connais personne qui puisse en effet porter un jugement sur lui sans référent extérieur : les autres sont perpétuellement et inconsciemment le miroir de nos vies.

Kierkegaard dit que « L’admiration est un abandon heureux de soi-même [mais que] l’envie [est] une revendication malheureuse du moi. » En effet, il n’y a que du positif dans le fait d’admirer quelqu’un, et que du malheur dans le fait de s’oublier en voulant être quelqu’un d’autre.
Martine le Coz dit également que « L’admiration change les proportions entre les hommes, fait de l’un un géant et de l’autre un lilliputien. » 

Comment être heureux et satisfait quand on est entouré de géants ? On trouve toujours, je suppose, plus grand, plus fort, plus riche, plus drôle et plus successful que soi. Toujours. C’est donc le moment où il faut réussir à trouver la paix dans sa position et de part son statut.
L’envie (et donc la jalousie) sont des sentiments qui trainent un humain directement dans le caniveau, le corps lourd et imposant bloqué à l’entrée des grilles d’égouts : il n’y a pas de système d’évacuation et le corps, mort, stagne en entamant son long processus de décomposition. C’est le moment où il peut être salvateur d’avoir l’intelligence de la perspective.

Il est très difficile pour un joueur vivant un bad run depuis de longs mois d’avoir une belle image de lui-même. Plus le temps passe et plus son image dans le miroir se ternit. Les paillettes tombent sur les autres et lui reste, comme un con, seul et laid devant sa totale absence de réussite. Deux chemins s’ouvrent alors à lui : celui de la haine qui ronge de l’intérieur et le conduira à une perte lente et douloureuse ou celui de l’espoir et de la confiance, qui le conduira à remonter jusqu’à des sommets plus hauts que ceux qu’il a déjà gravis auparavant.

Dans un monde idéal, la lumière des uns servirait à éclairer les recoins obscurs des autres. Je ne dis pas que c’est simple mais il faut parfois savoir se poser au sommet de sa montagne et faire un bilan objectif de sa position et de l’endroit où l’on souhaite aller. Et surtout, savoir se retourner pour voir le chemin accomplit ; il est étrangement souvent bien plus beau que ce à quoi on peut s’attendre. Et ensuite, il faut se remettre en selle et vouloir le meilleur pour soi. L’envie produit le système inverse : vouloir le pire pour les autres afin d’être satisfait de sa propre position de stagnation ou d’échec. Et cela fait une lourde différence.

Donc, pour finir de répondre à la question, oui, la compétitrice que j’ai toujours été a eu mal. Pas parce qu’elle était envieuse ou jalouse, mais parce qu’elle s’est sentie lilliputienne au milieu de géants (et puis elle a écrasé une fourmi et s’est sentie beaucoup mieux -Non, je déconne -)

Bref, tout ça pour dire que je suis très fière et heureuse pour Lucille et que ça me motive encore plus pour Vegas et pour moi aussi, à mon tour, être fière de moi et d’un résultat que je pourrais faire. Depuis quelques temps, il n’y a en effet pas grand-chose que j’ai fait qui m’ait rendue fière de moi et c’est là finalement le vrai coeur de toute chose…

Easy transition : en période de doute et de manque de confiance, rien de tel que la magie des arts pour faire rêver et sortir de ses idées noires. Voici donc deux chef-d’œuvre magiques qui ont illuminé ma semaine.

Tout d’abord une autobiographie de Nicolaï Lilin : « Urkas, ou l’éducation sibérienne ». L’enfance d’un criminel russe, une sorte de Guerre des Boutons hardcore qui ferait passer Fleury-Merogis pour le Ritz et les cités de Seine St Denis pour Disneyland. Passionnant et parfois (involontairement) hilarant tant le monde décrit semble sorti de l’imaginaire d’un savant fou qui aurait accouplé Call of Duty et la Bible. A lire absolument.

Et ensuite, et bien que le grand écart entre les deux soit monstrueux, j’ai été voir ma première comédie musicale à Londres : Matilda, qui était mon livre préféré étant gamine (et là, en écrivant, je me rend compte de l’absurdité de la juxtaposition des deux références artistiques de ce post). Je m’attendais à un truc gnan-gnan et forcément un peu chiant puisque tiré d’un livre pour enfants, le tout avec des chansons (forcément nazes) toutes les trois minutes. Mais la pièce avait raflé tous les prix aux derniers Molières anglais donc bon… Tant qu’à en tenter une (après tout, on vit à Londres et rien de tel qu’une nouvelle expérience !), Fab et moi nous sommes motivés et on a pris notre billets last minute sans grand enthousiasme.

Au final, nous avons passé 2h40 ( !) absolument MAGIQUES pendant lesquelles je priais pour que ça ne finisse jamais. Etre programmé sur le Broadway londonien est un rêve pour n’importe quelle compagnie, n’importe quel scénographe, n’importe quel décorateur… Et les places sont chères : une fois de plus, seuls les meilleurs y arrivent. Et là, force était de constater que jamais de ma vie je n’avais vu décors aussi beaux, acteurs aussi bons, chorégraphie aussi surprenante, lumières aussi pointues ou, plus simplement, magie aussi forte. Et pourtant, bien que quasi-bilingue, je n’ai pas du piger plus de 30% du texte. Mais nous sommes sortis comme sonnés : la pièce n’était rien de moins qu’une démonstration de ce que le théâtre a de mieux à offrir : un monde parallèle, enchanteur et avec la magie de la scène et de ce que l’humain peut faire de mieux en matière de « Tiens, assieds-toi là, je vais te raconter une histoire ». Tout simplement.

Et là, j’ai pensé à tous les autres dinosaures du West End dont la mise en scène n’a pas changé depuis 10 ans et qui ont dû avoir sacrément les boules de voir toute l’ombre que cette pièce leur ferait. Le tout avant de comprendre que ça allait tirer tout le milieu vers le haut : il faudrait, une fois de plus, être meilleur. Puis encore meilleur. Puis encore meilleur que meilleur, le tout en faisant avancer malgré soi une cause plus grande…

En résumé, ces derniers temps, j’ai été allègrement bringuebalée par des émotions lourdes. Et pourtant, si je devais changer un truc dans ma vie, je ne changerais rien… En effet, je suis pleinement consciente de la chance que j’ai et il ne se passe pas un jour sans que je me dise que vraiment, ma route a été bénie par « whatever it is » qui s’est penché un jour sur mon berceau. Au final, et si je veux conclure ce post avec la même sincérité avec laquelle je l’ai écrit, il ne me manque en réalité qu’une seule chose : être réellement fière, moi aussi, d’une grande chose que j’aurais accomplie, au poker comme ailleurs… .

Le grand bric-à-brac du mois de mars

15 mars 2012

Il y a des mois comme ça où je ne poste pas de compte-rendus de tournois pour la simple et bonne raison que si je le faisais, ça donnerait ça :

Ou ça, mon rêve du moment :

Ou encore ça, message qui risque de bientôt se retrouver étrangement accroché au dessus de mon lit (par un boyfriend exaspéré) :

En résumé, vous l’aurez compris, ça runne sacrément bad dans la chaumière. L’enfer…

Je vous donne un exemple dans mon dernier tournoi : un 1000$ bounty que je m’étais accordée dans un side du WPT Los Angeles. Ce tournoi m’enthousiasmait particulièrement car outre le fait que je n’en joue plus beaucoup, il permettait d’être en freeroll assez aisément, chaque bounty valant 500$.

J’ai donc commencé par gaiement éliminer un joueur short stack sur un flip (« Hourrah, je suis en demi-freeroll ») avant de voir 500$ de bounty s’envoler avec AK (chez moi) contre A4 chez un joueur qu’évidemment je couvrais à peine. Du coup, non seulement les biftons se sont envolés dans l’espace mais en plus, je suis évidemment partie en orbite dans les trois mains qui ont suivi.

Ensuite, j’ai décidé de jouer un peu en cash game alors que normalement, ce n’est pas une discipline qui m’éclate. Mais bon, quand faut y aller, faut y aller… J’ai donc joyeusement commencé par perdre deux caves de 200$ chacune sur des coups inévitables avant de trimer six heures durant pour les récupérer. Et repartir au final avec un bénéf’ monstrueux de… 75 dollars. Youpi.

Du coup, pleine de bonne volonté, j’ai décidé d’ouvrir un compte sur un site de jeu online bien connu sur lequel je n’avais pourtant jamais joué auparavant. Il faut dire que j’ai un côté mono-maniaque et que je joue rarement sur deux sites différents en même temps. Bref, j’étais sur un site que j’ai décidé de boycotter pour de nombreuses raisons. Et c’est donc pleine de courage et d’enthousiasme que j’ai entamé quelques sessions récréatives sur mes nouvelles tables.

C’est également pleine de courage et d’enthousiasme que j’ai rapidement regarni mon compte après avoir joué une main (une seule : la première…) dans un gros 50 euros (le max que je joue sur internet) dans lequel je me buy-in en late reg’ : je 3-bet en poz’ un joueur avec AK, il paie, le flop vient K89 tricolore, il donk-push, je paie et il me montre Q7o. Turn : 6 et river : T. Très fun. Vraiment. Et c’est représentatif de tous les autres tournois (là, par exemple, alors que j’écris, je viens juste de perdre avec QQ sur 996 face à 97o).

Je précise maintenant que j’ai horreur de me saisir de ma carte bleue pour regarnir mon compte et que donc, je fais tout pour remonter sans avoir à puiser dans ma réserve perso et ressortir la CB. C’est donc pour cela que je me suis assise avec mes misérables 4 euros restants en cash game pour là aussi jouer une main, une seule : AQ sur Q27 tricolore (il avait 22). Et croyez-moi, sur le moment, la douleur est la même que si j’avais perdu 500 euros. Au poker, je n’existe qu’en deux modes : contente quand je gagne et furieuse quand je perds.

C’est d’ailleurs assez fou comme on peut pester tous les diables de l’enfer après avoir bust d’un tournoi à 20 euros online et comme il peut parfois arriver de sauter d’un tournoi en live à 500$ et se dire : « Bon, bah busto sur un flip, that’s poker… ». Et si je mets « on » c’est que je sais que je ne suis pas la seule…

Sur ce même site, et une fois après avoir re-cartouché 50 euros, je ne fais ensuite que des min/moyen-cash, ce qui me fait glisser lentement mais surement vers les profondeurs des tableaux abscisse/ordonnée, m’évoquant avec horreur la perspective d’un bocal à côté de mon screen name d’ici peu sous sharkscope. Un cauchemar.

Bref, énooooooorme whine doublé d’une lourde remise en question inévitable. Pourtant, quand je lis les articles techniques des magazines poker, je vois bien que je suis d’accord avec la majorité d’entre eux et qu’ils ne me parlent pas en chinois. Je vois bien aussi que je ne fais pas d’erreurs monstrueuses… Et que les coups sur lesquels je suis éliminée sont 100% standard.

Sauf que oui, je paie parfois à la river en sachant pertinemment que je suis derrière (mais j’ai brelan quand même, zut !), oui je manque d’agressivité, mais oui, pire que tout, je commence à avoir peur.

Je me suis fait outdraw tellement de fois ces derniers temps que j’ai tendance à interrompre rapidement (= au flop ou turn max) les coups même avec une main forte floppée de type TPTK. Et tant pis si je m’enlève les possibilités que mon adversaire tente de me bluffer ou que j’anéanti le rêve de se voir payer jusqu’à la river par une main moins forte. De plus, je pot-control à mort. Et je check souvent river là où je pourrais pourtant prendre un barrel de value… (« Si je bet, il va me raise ce con, j’en suis sûre ! »)

C’est je suppose le cercle vicieux du bad run qui s’auto-alimente d’erreurs que l’on a même plus conscience de faire.

Alors certes, il ne s’agit pas d’erreurs majeures ou de spew maladif mais à force de ne pas assez prendre de value ou de ne pas 2-barrel suffisamment en (semi) bluff, cela me conduit forcément à des situations où mon tapis, plus petit que ce qu’il devrait être, se retrouve à combattre en étant couvert…

Il faut donc que je reprenne confiance et que je retrouve l’énergie que j’avais l’an passé à la même date quand je m’asseyais fleur au bec dans des gros tournois, en sachant que de toute façon tous mes bluffs passeraient et que AK contre QJ, ça ne perd que dans des mini-pots. J’exagère un peu mais bon… Il n’empêche que je vais donc me remettre en question et passer quelques longues heures online, ce que je n’ai jamais fait avant puisque perso, j’ai toujours vécu (à tort) le poker sur internet comme un moment uniquement récréatif.

Et puis après tout, je n’ai pas pu m’empêcher d’aller voir la courbe du mec online-successful du moment, Roro, pour constater, non sans soulagement, qu’il était à peine à jeu au bout de 1000 tournois sur cette même room, le tout après avoir fait un joli plongeon dans les profondeurs des entrailles de la loose online à peine inscrit. Le tout avant de faire une remontée fulgurante, de tout déchirer et de monter 50 000$. Easy.

Je vais donc tenter de reprendre de la force au maximum pour m’asseoir à mon prochain tournoi remontée à bloc. Tant pis si je bust sur un bluff, tant pis si le mec m’outdraw avec sa double paire pourritos-miraculos à la river, je n’aurais pas peur. Evian et les FPS, prends garde à toi !

Sur ces paroles Coué-à-donf, laissez moi terminer sur une belle parenthèse de tout ce que j’ai aimé ces derniers jours :

. Le road trip en Californie avec Fab, enchainé juste après deux jours à Boston (et zou, d’une côte à l’autre…). Un vrai régal au soleil que nous avons enchainé juste après une semaine à Las Vegas :

Soirée dans le Downtown Los Angeles, entre les sushis pointus de la pagode du Yamashiro, le bar du mythique Chateau Marmont, la promenade sur Sunset Bvd et la soirée au Mondrian ; Hollywood me voilà !

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Journée à Santa Barbara, alias "la Suisse de Californie", ville où la vie est douce, paisible, belle et surtout, la plus chère des USA... Il faut dire que vivre à Disneyland au bord du Pacifique, ça a forcément un prix !

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On ze road, nous avons rencontré deux types d'animaux sauvages : le premier est gros, poilu, sent mauvais et se cache derrière les fourrés et le deuxième est un phoque de mer. 🙂

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Carmel est une ville comme je n'en avais jamais vue : un village de schtroumpfs millionnaires qui se font un point d'honneur de vivre en harmonie avec la nature. Du coup, par exemple, les éclairages publics sont interdits la nuit (pitch black) mais la journée, les dauphins jouent dans les vagues à 15 mètres de la plage !

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L'arrivée à San Francisco est spectaculaire et ravive de nombreux souvenirs de films, surtout quand on la parcourt en tramway (Bullit, l'Inspecteur Harry, Rock...)

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La ville a su garder un extraordinaire côté babacool et indé grâce à tous ses habitants arrivés en masse dans les années 70 et jamais repartis (ou jamais redescendus de leur trip sous acide). Du coup, les boutiques colorées fleurissent, tout comme les concerts improvisés ou les oeuvres de street art.

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La diversité des cultures y est également si présente qu'elle permet de voyager sans sortir de la ville : ici, afternoon tea au Japanese Garden et balade à Chinatown.

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Deux des symboles de la ville : le majestueux Golden Gate et... la soupe de coquillages sur le quai 39, servie dans un bol de pain. On pourrait croire que c'est bon, mais en fait, ben...

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Et le soir, la ville offre des moments qui n'existent pas ailleurs : repas 5 étoiles dans un resto gastronomique végétalien (ni oeuf, ni produit laitier, ni viande, ni miel) étonnamment savoureux, suivi d'un cocktail sans concession au Bourbon & Branch, bar avec réservation only + mot de passe et sans enseigne extérieur, hommage au temps de la prohibition (et non, la photo n'est pas floue ; elle est le juste rendu exact de ce que je voyais ce soir là) 🙂

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Sausalito, petit village situé de l'autre côté du Golden Gate est ce que Deauville est à Paris : un 21e arrondissement pour riches ayant envie de bien dormir, bien manger et vivre loin de l'agitation de la ville le week-end. Pari réussi : jamais aussi bien mangé !

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Et, last but not least, la cerise sur la gateau, le point final, le climax du voyage : le sublimissime casino Bay 101 à San José, aka le paradis sur terre...


. J’ai lu de bons bouquins dont l’autobiographie de Keith Richards
, que j’ai dévorée de bout en bout. Son parcours hardcore rock’n’roll est le miroir sans concession d’une succession d’époques mythiques : coinços fifties et swinging sixties à Londres, LSD Seventies aux States, Bling bling eighties en tournées mondiales, reggae roots Jamaïcan style nineties… En bref, à lire absolument, et ce, même si vous n’êtes pas fan du plus grand groupe du monde (ce qui était d’ailleurs mon cas ; je n’aime vraiment qu’une petite dizaine de leurs chansons).


. Et je viens juste de commencer un autre bouquin qui m’a l’air démoniaque : « Sous les néons, Vie et mort dans les souterrains de Las Vegas » par Matthew O’Brien aux éditions Inculte. Un livre qui m’a l’air dingo puisqu’il s’agit des péripéties de son auteur, homme aussi courageux que talentueux, qui un jour décide de prendre sa lampe torche pour aller à la rencontre des milliers de sans-abris qui occupent les larges canalisations d’eaux usées de la ville… Choc garanti.

. J’ai à nouveau plein de taf pour MadeInPoker avec toute l’équipe des potos du début : Fab, David, Jules et Steven ! On a décidé de reprendre les rênes il n’y a pas longtemps et on est bien décidés à tout déménager. D’ailleurs, pour lire toutes les infos croustillantes, venez liker notre page facebook ! On vous prévoit plein de concours, d’infos en exclu et plein d’autres news et itw que vous ne lirez pas ailleurs ! (d’ailleurs, j’ai adoré écrire le top 10 des bogoss du poker français, un peu d’humour dans ce monde de brutes).

Une belle brochette à nouveau réunie pour vous offrir le meilleur de l'actualité du poker ! (et oui, gros skill sur photopaint, je sais...)

. Du taf aussi pour Blue Shark Optics dont je suis très fière d’être l’ambassadrice ! Si vous ne savez pas encore de quoi je parle (malheureux !), rdv là pour le site internet et rdv aussi sur notre page FB ! Pour faire simple, il s’agit de la marque leader aux USA et il y a une bonne raison à ça : la qualité inégalée du produit. On m’aurait proposé de défendre les intérêts d’un produit mauvais, je vous garantis que je n’en aurais pas parlé de cette façon.

Mais là, j’ai une paire faite sur-mesure à ma vue (génial) et je me sens super confortable à la table. C’est agréable d’avoir un masque total sur les yeux, que personne ne puisse voir ce que je vois, tout en voyant comme en plein jour, contrairement à mes anciennes lunettes de soleil que je devais parfois ôter quand la lumière à la table était trop basse.

Le regard droit et la posture fière, elle regardait avec détermination et solidité en direction de la porte de sortie du tournoi, tout en retenant un vieux relent de burrito que lui avait servi Carlos, le serveur tatoué et moustachu du Commerce Casino.

Bref, c’est toujours agréable d’avoir à promouvoir des projets dans lesquels on croit ! De toute façon, de toute ma vie, je n’ai pas le souvenir d’avoir longtemps travaillé pour défendre une cause qui ne me motivait pas. A chaque fois, je me barrais dare-dare, les bras ballants et ayant affiché l’énergie d’une huitre face à des montagnes de mouise qu’évidemment je n’ai jamais gravies (« Vas-y toi plutôt, je te regarde… »).

. Et puisque l’on parle d’une cause enthousiasmante, je vous INTIME L’ORDRE de regarder cette vidéo Kony2012. Oui, celle qui dure 30 minutes et dont vous avez déjà forcément entendu parler via les médias ou les réseaux sociaux. En effet, le film a fait 80 millions de vues en une semaine, ce qui s’explique par l’incroyable message d’espoir qui s’imprime en toile de fond du reportage.

Cliquez sur l'image pour voir la vidéo ! Allez !

C’est un pléonasme que de dire que nous vivons dans un monde déprimant et dans lequel il est difficile d’entrevoir une lueur d’espoir. La lutte pour le pouvoir et l’argent est telle qu’elle anéantit des populations entières et la terre sur laquelle nous vivons par la même occasion. Et tout cela par la seule et unique volonté d’un très faible nombre d’individus soutenus par des masses stupides, crédules et aveuglées (Il faut voir les communautés pauvres du tréfonds des USA se battre avec véhémence contre la gratuité des soins de base à l’hôpital parce que c’est socialiste, donc communiste, donc « pas bien… »).

Et cette vidéo, malgré les critiques qui ont pu en suivre (la plus grande étant que cette sur-médiatisation pourrait au final nuire à l’arrestation de Kony, numéro 1 sur la liste des criminels de guerre de ce siècle, ou que certains intérêts économiques qui nous dépassent pourraient en pâtir), ouvre tout simplement la perspective d’un nouveau modèle économique : « Voici ce que le peuple veut vraiment, donc faites-le ».

Il va de soit que rien n’est tout rose et que les solutions idéales n’existent pas, mais cette association a au moins le mérite de proposer un système différent. Et un système auquel j’adhère et que je soutiendrais à hauteur d’un versement mensuel. Tout comme je le fais avec l’Unicef, dont je vous invite à regarder le site ici !

Bref, vous l’avez vu, j’ai été très busy 😀

Que faire pendant un mois quand on ne joue pas ? Voici les Awards du mois de la glande !

23 mars 2011

Hormis quelques events sous le soleil de Los Angeles il y a maintenant près d’un mois, cela commence à faire un bail que j’ai pas sérieusement touché du jeton… En clair, je viens de passer un mois sans jouer en live DU TOUT !

Sacrilège, horreur et frémissements : je suis en passe de devenir une pro du tourisme, du snowboard (une semaine à Courchevel à descendre des pistes et se gaver de fromage fondu : le pied), du shopping (j’habite à 15 minutes à pied de Topshop), des bons restos, des visionnages de films, des rattrapages de série en retard ou des bouquins que j’avais achetés mais jamais ouverts. En clair, adieu-byebye la joueuse pro pour ce mois-ci, et pourtant, ce n’est pas l’envie qui manque ! Mais gérer une enveloppe à l’année implique aussi de faire des choix ; et perso, j’ai envie d’avoir plein de sous à Vegas pour les WSOP/Deepstack du Caesars et du Venetian.

Du coup, au lieu de vous parler de bad beat ou de coups joués, je vais profiter de la tribune libre que m’offre ce blog pour vous recommander quelques vecteurs de bons moments, tous fraichement découverts et que j’espère que vous apprécierez autant que moi.

Le poker occupe souvent toute la tête (difficile de se plonger dans un ouvrage de littérature après une journée en tournoi) et il est toujours plus facile d’ouvrir son ordinateur qu’un bon vieux bouquin. De plus, dans notre société de l’ultra-consommation rapide, des chercheurs ont prouvé que notre cerveau se modelait peu à peu sur les nouveaux médias en perdant leur faculté de concentration à long terme : à force de zapper d’une image à l’autre et d’un texte à l’autre, on perd le plaisir de prendre son temps et lire quelque chose autrement qu’en diagonale (ou en extrait). Sauf que quand on a la chance de pouvoir prendre le temps de profiter des merveilles que certains artistes nous offrent, on le regrette rarement… Allez, au boulot et bon appétit :

Award du Livre du mois de la glande :

Ex-æquo .

Purge de Sofi Oksanen. Un récit sublime, poignant et cru sur la chute de l’URSS et la (re)naissance de l’Estonie (je sais, ça fait pas forcément envie, dit comme ça). Le lecteur est invité à suivre une grand-mère aussi acariâtre que volontaire et une jeune russe tout juste échappée des griffes de son proxénète. Et alors que tout semble les éloigner, un vieux secret finira pas éclater, conduisant les personnages sur la route de la liberté et de la rédemption. Un livre qui laisse des traces et qui a raflé des tonnes de prix partout en Europe.

. Vendetta de R.J. Ellory. Un thriller extraordinaire de maitrise, de style et de puissance littéraire qui entraine le lecteur dans un tableau mi-fiction mi-réalité sur toile de mafia aux USA et dont les personnages, qui semblent bouger au rythme de la B.O. du Parrain, ne manqueront pas de vous captiver. Un véritable chef d’œuvre du genre, lent et prenant comme les marécages de la Nouvelle Orléans qu’il décrit si bien. L’auteur a en effet l’art de prendre le temps pour poser le décor et ce n’est qu’au bout de plusieurs chapitres que l’on découvre l’ampleur de l’aventure qui nous attend. L’œuvre a elle aussi reçu de nombreux prix.

. Mention spéciale aussi à « Just Kids », de Patti Smith : une autobiographie émouvante et romantique avec le New York des années 70 pour toile de fond (le Chelsea Hotel, Andy Warhol, le CBGB, les rues de Harlem, son grand amour Robert Mapplethorpe, le rock’n’roll…). Une plongée magnifique dans une époque où les artistes n’avaient pas le même rapport à la gloire et l’argent qu’aujourd’hui. Instructif et nostalgique.

Award de la série du mois de la glande :

Ex-aequo :

. Sons of Anarchy (3 saisons) : la saga palpitante d’un gang de motards/trafiquants au casting aussi parfait (les personnages sont tous étonnamment attachants) que ne le sont les dialogues et les intrigues. En bonus, la 3e saison nous fait voyager en Irlande aux côtés des membres pas très catholiques de l’IRA. Un juste milieu bien trouvé entre émotion, originalité, rock’n’roll et fusils M16 en folie.

. Dexter (5 saisons) : Le plus célèbre des serial killer US n’a plus besoin de présentation. J’me demande quand même toujours comment ils ont réussi à trouver des financements pour produire une série dont le héros tuerait des hommes à la chaine… Pour ceux qui ne connaissent pas, rassurez-vous, la série est beaucoup plus subtile, sympathique et intelligente qu’il n’y parait.

. Modern Family (2 saisons) : Poilade garantie avec la famille recomposée des Pritchett : entre le vieux riche (ex-Al Bundy : rien que pour ça, ça vaut le détour), sa nouvelle femme (une bombe latino), le couple gay qui adopte une petite vietnamienne et la famille parfaite 2 parents/3 enfants/chien/break, les fous rires sont garantis. Une série vraiment chouette de part sa sincérité et sa volonté de ne pas trop en faire. Les personnages sont aussi attachants que les dialogues sont inattendus et loin des clichés. A chaque fois, 20 minutes de détente du cerveau garanties !

Award du film du mois de la glande :

Ex-aequo

. True Grit : un western magistral des frères Cohen qui nous la jouent « à l’ancienne ». Ici, pas de fusillades à la chaine, de chasse au mexicain ou de découverte de mine d’or mais un film fleuve au rythme souple porté par une réalisation sobre, des paysages imposants et magique, un casting incroyable (Jeffrey Bridges en vieux briscard abimé, la jeune Hailee Steinfeld dont la force transperce l’écran et un Matt Damon totalement à contre-emploi) et une atmosphère prenante qui ne cesse de monter en puissance jusqu’à un grand final qui touche au mystique. Une histoire de vengeance sans-pitié et un vrai bon film de genre comme on l’aime avec 10 nominations aux Oscars cette année (mais aucune statuette au final).

. Le discours d’un Roi : c’est sûr que le synopsis en lui-même n’avait pas de quoi exciter la foule (« Comment le Roi George VI, père de l’actuelle Reine Elizabeth II, a surmonté son bégaiement grâce au soutien de sa femme et à l’amitié de son orthophoniste ») et pourtant… Le film réussit à être drôle, poignant, inventif et loin des clichés que l’on retrouve souvent dans les biopics. Une vraie surprise qui doit une immense partie de son succès au talent incroyable de ses acteurs : Helena Bonham Carter, Geoffrey Rush et Colin Firth. Récompensé par 4 oscars, dont celui du meilleur film, scénario et acteur masculin.

Award du meilleur musée du mois de la glande :

. Victoria and Albert Museum : Dieu sait que je me suis trainée/auto-motivée pour y aller… J’avoue que je n’avais que moyennement envie de passer plusieurs heures dans ce qui est décrit comme un « énorme musée des arts décoratifs ». Et pourtant… J’ai commencé par une pièce et j’ai fait « waaaah », puis une autre et « re-waaaah », celle d’après « ohmygodwaouhcommec’estbo » et ainsi de suite… Il faut dire que l’établissement, dont l’architecture est magnifique, regroupe tout simplement le meilleur de l’artisanat humain : tous les plus beaux objets n’ayant jamais été réalisés par l’homme et ce, depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, sur tous les continents. Une merveille de voyage dans le temps qui nous transporte sur la route des Indes, dans un château du XVe siècle, dans les coulisses d’un théâtre et de ses costumes, dans un salon chinois, une salle de bal du 18e ou une bijouterie à faire pâlir la Reine d’Angleterre. Détour obligatoire si vous avez 4 heures devant vous à Londres ! (et là, je m’adresse à tous les joueurs pros qui vivent à Londres et qui, donc, ont forcément le temps d’y aller, hein les gars ?)

Award de la meilleure troupe de théâtre comique :

Les Chiche Capon présente « Le Oliver Saint-John Gogerty » au Théâtre de la Pépinière. Un spectacle aussi hilarant que déroutant : ici, les années d’expérience des acteurs se cachent derrière des mimiques ridicules, des postures improbables, des costumes débiles et des situations absurdes. Bienvenue dans le monde parallèle des Chiche Capon, une troupe dont l’art est celui du Clown. Le vrai clown. Celui qui nous fait dire « mais c’est n’importe quoi ! », « complètement débile mais trop drôle », « primitif mais sympathique » (dixit mon voisin de derrière). Attendez-vous à tout car c’est exactement ce qui va se passer ! Une vraie tranche de fou rire et de bonne poilade d’une heure ; juste parfaite en guise d’apéro (puisque le spectacle est à 19h) !

Award du meilleur site internet débile qui te fait toujours perdre plus de temps que prévu :

Very demotivational : une enfilade d’images stupides (avec des commentaires qui le sont encore plus) et créé à l’origine pour/par des ados nerdy mais que même à 30 piges, tu prends plaisir à lire, surtout pendant le mois de la glande :

CE HIBOU (va demander le divorce)

"Je suis un brocoli et je ressemble à un arbre !", "Je suis une noix et je ressemble à un p*tain de cerveau!", "Chui'pignon et je déteste ce jeu". LES PIGNONS : de stupides trouble-fêtes

 Et oui, je sais, j’ai beaucoup de chance d’avoir le temps de profiter de tout ça (enfin pour la dernière rubrique, je suis pas sûre…) 🙂 Mais bon, j’ai un peu bossé aussi hein ! Je me mets à l’Omaha, je grinde online, je bosse sur des projets persos… Oui, je sais, tranquillou… on reste loin du surmenage 🙂

Et puisque l’on parle de tournois online, j’en profite pour mini brag brag : j’ai gagné mon dernier tournoi bounty ! Nous étions une bonne quarantaine et zou, ship it to mama 🙂 (le tout dans la bonne humeur puisque c’est le mot d’ordre absolu de ce tournoi où je papote in ze chat toujours plus que je ne joue). Après avoir eu quelques beaux coups de chance, le mieux étant AQ bat KK et QQ, le heads-up s’est rattrapé sur le quota de bad beats puisque j’en ai mangé trois d’affilée en étant devant à tapis préflop. Mais finalement, le bounty, ça aura été pour bibi (quand je vous dit qu’il s’agit d’un bounty difficile à avoir et que je ne veux jamais le lacher, hein ?). Pour venir vous venger, rdv pour le prochain bounty sera le dimanche 27 et le lendemain, le 28, Pokergirlz organise un autre bounty en freeroll sur 888 ! (cliquez sur le site pour plus d’infos)

Sur ce, passer à l’action en live commence sérieusement à me chatouiller les naseaux : ça va ruer sévère à Berlin ! En effet, l’EPT allemand constitue ma prochaine étape et ensuite, ce sera l’Irish Open de Dublin ! Et dans son registre, ça sonne aussi comme un bon programme !

Je finirais sur un éclat de rire : voici deux captures écran représentants les mots clés tapés dans google et qui font attérir les internautes sur mon blog : hallucinant (et trop poilant) :


Et, encore un niveau au-dessus (il m’a fallu du temps pour comprendre mais c’est énorme) :


UPDATE : RDV CE SOIR DIMANCHE 27 A 21H SUR 888 POUR PARTICIPER A MON BOUNTY !!!

Adrénophilie : c’est grave docteur ?

3 juillet 2010

Non, je ne parle pas d’arénophilie, alias le mec qui fait sa collection de bouteilles « sable de la Jamaique », « sable de Miami » et « sable qui a servi à construire la piscine ». Je parle de celui qui aime/a besoin/ne vit que pour l’adrénaline. Et que ce soit un mot qui existe ou pas n’a finalement aucune importance.

Selon la définition médicale, l’adrénaline est sécrétée en réponse à un état de stress ou en vue d’une activité physique : elle répond à un besoin d’énergie, par exemple pour faire face au danger. Stimulus extérieur = réaction intérieure et corps aux abois. La sécrétion d’adrénaline dans le corps entraine une accélération du rythme cardiaque, une augmentation de la vitesse des contractions du coeur, une hausse de la pression artérielle, une dilatation des bronches ainsi que des pupilles.

Ca ne vous rappelle rien ? Oui, vous avez raison, les effets physiologiques sont semblables à de la drogue. Le lien est donc facile à faire.

Nombreux sont les tarés que je vois en vidéos enchainer des sauts à skis au milieu d’une montagne mi-falaise mi-rocher (avec un peu de neige entre les deux), les jumps en parachute depuis le haut d’un building, les courses en voiture sur verglas, les « Tiens, et si je me mettais un pétard mammouth dans les fesses pour voir ce que ça fait quand ça explose » (Sisi, c’est la même catégorie. Quoique…). Y’avait aussi ce mec qui s’était fait une combinaison d’écureuil volant et qui avait sauté exprès sans parachute de secours pour être sûr de pouvoir tester son invention au maximum et atterrir ainsi directement en snowboard sur la montagne à 1 000 mètres plus bas (il est rentré vivant pour déposer son brevet). Ce sont ceux qui n’ont jamais peur de rien, ceux qui ne se lèvent que pour entendre leur cœur battre et vivre des émotions plus fortes que les autres.

Tiens, et si je piquais une petite tête moi ? Ca tombe bien, il faut que je teste mon nouveau bikini

Pourtant, d’un aspect extérieur, difficile de distinguer l’amour de l’action chez le joueur de poker : en tapant dans le cliché, il est souvent empâté, mal sapé, il se traine dans les couloirs et ne bouge que pour porter la main à ses jetons (ou à sa bière, c’est selon). Et pourtant, sous chaque armure d’immobilité, il y a un petit cœur qui bat (moment émotion, violons…).

Jouer provoque des émotions comme on en rencontre peu dans la vie. Etre joueur de poker signifie faire de sa vie un cauchemar émotionnel. Sauf quand on s’appelle Antoine Saout, on est d’accord. On perd bien plus qu’on ne gagnera jamais, on n’est content en tournoi que lorsqu’on termine premier, on se prend les pires injustices du monde en pleine tête, on hait le joueur qui nous slowrolle avant de nous outdrawer le coup d’après, on casse des souris, des portes, des murs, on exulte de bonheur quand on gagne un gros flip qui nous propulse chip leader, on a les genoux qui claquent quand le mec d’en face prend trois plombes avant de passer sur notre énorme bluff à tapis, on a le cœur qui s’emballe quand on entend « raise », « reraise » et qu’on ouvre les As, on a envie de tuer la terre entière quand ils se font craquer, et le yoyo dure le temps que dure une vie de joueur. Sans répit.

Mais il s’agit d’un véritable choix. J’imagine Durrrr – toujours plus gros, toujours plus fort dans ses paris, une vraie caricature d’adrénaline addict – à la campagne sans ordinateur ni amis à regarder les carottes pousser pendant une semaine et j’en pleure de rire. Etre joueur de poker, ça peut vouloir dire être très malheureux, mais surtout, être très heureux d’un coup. Gros shot de plaisir directement dans les veines en ramassant les billets ardemment gagnés par liasses qui ne rentrent même pas dans le pantalon. Gros shot de plaisir à nouveau en les spewant en soirée avec ses amis le soir même. Avant de se reprendre un mauvais coup le lendemain, de retomber et de garder le cap : ce qui compte c’est la win. On ne vit que pour la win.

Les joueurs de poker sont des gens comme les autres. Sans jugement de valeur aucun (chacun trouvant son bonheur où il est), ils ont juste besoin de vivre un peu plus fort, et sans filet. C’est tout. 🙂

Une partie en enfer : un thriller poker à lire !

18 mai 2010

Une partie en enfer n’est pas ce que vous croyez : ici, il n’est pas question d’une partie de cash dans les bas-fonds new-yorkais et qui tournerait mal pour le principal protagoniste.

Ici, la partie commence dès les premières lignes du livre et ne cesse qu’une fois ce dernier refermé, le tout dans un rythme haletant (surtout à partir des 2 derniers tiers du livre) et plein de rebondissements. Et par partie, j’entends courses poursuite, messages codés, arnarques sur internet, parties à Vegas, complot mondial, multinationale véreuse (pléonasme), meutres, manipulation, suspense, chantage et tous les autres ingrédients qui font les vrais polars.

Pour ce qui est du pitch, le roman offre des histoires croisées entre plusieurs personnages dont les vies s’entrechoquent avec habileté : le junkie victime et bourreau, le joueur online qui disparait, la copine qui part à sa recherche et qui se retrouve embringuée dans un imbroglio politico-économico terrible, les deux lascars d’internet qui font du trafic de nom de domaine, le big boss d’une entreprise sans foi ni loi etc etc… (et le poker dans tout ça allez-vous me demander ? Ben il y en a partout dans la toile de fond et un peu qui ressort façon iceberg tout au long de la lecture).

Quand les deux auteurs, Florian Lafani et Gautier Renault m’ont contactée à Deauville, j’ai été surprise qu’ils me demandent mon avis sur le bouquin avant que celui-ci ne sorte. Les deux hommes, la petite trentaine, avaient simplement une réelle envie d’offrir un livre crédible aux amateurs de poker. C’est ainsi que Michel Abecassis ou Aurélien Guiglini ont eux aussi donné leur avis sur le livre. GG pour la démarche qui évite ainsi de nombreux écueils.

Côté points noirs, outre un démarrage un tantinet lent, il faut reconnaitre que le livre comporte quelques incohérences que je relierais à l’ambition des auteurs. Ces deux derniers ont en effet décidé de faire un livre dont l’intrigue se situe au niveau mondial, tout en faisant référence à des événements précis, comme les WSOP. Lol donc pour Tobey Mc Guire en finale du Main Event (en même temps, quand j’ai eu la copie, il était en heads-up…) ou pour le LAN, concept de tournoi en live/internet et dont j’ai encore un peu de mal à saisir le concept.

Mais cela n’a que très peu d’importance puisque force est de constater que ce livre se lâche difficilement une fois commencé. La fin comprend de nombreux rebondissements et plus on avance, plus on a envie d’en connaitre le dénouement. Les deux auteurs offrent en effet une structure dramaturgique des plus efficaces, le tout avec une écriture simple, sans chichi et efficace.

En bref, laissez-vous tenter par l’ouvrage (je crois que vous pouvez l’acheter entre autres à la Fnac, sur Amazon ou contre des points à la boutique online de Wina) parce que :

. Demain soir, vous allez passer quelques heures à lire au lieu d’être scotché à l’écran de votre ordi. Que cette fois, la soirée (voire deux) vous coutera moins de 20 euros. Et qu’en plus, vous aurez passé un bon moment.
. L’été arrive et que, lisant ce livre sur la plage, cela vous fait une excellente réponse pour la nana qui vous aborde d’un « Tu lis quoi ? » « Un thriller sur le poker » « Ah bon, tu joues ? » « Oui, je suis joueur pro » (pas besoin de dire que vous êtes pros à la 0,5/1, on s’entend) « Aaah ! Et c’est pas trop dur ? »
. Les deux auteurs sont super sympas. Vous vous en foutez peut-être mais mieux vaut encourager ces deux loustics qu’un mec comme Dan Brown qui est déjà pêté de blé.
. J’ai un pourcentage sur les ventes (non, je déconne)
. C’est la première fois que je suis citée dans des remerciements à la fin d’un bouquin. Et que c’est con mais ça fait bien plaisir !

Les phrases du jour (parfois, j’ai honte d’aimer le poker)

3 janvier 2010

Rappelons le but du jeu en quelques mots :

Dépouiller l’adversaire de toute sa fortune dans le seul but d’accroitre la sienne.
Le tout pour avoir une chance de devenir encore plus riche après réinvestissement des bénéfices.

Voici quelques phrases vues sur le site quotegarden.com, à propos du poker et de son capitalisme turgescent, limite obscène :

Is it a reasonable thing, I ask you, for a grown man to run about and hit a ball?  Poker’s the only game fit for a grown man.  Then, your hand is against every man’s, and every man’s is against yours.  Teamwork?  Who ever made a fortune by teamwork?  There’s only one way to make a fortune, and that’s to down the fellow who’s up against you.
. Pensez-vous vraiment que courir et frapper dans un ballon soit une activité raisonnable pour un adulte ? Le poker en revanche, semble être le seul jeu qui convienne à l’adulte. Là, c’est chacun pour soi. Le travail d’équipe ? Qui a déjà fait fortune avec le travail d’équipe ? Il n’y a qu’un seul moyen pour devenir riche : c’est d’écraser tous ceux qui se mettent sur votre route.

(W. Somerset Maugham)

Somerset était connu pour sa vision désabusée et cynique du monde. Sa vision du poker ne fait pas exception à la règle.

Poker exemplifies the worst aspects of capitalism that have made our country so great.
. Le poker incarne les pires aspects du capitalisme, ceux-là même qui ont fait de notre pays un si grand pays.

(Walter Matthau)

Cards are war, in disguise of a sport.
. Les cartes sont une guerre déguisée en sport.

(Charles Lamb)

Most of the money you’ll win at poker comes not from the brilliance of your own play, but from the ineptitude of your opponents.
. La plus grande partie de l’argent que vous gagnerez à la table viendra moins du génie de votre jeu que de l’incompétence de votre adversaire.

Lou Krieger

(On pourrait croire que je suis déprimée mais en fait, pas du tout. C’est juste que j’ai gagné hier à ma table et que je tente d’assumer le fait d’être une impitoyable capitaliste et, qui plus est, d’en être très heureuse)

Citations sur le poker et les cartes

12 décembre 2009

J’ai trouvé ces citations sur le site OnlinePokerreport :

1. « La seule malchance pour un bon joueur est d’avoir une mauvaise santé. Tous les autres échecs ne sont que des aggravations temporaires ».
– Benny Binion, un opérateur de casino et grand amateur de poker. Binion est considéré comme étant le fondateur du tournoi du poker.

2. « Si vous êtes une personne compétitive et vous vous engagez à quelque chose, vous n’avez aucun autre choix que de tenir le coup »
– Vince Burgio, un joueur professionnel Américain de poker ayant remporté 21 tournois dont un évênement WSOP.

3. « Méfiez vous des personnes aux dents d’or qui vous proposent de jouer aux cartes ».
– George Carlin, un comédien stand-up Américain et un écrivain. Carlin a reçu en 2001 le Prix de Mérite de Carrière lors de la 15ème remise de prix annuelle de la comédie Américaine.

4. « Un As est plus grand qu’une vie et plus haut qu’une montagne »
– Mike Caro,un joueur professionnel de poker. Caro est un pionnier de la théorie du poker et est l’auteur de plusieurs livres au sujet du poker. Un de ses livres les plus connu est « Les secrets fondamentaux de Caro pour gagner au poker ».

5. « Monsieur, j’aime vraiment le poker. Mais chaque main a son propre problème ».
– Henry Fonda,jouant le Wyatt Earp dans « Ma chère Clementine ». Fonda était un acteur de haute renommée qui a gagné différents prix cinématographiques

6. « Le Poker est le seul jeu pour homme adulte. Votre main est contre chaque homme, et la main de chaque homme est contre la vôtre. Qui a réussi à faire fortune grâce à un travail d’équipe? »
– Somerset Maugham,un dramaturge et romancier Anglais. Il fut un des écrivains les plus populaires de son époque, et selon la rumeur un des mieux payé dans les années 30.

7. « Pour être un champion de poker, vous devez avoir une vessie résistante ».
-Jack McClelland, le directeur de tournois du Bellagio.

8. « Je dois me plaindre que les cartes sont mal battues jusqu’à ce que je reçoive une bonne main »
– Jonathan Swift (1728),un ecclésiastique et caricaturiste Irlandais publiant des pamphlets politiques.

9. « Un joueur de cartes doit apprendre qu’une fois que l’argent est dans le pot, ce n’est plus son argent »
– Herbert Yardley (1957),un écrivain Américain. Il fut aussi un fan du poker et en 1957 il publia le livre « L’éducation du joueur de poker »

10. « Apprendre a jouer deux paires vaut autant que d’avoir une éducation universitaire et coûte presque autant ».
– Mark Twain,un humaniste Américain, un caricaturiste et un écrivain. Il est surtout connu pour avoir écrit « Les Aventures de Huckleberry Finn » et « Les Aventures de Tom Sawyer ».

Que c’est bô !

7 décembre 2009

Si vous avez un jour la chance de venir à Vegas pour venir y tenter de monter votre bankroll, vous n’avez pas le droit de passer à côté des spectacles du Cirque du Soleil !

Il en existe six (!) qui tournent pour certains depuis plus de 10 ans, et qui incarnent tous le meilleur du cirque, façon « plein les mirettes ». Après avoir vu « Love » et « Kâ », je suis allée voir « Ô » au Bellagio, hier soir, et j’ai ai pris plein la vue !

Les spectacles sont conçus en même temps que la salle de théâtre qui les accueille. Du coup, la machinerie y est toujours inimaginablement complexe. Pour Ô, la scène est une sorte d’immense piscine qui se couvre ou se découvre selon les numéros. Acrobates aux costumes reptiliens, trapézistes poids plumes, bateaux de métal aux voiles nacrées, clowns rigolos, jeux de lumières magiques, homme en feu qui lit son journal ignifugé, personnages façon « Rocky Horror Picture Show », plongeurs de l’extrême, contorsionnistes, costumes délirants, tout est fait pour épater le quidam venu à Vegas pour voir des choses qu’il n’a jamais vues ailleurs.

Mais si les cinq premières minutes du show sont les plus belles que je n’ai jamais eu la chance de contempler sur scène (il faut voir cet énorme rideau rouge aspiré à l’arrière de la scène comme un mince voile de satin, ouvrant sur une scène de bouillon de culture humain, sous les flammes rouges de l’enfer avec des bouts de jambes qui dépassent de l’eau enfumée et bouillonnante), je dois avouer avoir préféré « Kâ ».

En effet, si l’incroyable machinerie éblouit dès le départ, il manquerait presque un fil conducteur ou du renouveau dans les décors, comme c’est le cas dans le show du MGM. Car dans Kâ, le spectateur a encore des surprises même à 15 minutes de la fin (mon dieu la scène toute entière qui se lève à la verticale !) et les numéros de cirques semblent plus nouveaux.

Quoiqu’il en soit, il s’agit là d’un très beau spectacle qui vaut le détour. A condition d’avoir gagné un peu aux tables avant puisque le ticket coute au plus bas dans les 150$… Vi, vi, quand même…

Précisons enfin que le Cirque du Soleil appartient à 80% à Guy Laliberté, qui gagne notoirement plus d’un million de dollars par jour (!) avec ses spectacles. Ce businessman canadien à la réputation d’homme intraitable, est un passionné de poker qui fait régulièrement le bonheur des joueurs de la Bobby’s Room.