Archive for the ‘Mes tournois en Live’ Category

Reportage photo à Las Vegas pour les WSOP 2014 (et la réponse à « Et c’est comment d’y aller avec un bébé? »

18 juillet 2014

Je pense qu’on a dû me poser la question 500 fois du coup, j’me suis dis… Allez zou, un post! Et comme j’avais la flemme d’écrire, allez zou, un reportage photo! (de toute façon, ne mentez pas, vous aussi vous avez la flemme de lire un long article 🙂 )

Tout d’abord, voici en vrac quelques insta-réponses (et non, c’est pas ce que j’appelle un long texte) :
. Oui, il fait très chaud, genre 50° au soleil l’après-midi
. Non, on ne peut pas rester dehors avec bébé, même à la piscine, sauf le soir (18-20h) et tôt le matin, à l’ombre évidemment.
. Non, à 2 mois on est pas en jet lag (parce que de toute façon on ne fait pas vraiment ses nuits) et oui, on se remet beaucoup plus vite que ses pauvres parents
. Non, le vol n’est pas un cauchemar (les tout-petits voyagent dans un lit et roupillent tout du long genre 1rst class les veinards). Mais c’est sûr qu’à partir du moment où ils marchent, c’est pas la même…
. Non, la clim’ ne les rend pas malade si on fait attention à bien les couvrir dedans (puis découvrir dehors, puis couvrir dedans, puis découvrir etc…)
. Oui, on peut passer dans les allées des casinos avec une poussette (à condition de ne pas s’arrêter et de ne pas circuler entre les machines)
. Oui, on peut aussi aller déjeuner/dîner presque partout avec la poussette (le port du casque bébé avec bandeau scratch est toutefois recommandé dans certains restos plus bruyants)
. Et oui, ces 2 semaines ont été topissimes pour tout le monde! 😀 (enfin au poker, pas trop, mais bon…)

Il faut dire aussi que nous étions bien installés : une large suite avec cuisine au 46e étage du Vdara, forcément ça change tout!

Il faut dire aussi que nous étions bien installés : une large suite avec cuisine au 46e étage du Vdara, forcément ça rend le séjour plus agréable… Mmmm…

Du coup, passer plus de temps dans la chambre n'est plus vraiment un moment relou :) (hellooooo la baignoire avec vue sur les Fontaines du Bellagio!)

Du coup, passer plus de temps dans la chambre n’est plus vraiment un moment relou 🙂 (hellooooo la baignoire avec vue sur les Fontaines du Bellagio!)

Grosse réunion de sharks dans le salon mais ne vous fiez pas aux apparences : le plus dangereux n'est pas celui qu'on croit mais bel et bien cette nouvelle espèce rarissime, le "Sharkus Nainus Pinkus", réputé pour son incroyable cruauté... Brrr...

Grosse réunion de sharks avec Dav’, Lud’ et Fab (4 bracelets et 3 titres EPT -Main et HR- à eux trois, ça pose…) dans le salon mais ne vous fiez pas aux apparences : le plus dangereux n’est pas celui qu’on croit mais bel et bien cette nouvelle espèce rarissime, le « Sharkus Nainus Pinkus », réputé pour son incroyable cruauté… Brrr…

Le midi comme le soir, personne ne nous a refoulé parce que nous avions notre mini-poussette, yeepee! Ici au Milos, le meilleur plan dej' de toute la ville (terrasse, petits plats méditerranéens délicieux et menu à 23$!) et l'Atelier Robuchon (faut bien lui aiguiser les narines à la crevette!)

Et le midi comme le soir, personne ne nous a refoulé parce que nous avions notre mini-poussette, yeepee! Ici au Milos, le meilleur plan dej’ de toute la ville (terrasse, petits plats méditerranéens délicieux et menu à 23$!) et à l’Atelier Robuchon (ben oui, fallait bien lui aiguiser les narines et le palais à Sharkie !)

Idem dans les allées des casinos, no problem (à condition de ne pas jouer la poussette à la main, mais bon...)

Idem dans les allées des casinos, no problem (à condition de ne pas se poser devant une machine à sous avec la poussette à la main, mais bon…)

Sinon, comme la ville fourmille d'immenses shopping malls à la déco exotique (ici au Venetian), se promener à l'air frais n'est pas réellement un casse-tête :)

Et sinon, comme la ville fourmille d’immenses shopping malls à la déco exotique et aussi grandiose que kitch (ici la « place St Marc » au Venetian), se promener au frais n’est pas réellement un casse-tête…

Vegas en crise? Mouhahaha! Cette année, un tout nouveau quartier a vu le jour avec rien de moins que la plus haute grande roue au monde, la "High Roller" et une rue piétonne sympathique avec des magasins bien branchés comme Kitson ou Polaroïd (qui proposent d'imprimer vos photos de tel sur tout support et avec tous les filtres instagram que vous voulez)

Vegas en crise? Mouhahaha! Cette année, un tout nouveau quartier a vu le jour avec rien de moins que la plus haute grande roue au monde, la « High Roller » et une rue piétonne sympathique avec des magasins bien branchés comme Kitson ou Polaroïd (qui propose d’imprimer vos photos de tel’ sur tout support -bonjour le selfie-mug- et avec tous les filtres instagram que vous voulez)

Et à propos d'"hipsterisation de la ville", rdv dans Downtown qui poursuit sa métamorphose branchée : cette année, hello le "Container Park" (boutiques/bars et restos dans un incroyable agencement de containers de cargo, le tout avec une mante religieuse qui crache des flammes en rythme sur "Who let the dog out, woh, woh, woh, woh?") Si, si. Mais y'a aussi le Beauty bar, le Commonwealth, le Thai, le Park on Fremont etc...

Et à propos d' »hipsterisation de la ville », rdv dans Downtown qui poursuit sa métamorphose branchée : le « Container Park » est ainsi sorti de terre par des mecs à l’imagination fertile (boutiques/bars et restos dans un incroyable agencement de containers de cargo, le tout avec une mante religieuse à l’entrée qui crache des flammes en rythme sur « Who let the dog out, woh, woh, woh, woh? ») Si, si. Mais pas loin, y’a aussi le Beauty bar, le Commonwealth, le Thai, le Park on Fremont etc…

Bon après, ça reste plutôt mal famé quand même... Entre les gangs de bad boys et les nanas qui tripotent des chipendales en plein air...

Bon après, ça reste plutôt mal famé quand même… Entre les gangs de bad boys qui errent dans les rues (Mad Fab, Mikedard le Barbare, Julox ze Brutox et Monster Steph) et les nanas chelous qui tripotent des Chippendales en plein air… (et qui préfèrent pour le coup garder l’anonymat)

 

Un peu au sud de Downton le "Art District" ne cesse de grandir lui aussi avec toutes ses galleries d'art, ses magasins de brocante tout droit sorties des films américains 50s...

Un peu au sud de Downton le « Art District » ne cesse de grandir lui aussi avec toutes ses galeries d’art, ses magasins de brocante tout droit sorties des films américains 50s, son atmosphère retro-hype et l’ovni Stratosphère en arrière-plan…

Le Bellagio reste sinon une vraie valeur sure avec sa piscine royale (une des plus belles)

Et pour un joli vent de fraicheur (à défaut de l’avoir aux tables de pok’…), rdv au Bellagio, la valeur sûre de Vegas : une des plus belles piscines de la ville, l’indémodable show des Fontaines, un jardin avec des vraies fleurs (fait suffisamment rare pour être salué) et une quasi-atmosphère de méditerranée…

popovitch

Et le molière du spectacle le plus nostalgie/kitch/cute est attribué à Gregory Popovich, un clown de la vieille école du cirque russe qui enchaine les acrobaties, les jongleries et surtout, les numéros avec des dizaines d’animaux dressés (et tous trouvés dans des foyers) : un spectacle familial aussi touchant que réussi!

rabbit

Quant à l’award de la soirée « OMG mais ça part totalement en couille là! », il est attribué à l’unanimité au tout nouveau « Rose.Rabbit.Lie » au Cosmo. Un nom à coucher dehors à l’image de cet hallucinant resto/boite/show qui propose des french tapas méga bons, des numéros de cabaret pendant le dîner, une déco juste décadente-retro comme on aime et qui au dessert se transforme en une boite-spectacle de grand n’importe quoi avec des peluches géantes, une mariée dépressive, une DJette en folie, des acrobates, un avaleur de sabre, le tout sur des gros beats electro… En clair, ZE new place to be!!! (après, ça a été direction le XS pour voir Deadmaus, ça aussi, une bonne valeur sûre de la night!)

drais

Et à propos de « new best place to be », les frenchies à Vegas n’auront pas raté le tout nouveau Drai’s Beachclub. La célèbre « after » au sous-sol est toujours là (relookée) mais un nouveau méga club/piscine a poussé sur le toit : la vue est aussi spectaculaire que le drink menu (où commander l’option à 500.000$ te ferait presque passer pour un pauvre). Mention spéciale au « 500 bottles of spray champagne » : oui, du champagne rien que pour jouer à la bataille d’eau. Standard.

jallais oublier

Ah et oui, j’allais oublier tiens… Bon ben j’ai fait 2 tournois : un donkament où j’ai bust sur un flip et le « monster stack » (10 millions $ prizepool) où j’ai bust avec AA vs AKo (aipf = monster tilt) Bref, on s’en fout.

en bref

En conclusion, ce séjour -à l’origine pas prévu- aura été différent des autres (c’est sûr que la soirée EDC qui finit au moment où la boulette se réveille, c’est pas trop une option… Tout comme la session de cash qui n’en finit pas, obv) mais ça aura été un gros kif pour tout le monde!

Allez, sur ce je vous laisse. Faut que j’aille dormir. 48h si possible (raaaaah).

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Just another week in Sin City (avec plein de photos !)

19 juin 2013

En bonne touriste cagoulée, on va commencer par torcher le chapitre lié au poker et vous z’allez vite comprendre. Il y a quatre jours, en cash, j’ai call avec 99 (sur un tell de parole only, sinon je fold car le coup est 3-bet PF et le mec a joué, avant ça, très tight) sur un flop 8c 7d 5c un monster overbet en check-raise en face (genre il envoie 250$ sur mon bet à 35$) chez un golmon qui avait AhKd (et pan, roi turn).

Le lendemain, j’ai perdu un pot à 500$ avec 9s9h sur un flop 3h8h5h contre un mec ivre mort qui avait décidé de payer mon raise préflop avec 3-5o et qui me refait un monster overbet de la mort. Hier, pour continuer sur ma lancée, j’ai perdu un coup qui valait 1000$ d’équité en SNG (les mecs ont split even juste après que j’ai bust avec AT contre T9 AIPF, standard). Et aujourd’hui, c’était mon premier event WSOP et j’en avais pas dormi de la nuit tellement j’étais excitée d’aller le jouer : un 1000$ turbo dans lequel j’ai joué un peu plus d’une heure, TT vs QQ et voilà.

Pourtant mon plan était parfait ! Pas de chip trick en arrivant à la table, "yes, i'm French and i'm a tourist" et un peu de contre-tells de barbares et zou ! Et ben non. Je remonte à chaque fois en gagnant plein de petits coups mais je perds trop souvent les gros qui font la différence !

Pourtant mon plan était parfait ! Pas de chip trick en arrivant à la table, un petit « Yes, I’m French and I’m a tourist » bien rodé et un peu de contre-tells de barbares et zou ! Et ben non. Je remonte à chaque fois en gagnant plein de petits coups mais je perds trop souvent le gros qui fait toute la différence ! En même temps, ils ne perdent rien pour attendre ces moumoutons… Ma vengeance sera terrrrrrrrrrible !

Bon, maintenant que c’est fait et que j’ai bien whine comme il faut, passons aux choses qui nous intéressent vraiment : Ze real life in Vegas. Et que faire en dehors des tables, surtout quand, après tout, on n’a plus aucune raison d’y être, aux tables… C’est vrai ça, pourquoi aller perdre ses thunes régulièrement au poker quand à la place, on peut s’acheter de l’alcool/maillots de bains/bungalow en boites/alcool encore/restos entre potes/digestif ? 😀

L'idée c'est de commencer doucement par une bonne chillade au soleil à la piscine de l'Aria, une des plus sympas du Strip. Histoire de contre-balancer le teint verdâtre que peut donner un séjour trop prolongé au Rio.

L’idée c’est de commencer doucement par une bonne chillade au soleil à la piscine de l’Aria, une des plus sympas du Strip. Histoire de contre-balancer le teint verdâtre que peut donner un séjour trop prolongé au Rio…

Et pour continuer dans la lignée bronzage/activité de plein air, direction le Lac Mead !

Et pour continuer dans la lignée bronzage/activité de plein air bonne pour la santé, direction le Lac Mead entre potes : on s’est régalés ! Et comme dit l’ami Mikedou : « C’est ouf, c’est la première fois depuis que je suis là  que j’ai pas pensé poker deux heures de suite! » Et voui !

Et tant qu'à bien faire, pour décagouler rapidement, autant boire la moitié du lac par les narines sur cette engin de la mort qu'on appelle "la bouée de l'enfer" et qui promet des vols planés dans tous les sens (mais je me suis faite acheter ; vous ne verrez donc pas les bonds ridicules de la bande)

Et tant qu’à bien faire, pour décagouler rapidement, autant boire la moitié du lac par les narines sur cette engin de la mort qu’on appelle « la bouée de l’enfer » et qui promet des vols planés dans tous les sens (mais je me suis faite acheter ; vous ne verrez donc pas les bonds ridicules des autres membres de la bande)

Les paysages montagneux se succèdent (enfin surtout à droite de l'image), laissant les spectateurs émerveillés par tant de grandeur...

Sur le lac, les paysages montagneux se succèdent (enfin surtout à droite de l’image), laissant les touristes émerveillés par la beauté de la nature… (mon dieu que je suis con…) [spéciale dédicace à ma cops Miss H. avec qui on se marre bien everyday ! 😀 ]

Mais bon, sur ce, Vegas c'est pas que la beauté de la nature ; il est parfois temps aussi de passer aux choses sérieuses et de fêter comme il se doit le bracelet mérité de notre poto belge Davidi le Grand, le tout dans la dernière boite à la mode de la ville, le Light, créé par Guy laLiberté

Mais bon, sur ce, à Vegas, il est parfois temps aussi de passer aux choses sérieuses et, en l’occurrence, en fêtant comme il se doit le bracelet mérité de notre poto belge Davidi le Grand, le tout dans la dernière boite à la mode de la ville, le Light, créée par Guy laLiberté

Et pourquoi la boite est-elle reliée au Cirque du Soleil me demanderez-vous? Et bien parce qu'il y a des... acrobates partout. (la nana que je suis a un peu honte d'avoir mis cette photo mais bon, en même temps, c'était comme ça sous notre nez et en plus, ça va réjouir mon lectorat masculin)

Et pourquoi cette boite est-elle reliée au fondateur du Cirque du Soleil, me demanderez-vous? Et bien parce qu’il y a des… « acrobates » partout ! (La nana que je suis a un peu honte d’avoir mis cette photo mais bon, en même temps, c’était comme ça sous notre nez all night long et en plus, ça devrait réjouir mon lectorat masculin) 🙂

Sinon, pour sortir et être dépaysé, j'aime aussi tout particulièrement Downtown, surtout que le quartier se hipsterise à vitesse grand V : y'a des chemises à carreaux, des barbes, des tatoos et des cols en V à tous les coins de rue !

Sinon, pour sortir et être dépaysé, j’aime aussi tout particulièrement Downtown, surtout que le quartier se hipsterise à vitesse grand V : y’a des chemises à carreaux, des barbes, des tatoos et des cols en V à tous les coins de rue !

Mais au petit matin, à la sortie des (tous nouveaux) bars branchés du coin, on peut aussi faire des rencontres... inattendues...

Mais au petit matin, à la sortie des (tous nouveaux) bars branchés du coin, on peut aussi faire des rencontres… inattendues…

Attendez, comme vous ne voyez pas bien, je vais zoomer :

Là, on voit beaucoup mieux, non? (et oui, à côté de caddie-man, c'est un demi-schtroumpf...)

Là, on voit beaucoup mieux, non? (et oui, à côté de caddie-man, c’est un demi-schtroumpf…)

Et juste à côté, il existe toujours ce fameux resto où les obèses de plus de 150kgs mangent gratos des burgers revendiqués comme étant "les plus gras au monde". Et une fois l'orgie terminée et le vomi au bord des lèvres, les "nurses" les sortent en les poussant sur des fauteuils roulants. Pas étonnant qu'ils peinent à recruter...

Et à quelques blocs de là, il existe toujours ce fameux resto où les obèses de plus de 150kgs mangent gratos des burgers revendiqués comme étant « les plus gras au monde ». Et une fois l’orgie terminée et le vomi au bord des lèvres, les « nurses » les sortent en les poussant sur des fauteuils roulants. Pas étonnant qu’ils peinent à recruter…

Bon, comme je sens que j'ai plombé l'ambiance, faisons une pause Bellagio, et son jardin enchanteur en plastique : ses moulins, ses tournesols, ses papillons... Ké bonheur !

Bon, comme je sens que j’ai plombé l’ambiance, faisons une pause Bellagio, avec son jardin enchanteur en plastique : ses moulins, ses tournesols, ses papillons… Ké bonheur, ké fraicheur !

C'est bien beau toute cette vacuité, me direz-vous, me quid de la culture? Et bien pour ceux qui sont dans le mood, direction le Nevada State Museum, qui, comme son nom ne l'indique pas, vaut vraiment le détour ! Vous découvrez une tonne d'archive, artéfacts, antiquités (du XIXe mais quand même) et anecdotes sur l'évolution de cet état à l'histoire vraiment inintéressante! Ici, une vue d'une rue standard au début du XXe siècle (difficile de croire que ce n'était qu'il y a 100 ans !)

C’est bien beau toute cette dose de pschitt citron, me direz-vous, mais quid de la culture ? Et bien pour ceux qui sont dans le mood, direction le Nevada State Museum, qui, comme son nom ne l’indique pas, vaut vraiment le détour ! Vous découvrez une tonne d’archives, artéfacts, antiquités (du XIXe mais quand même) et anecdotes sur l’évolution de cet état à l’histoire vraiment inintéressante! Ici, une vue d’une rue standard au début du XXe siècle (difficile de croire que ce n’était qu’il y a 100 ans !)

Et vous pouvez même découvrir la tête des premiers habitants de Vegas il y a quelques temps...

Et vous pourrez même découvrir la tête des premiers habitants de Vegas…

D’ailleurs à ce propos, ils ont en exposition un animal absolument incroyable mais malheureusement disparu depuis longtemps.

L’histoire commence il y a quelques millions d’années avec Madame T-Rex qui tombe amoureuse de Monsieur Souris. Et là, contre toute attente, le miracle se produit et un petit bébé nait de cette union à la fois spectaculaire et merveilleuse. Prenez une seconde pour tenter d’imaginer la bébête, et ensuite, scrollez vers le bas pour découvrir ce petit animal miracle :

Et voici le Tyrasourius Rex, un animal aussi dangereux que méconnu, et qui a continuer à hanter le Désert des Mohave pendant plusieurs siècles, jusqu'à ce que les Indiens en déciment le dernier spécimen vivant en 1878 (ici, on ne voit pas bien, mais l'animal fait environ 1m de haut)

Et voici le Tyrasourius Rex, un animal aussi dangereux que méconnu, et qui a hanté le Désert des Mojave pendant plusieurs millénaires, jusqu’à ce que le dernier spécimen disparaisse mystérieusement à la fin du XIXe siècle…

Bon, sur ce je vous laisse, c'est l'heure pour moi d'aller faire du vélo dans le désert...

Bon, sur ce je vous laisse, c’est l’heure pour moi d’aller faire du vélo dans le désert en plein cagnard, histoire de rafraichir ce que je pressens être une jolie surchauffe d’ici peu…

Et puisqu'on parle de surchauffe... Ah elle est là la Team Everest-Betclic !

Et puisqu’on parle de surchauffe…(Ah elle est là la Team Everest-Betclic!)

Donc comme vous l’aurez compris, la vie est belle sous le soleil de Vegas et ce n’est étrangement pas la violence de ses rayons qui peuvent vous faire sauter un ou deux fusibles. Non, c’est bel et bien la violence du jeu et cette affreuse question : mais quand vais-je gagner à nouveau ? En même temps, étrangement, je me sens bien et la vie s’écoule avec douceur dès que je ne touche pas les cartes. Donc même si je ne comprends pas pourquoi je perds tous ces énormes coups cruciaux, je me dis qu’il y a bien un moment où ça va tourner !

Un grand merci en tout cas à tous de me suivre si nombreux sur ce blog et merci aussi pour vos commentaires et encouragement qui à chaque fois me font aussi plaisir 🙂 !

Monologue du joueur tilté à Vegas : la cagoule de Damoclès

10 juin 2013

Mais qu’est ce que je fous, entre Charybde et Scylla, à attendre une récompense comme un chien guetterait un os qui lui tombe du ciel (« Oh, grand Dieu Tibia, exauce mes prières et perd une jambe »)? Pourquoi ne suis-je pas restée dans l’enseignement, le commerce, la restauration, la comédie, l’écriture, la médecine, l’astronomie ou la mescouillesation ? Et pourquoi ne pas avoir choisi, comme à peu près chaque humain que je croise, le chèque de fin de mois, l’allocation chômage ou un ambitieux « plan de carrière » ? Pourquoi avoir délibérément choisi de vivre avec une cagoule de Damoclès et l’aveuglement de celui qui ne sait jamais ce que demain lui réserve ?

Et qu’est ce que je fais à espérer gagner un bijou fantaisie si laid que même Paris Hilton n’en voudrait pas ? A rêver de putain de pierres précieuses qui n’existent qu’aux poignets des autres ? A écouter des mecs me parler en faisant une faute toutes les deux phrases parce qu’ils n’ont pas lu un livre depuis le collège -et encore, c’était les Précieuses Ridicules et ils ont oublié-? A galérer sur mes montagnes russes entre win et loose, entre « à jeu » et « demain la gagne », à m’éviscérer quand « et là, pan le 8, tout de suite », à crier quand l’abruti de service s’offre un backdoor ridicule, à prier pour gagner un stupide coin flip qui n’est pourtant que le premier de la longue série qu’il me faudra ensuite gagner derrière, à regarder ces gens sales, laids et vides envoyer des jetons comme John Wayne sortirait son flingue devant une caméra imaginaire, à écouter tous ces crétins qui, parce qu’ils ont chatté une fois plusieurs jours de suite ou parce que toi tu as joué un coup bizarrement, se prennent pour des génies dont la colonne vertébrale a tant grandit qu’ils ne peuvent plus te parler sans baisser les yeux…

Mais c’est quoi ce monde malade, fou, pathétique, frustré et haineux ? Quel est ce monde qui est mon quotidien en ce moment, et chaque matin où je me lève ? Et qui était ce mec, sans cheveux, sans cils et à moitié mort du cancer, qui est venu s’asseoir en cash game pas plus tard qu’hier et à qui j’ai tout pris parce qu’il était trop faible pour réfléchir et jouer correctement ? Est-ce qu’il jouait, de ses doigts tremblants, l’argent de sa chimio au poker ? Ou est-ce qu’il se savait déjà condamné ?

VIEW

Ah, le poker est un milieu peu reluisant, et  c’est là sans aucun doute un tendre euphémisme, mais pour m’alléger, je me répète souvent qu’il n’est pas pire que tout le reste. La grande distribution ? Tous des enfoirés. Les banques ? Tous des monstres. Les politiques ? Tous des menteurs. L’industrie pharmaceutique ? Tous des assassins. Les fonctionnaires ? Tous des fainéants et des profiteurs. L’agro-alimentaire ? Tous des empoisonneurs. Les commerçants ? Tous des voleurs…

Le degré premier de l’intelligence primitive consciente est celui de « vouloir faire de l’argent quoiqu’il en coûte et avoir plus que le voisin » (le poker, le commerce, le business, la politique, les banques et, une fois de plus, toutes les catégories citées ci-dessus). Et ensuite, à l’étage de conscience supérieur, on trouve le « comment faire pour vivre mieux et entraîner toute la smala vers un monde différent ». Mais ça, à part quelques îlots artistiques ou militants qu’on prend souvent pour des illuminés, des rebelles adolescents, des Don Quichotte ou des grands enfants irresponsables (« Mais quand est-ce que tu vas enfin grandir ? »), l’écho d’une intelligence globale résonne dans le vide et tout le monde s’en fout. Surtout un joueur de poker d’ailleurs… (« Mais non, dis pas nimp’, moi je trie mes bouteilles et quand je brosse les dents, je coupe l’eau »)

Et maintenant quoi ? Et bien demain, comme tout le mois prochain, je retournerais m’asseoir parmi les crasseux, les rednecks qui puent la bière, les geek puceaux, les putes asiatiques à gros seins, les gros tas qui suintent la graisse des burgers de la cantine, les texans Terminator (« Because this is the rule »), les cagoulés frustrés, les riches aux grosses montres, les pros de 20 piges au regard condescendant ou les mongolitos au regard aussi vide que celui d’un primate sous lexomil.

Et pis y'a aussi les mecs normaux et zen, mais qui, du coup, peuvent pas s'empêcher de se foutre de ta gueule quand ils te croisent devant le Binion's

Heureusement, à Vegas, y’a aussi aussi des mecs normaux

Mais heureusement surtout, au milieu, il y a mes papys ricains, ces vieux de plus de 80 piges au regard à la fois si fatigué et si vivant (enfin surtout quand une blonde, française de surcroît, leur sourit poliment en arrivant à la table). Le fait qu’ils soient si près de la fin, qu’ils aient tellement vécu et qu’ils aient bouffé des déceptions/chagrins/douleurs par centaines dans leurs vies, fait qu’ils ont cette façon si particulière de voir le poker. Ce sont les seuls à avoir compris qu’elle était la place réelle de ce jeu dans la vie : l’insignifiance. Ce sont les seuls à sauter avec un sourire en coin, les seuls à encaisser les bad sans moufter et les seuls à avoir une forme d’empathie pour leur bourreau « Réjouis-toi petit, profite tant qu’il est encore temps ». J’aime mes papys, même si la moitié d’entre eux sont des vieux connards républicains qui sont pour la peine de mort, pour les femmes à la cuisine (« Make me a sandwich ! ») et pour le port d’armes à feu. Mais leur présence, étonnement, me calme et me fait plaisir ; pas parce qu’ils sont plus faciles à bluffer, mais juste parce qu’ils ont compris ce que personne d’autre, sauf un vieillard avec un pied dans la tombe, peut comprendre…

Et la moralité de tout ça ? C’est que ce dernier mois a réellement, mais réellement, été hardcore pour moi, et je ne parle pas que du poker, mais que si, d’un coup, je remportais une belle victoire, je redeviendrais cette gamine niaise et rieuse que j’aime tant et qui embrasserait son trophée comme on embrasse sa peluche préférée. J’aurais la mémoire courte et la résilience forte. Je dirais à quiconque insulterait le poker d’aller se faire foutre et je vanterais les mérites de ce « sport » si extraordinaire pour l’esprit. Je donnerais des interviews en disant que ma vie est la plus belle du monde, parce que je le penserais, et j’inviterais tous mes potes à dîner et faire péter les bouteilles dans les nouveaux bars branchés de Sin City.

Je me lèverais tous les matins avec le sourire de la win et je me dirais que décidément, heureusement que je n’ai pas décidé de rester dans l’enseignement (surtout pour mes pauvres élèves), le commerce (surtout pour mes pauvres clients), la comédie (surtout pour mes pauvres spectateurs), l’écriture (surtout pour mes pauvres lecteurs), la médecine (surtout pour mes pauvres patients), l’astronomie (surtout pour mes pauvres planètes) ou la mescouillesation (surtout pour les pauvres couilles de Fabrice, que je ne cesse de casser, et ce, inlassablement jour après jour).

D'ailleurs il ne se prive pas pour m'envoyer des messages plus ou moins subliminaux (spéciale dédicace à Michel et Steph, tx ! :) )

D’ailleurs il ne se prive pas pour m’envoyer des messages plus ou moins subliminaux (spéciale dédicace à Michel et Steph, tx ! 🙂 )

Et du coup, et bien demain, j’irais jouer. Encore. Et encore.

PS : Bilan première semaine à Vegas, joué tous les jours, win en cash, à jeu en one table SNG et loose en tournoi Venetian, Turbo Deepstack au Rio et Horse au Golden Nugget. Cumul : up 300$… Yeah. Pour rappel, mon objectif est de stocker assez pour l’année à venir. Allez, on va y retourner hein…

PS2 : Et dans le prochain blog, promis, je mets plein de photos. Et, allez rêvons un peu, je vous raconte une semaine de win totale. En théorie, ce sera donc le « Monologue du joueur happy à Vegas » 😀

Main Event des SCOOP, Package APS, séjour à Evian : elle est là, la semaine de good run !

25 mars 2013

Il y a quelques jours, je décide de tenter le Main Event des SCOOP sur un coup de folie ; en effet, le online a généralement tendance à me faire tilter très vite et surtout, à m’ennuyer tellement que je ne peux m’empêcher, en plus de mes tables, de faire autre chose (lire un article, mater un zapping ou une série, glander sur des lolcats ou failbook etc…) et donc, de misclick, de rater des mains, de rater des infos, de faire des erreurs etc… Le pire étant quand je décide de cuisiner en même temps, voire de faire la vaisselle ou de ranger l’appart (ce qui ne m’arrive que quand je joue online d’ailleurs, hahaha!)…

De plus, je n’ai aucune gestion de bankroll online, je peux déposer 100€ et les utiliser en intégralité sur un tournoi one shot. Bref, je suis pas du tout la grosse joueuse online qui passe sa vie devant l’écran à grinder en mode robot… Mais là, pour une raison mystérieuse (ok, probablement que les 180 000€ à la gagne y étaient pour quelque chose…), je me motive, j’ouvre la room et je tombe sur un irrésistible sat’ à 2000 FPP. Et comme je n’utilise jamais mes FPP, je me dis que c’est le bon moment pour m’en débarrasser avant qu’ils ne soient périmés (ça me fait le coup tous les ans avec mes « air miles », donc dans le doute…)

Sur un malentendu, voilà que je ship mon premier sat’ (yeepee!) qui m’envoie direct sur le super sat’ à 10 000 FPP (méga-yeepeee!) et là, pour mon plus grand bonheur : je ship mon ticket à 500 euros !!! Branle-bas le combat, j’ai rarement joué un tournoi aussi gros de ma vie online (à part un 1000 qui était énorme l’an passé ou il y a deux ans) et pendant des heures, je lâche rien et j’ai la chance de monter des jetons tranquillement, en suivant toujours plus ou moins le tapis moyen.

Allez Claire, on reste focus et on déchire tout (et le roi de pique, tu peux le mettre dans la colonne à gauche)

Allez Claire, on reste focus et on déchire tout (et le roi de pique, tu peux le mettre dans la colonne à gauche)

Bref, tout se passe tranquillement et plutôt doucement pendant deux jours (oui, c’était long). Jusqu’à ce coup :

Oui, tout est parti préflop. Et oui, de BB avec KK, j'ai vu 3 mecs faire all in devant moi. Et, chose incroyable, ma main est restée devant !

Oui, tout est parti préflop. Et oui, de BB avec KK, j’ai vu 3 mecs faire all in devant moi. Et, chose incroyable, ma main est restée devant sans stress !

Là, mon coeur s’est arrêté. J’avoue que passer de genre 500k à 1,3 millions dans ce tournoi et à ce stade du jeu (je crois que nous ne sommes plus qu’une centaine left), ça sonne tellement dreamy que sur le coup, j’ai du mal à respirer. Fab (qui a terminé encore plus loin dans ce tournoi que l’an passé) n’en revient pas non plus et on commence sérieusement à se demander ce qu’on va bien pouvoir faire de tout l’argent qu’on va gagner… 🙂

Laissez-moi me rouler de bonheur dans mes jetons...

Laissez-moi me rouler de bonheur dans mes jetons…

Sauf que environ 7 minutes plus tard, oui 7 minutes (c’est à dire que je suis encore en train de jubiler à la vue de mon monster stack), il se passe ça :

Un mec min-raise, comme d'hab, le Suédois reraise, et là, j'ouvre KK de BB. Comme dans un rêve. Ou pas. (Je n'ai jamais réussi à fold KK préflop, surtout contre ce type de joueur, mais je m'en suis beaucoup voulue d'avoir mis 100BB préflop dans ce coup: j'aurais pu trouver un meilleur spot plus tard et prendre le risque de fold... :(

Un mec min-raise UTG, et, comme d’hab, le Suédois Zidane (!) le 3-bet. Et là, j’ouvre KK de BB. Comme dans un rêve. Ou pas. (Je n’ai jamais réussi à fold KK préflop, surtout contre ce type de joueur, mais je m’en suis beaucoup voulue d’avoir mis 95BB préflop dans ce coup: au vu de la beauté de la structure, j’aurais ptet pu trouver un meilleur spot plus tard et prendre le risque de fold en attendant une main plus safe… Ou pas.

Raaaaaaaaaah...

Raaaaaaaaaah…

Bref, je me suis accrochée encore pendant quelques heures avant de bust 72e (sur plus de 2400 joueurs) pour un gain d’un peu plus de 2000€. Ce qui m’a à la fois fait plaisir (transformer 2000FPP en 2000€, c’est un kif) et immensément déçu. Bref. Tout ça pour dire que du coup, j’ai décidé d’aller jouer à la dernière minute le FPS d’Evian ! (quand je vous disais que ma gestion de bankroll était une cata 😀 )

Un petit bol d'air pur pour vous calmer de vos deux jours passés online?

Un petit bol d’air pur pour se calmer de deux jours passés online? Ouiiii!

J'adore le Royal à Evian. Difficile de dire le contraire, évidemment, mais je pense qu'il s'agit du plus bel hôtel dans lequel je n'ai jamais eu la chance d'aller !

J’adore le Royal à Evian et son charme désuet. Difficile de dire le contraire, évidemment ; il s’agit d’un des plus bel hôtel dans lequel je n’ai jamais eu la chance d’aller…

Bref, j’ai passé un séjour merveilleux au Royal mais une journée horrible lors du FPS. Pas besoin de détail, c’est juste la journée qu’on connait tous : card dead de la mort, aucun spot, aucun flop, tout qui rate. Bref, une journée vraiment rageante, surtout quand on prend en compte le niveau de certains joueurs du tournoi. Ca faisait longtemps que je n’avais pas vu ça…

Laissez-moi vous raconter trois mains de fou, vous allez voir (c’est une démonstration de fishitude) :

. Un gros moustachu relance à 2k avec 9,5k de tapis, flat un 3-bet à 7,5k avant de magistralement folder AQ face up sur un baby flop avec 2k derrière lui (hahahahaha!)

. Je bet river un tirage que j’ai raté et le mec JUST CALL avant de montrer AK sur JTxQx (j’avais KT  et n’étant pas sûre de la showdown value de ma main, j’ai trouvé le min-blocking bet très adapté à la situation, car en plus, ça peut faire fold AT, KJ ou AJ chez ce type de joueur stressé et dont c’est le premier tournoi live). Oui, le mec just call river. Et non, il n’y a ni flush ni doublette. Oui, il est méga max de la mort. Il aurait pu se prendre une pénalité mais des étincelles ont tellement brillé dans nos yeux à tous qu’aucun des joueurs de la table n’a voulu lui mettre la puce à l’oreille en sous-entendant qu’il ne comprenait rien à ce qu’il faisait. Du coup, on a tous poliment dit « Nice hand ».

Ah oui, c'est ton premier tournoi en live et tu n'as pas relancé river parce que tu savais que je paierais pas?

Ah oui, c’est ton premier tournoi en live et tu n’as pas relancé river avec les nuts parce que tu savais que je paierais pas?

. Et là, le coup que je vais maintenant vous raconter, c’est le pompon absolu. Ma table casse et je comprends vite qu’un joueur fait la loi à la nouvelle. Il jette des piles de jetons de 5k dans des overbets monstrueux et n’a jamais aucune idée de pourquoi il le fait. Mais ça le fait marrer (et c’est tant mieux). Inutile de préciser que nous implorons tous le Dieu du poker pour qu’il nous envoie une main sérieusement nutsée ! Ce qui arrive très vite à un jeune à capuche qui ouvre KK et qui a le bonheur d’entendre « all in » sur un flop 552 dans la bouche de la baleine. Le mec avec KK paie l’énoooooorme check-raise/overbet et voit avec horreur la baleine lui retourner un 2. Sauf que la deuxième carte n’était pas un autre 2 (attendu) mais un K. Okayyyy. Du coup, la baleine chute à 25k et décide pour se refaire de joueur TOUS les coups comme un maniaque. Et vient ce moment magique :

UTG+1, qui est short, open push 5500 et lui, qui est UTG+2 snap avec 20k derrière en nous disant « Je suis léger mais je le sens bien ». La SB décide alors de relancer à environ 20k avec AQ et notre ami baleine éclate de rire avant de fold… 8 et 3 offsuit. Oui, 8-3 !!! Et là, il nous sort « Ah je vous avais bien dit que j’étais léger! » Je n’avais pas beaucoup dormi la nuit précédente (on avait pris un vol de Londres a 8h du matin) et mes nerfs ont lâchés, j’ai eu un gros fou rire : impossible de m’arrêter !

fou rire

Bref, tout ça pour dire que je n’ai pas pris un jeton ni à la baleine ni à celui-qui-just-call-avec-nuts, et j’ai bust comme une bouse de ce tournoi ou vraiment, malgré toute la patience du monde, je n’ai pas pu monter un seul jeton et où j’ai finit par sauter avec AJcc sur 7c8c2h contre paire de 8 pour brelan. Voilà !

Et re-belote dans le side turbo ; je 3-bet l’autre chip leader de la table avec AQ, il just call hors poz’ avec paire de 6 (hum…) et le flop est venu A6x. Yeah.

Heureusement, on s’est vite consolés avec :

Les bains bouillonnants extérieur au Spa du Royal... Mmmmh !

Les bains bouillonnants extérieur au Spa du Royal… Mmmmh !

Et aussi avec :

Miaaaam les spécialités savoyardes qui vont bien ! Fondue aux morilles, tartiflette aux petits lardons, filet mignon sauce girolles... Sluuuuuurp!

Miaaaam les spécialités savoyardes qui vont bien à la Ferme des Alpes ! Fondue aux morilles, tartiflette aux petits lardons, filet mignon sauce girolles… Sluuuuuurp!

Et, cerise sur le cake, Fab a terminé 4e du Main Event, ce qui au final nous a signé un très beau week-end ! 🙂

Enfin, il y a maintenant près de 15 jours, j’ai vécu un moment fort sympathique à Londres ! En effet, nous avions été invités avec Fabrice par Bodog à jouer un sit’n’go aux côtés de sharks comme James Akenhead, Mc Lean Karr, James Dempsey ou encore Salman Behbehani et de fish qualifiés par la room, le tout en dégustant des petits fours et en profitant d’un généreux open bar comme seuls les anglais savent le faire. A la clé de ce sit’n’go de 20 joueurs se trouvait un généreux package pour l’APS Manille en janvier prochain pour deux personnes (billets d’avion, hôtel 5 étoiles, frais sur place et surtout, un ticket d’entrée chacun pour un freeroll avec 100k de prizepool et seulement 50 joueurs qualifiés ! Miaaaaam !).

Et là, j’ai run like heaven et, dans un enchainement digne d’un Walt Disney, j’ai win un flip contre Karr (zou, busto), fait un hero call de folie à tapis contre Akenhead (merci la confiance amenée par le champagne) et fait un monster bluff all-in en heads-up en 4-bet au flop parce que j’étais sûre que mon adversaire allait fold (et pour une fois, j’avais raison -#extraluciditéalcoolique), bref, une promenade de santé qui m’est tombée dessus quand je m’y attendais pas et qui m’a vraiment donné un coup de boost au moral!

Au delà du package, je crois que ce qui m'a fait le plus plaisir, c'est juste le fait de gagner quelque chose. J'avais oublié ce que c'était et même si ça reste un mini-truc, la sensation nous rappelle pourquoi on aime le poker (quand n'importe quel pro bad run pendant des mois, il en vient ,aturellement à détester le jeu et remettre en question sa passion...)

Au delà du package, je crois que ce qui m’a fait le plus plaisir, c’est juste le fait de gagner quelque chose. J’avais oublié ce que c’était et même si ça reste une mini-win, la sensation nous rappelle pourquoi on aime le poker (quand n’importe quel pro bad run pendant des mois, il en vient naturellement à détester le jeu peu à peu, non?)

Bref, la prochaine étape, ce sera le retour à Londres et pour le coup, je croise les doigts à fond pour run good encore un peu. Mais sur le temps only cette fois. Plus de neige. Plus de pluie. Plus de gris : non DU SOLEIL QUE DIABLE ! Parce que c’est sensé être le printemps depuis 4 jours boudiou ! 🙂

PS : Et pour finir en beauté, cliquez pour voir cette vidéo bien crétine mais bien poilante aussi (forcément…) !

De Deauville à Las Vegas : 15 jours hyper polarisés, nuts or beurks !

26 février 2013

Définition de « polarisé » : soit très bon, soit très pourri. Se dit aussi d’une main de poker : avoir « les nuts or nothing ».

Laissez-moi vous raconter mes 15 jours « nuts or beurks » en bref, z’allez comprendre la force du roller-coaster :

NUTS : Lors de l’EPT Deauville, mon déjeuner d’anniv’ surprise façon goûter avec Emilie, Nico, Coco, Fab et Ludo (merci les z’amis, c’était top !) et toute la journée qui a suivi (massage, fleurs, resto qui tue et soirée à l’02 ensuite)…

annivPetit jeu : sauras-tu deviner qui est qui? (en fait j’avoue : on avait vraiment l’air trop cons -mais du coup, on s’est bien poilés-, je me suis donc dit qu’un peu d’anonymat ne ferait pas de mal hahaha!)

restoFlash pub (parce que c’est aussi à ça que sert un blog) : on ne connaissait pas « l’Essentiel », un resto gastro franco-asiatique, mais ça va devenir notre QG tous les ans pendant l’EPT ! Pour résumer, de l’amuse-bouche au dessert, on s’est ré-ga-lés (et c’est suffisamment rare pour mériter d’être signalé, merci Chef) !

soireeUne belle brochette de fish à l’O2 ! (mais au moins, l’aquarium est remplit de champagne !)


BEURKS :
Avoir l’average en début de Day 2 au FPS (malgré une gravissime erreur de ma part lors du Day 1 : je tente de bluff turn un mec qui est commit, parce que je n’ai pas bien vu la taille de son stack). Et bust Day 2 en 3 mains D’AFFILEE ! Trois flips, merci et au revoir, on rentre à Londres !

claire_FPSTrès sympa ce début de journée, on s’éclate…


NUTS
: Le voyage aller à Vegas en business parce qu’ENFIN, on a pu se servir de nos miles ! Hourrah !

avionLe seul souci avec les voyages en business, c’est qu’on se dit qu’on ne retournera plus jamais en éco. Et pourtant… 🙂


BEURKS 
:
Lorsque nous arrivons en taxi à notre appartement à Vegas, plus d’électricité.
En même temps, ce n’était pas grave, car nous n’en avions plus besoin pour ouvrir la porte du garage : la batterie de la voiture était vide de toute façon.
En même temps, ce n’était pas grave, et j’irais même jusqu’à dire que c’était une bonne nouvelle que nous ayons oublié d’installer le prélèvement auto des factures EDF (= coupure immédiate), puisque sans cela, notre appart’ aurait pris feu.
En effet, j’ai oublié de mentionner l’explosion d’une canalisation d’eau usée au plafond entre les deux apparts qui a fait tellement de dégâts dans la cuisine que si l’électricité n’avait pas été coupée, ça aurait probablement créé un terrible court-circuit qui aurait foutu le feu partout.
En même temps, ce n’était pas grave, puisque c’est ce qui a permis aux assureurs de découvrir (après dépouillage/démontage de la cuisine jusqu’à l’os) une énorme tache de moisissure derrière l’évier et jusqu’au frigo, et qui datait des anciens proprios. « You’re very lucky, thanks to the leak, we found the mold ! » Pour ceux qui ne connaissent pas les ricains, depuis l’affaire des « moisissures tueuses », prononcer le mot « mold » dans un appartement revient à crier « bomb » dans un aéroport.
En même temps, ce n’était pas grave, car celle-ci n’était pas plus dangereuse que celle qui truffe le roquefort. C’est juste que la moisissure, ça sent mauvais.
En même temps, ce n’était pas grave, car grâce aux cuisses de poulet laissées au congélo (oui, ce même congélateur qui n’avait plus de courant depuis 6 mois), on ne sentait plus du tout l’odeur de moisi en entrant dans l’appart’…

Bref, nous sommes donc allés à l’hôtel en taxi (puisque la voiture était en panne). Jouer un peu au poker. Et j’ai bust d’un 250$ au Venetian sur un coup bien polarisé ; ça ne s’invente pas (le mec overbet push river avec soit full soit rien ; il a full et j’ai évidemment pris la mauvaise décision).


NUTS :
Sauf que le lendemain matin, nous étions à nouveau au paradis. En effet, à Vegas tout est possible, même faire du yoga au milieu des dauphins! Trois fois par semaine à l’aube, une petite salle sous l’aquarium géant du Mirage est ouverte pour un cours particulier vraiment particulier. Les 8 tapis sont installés entre trois grandes fenêtres donnant sur les bébêtes qui se marrent bien à nous voir prendre nos postures zen ridicules. Sauf que nous, on s’est bien marrés aussi puisqu’ils étaient tous vraiment en forme : vous avez déjà vu une partouze de dauphins vous ? Nous oui ! (dur dur d’ailleurs de se concentrer sur nos postures tant on avait tous les yeux scotchés sur National « dolphin porn » Géographic en direct).

DAUPHINSUn moment magique et merveilleux (si on ne prend pas en compte que le dauphin qui me parle est vraiment « ravi de me voir » et qu’il m’invite à les rejoindre -oui, le cadrage de cette photo est étudié-) 😀


BEURKS 
:
Quelques jours plus tard, nous arrivons à Los Angeles, enfin plutôt dans la charmante bourgade de Commerce, à plus d’une heure d’embouteillage de Venice Beach ou Malibu. Nous découvrons la merveilleuse vue panoramique depuis notre chambre :

parkingEn même temps, c’était ça ou l’autoroute… Alors bon…

normandyAh, c’est sûr que ça change du Normandy…

Une fois notre burger au gras dégusté, nous nous dirigeons motivés vers le casino de l’enfer, aka le Commerce, aka le pire endroit du monde pour jouer au poker, aka « quand t’arrives, tu te grattes« , aka « Ca pête, ça rote, ça crache » etc…

Pour vous résumer la chose, quand on gagne un gros pot, on a presque pas envie de toucher aux jetons pour les empiler chez soi. D’ailleurs, je n’ai pas chip-trické une seule fois. Mais j’ai vidé mon tube de désinfectant main. Et mes poches aussi d’ailleurs. Je me soupçonne d’ailleurs d’avoir jeté mes jetons pour pouvoir m’en aller plus vite…

commerceUne usine à rake, avec plusieurs centaines de joueurs entassés à la chaine, dans le vacarme et la crasse… 

chat_depressif

Le lendemain, hors de question de retourner dans la salle maudite des pauvres en bétaillère. Je fais donc péter la banque pour m’asseoir en 20/40 (Limit) pour la première fois de ma vie. Et j’ai l’immense privilège de m’asseoir dans une « room high stakes » à peine moins dégueu et où les jetons ne collent pas aux doigts. Je suis hyper motivée et chargée à bloc : je vais jouer avec une discipline de l’espace : jamais spew de bet en étant derrière, et toujours bourriner en value quand je suis devant. Le Limit est une variante très particulière, où la notion de bluff est différente, où la position est primordiale et où sortir de sa ligne de conduite conduit très souvent à l’échec. Comme dit Fab, c’est uniquement un jeu d’économie où chaque bet compte : il faut y jouer avec rigueur, jamais quand on est d’humeur gambleuse…

Première main que je joue : AK vs A9 dans monster pot sur 245A (ça a bourriné sévère préflop/flop/turn). River 9, je me contente de check/call son bet. Il a A9 et j’ai perdu plus de 250$ sur le coup. Un peu sonnée, je reprends mes esprits et continue la bataille. 88, TT, AT sur AsAd2s8h3s (contre A5 -miam- et Ks4s qui fait couleur river…), QQ sur AKx (=abandon) : j’ai perdu presque toutes mes grosses mains. Aucun flop, des tirages ratés. Comme une spirale infernale qui m’a coûté au final une blinde.

Mais, et c’est là où je m’en veux, j’aurais dû m’écouter. Dans la poker room du Bellagio, par exemple, je me sens bien et je gagne (mais je joue plus petit, 10/20 ou 8/16). J’y gagne pas des tonnes mais j’y gagne régulièrement. Et ici, dans ce casino maudit, j’aurais dû écouter le fait que je ne m’y sente pas bien. Ni chanceuse, ni à l’aise ; et c’est probablement un peu irrationnel mais je pense qu’être entouré de bad vibes amène la scoumoune. En clair, je n’étais pas à ma place et j’aurais dû mille fois prendre en compte ce facteur avant de m’asseoir à la table entourée de gens qui ne me ressemblent pas (enfin j’espère…).

Anéantie et sur-cagoulée, je rentre à la chambre pour regarder la fin des Oscars et c’est là que me vient une idée de génie : regarder « Amour » de Haneke, un film primé/césarisé de partout. Au bilan : une heure à s’ennuyer (c’est quoi cette direction d’acteur ? On dirait que les mecs sortent d’une séance d’orthophonie : on ar-ti-cu-le) et une heure à pleurer face à ce couple de petits vieux qui se meurt lentement. En même temps, le point positif dans tout ça, c’est que maintenant, je sais comment on change la couche d’une grand-mère paralytique.

Bref, si Fab ne m’avait pas ramené un emergency-cookie au chocolat (après avoir busté du Main Event à 10k avec AQ vs AT sur QT9…), j’aurais sauté par la fenêtre. Histoire d’atterrir dans les poubelles juste en dessous et de peaufiner le tableau d’une journée parfaite.


NUTS :
Intervalle zen dans un resto japonais le lendemain avec ElkY, Jenny No et Eugène au coeur de Little Tokyo. Un resto minuscule mais au menu shabu-shabu délicieux et gargantuesque : personne n’a pu en venir à bout !

shabu shabu - Copie

Il me reste encore une semaine sous le soleil de Vegas avec au programme de belles sessions de cash game au Bellagio tous les jours. Et punaise pourvu que je finisse en 100% NUTS ! (Mais même si je reviens cagoulée jusqu’à l’os et que je dois descendre de limites jusqu’en 4/8, ben on s’en fiche car une semaine à Vegas, de toute façon, C’EST TOUJOURS LES NUTS !) 🙂

Petit bonus pour la route : quand il vous arrive un (petit) bad beat, que ce soit au poker ou dans la vie, pensez à ça (spéciale dédicace à Kara qui l’avait postée sur son mur) :

t-rex
Perso, ça marche à tous les coups mouahahaaa ! 😀

Deauville-Baghdad : sous les bulots, la triche…

5 février 2013

Moi qui avait prévu, après deux mois (presque) sans poker, de vous mitonner un petit post sympathique de retour, en direct de Deauville façon « Tout ce que j’aime retrouver sur le circuit » ou « Mon top 10 de tout ce que je préfère sur cet EPT de bord de mer », ben je crois que je peux m’auto-farcir…

En effet, au vu du climat actuel et des questions que tout le monde se pose, je me vois mal vous faire l’éloge de mon plateau d’huître de lundi ou de vous pondre un whine infini sur mes malheurs à la table (quoique, je ne saurais résister à la tentation de vous raconter mes bad beats)…

Car voilà, ce serait comme faire le reporter de guerre qui part à Baghdad et qui revient avec une chronique de « Où manger le meilleur kebab de la ville ». Je ne peux donc pas publier sur ce blog sans, semble-t-il, évoquer cette situation désagréable dont tout le monde parle ici : l’affaire de triche façon « Kem’s » de la finale du PPT.

Il est vrai en plus que tout le monde en parle. Je n’étais pas à la table du FPS depuis plus de 15 minutes que des mecs randoms s’envoyaient des  « J’avais deux paires oeil-menton » ou faisaient gesticuler leurs bras comme des fous épileptiques, dès qu’ils entraient dans un coup. Et la table, évidemment, riait de bon cœur. Parce que voilà comment la majorité des joueurs évoque l’affaire : en riant. En fait, tout ceci est en train de devenir une énorme private joke (qui n’est plus très private d’ailleurs) dans toute la communauté.

Sauf que tout le monde ne rit pas non plus…

Y’a aussi ceux qui, comme moi, sont finalement assez tristes et déçus de tout ça. Parce que je ne ferais pas exception en disant que j’appréciais moi aussi JP pour toutes ses qualités humaines et que oui, il était très aimé de tout le monde, toujours poli, souriant, sympa et généreux (mais bon, ce n’est malheureusement pas de ça dont il est question ici)…

Et puis enfin, y’a ceux qui font sacrément la gueule, pestent et enragent : tous ceux qui vivent du poker (joueurs pros ou amateurs, journalistes, businessmen etc…) et qui ont conscience du mal que peut faire cette affaire sur notre image qui est déjà lourdement chargée…

Après, halléluia, il nous faut relativiser l’impact que cette histoire a pour l’instant aux yeux du grand public, puisque nous avons l’immense chance de « faire une Farrah Fawcett ».

– Farrah Fawcett est morte
– Ah bon ? Quand ?
– Hier, le même jour que Michael Jackson
– Ah ouais, ok, j’en ai pas entendu parler…

En effet, remercions le merveilleux monde du foot de nous offrir ce qui s’annonce comme l’un des plus gros scandale sportif de tous les temps, pile au bon moment. Les journalistes des médias généralistes ayant donc à manger pour les semaines à venir, ils vont probablement nous laisser un peu de temps d’y voir plus clair avant d’exposer la chose sous les spotlights de façon bourrine et de juger le poker de façon rapide et caricaturale : poker = drogue = triche = prostitution = fange du monde = « cool, on va faire de l’audience au 20h ».

Mais il faut en effet reconnaître que même si peu est dit en public, ça jase et ça gueule sévère dans les coulisses… Il me semble donc impossible que l’affaire s’étouffe lentement dans les prochaines semaines : on va droit à l’enquête et au procès (ou pas) mais tout le monde a hâte d’avoir le maximum d’éléments pour se faire une idée et enfin tourner cette page fort désagréable. Quoiqu’il en soit, une petite voix me dit que jamais on ne saura exactement ce qui s’est passé, qui a fait quoi et surtout, quelle était l’énorme partie immergée de l’iceberg reliée à cette affaire…

Donc en attendant que tout ceci décante (et qu’importe finalement l’issue de tout ceci), j’avoue qu’en tant que joueuse, ça m’a un poil préoccupée aussi : l’essentiel est que cette histoire soulève des questions et des points importants à travailler/consolider pour assurer l’avenir de notre passion à tous. En clair, l’envie d’avoir des exigences commence à me gratter sévère : il nous faut blinder l’avenir au lieu de décortiquer un passé qui ne nous offrira probablement aucune réponse. 

J’ai donc envie d’être plus chiante et plus intransigeante que jamais. D’où la création de « la nouvelle charte du joueur pro qui veut jouer en live sans flipper d’être pris pour un pigeon ». Ou, plus simplement, la « C.H.A.T.T.E », aka « La CHarte Anti-Triche Totalement Exigeante ». 

lion

Suite aux derniers développements des affaires en cours, NOUS, JOUEURS PROS ET AMATEURS, EXIGEONS DESORMAIS :

. Des sièges moelleux, inclinables, avec accoudoirs, chauffants (sur option, et en cas de clim’) et massants, genre avec deux boules qui remontent le long du dos (PS : vade retro esprit pervers, y’a rien de chelou dans ma phrase)

. Des massages gratuits de 10 minutes pour tous

. Des boissons à volonté (et pas que des softs, faut pas déconner)

. Avec les casse-croûtes assortis (certains casinos le font d’ailleurs déjà et qu’ils en soient bénis)

Ok, je dérive doucement. On retourne dans le vif du sujet :

Premièrement nous exigeons :
Des floors compétents et impitoyables avec les rêgles : ce sont les mêmes pour tous.
Encore tout à l’heure, Fab me racontait que lors d’un tournoi récent, un croupier qui distribuait les cartes avait stoppé sa distribution pour appeler un joueur pro à venir s’asseoir afin que sa main ne soit pas brûlée. Ce geste, qui part pourtant d’un bon sentiment à la base, est inadmissible. En effet, que va-t-il se passer quand Randomator va voir sa main brûlée juste après parce qu’il n’était pas non plus assis à temps pour récupérer ses cartes ? Poser des règles strictes et identiques pour tout le monde est un gage incontournable de respectabilité d’un casino. Pas de favoritisme mais des hommes là pour faire respecter l’ordre d’une façon très droite, jamais complaisante et toujours impitoyable : on veut des BatFloors.

Deuxièment :
Une couverture totale des tables et de la zone de tournoi avec des caméras, avec un personnel compétent à l’autre bout des écrans. Le tout avec conservation des bandes pendant une durée suffisamment longue (en cas de besoin de re-visionnage) du tournoi si possible mais surtout à partir de la demi-finale ou, de façon obligatoire, de la finale. On se doute bien que les organisateurs ne vont pas garder trente fois 72h de rush dans les placards et se creuser une grotte en Norvège comme Google pour le data-stocking…

Troisièmement :
Que tous les employés d’un tournoi soient au courant de toutes les dernières techniques de triche hi-tech (ou pas) afin de mieux buster les fourbes. J’ai entendu dire qu’il existait par exemple des encres invisibles pour marquer les cartes (ensuite, ces dernières sont lues avec des lentilles/lunettes spéciales). Et que l’on pouvait les acheter partout online (flippant hein?). J’ai donc envie d’exiger qu’un floor embusqué porte ses lentilles quand il déambule entre les tables. Et que les coupables, s’il y en a, soient immédiatement virés de tous les casinos de France et de Navarre.

Quatrièmement :
Que la jetonnerie soit adaptée, voire à terme, programmée avec des puces incrustées pour éviter tout « ré-injectement » ultérieur d’un tournoi à un autre. Ca semble un peu XXIIe siècle et surtout, ça coûterait une blinde… Mais l’idée est kiffante et elle serait possible quand il ne reste plus que quelques tables en fin de tournoi. De même, il faut impérativement des jetons différents pour les sat, les sides et les Main Event. Ca devient de plus en plus fréquent, mais ce n’est pas encore automatique.

Cinquièmement :
Des mélangeurs automatiques (et donc, qui recomptent les cartes) présents à gogo autant que possible. Même si sur un grand tournoi, pour raisons de budget, seules quelques tables en sont équipées (surtout en TF), c’est toujours mieux que rien. Ca permettrait d’éviter toute possibilité de manipulation, qu’elle vienne du joueur ou du croupier.

Si ces cinq mesures étaient appliquées (ce qui est souvent le cas dans certains casinos de Vegas, par exemple) , il ne fait nul doute que les tricheurs devraient se décourager un tant soit peu avant d’envisager de raser leurs pigeons. Sauf que bon, on rejoint un peu le pays de Candy : ça coûterait une sacrée blinde aux organisateurs tout ça… Mais si rien que les quarts de finales étaient couverts de cette façon, ce serait pas mal non ?

Ce serait d’ailleurs un excellent point de communication pour de nombreux organisateurs de tournoi, qui pourrait même aboutir à une création d’une forme de « label » garantissant des mesures pointues et spécifiques pour protéger les joueurs. Les joueurs exigeraient donc la C.H.A.T.T.E avant de poser leurs fessiers royaux sur des sièges de tournoi : après tout, ce serait logique, non ? 🙂

En bref, c’est donc aux organisateurs de tournois de jouer aux justiciers (non-) masqués et de décider de prendre la route de la transparence et de la rigueur la plus totale : ils ont tout à y gagner, dont la confiance d’un public de passionnés, souvent bourré aux as et qui en plus, n’a qu’une seule envie : dépenser leurs sous chez eux les yeux fermés. Sur le papier, c’est une idée de comm’ qui ne se refuse pas… Ce serait donc un investissement lourd à la base mais dont les retombées seraient très juteuses et profitables à tout le monde…

De même, et en parallèle, je tiens à préciser  que le peu d’histoires de triches (parce qu’il est bon de rappeler que sur le circuit pro WPT, WSOP et EPT, ça reste à priori infiniment marginal) que j’ai entendu depuis 5 ans que je suis sur le circuit, touchaient aussi bien le online que le live…

Mais bon, comme il est question ici d’une affaire en live, parlons de ça. Toutefois, j’apprécierais que les rooms online communiquent un peu plus sur leur méthodes de traque des tricheurs et leurs résultats… Car on sait que si le côté « barronage » (un complice posté derrière l’adversaire), « Je te fais des signes » ou, plus simplement « On se joue pas » existe depuis que le poker existe, et présente un côté presque archaïque limite « Commedia dell’arte », la triche online peut inclure des techniques super hardcore de complexité… Le sujet est encore plus tabou que le live, et pourtant, il touche beaucoup plus de monde et donc, beaucoup plus d’argent…

Je voudrais revenir aussi sur l’idée qu’il ne faut pas oublier d’où vient le poker et sa mauvaise réputation. En résumé : « On ne peut pas arriver sur une ancienne décharge pour construire sa maison et gueuler parce que ça pue quand on ouvre les fenêtres ». Attention à ne pas sortir cette phrase hors contexte : je ne dis évidemment pas que « c’est comme ça, alors ferme ta gueule ». Non, je dis juste que grâce à de nombreuses personnes de bonne volonté, tout bouge tranquillement et s’oriente dans la bonne direction mais il ne faut pas non plus oublier qui jouait au poker il y a 20 ans dans les arrières-salles enfumées…

Mais bon, non seulement le donquichottisme est un moteur merveilleux mais en plus, il arrive parfois même à faire tomber un moulin (à moins que ce soit un coup de vent extérieur ou une grosse « Deus ex Machina » pelleteuse, mais au final, du moment qu’on a le résultat…).

De plus, et pour clore le sujet, c’est dans le circuit du poker pro que j’ai appris ce que le mot « avoir une parole » voulait dire. L’immense majorité des joueurs pros que j’ai rencontré et que je cotoie au quotidien sont des gens droits, intêgres et de vrais amoureux du jeu. Beaucoup sont capables par exemple de prêter une somme énorme à une connaissance du circuit sans sourciller et sans aucune garantie, et se les voir rendre quelques jours plus tard comme si de rien n’était ; parce que faire confiance à quelqu’un veut vraiment dire quelque chose (et la trahir, aussi…). C’est aussi un milieu qui compte de nombreuses personnes avec qui j’adore passer du temps, pour parler poker ou juste refaire le monde pendant des heures. Voilou.

Maintenant, assez parlé de choses importantes.

(avant, petite parenthèse philo avec une phrase que j’aime tout particulièrement :  « Quiconque a sondé le fond des choses devine sans peine quelle sagesse il y a à rester superficiel » Nietzsche. Voilà, comme ça, ma transition vers la fin de cet article est faite…)

Finissons donc sur trois notes positives et légères :

anaisAnaïs Lerouge est officiellement un vrai pirate : elle s’est encore emparée, pour la 3e fois (!) du titre Ladies ! VGG à toi ; u rock girl 🙂 (pour info, ici, c’est le bar de l’O2, dans le casino, où se retrouvent tous les joueurs le soir : un piège absolu où le « Allez, non vraiment c’est mon dernier verre et je rentre » est voué à l’échec à 100%…) 

crountch[interlude on ze beach] Crountch, crountch, crountch : le bruit des coquillage broyés est plus jouissif que celui du papier bulle qui éclate sous les doigts 🙂

ben_restoEt pour finir, un gros VGG aussi à Benjamin Pollak qui remporte le contrat Betclic à 100k ; et zou, un autre prétexte pour faire la fête ! 

Rendez-vous dans quelques jours pour la suite de cette étape Deauvillaise dans un autre post où, cette fois, vous n’échapperez pas au récit de mes bad beats ! 🙂 (mais promis, j’y mettrais aussi plein de bétises et de photos sympas)

Un gros GL aussi à tous les potes qui sont encore dans la Main !

Pourquoi jouer un tournoi à Aix-les-Bains peut être plus difficile qu’un EPT à Copenhague…

12 novembre 2012

Bon, ok, j’ai volontairement appuyé sur le champignon de la provoc’ dans mon titre, mais l’idée est là : de la difficulté de gagner un coup à une table de joueurs débutants. Et il est question de débutants relous. Pas de mecs gentils qui misent quand ils ont et foldent quand ils ont pas (une espèce malheureusement en voie de disparition).

Je vais commencer par un exemple qui en dit long. Nous sommes donc dans le Dream Poker Tournament dans le très joli casino d’Aix-les-Bains pour un buy-in de 1 100 euros (je tiens d’ailleurs à remercier l’organisation pour leur chaleureux accueil). Un joueur, appelons-le « Némo », paie un raise, call flop puis décide de monster raise turn sur un board 6 8 J 7. L’autre en face se gratte, souffre et finit par fold brelan de 6 en voyant la force sereine affichée sur le visage de Nemo. Ce dernier abat alors fièrement A9 avec un grand sourire. Silence… On se dit tous, « Wow, ok, beau bluff, punaise, il a des coucougnes le mec… » Sauf qu’il sort deux secondes plus tard : « C’est facile en même temps avec quinte ! ». Petit blanc gêné à la table… « Mmmh… Non, vous n’avez pas quinte… ». Et là, Nemo, tout rouge, comprends son erreur et tente de se rattraper : « Mais je sais ! Bien sur que j’avais pas quinte ! ».

Ensuite, quelques heures plus tard, Némo décide de payer un raise hors position après avoir limpé avec 8h-6h. Le flop tombe 7h 7s 9h. Et là, dans un pot de 4k, Némo donk 40k et tapis (!). L’autre se précipite pour payer avec 7-9, créant un « Wow ! » général à la table… Lorsque la river tombe, un 10 de cœur, évidemment, le mec avec 7-9 manque de tomber de sa chaise et se lève immédiatement pour parler aux murs. Pendant ce temps, alors qu’on compatit tous à la douleur du two-outé, Némo nous explique, en ramassant les jetons : « Ah mais j’étais quand même énorme au flop, les cœurs, la quinte, c’est pas non plus un truc horrible… » On lui explique alors qu’il y avait full en face et que du coup, seules deux cartes pouvaient le sauver, « Ah oui… Ah ben j’ai eu de la chance hein, hahaha ! »

Maintenant ma question est : comment jouer contre un mec qui ne comprend rien ni à ce qu’il fait ni à ce que les autres font ? Le poker est un jeu où le talent de lecture est ce qui différencie un bon joueur d’un mauvais. Tout se joue dans l’habilité à mettre notre adversaire sur un range plus ou moins précis et jouer ensuite au premier, au second ou au troisième degré sur le « Il croit que je crois qu’il a cette main, donc je vais jouer comme ça pour tout lui prendre ».

Sauf que contre un joueur qui ne sait pas ce qu’il fait, la lecture est par définition impossible. La stratégie non plus. Nous en parlions lors d’une discussion intéressante avec Ludovic Riehl (qui prépare justement un blog à ce sujet), Michel Abecassis et Fabsoul et le débat était animé : est-ce un cauchemar ou une bénédiction de jouer contre des débutants ? Car la seule façon de contrer un adversaire qui ne comprend rien est de jouer super tight, ne jamais bluff et de value au max toutes ses mains. Ok. Sauf que comment on fait quand on a pas de jeu ? Ce n’est même plus du poker, si ?

Jouer contre des mecs qui ne savent pas lire un board, n’ont aucune logique de mise (mise/raise pour value ou pour bluff?), aucun raisonnement et qui en plus, se trompent en lisant le board ou leurs cartes, c’est de la roulette. Le joueur pro en est réduit à jouer purement ses cartes, sans aucune fantaisie, aucune stratégie ou aucun bluff, ce qui est non seulement d’un ennui total mais en plus, un pacte unilatéral avec Dame Chance (« Pitié donnez moi du jeu et des mains à value »)…

Quel joli lac que le Lac d’Annecy… Tant de promesses…

Miam miam, chomp chomp, burb…

« Je crois que j’aurais pas dû reprendre de dessert… »

Meugnnnnmeugnaraaaaaaaa… Plus jamais…

MASSACRATOOOOOOOOR !!!

Pardon pour la pauvreté de la BD ci-dessus mais bon, vous comprenez l’idée quoi… 🙂

Dans un tournoi de niveau moyen, prenons un Day 1 dans un WPT par exemple, il est possible de bluff des petits pots par-ci, par là, de grind à droite et à gauche car il y a du répondant en face. Les mecs bien souvent comprennent ce qui se passe et ne sont pas suicidaires. Ils ne paient pas deux barrels avec ventrale pour hit une paire miracle river par exemple…

Vous allez me répondre « Mais tous les jours, j’ai envie que le mec me paie en étant derrière ! » Sauf qu’il y a « être derrière avec 5% » et « être derrière avec 40% »… La notion de long terme en tournoi live n’existe pas ; ce n’est pas du cash game ou du multi-tabling online où la succession de tournois amortit la variance. Non, c’est du one shot. Et avoir en permanence un mec qui paie votre AKo avec Q6s et qui est prêt à mettre sa chemise à la river sur un board T 9 6 7 2 avec une couleur qu’il n’aura même pas vue, c’est horrible. Le mec ne va pas aller loin sur le long terme, mais sur le court terme, il va vous pourrir. Et ensuite, même s’il saute, c’est un autre qui va prendre sa place…

Je vois par exemple dans ce tournoi, je n’ai eu en six heures de jeu que deux fois AT et une fois 66. Le reste du temps, j’avais des suited connectors qui trouvaient leur flop (mais jamais le reste) ou des poubelles injouables. J’ai stupidement tenté des moves de type « Je représente exactement cette main là et lui, comme il a AK, il va devoir fold » sauf que non, le mec ne fold jamais. Je n’aurais jamais dû tenter autre chose que de jouer purement mes cartes. Et comme sur toute la durée du tournoi, je n’ai hit que deux fois une paire (véridique, un truc de fou), je ne pouvais pas jouer, ce qui n’aurait pas été le cas dans un tournoi avec un field plus relevé.

Attention, je ne dis évidemment pas que je préfère un field épicé à un field de petit tournoi de casino… C’est juste que, comme tout le monde, je préfère l’entre-deux…

Je préfère perso tous les jours affronter un robot nordique médiocre (ils ne sont évidemment pas tous bons), genre ceux qui ne sortent jamais de leur ligne de conduite (call un raise HP avec main pas terrible : jamais, limp : jamais, call flop avec ventrale et une over : jamais, 3-bet automatique avec un range précis allant de 8-9s à AA, auto-push anytwo à 10BB left en late etc…) plutôt qu’un mec qui, à la question « Quel est son range de call ici ? » a pour réponse « Any two » et qui donk/over bet une fois sur deux selon son humeur et ses cartes préférées du moment…

Je suppose toutefois qu’il y a ici une belle piste à explorer pour arriver à jouer contre de très bons joueurs. L’effet de surprise et la faculté à sortir des sentiers battus, c’est d’ailleurs ce qui va faire la différence entre des très bons joueurs et des joueurs juste bons. La faculté à donner des maux de crâne… « Mais pourquoi il a joué ce coup comme ça ? Mais WTF ? Mais qu’est ce qu’il a ? »

Evidemment, et c’est là tout le problème, des plays élaborés ne peuvent être mis en pratique que contre des joueurs ayant le niveau en face de comprendre ce qui se passe… Et il n’est pas toujours facile d’être sûr à 100% du degré de lecture du mec en face… De même, sortir de la ligne implique forcément aussi de grosses prises de risques et la nécessité de virer hors de l’autoroute du mathématiquement correct.

En fait, ça me fait penser à la stratégie de kung fu de l’homme ivre. On croit qu’il fait n’importe quoi mais en fait, après petit coup de pied à gauche, une bonne banane à droite et un léger enfoncement thoracique au milieu, on comprend que le mec envoie du lourd, non pas dans son gosier mais dans ta pauvre face de blairette qui n’a pas compris ce qui lui arrivait.

J’en parlais dans les commentaires du post précédent, où il était question de créativité, qui à mes yeux représente toujours une grosse part de risque, sauf si on connaissait vraiment son adversaire et que l’on joue à un gros niveau. Je précisais aussi que pour moi, n’est pas Picasso qui veut et qu’avant de jouer en déconstruisant, il valait mieux sacrément maîtriser le pinceau… Perso par exemple, je sais que j’en suis incapable ; j’ai un jeu propre et solide mais je ne sais pas encore comment retourner un bon adversaire comme une crêpe en lui faisant croire ça, puis ça, avant de le raise puis check-raise puis whatever it is…

Bref, tout ça pour dire que mon prochain tournoi sera un side event à Prague en décembre où j’espère qu’il y aura plein de gentils petits robots nordiques. Pas les méchants robots qui donnent mal à la tête, non, juste les gentils qui jouent proprement… Et en attendant, retour à Londres pour le mois de novembre : quel bonheur d’être chez soi, surtout entourée des deux (trois) amours de ma vie :

Sean, mon idole de toujours et Fishou le Lapinou, mon nouveau porte-bonheur ! (il est un peu mort mais il est très doux…)

Sur ce, Londres est une ville extra-ordinaire et, contrairement aux idées reçues, il n’y fait pas plus mauvais qu’à Paris (il y fait juste mauvais tout pareil…). J’y retrouve un parfum de New York et de Brooklyn où le dynamisme et la réactivité sont un état de fait, où les restos ouvrent au gré du mood du moment, toujours à la pointe de l’innovation et du renouveau, où les boutiques sont hallucinantes, absurdes et audacieuses, où les gens sont brassés dans un melting pot géant d’où ne sort que le meilleur, où l’excentricité fait sourire, où on enchaine une promenade dans Hyde Park avec une soirée underground dans une ex-église… Bref, une métropole immense, un centre du monde bourré de surprises et de choses à découvrir en permanence. Perso, je ne pourrais plus vivre ailleurs !

Ok, sauf peut-être là…

Ou là, allez, soyons fous :

Et ce qui est fun, c’est qu’au final, je ne suis qu’à quelques (gros) flips de ces paysages de rêve! Et que vous aussi ! (Mode optimisme maximum ON) 😀

Où il est question d’absence, de bad run, de zombies et, bizarrement, de chien qui sourit à la fenêtre…

27 septembre 2012

La barre des 3 millions de chômeurs est franchie
Dans 100 ans, le niveau des eaux aura augmenté de 1 mètre
Huit millions de français sous le seuil de pauvreté
La tension monte entre la Chine et le Japon ; guerre imminente ?
Ras le bol général dans les hôpitaux et les écoles de la République
D’ici à 2050, la moitié des espèces animales connues auront disparu
All in perdu avec AJs vs 67o sur A724, river 7
Effet cancérigène prouvé pour les OGM
Un milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable
Les massacres de civils se poursuivent en Syrie

Cherchez l’intrus.

Tout d’abord, je tiens à m’excuser pour cette absence absolument non-justifiée de la toile. Disons que qu’importe mon excuse, j’aurais du me remonter les bretelles pour zou, me poser devant mon clavier et faire quelque chose qu’au moins, je suis supposée savoir faire…

Sauf que voilà. J’ai été gnnnn. Gnnnnn comme un gnou mou qui se traine de l’ombre d’un baobab à un autre. Je me suis laissée atteindre par la badrunite. Voilà. J’ai un peu honte, parce que non, je n’ai vraiment pas perdu beaucoup et que oui, je ne joue pas assez pour amortir la variance mais ces derniers mois ont été réellement difficiles du point de vue pokeristique ; j’ai oublié ce qu’était le bonheur d’emplier dans des jetons dans des coups qui vont tout seul…

Ce qui est le plus difficile, c’est évidemment de ne pas savoir quand ça va se terminer. Quand on va gagner le flip décisif. Et pourquoi tout arrive d’une façon si caricaturale que l’on pourrait croire à une blague pas drôle ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet (car vous vous en doutez, ce post ne sera pas qu’une longue démo de « how to be a pleureuse »), je vous donne un exemple de ce qui m’est arrivé à Londres il y a une semaine. Mon avion partait tard le soir et j’avais quelques heures à occuper…

Alors que je marchouille dans Marylebone, mes pieds m’amènent étrangement juste devant le Vic Casino. « C’est un signe », me dis-je. « Il faut que j’aille y prendre un petit billet, obligé, ça me paiera mon taxi, mon magazine, mon café et mon sandwich dans l’avion, ça fait toujours plaisir ! » (oui, je sais, vous noterez que mes ambitions ne sont pas très élevées en ce moment…)

Ni une ni deux, me voici installée à la 1£/2£ où je pose 100£. J’installe mon café sur la tablette à hauteur de main, j’achète des jetons à mon voisin et j’ouvre, vous l’aurez deviné, les as. Première main. Là, vraiment, je me dis que c’est réellement un signe… Je relance assez cher, c’est payé deux fois et le flop vient KQ2 à cœur. J’ai les as noirs. Je bet quand même, mon voisin fold et l’autre m’envoie son petit tapis. S’il a JT, l’as de coeur ou AK, il joue probablement pareil. Tant pis. Je n’ai pas su fold… Et il avait JT de cœur… Tant qu’à faire…

J’ai recavé une fois et perdu (un peu) ensuite avec couleur max contre full river, puis full contre carré. Bref, j’étais allégée de 200£ en prenant l’avion. Super. Et c’est comme ça depuis des mois. Imaginez donc le palpitant post que vous auriez eu à lire sur Viedefish si j’avais pris le clavier ; un post ne faisant que raconter des mains perdantes. Ce serait comme une Chantal Goya qui chanterait du Houellebecq ou un Almanach Vermot qui recenserait les meilleurs avis de décès 2012 de l’Est Républicain.

Donc maintenant, voilà, vous savez pourquoi je n’ai pas écrit dans ce blog depuis des semaines ; je n’avais pas envie de whine parce que je ne gagne pas un coup. Et surtout pas quand mes potes galèrent à trouver du taf, galèrent à garder leur emploi ou se tapent 2h de route pour aller bosser matin et soir dans une boite pourrie car ils ont des gamins à nourrir…

Il n’y a pas plus de 2 semaines par exemple, j’ai entendu parler d’une personne que je connaissais et qui « dormait provisoirement dans sa voiture le temps de retrouver du travail ». Moi, de mon côté, je venais de passer l’après-midi à la plage du Martinez, à déguster une assiette de fruit à 25 euros, dans un transat à 30 euros la demi-journée en sirotant un café à 5 euros. Le tout agrémenté d’une virée dans un fauteuil gonflable super fun, genre bouée géante, à tracer à fond les ballons au milieu des yachts amarrés dans la baie de Cannes… On s’était ensuite levés vers 18h parce que nous avions faim. Nous avions donc été nous faire une orgie d’huitres chez Astoux avant d’aller faire la bringue dans une boite branchée de la ville où nous avons commandé une bouteille (ou deux, je ne sais plus).

Vous trouvez ça indécent ?
Et bien moi aussi. Oui, je trouve ça indécent aussi.

Vous imaginez donc ma honte à devoir écrire dans un blog de poker que « je ne gagne pas un flip, ouiiiiin… », « je ne fais pas un résultat et j’ai une estime de moi qui rétrécit comme une chaussette en laine à 60° en machine, ouiiiin », « ma bankroll poker montée en 2010 s’épuise, ouiiiin », « je ne fais que des min-cash pourris ouiiiiin » ou autre gémissement inutile et stupide…

Il faut dire aussi que Vegas cette année a usé les nerfs de nombreux français qui sont rentrés dépressifs, fatigués, usés et blasés. J’ai eu la chance de terminer à jeu grâce à des heures passées aux tables de s’n’go ou deux ITM moyens mais suffisants (j’ai payé mes dépenses sur place mais fait aucun profit) mais combien se sont cagoulés, le tout dans une ambiance de chaos et de fin du monde ?

Car oui, vous ne le voyez peut-être pas mais le poker français a un goût d’apocalypse. Il flotte un parfum de cercueil, de procession funèbres et de fleurs en plastique. Les contrats ont diminué ou disparu, le FISC poursuit les joueurs restés en France, les taxes étouffent les sites de jeu en ligne qui perdent beaucoup d’argent, des circuits de tournois disparaissent, des médias spécialisés aussi… Bref, le poker français est à l’hosto. Pas encore au sous-sol dans les frigos mais au rez-de-chaussée, dans une salle d (e grandes) attentes à la tapisserie vert pâle, aux affiches de prévention maladie délavées et à la machine à café en panne. « Vous avez la sinistrôse Mônsieur… »

Du coup, les gens perdent leurs repères. A l’exception de quelques (rares) grands noms du poker français, les contrats diminuent et les pros crient au scandale « Mais comment je vais faire pour jouer avec ça ? ». Sauf que les joueurs talentueux sans contrats se bousculent à tous les portillons et que rares sont ceux qui sont encore assis dans les wagons… C’est plus que jamais chacun pour soi et les services autrefois rendus gratos entre businessmen du poker se raréfient comme les cheveux sur la tête d’un mec sous chimio (prenez d’ailleurs une minute pour réaliser à quel point vous avez de la chance de ne pas être malade, svp).

C’est comme si, dans un monde post-apocalyptique où plus rien ne pousserait et où le ciel serait toujours gris et lourd, il existait un petit village de zombies tristes, vivant dans des maisons avec des fleurs au balcon. Il y aurait des faons qui brouteraient des tulipes sur la place du village et le boulanger terminerait de cuire des miches qui sentent bon. Et les zombies râleraient parce que leur pain est trop cuit et que « C’était mieux avant » pendant que tout le reste de l’humanité se battrait pour lécher une vieille croûte de polenta desséchée.

Bref, si on résume la situation grâce au jeu mathématique des patates (si si, souvenez-vous, le truc en 4e auquel vous ne compreniez rien), il y a une énorme patate toute morose qui contient une petite patate un peu grise qui contient à son tour une toute petite patate aux joues encore roses : moi.

Voilà. Tout ça donc pour dire que mon absence de résultat du moment (et donc, le fait que je joue moins et moins cher) et bien on s’en fout. Avec Fab, nous avons une chance inouïe d’avoir la vie qu’on a, et on se le répète tous les jours (et il va de soit que mon quotidien serait beaucoup plus roots s’il n’était pas là, avec moi). Regarder le verre à moitié vide trahit toujours une immense stupidité, voire une inconscience dangereuse, car potentiellement contagieuse.

J’invite donc, avec enthousiasme et envie, le milieu entier du poker français à se laver la boue qu’ils ont dans les yeux pour la passer au tamis comme le feraient des orpailleurs en Amazonie. La vie est belle et nous vivons dans un milieu qui contient encore beaucoup d’argent, et donc, beaucoup de potentiel de gains, qu’ils soient liés au business du poker ou au jeu lui-même.

Je vais d’ailleurs me mettre des coups de pieds aux fesses moi-même afin de ne plus jamais whine quand je perds un flip ou qu’une fois de plus, j’échoue à quelques places de l’ITM. Surtout que j’ai la chance de toujours collaborer avec MadeInPoker, Blue Shark Optics ou encore les vêtements JAQK, qui sont trois boites que j’adore.  Et je ne parle pas des autres projets, plus perso, qui m’enthousiasment tout autant !

L’essentiel en réalité est de lutter contre le sentiment de panique et d’angoisse lié à la morosité ambiante. Car le vrai souci, c’est bien celui-là, le sentiment d’urgence dans la nécessité du gain : « Il faut que je gagne vite avant que le monde ne s’écroule ; c’est bientôt la fin, c’est maintenant qu’il faut que je stocke, dans deux ans, c’est la fin des zaricots ».

Donc cheer up and grind ! Ou, comme le dit une de mes chansons préférées, « Be quiet and drive ». Si vous savez exactement dans quelle direction aller, promis, tenez fort le volant et tout ira bien. Parce que comme dirait l’autre, « Le bonheur, c’est savoir ce que l’on veut et le vouloir passionnément. »

Just another (month) in Vegas !

23 juin 2012

Punaise que le temps passe vite… Déjà presque un mois que je suis là, au milieu du désert, à me farcir des vieux texans alcolos, des gros geeks pédants et des analphabètes obèses, en me demandant perpétuellement ce que diable je fiche bien ici au lieu de boire l’apéro en Corse, au bord de la mer, à siroter un pastis peinard tout en demandant au cuistot où en sont les langoustes.

Et puis soudain, ça me revient:

Bon sang mais c’est bien sûr, je suis là pour égaliser le mur de mon salon.

Sauf que c’est plus facile à dire qu’à faire. Ca avait plutôt bien commencé, entre les sit’n’go one table et mon premier tournoi WSOP où je min-cash, et puis d’un coup, la scoumounite m’a frappée. Je l’ai pas vue venir, c’est juste qu’elle a surgit, comme ça, de nulle part. Qu’elle m’a tapée sur l’épaule et qu’elle m’a dit, « Claire, je m’ennuie, donc je vais te pourrir un peu. », « Oh ben non » « Oh ben si ».

Bref, pour commencer en douceur, j’ai bust de deux tournois Deepstack à 600$ du Venetian. Donc un coup où un mec inspiré décide de payer mon raise hors poz’ avec 67o. Le flop vient 5 8 9 avec deux carreaux. Et moi, ben j’ai A9 de carreau. Le tout dans un pot 4 fois supérieur à l’average. Bref, ce n’est qu’un exemple.

Au Venetian, en ce moment, c’est Carnaval. Oui, en effet. C’est la fête.

Mais, petite parenthèse ludique et fun, le Venetian offre heureusement aussi autre chose que du poker : le show mondialement connu du Blue Man Group. J’avoue que j’avais jamais été méga tentée, car aller voir des hommes peints en bleu qui jouent du tambour, ça m’excitait pas plus que ça (sans blague…).

Sauf qu’en fait, on y est allé avec des potes et on s’est poilés comme des fous ! Oui, en fait, le spectacle est très drôle ! Et le son est juste le meilleur que j’ai jamais entendu dans une salle de concert de ma vie. Ptet aussi que les 5 batteries simultanées y sont pour quelque chose…

Et ensuite, le lendemain, j’ai bust d’un deepstack quelconque je sais plus d’où. Ptet le Caesar’s où il y a les plus mauvais joueurs du monde. Un exemple. Un vieux moustachu raise et, venant d’arriver à la table et ne connaissant pas le gugusse, je 3-bet au bouton avec JTs. Il paie en râlant. Je c-bet sur le flop As high et il snap fold les dames en râlant : « Always, always the ace ! You wanted it? You got it ! Easy game ! Nice hand ‘mam… » Ensuite, il a joué deux coups : AA et AA. En deux heures. Et il a doublé et triplé car il y avait toujours une (ou deux) mains en face. Quand j’ai bust sur mon traditionnel 80/20 (TT vs 88, obv), il était énorme chip leader à ma table. Lol. Easy game en effet…

Du coup, j’ai été marcher dans la montagne pas loin (là, on est à plus de 2500m d’altitude et à moins d’une heure de Vegas)

Et le lendemain, j’ai bust d’un tournoi deepstack quelconque. Au Rio peut-être cette fois. Sur un flip. Voilà voilà…

Du coup, j’ai été faire un tour dans le désert pour méditer et surtout, pour manger un sandwich. Que Fab m’avait fait. Parce que oui, c’est comme ça chez nous. (mouhahaaahaaa) 😀

Et puis le lendemain, j’ai floppé couleur max en cash. Dommage.

Du coup, je suis retournée marcher dans la montagne. J’avais pas bien vu les chalets en bois. (« Oooh, les beaux chalets… »)

Et puis, comme en fait, la nature c’est sympa mais bon, ça paie pas le loyer, j’ai décidé d’aller buster d’un autre tournoi, le HORSE à 1500$. Je fais très peu d’events WSOP mais celui-ci, c’est un kif tout particulier. J’aime beaucoup jouer en mode cheval, et même si je sais que je ne suis pas un caïd de fou à la table, je me défends et en plus, je m’amuse. Sauf que voilà : j’ai eu tous les Rois/Dames/Valets/10 du paquet en razz et tous les 2 4 6 7 offsuit pourris du monde en Hold’em et en Stud. J’avais envie de pleurer. D’ailleurs, en fait, j’ai pleuré.

Le boulevard Horse ? Oh sorry, il est en travaux, il est fermé à la circulation. Comment ça, il y a des gens qui roulent dessus ? Ah oui, non, je voulais dire : « Il est fermé à VOTRE circulation ».

Du coup, marre des bad beats, on est sortis.

Le festival Electric Daisy est un must du must pour tout amoureux d’electro : pendant trois jours, au milieu du désert et dès la nuit tombée, plus de 300 000 clubbeurs fous envahissent un circuit automobile gigantesque pour faire la fête jusqu’au bout de la nuit au son de Clavin Harris, DeadMau5, Skrillex, Afrojack, Martin Solveig, Avicii ou Steve Aoki.

Et pis les filles ont un dress code tout à fait particulier. Là, c’est très soft puisqu’on ne voit pas le derrière. J’ai croisé au moins cinq nanas en string ficelle avec des grosses bottes en fourrure en dessous ! Mais si ! (et au dessus, ben deux mini-étoiles en plastiques, histoire de laisser planer un peu le mystère…) 🙂

Du coup, histoire d’oublier en dansant, on s’était décidé à la dernière minute pour y aller. Mais si nos potes avaient leurs tickets, nous pas (et c’était complet). Je vous la fait courte : on trouve pas de tickets au marché noir, on croise par hasard à l’extérieur des potes du circuit (miraaaaacle!), ils ont une des meilleures tables du festival, pile sur l’estrade face à la scène, on attend pour avoir la table, le vent est dingo, les palmiers fléchissent et on a du sable dans les yeux/narines/partout, le festival est annulé avant même qu’on ait eu la table, on se précipite à la voiture, on est dans les bouchons, on râle, mais…

On arrive juste à temps pour voir Calvin harris au Surrender ! On a dansé pendant deux heures non stop : ça a évacué les bad beats et tous les burgers de la semaine 🙂

Et puisqu’il est question de burger, impossible de ne pas faire une parenthèse sur le pire endroit de toute la ville. Ou peut-être du monde entier : le « Heart Attack grill ». Un fast-food hardcore où il faut signer une décharge à l’entrée : si vous mourrez par trop forte injection de graisse dans votre organisme, ce sera de votre faute. En clair, l’endroit propose des burgers à… 10 000 calories pièce ! Mais comment font-ils vous demandez-vous ? Et bien ils trempent les petits pains dans du saindoux. Et ils mettent une demi-plaquette de beurre dans votre milk-shake. Burp.

Mais le top dans tout ça, c’est que les mecs de plus de 160 kilos y mangent gratuitement. Histoire de peaufiner leur tapissage artériel, I guess… Sympa non ?

Bon, je sens que je vous ai plombés, donc faisons une pause sushi.

Pause sushi (les meilleurs restos japonais se trouvent à Vegas) Enjoy !

Sur ce, retournons à Downtown Vegas (là où ce trouve l’infame Heart Attack burger) car vous voyez Freemont Street ci-dessous ?

Et bien maintenant, devinez quelle est la nouvelle attraction de la rue la plus vieille de Vegas ?

Je vous donne un indice :

Zip, zip, zip, hourraaaaaaaah ! En effet, on peut descendre la rue en tyrolienne ! (et c’est très court mais très fun !)

Et, comme on ne fait pas les choses à moitié et qu’on était dans le coin, on a aussi découvert un musée de fou. Oui, un musée, à Las Vegas !!!

Le musée de la mafia ! Un endroit magique qui relate toute l’histoire de Vegas et de son appropriation par le syndicat du crime depuis le temps des cow-boys jusqu’à nos jours, en passant par les années « Dick Tracy style » 50 et les années « Flamingo style » 70 ! Passionant !

Et le lendemain, c’était reparti : cela faisait un peu trop longtemps que je n’avais pas perdu d’argent donc je me suis dit que ce n’était pas possible. Il fallait que j’y retourne. Hors de question de repartir du Rio les poches pleines ! Il fallait que je spew un peu ! Et en effet, et ce, avec une grande aisance et beaucoup de détente dans le geste, j’ai donné tous mes jetons au pire joueur de la table après deux heures incroyables. D’ailleurs, quand j’ai perdu le dernier coup (j’ai floppé brelan max contre tirage couleur au valet, les tapis partent au flop), la table a éclaté de rire : « There are thoses days, you cannot do anything… Except going back home… Right ? » Right.

Suis retournée dans le désert. En même temps, ça tombe bien, j’avais pas fini de compter les cactus.

Et pis en rentrant, suis passée devant un dragon en chocolat, donc j’écris ce post en finissant une tablette. Il parait que ça marche très bien : choco-power !

Bon, ok, je l’avoue, j’en rajoute un peu. Pas sur les anecdotes dessus (qui sont vraies) mais sur le fait que j’ai quand même gagné pas mal aux tables de sit’n’go quotidienne, ce qui m’a permis de maintenir la tête hors de l’eau. Je ne suis pas positive (faut pas pousser) mais je suis très peu négative : les dégats ont été amortis et je compte bien sur les trois semaines à venir pour enfin me faire souffler un peu…

C’est vraiment difficile de se lever tous les matins avec la rage de vaincre et l’envie de scorer, pour se prendre un mur quelques heures plus tard. C’est difficile de bien jouer tout le temps aussi quand on perd. Par exemple, et comme beaucoup de gens, je sais que j’ai tendance à payer plus souvent river quand je suis tiltée (« Ah non, il a pas encore fait flush backdoor ! C’est pas vrai ! » « Ben si, évidemment ») : je supporte moins l’idée qu’on puisse me bluffer donc je peux payer perdante plus souvent. Et ça, il faut vraiment que je surveille et que je garde une très forte discipline : hors de question de rentrer dans un cycle de loose qui se mord la queue.

En plus de bien jouer, il faut une chance inouïe pour aller loin dans un tournoi. Et il faut tenir bon quand elle n’est pas là. Encore tout à l’heure, après des heures de lutte et un tapis supérieur à la moyenne, je perds QQ contre KK. C’est comme ça, c’est tellement standard que ça fait partie du paysage. Les tournois à 235$ de 14h du Rio sont très beaux de part certains critères (niveau faible et nombre très élevé de participants – et donc, environ 50k à la win tous les jours) et difficiles de part d’autres (structure très rapide, peu de profondeur, rake très élevé) : il faut juste s’accrocher et remonter sur le vélo dès qu’on est tombé !

Je vais continuer à jongler entre le cash, les sit’n’go et les tournois. Et, bien entendu, les bons restos entre potes, les soirées funky, les shows, et tout ce qui fait de Vegas une des villes les plus dingues au monde. Et je retournerais p’tet dans le désert aussi. Mais cette fois, ce sera pour hurler ma joie d’avoir win un bracelet !!! (ou d’avoir fait un bel ITM, ça suffira 🙂 )

PS : Et si vous voulez suivre le coverage complet avec anecdotes, photos et toute l’actu de Vegas en direct, rendez-vous sur votre site d’actu poker préféré : Madeinpoker !

PS2 : Et surtout, n’oubliez pas l’Opération 1% aux WSOP pour l’Etoile de Martin ! Allez visiter le blog de cette asso formidable et envoyez-moi un message dans les commentaires ci-dessous pour me dire que vous aussi vous y participez ! Mille mercis pour eux !!!  (Fabien Perrot, Fabrice Soulier et Philippe Ktorza sont déjà IN : on va bientôt ré-actualiser la liste donc venez vous aussi 🙂 )

 

Viva Italia !

7 avril 2012

Joueur de poker italien : [nm] être humain parlant fort, faisant des bonds et s’exprimant avec de grands gestes de bras, et ce, même pour te demander l’heure. Souvent vêtu d’un petit blouson en cuir, d’une ceinture Dolce & Gabanna au nom bien visible, d’un jean près du corps customisé/brodé/déchiré/délavé, d’un sac pochette Gucci et d’un t-shirt à imprimé qui-pique-les-yeux, de type Ed Hardy. Taille sa barbe avec art et application, en forme de bouc plus ou moins épais. Porte souvent les cheveux lissés et gélifiés vers l’arrière et de beaux bijoux, dont la gourmette offerte par sa môman pour sa première communion. Et au poker, est capable de tout et surtout de n’importe quoi.

Quand on joue un tournoi en Italie, c’est un peu « Moi contre l’Italien ». La masse d’italiens devient un seul individu à battre, le même, qui joue pareil, parle pareil et s’habille pareil. Le tuer revient à s’attaquer avec bravoure à une hydre géante dont les têtes repousseraient au fur et à mesure qu’elles tombent. Un italien bust, c’est un italien qui prend sa place. Et qui va te déchirer pareil avec sa ventrale pourrie ou sa double paire river…

Je ne connais pas un joueur de poker qui ne se réjouisse pas d’aller faire un tournoi sur la Grande Botte. Il faut dire qu’outre le fait qu’on y mange bien (à condition d’éviter les restos avec le menu traduit en 4 langues – pas bon signe-) et qu’il y fasse souvent beau, les joueurs sont réputés pour leur émotivité et leur faible niveau. A l’inverse, personne n’a envie d’aller jouer à Copenhague pour affronter des robots inexpressifs avec un microprocesseur Intel Pentium à la place du cerveau…

C'est sûr que se lever le matin et boire son café avec cette vue sur le lac et les montagnes, ça a comme un petit goût de reviens-y...

Et puisqu'il est question de "reviens-y", je vais enchainer sur ce resto minuscule du port de Campione où le chef propose du foie gras maison, des huitres succulentes et des plats recommandés par Michelin, bref, du grand art gastronomique italien ! Miaaaaaaam... (et en plus, quand les plats ont un arrière-goût de win, ils sont encore meilleurs !)

En même temps, perso, je déteste avoir à ma table un joueur que je ne peux pas lire. Non pas que je pense avoir de grosses qualités de lecture mais mes connaissances basiques me permettent généralement de ne pas trop me tromper. Mais en Italie, ça m’arrive souvent de froncer les sourcils à l’abbatage (genre « wtf? ») … Alors bien sûr, il y a une tonne de bons joueurs évidemment (et de plus en plus, malheureusement) et je suppose qu’un suédois se dit la même chose des français quand ils viennent jouer chez nous « Miam, on va se gaver de poisson français ! »

Quoiqu’il en soit, j’adore l’Italie. En fait, ce que vous ne savez probablement pas, c’est que mon sang est à moitié rital puisque mes grands-parents maternels sont arrivés du Frioul (région du nord de l’Italie = Autriche = blondeur/peau qui bronze pas = ouin) après la guerre pour aider la France à se reconstruire, comme des tas et des tas d’autres immigrés au fil des décennies. Et que petite, j’ai passé mes vacances dans le nord du pays. Entrer dans une épicerie italienne est donc une vraie madeleine de Proust pour moi puisque l’odeur inimitable du fromage, des jambons qui pendent, des tomates séchées et des fruits et légumes frais me remplit toujours de joie et d’émotion.

Tout comme l’idée d’ENFIN faire un petit résultat là-bas, après des mois de galère sans aucun ITM. En effet, j’avais décidé à la dernière minute de m’inscrire dans un des turbos à 330 euros du soir, en marge de l’EPT Campione. Celui-ci avait une particularité : pas de river commune mais une river privative distribuée à chacun des joueurs encore en course après le turn. Ca s’annonçait fun !

J’avais débuté ce tournoi en râlant comme une ouf. Ou, pour être plus honnête, en étant complêtement tiltée par l’absence totale d’organisation de la chose. A l’italienne quoi. Un bordel hallucinant qui m’avait fait changer trois fois de table avant même d’avoir pu jouer un coup, le tout entrecoupé par les mecs qui tentent de demander au croupier « Mais comment ça marche, je comprends rien ! » et d’autres qui parlent sans cesse, sans tenir compte du fait que les niveaux sont de 15 minutes (« Mais tu vas jouer oui ! ») Bref, à l’italienne.

Mais les choses s’étaient vite calmées et j’avais eu le droit à un miracle au bout de 20 minutes de jeu. Voilà que je suis à tapis avec AKo contre AKo chez mon voisin de droite. On se marre, tout va bien, on papote et on ne regarde même pas les cartes tomber : chacun a déjà repris ses jetons en voyant tomber un flop de petites cartes tricolore. Sauf que 5 minutes après que nous ayons partagé, le pote du mec, assis en face de lui, s’exclame : « Mais attends, t’as pris un valet à la dernière et elle, un 7 ! Tu aurais du gagner ! » Petit blanc et soudain, oui, on réalise qu’en effet, sa river privative lui donnait une meilleur combinaison, j’aurais dû bust !

Je n’ai honteusement évidemment pas manqué de titiller mon infortuné voisin sur le fait que « C’est vraiment dommage, tu aurais du doubler, c’est con, à ce stade du turbo, c’est vraiment bon de doubler… Dur dur… Quand je pense que même le croupier ne l’a pas vu… » Et, tilté et énervé comme il faut, il n’a pas manqué de sauter dix minutes plus tard, alors qu’il avait encore la moyenne, en re-shove avec une poubelle contre une paire de rois… (hahaha)

Le reste du tournoi a été un turbo typique : stressant. Certains pros défendent l’idée que des turbos, ce n’est pas du skill, juste de la chance. Sauf que je ne suis pas complètement d’accord. Il y a une tonne de joueur qui ne savent pas jouer avec un petit stack et qui paniquent dès qu’ils ont 10BB (« J’ai shove any two en late, standard »).

Les décisions semblent plus facile, oui c’est vrai, mais jouer sans profondeur et savoir exactement quand bet/push/reshove ou pas, non, c’est pas facile. Les mecs qui envoient tout avec 10BB et une poubelle en main parce que « mathématiquement c’est EV+ dans ce spot », un bon joueur de turbo sait les cueillir. Je veux bien que les calculs montrent qu’un move précis est gagnant sur le long terme, sauf qu’un tournoi c’est tout sauf du long terme : si tu bust sur une main, ben tu bust. Et pour ton long terme, tu peux toujours te ré-inscrire le lendemain soir. En bref, il est évidemment plus difficile de maitriser l’art du deepstack (= « l’art du poker tout court », d’ailleurs) que l’art du turbo mais quoiqu’il en soit, il est certain que de nombreux joueurs ne savent pas jouer avec 20BB (ou moins) pendant des heures.

Mais je ne contredirais évidemment pas que la chance joue une part énorme et c’est avec bonheur que pour une fois, j’ai eu un timing des plus sympathiques. Bref, je suis rapidement arrivée en finale avec Steven Van Zadelhoff et Paul Testud et le reste aura été une succession de coups tous aussi réjouissants qui me feront arriver en heads-up tout aussi rapidement.

Nous avons décidé de dealer avec mon adversaire italien (et oui !) et ensuite, de jouer pour la gagne. Mon KQ ne battant pas son AT au finish, j’ai du prendre la deuxième place mais j’avoue que j’avais un grand sourire de soulagement au moment d’aller chercher mes sous au cashier. Enfin un petit résultat ! Quel soulagement ! J’avais l’impression que ça ne m’arriverait plus jamais…

Une soirée qui se termine en heads-up, ça faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé ! (doù le large sourire fier comme un pou)

La bonne blague, c’est qu’il était 3h du matin et que Fab, toujours en course dans le Main, avait pourtant décidé de me rail tout du long en finale. J’adore ! Les rôles se sont ensuite inversés, comme vous le savez, quand ça a été à mon tour, deux jours plus tard, de le rail en finale de l’EPT. Pendant 12h. Les douze heures les plus longues que je n’avais vécues depuis longtemps : que de stress !

En effet, comme il n’y avait pas de gradins, nous étions postés sous l’estrade à tenter de suivre la finale sur un des écrans qui retransmettait le streaming en direct. Heureusement que tout du long, Alex, Cathy et Yann sont venus me tenir la main (moite). Antonin, ElkY et Eugene sont eux aussi venus soutenir Fab et je peux vous dire qu’à ce stade, c’est vraiment une chose précieuse. J’ai cru mourir de stress : hors de question qu’il soit éliminé ! Je voulais tellement qu’il gagne ! J’ai du perdre trois kilos rien qu’en contraction musculaires permanentes et je crois n’avoir pas respiré normalement de toute la journée…

Au final, Fab aura été éliminé troisième après un très long combat et nous sommes rentrés à l’hôtel ni ravis, ni déçus : juste contents de cette étape italienne qui aura dépassé de loin toutes nos espérances !

Je ne suis pas superstitieuse mais j'avoue que du coup, mes bracelets fétiches (Lilicage, une marque française que j'adore) ne sont pas prêts de me quitter ! 😀

Sinon, pour changer de sujet, j’ai décidé d’enfin de mettre à jouer plus ou moins régulièrement online. Je travaille beaucoup sur mon ordinateur donc j’essaie, tant que possible, d’avoir le logiciel ouvert en permanence avec une (quand je bosse) ou trois tables (quand je bosse pas mais que j’ai besoin de me promener sur internet en même temps). Je ne joue pas en cash, j’avoue que je déteste ça et que je m’y perd : quand m’asseoir ou quand me lever, après combien de gain, je ne sais pas faire.

Donc je joue des sit’n’go à 20 ou 50 euros (j’aime particulièrement les « double or nothing » où je gagne peu mais régulièrement, vive la low variance dans ce monde de brute) ou des MTT ici et là pour des montants assez petits : entre 5 et 20 euros en moyenne. Je me suis laissée un ou deux shots à 150 (= gestion de BR vraiment pourrie mais assumée…) ainsi qu’un PLO à 50 euros pour le kif (je suis un fish mais j’adore cette variante) mais sinon, j’essaie de monter tranquillement mais sûrement. C’est décidé de commencer online avec peu pour tenter de monter, tout en gardant un budget bien supérieur en live. On verra pour le bilan dans 6 mois ! En attendant, alors que j’écris, je viens de bust de trois MTT successifs à 10 et 20 euros sur des 80/20. Oui, vraiment. Donc, now, je suis punie et je descends en 5 euros. Super…

En attendant, je serais à Berlin pour jouer un side et j’avoue que j’ai hâte de retourner dans cette ville qui m’avait, elle aussi, beaucoup plu. Sauf que cette fois, l’odeur de la choucroute, des saucisses et du lard qui pend quand on entre dans leurs épiceries, c’est pas la même… 🙂